Londres annonce 245 millions de livres pour aider l'Ukraine à s'approvisionner en munitions

Le ministre britannique de la Défense Grant Shapps (Photo, AFP).
Le ministre britannique de la Défense Grant Shapps (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 24 février 2024

Londres annonce 245 millions de livres pour aider l'Ukraine à s'approvisionner en munitions

  • L'aide militaire vise à «revigorer les chaînes d'approvisionnement afin de produire les munitions d'artillerie dont l'Ukraine a un besoin urgent pour augmenter ses réserves»
  • Le Royaume-Uni, l'un des principaux soutiens de Kiev, a récemment annoncé augmenter son aide militaire à l'Ukraine

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé samedi 245 millions de livres sterling (287 millions d'euros) pour aider l'Ukraine à reconstituer ses munitions deux ans après le début de l'invasion russe, le Premier ministre Rishi Sunak assurant le soutien de Londres jusqu'à la victoire.

"En ce sinistre anniversaire, nous devons renouveler notre détermination", a déclaré Rishi Sunak vendredi soir dans un communiqué.

"C'est le moment de montrer que la tyrannie ne triomphera jamais et de dire une nouvelle fois que nous resterons aux côtés de l'Ukraine aujourd'hui et demain", a ajouté le chef du gouvernement britannique.

"Nous sommes prêts à faire tout ce qu'il faut, aussi longtemps qu'il le faudra, jusqu'à ce que (l'Ukraine) l'emporte", a-t-il promis.

Londres, qui est l'un des principaux soutiens de Kiev, a récemment annoncé augmenter son aide militaire à l'Ukraine, qui, pour l'année 2024/2025, s'élèvera à 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d'euros).

Mi-janvier, le Premier ministre britannique a annoncé lors d'un déplacement à Kiev la signature d'un accord de sécurité d'une durée de dix ans entre le Royaume-Uni et l'Ukraine, salué comme "sans précédent" par le président Volodymyr Zelensky.

Jeudi encore, le Royaume-Uni a annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie et de nouvelles livraisons de missiles aux Ukrainiens.

L'aide militaire annoncée samedi vise à "revigorer les chaînes d'approvisionnement afin de produire les munitions d'artillerie dont l'Ukraine a un besoin urgent pour augmenter ses réserves", indique dans un communiqué le ministère britannique de la Défense.

«Villes et villages décimés»

L'armée ukrainienne a "repoussé l'envahisseur russe pour récupérer la moitié du territoire que Poutine a volé, tout en causant des dégâts significatifs aux capacités russes, avec environ 30% de la flotte russe en mer Noire détruite ou endommagée, et des milliers de chars et véhicules blindés réduits à l'état d'épave", a déclaré le ministre britannique de la Défense Grant Shapps.

Fragilisée par le blocage de l'aide américaine, l'échec de sa contre-offensive estivale et un manque croissant d'hommes et de munitions, l'armée ukrainienne fait face à une situation "extrêmement difficile", de l'aveu même du président Volodymyr Zelensky qui a dû se résoudre il y a une semaine à céder la ville forteresse d'Avdiïvka dans l'Est.

En plus des milliers de drones déjà promis, Grant Shapps a fait état jeudi au Parlement de la prochaine livraison de 200 missiles antichars Brimstone supplémentaires à l'armée ukrainienne, assurant que ce type d'armes avait eu "un impact important sur le champ de bataille".

En outre, le ministère des Affaires étrangères a annoncé 6 millions de livres sterling d'aide à destination de la Croix-Rouge et 2,5 millions de livres au fonds humanitaire pour l'Ukraine.

"Les Ukrainiens défendent courageusement leur territoire contre l'invasion brutale russe, mais les deux années passés ont eu un impact tragique pour des millions de personnes à travers l'Ukraine", a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie britannique David Cameron.

"Des familles ont été séparées, des villes et des villages décimés, et des infrastructures civiles essentielles détruites. Le Royaume-Uni se tient aux côtés de l'Ukraine et s'engage à soutenir les Ukrainiens les plus vulnérables qui vivent les horreurs de cette guerre", a-t-il ajouté.

Selon Londres, plus de 14,6 millions de personnes, soit 40% de la population ukrainienne, aura besoin d'aide humanitaire en 2024.

Ces 8,5 millions de livres font partie des 357 millions de livres (417,8 millions d'euros) d'aide humanitaire engagée depuis le début de l'invasion par le Royaume-Uni, qui, tous types d'aide confondus, a consacré près de 12 milliards de livres sterling (14 milliards d'euros) à l'Ukraine.


