L'imam tunisien expulsé «va se défendre» en justice pour retourner en France

Il était notamment reproché à Mahjoub Mahjoubi la diffusion d'une vidéo dans laquelle il qualifiait le "drapeau tricolore" - sans préciser s'il s'agissait du drapeau français - de "drapeau satanique" qui n'aurait "aucune valeur auprès d'Allah". (Photo, AFP)
Il était notamment reproché à Mahjoub Mahjoubi la diffusion d'une vidéo dans laquelle il qualifiait le "drapeau tricolore" - sans préciser s'il s'agissait du drapeau français - de "drapeau satanique" qui n'aurait "aucune valeur auprès d'Allah". (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 février 2024

L'imam tunisien expulsé «va se défendre» en justice pour retourner en France

  • Imam de la petite ville de Bagnols-sur-Cèze dans le sud de la France, Mahjoub Mahjoubi a été interpellé puis expulsé jeudi vers la Tunisie
  • Installé en France depuis le milieu des années 1980, marié et père de cinq enfants, l'imam était dans la ligne de mire du ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin

SOLIMAN, Tunisie: Un imam tunisien expulsé jeudi par la France où les autorités l'accusent d'avoir tenu des propos haineux, a dénoncé auprès de l'AFP une décision "injuste" et "arbitraire", et annoncé qu'il allait saisir la justice pour la faire annuler et retourner auprès de sa famille.

Imam de la petite ville de Bagnols-sur-Cèze dans le sud de la France, Mahjoub Mahjoubi a été interpellé puis expulsé jeudi vers la Tunisie où il est arrivé peu avant minuit à bord d'un vol en provenance de Paris.

Installé en France depuis le milieu des années 1980, marié et père de cinq enfants, l'imam était dans la ligne de mire du ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui avait demandé dimanche le retrait de son titre de séjour.

Il était notamment reproché à Mahjoub Mahjoubi la diffusion d'une vidéo dans laquelle il qualifiait le "drapeau tricolore" - sans préciser s'il s'agissait du drapeau français - de "drapeau satanique" qui n'aurait "aucune valeur auprès d'Allah" (Dieu en arabe).

Il s'était défendu en évoquant un "lapsus", expliquant qu'il dénonçait en réalité les rivalités entre supporters des pays du Maghreb au cours de la récente Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de football.

"La décision administrative du ministre de l'Intérieur est bien sûr injuste, je vais me défendre et tout faire pour revenir auprès de ma femme et de mes enfants", a-t-il déclaré à l'AFP dans la maison de sa belle-famille à Soliman, à une trentaine de km à l'est de Tunis.

Sa femme et ses enfants, dont le petit dernier, âgé de sept ans, est hospitalisé pour un cancer, dépendent entièrement de lui: "ils sont seuls, c'est impossible qu'ils puissent vivre sans moi", a souligné ce patron d'une entreprise de construction. "Je suis un contribuable, un homme sans problèmes", s'est-il encore défendu, en émettant des inquiétudes sur le sort de sa société.

«Décision arbitraire»

"Mon avocat va saisir la justice en France et si le tribunal ne me rend pas justice, je ferai appel, et ensuite je ferai un recours devant la Cour européenne" des droits de l'Homme, a-t-il précisé.

L'imam, âgé de 52 ans et dont les enfants ont la nationalité française selon lui, a dit "croire et avoir confiance dans la justice française dont M. Darmanin s'est emparé alors qu'il y a la séparation des pouvoirs".

"Il n'y a aucun doute qu'il y a une injustice à mon égard, la loi immigration a été votée il y a à peu près 3 semaines, et je suis la première victime de cette loi", a estimé l'imam.

M. Darmanin a affirmé jeudi sur X que l'expulsion de l'imam était "la démonstration que la loi immigration, sans laquelle une telle expulsion aussi rapide n'aurait pas été possible, rend la France plus forte". "La fermeté est la règle", a ajouté le ministre, fustigeant un "+imam+ radical aux propos inacceptables".

Niant catégoriquement toute "insulte envers la communauté juive ou le drapeau français", il a dit être connu des autorités de sa ville comme "un homme de paix, du juste milieu". "Je n'ai jamais prôné ni la haine, ni le radicalisme bien au contraire, tout le monde me connaît", a-t-il ajouté.

"Mon expulsion s'est faite sur une décision arbitraire du ministre de l'Intérieur. Monsieur Darmanin cherche à faire du buzz autour de la loi immigration en se servant de Mahjoub Mahjoubi", a rétorqué l'imam, soulignant la rapidité de la décision d'expulsion.

"C'est une question constitutionnelle, juridique, au niveau européen: on ne peut pas expulser un homme et l'éloigner de ses enfants, des enfants mineurs", a-t-il dit.

"M. Darmanin surfe sur le terrain du Rassemblement national, avec les élections européennes qui arrivent" en juin, où la majorité présidentielle est distancée par le RN dans les sondages, a ajouté M. Mahjoubi.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.