L'Ukraine va annoncer des mesures pour faire rentrer ses hommes de l'étranger

Des habitants locaux se tiennent devant une affiche de recrutement de la troisième brigade d'assaut ukrainienne alors qu'ils se réfugient dans une station de métro souterraine lors d'une alerte de raid aérien à Kiev le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
Des habitants locaux se tiennent devant une affiche de recrutement de la troisième brigade d'assaut ukrainienne alors qu'ils se réfugient dans une station de métro souterraine lors d'une alerte de raid aérien à Kiev le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
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  • Selon des estimations de médias, des dizaines de milliers d'hommes ont fui le pays illégalement pour éviter d'aller au front
  • Des centaines de milliers d'Ukrainiens vivaient en outre à l'étranger avant l'invasion

KIEV: Le chef de la diplomatie ukrainienne a indiqué mardi des "mesures" imminentes visant à faire rentrer en Ukraine les hommes en l'âge de combattre se trouvant à l'étranger.

L'Ukraine, qui combat depuis deux ans l'invasion russe, a cruellement besoin de soldats, d'autant que Kiev s'attend à ce que la Russie lance une nouvelle offensive dans les semaines ou mois à venir.

"Le fait de séjourner à l'étranger ne dispense pas un citoyen de ses devoirs envers sa patrie", a déclaré Dmytro Kouleba sur X, annonçant avoir ordonné des "mesures pour rétablir l'équité entre les hommes en âge d'être mobilisés en Ukraine et ceux à l'étranger".

Il n'a pas précisé la nature de ces mesures se bornant à dire que le ministère allait "prochainement fournir des éclaircissements" sur de nouvelles procédures à suivre pour "accéder aux services consulaires".

L'Ukraine interdit aux hommes en âge de combattre de voyager à l'étranger à quelques exceptions près.

Déserteurs 

Mais, selon des estimations de médias, des dizaines de milliers d'hommes ont fui le pays illégalement pour éviter d'aller au front.

Des centaines de milliers d'Ukrainiens vivaient en outre à l'étranger avant l'invasion.

La déclaration du ministre intervient alors qu'un influent site d'information ukrainien ZN.UA a publié lundi soir ce qu'il affirme être une lettre officielle signée par un adjoint de M. Kouleba et préconisant aux consulats ukrainiens de suspendre à partir de mardi tout service consulaire pour les hommes âgés de 18 à 60 ans.

Selon des médias ukrainiens, plusieurs consulats ukrainiens ont cessé d'accepter ces dossiers.

La compagnie d'Etat Dokument qui facilite la délivrance de documents ukrainiens a annoncé mardi sur son site qu'elle "suspendait" les procédures à l'étranger pour des "raisons techniques".

L'Ukraine, dont l'armée est en difficulté face aux troupes russes, a adopté une loi sur la mobilisation visant à durcir les punitions pour les récalcitrants.

Elle a aussi baissé l'âge de mobilisation de 27 à 25 ans.


Début des discussions entre Washington et Niamey sur le retrait des troupes américaines du Niger

Les manifestants réagissent alors qu'un homme brandit une pancarte exigeant que les soldats de l'armée américaine quittent le Niger sans négociation lors d'une manifestation à Niamey, le 13 avril 2024. (AFP)
Les manifestants réagissent alors qu'un homme brandit une pancarte exigeant que les soldats de l'armée américaine quittent le Niger sans négociation lors d'une manifestation à Niamey, le 13 avril 2024. (AFP)
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  • Le gouvernement du Niger, issu d'un coup d'Etat en juillet dernier, avait dénoncé en mars l'accord de coopération militaire en vigueur avec les Etats-Unis
  • Washington a accepté de retirer du pays ses plus de 1 000 soldats et annoncé envoyer une délégation à Niamey pour s'accorder sur les détails de ce retrait

WASHINGTON: Washington a entamé les discussions avec Niamey sur le retrait du Niger des troupes américaines qui y étaient déployées dans le cadre de la lutte antidjihadiste au Sahel, a déclaré lundi le Pentagone.

Le gouvernement du Niger, issu d'un coup d'Etat en juillet dernier, avait dénoncé en mars l'accord de coopération militaire en vigueur avec les Etats-Unis, estimant que la présence américaine était désormais "illégale".

Washington a finalement accepté la semaine dernière de retirer du pays ses plus de 1 000 soldats et annoncé envoyer une délégation à Niamey pour s'accorder sur les détails de ce retrait.

"Nous pouvons confirmer le début des discussions entre les Etats-Unis et le Niger sur le retrait ordonné des forces américaines du pays", a déclaré le porte-parole du Pentagone Pat Ryder.

Une "petite délégation du Pentagone et du commandement militaire américain pour l'Afrique" participe aux discussions, a-t-il précisé.

Les Etats-Unis vont "continuer à explorer les options possibles afin d'assurer que nous soyons toujours en mesure de faire face aux potentielles menaces terroristes", a-t-il encore dit.

A Niamey, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakari Yaou Sangaré, a indiqué dans un communiqué avoir eu lundi "des discussions" avec l’ambassadrice des États-Unis à Niamey, Kathleen Fitzgibbon, portant "sur la question du départ des troupes militaires américaines du Niger".

L’entretien s’est déroulé en présence de Maria Barron, directrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) à Niamey, qui a assuré que l'agence allait "poursuivre sa coopération bilatérale" avec le Niger, annonçant "un nouvel accord devant remplacer celui en cours qui expire en septembre 2024", selon le communiqué.

Au Niger, les Etats-Unis disposent notamment d'une base de drone importante près d'Agadez, construite pour environ 100 millions de dollars.

Après le coup d'Etat qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum fin juillet, le nouveau régime militaire a rapidement exigé le départ des soldats de l'ancienne puissance coloniale française et s'est rapproché de la Russie, comme le Mali et le Burkina Faso voisins, également dirigés par des régimes militaires et confrontés à la violence de groupes jihadistes.


L'Ukraine s'attend à une détérioration sur le front vers la mi-mai

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
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  • L'armée ukrainienne traverse une période délicate, confronté à une pénurie de nouvelles recrues et de munitions en raison de retards importants de livraisons d'aide occidentale, notamment américaine
  • La Russie, qui est à l'initiative depuis l'automne 2023, a revendiqué lundi la conquête d'un village de l'Est ukrainien situé non loin de Vougledar

KIEV: La situation sur le front ukrainien va empirer autour de la mi-mai et début juin, qui sera une "période difficile", a prévenu lundi le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Boudanov, sur fond de craintes d'une nouvelle offensive russe.

La Russie, qui est à l'initiative depuis l'automne 2023, a revendiqué lundi la conquête d'un village de l'Est ukrainien situé non loin de Vougledar, localité à la jonction des fronts Est et Sud, dont elle cherche à s'emparer depuis deux ans.

"N'allons pas trop dans les détails, mais il y aura une période difficile, à la mi-mai et début juin", a prévenu M. Boudanov, interrogé sur l'état du front, dans une interview au service ukrainien de la BBC.

L'armée russe "mène une opération complexe", a-t-il dit.

"Nous pensons qu'une situation plutôt difficile nous attend dans un futur proche. Mais il faut comprendre que ce ne sera pas catastrophique", a estimé Kyrylo Boudanov.

"Armageddon ne se produira pas, contrairement à ce que beaucoup disent en ce moment. Mais il y aura des problèmes à partir de la mi-mai", a-t-il ajouté.

L'armée ukrainienne traverse une période délicate, confronté à une pénurie de nouvelles recrues et de munitions en raison de retards importants de livraisons d'aide occidentale, notamment américaine.

En face, les troupes russes, bien plus nombreuses et mieux armées, ne cessent de pousser à l'Est et revendiquent régulièrement la prise de petits villages dans le Donbass.

En février, Moscou s'est emparé d'Avdiïvka, une ville forteresse, et vise désormais la cité  stratégique de Tchassiv Iar.

Cette cité, perchée sur une hauteur, s'étend à moins de 30 kilomètres au sud-est de Kramatorsk, la principale ville de la région sous contrôle ukrainien, qui est un important nœud ferroviaire et logistique pour l'armée ukrainienne.

Offensive estivale? 

Lundi, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir "libéré" Novomykhaïlivka, à une trentaine de kilomètres de Donetsk.

Ce village est proche de Vougledar, une cité minière à la jonction des fronts Sud et Est. Début 2023, l'Ukraine était parvenue à y repousser un assaut de l'armée russe, infligeant des pertes humaines importantes.

Kiev craint désormais une offensive estivale russe encore plus puissante.

Fin mars, le commandant des forces terrestres ukrainiennes Oleksandre Pavliouk avait jugé "possible" un tel scénario, impliquant un groupe de 100.000 soldats russes.

Le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a déjà admis mi-avril que la situation sur le front Est s'était "considérablement détériorée" récemment.

Il a affirmé voir une "intensification significative" de l'offensive russe depuis mars, aboutissant à des "succès tactiques".

La grande contre-offensive ukrainienne de l'été 2023 s'était heurtée à de puissantes lignes de défense russes qui ont épuisé les ressources de l'armée ukrainienne, sans permettre de libérer les régions occupées par la Russie.

L'Ukraine fait désormais face aux hésitations de ses alliés occidentaux, même si une aide militaire américaine de 61 milliards, longtemps bloquée, a finalement été votée par la Chambre des représentants des Etats-Unis samedi. Le texte doit encore être adopté par le Sénat puis promulgué par le président Joe Biden.

Kiev espère désormais que l'aide des Etats-Unis pourra atteindre le front très rapidement. Le Kremlin a, lui, jugé que qu'elle ne changerait "rien"