CCI France Liban propose son expertise et prospecte les opportunités du marché saoudien

Vue du centre financier King Abdullah à Riyad, le 1er août 2023. (AFP)
Vue du centre financier King Abdullah à Riyad, le 1er août 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 mars 2024

CCI France Liban propose son expertise et prospecte les opportunités du marché saoudien

  • Cette délégation comprend des entreprises de divers secteurs tels que l'informatique, les télécommunications, le droit, l'éducation, les soins de santé, la logistique, l'architecture
  • Cet événement sert de plate-forme pour présenter les produits innovants, les services et l'expertise que ces entreprises proposent

RIYAD: L'ambassade du Liban à Riyad a organisé une tournée de prospection en Arabie saoudite du 25 au 28 février, dont l'objectif principal est de promouvoir la collaboration avec les entreprises saoudiennes et d'explorer ainsi le marché saoudien.

Cette délégation comprend des entreprises de divers secteurs: informatique, télécommunications, droit, éducation, soins de santé, logistique, architecture avec des groupes tels que Kawas Consulting, Man enterprise, Manara, Medischool, Symphony Business and finance consulting Sarl, Travel story et bien d’autres.

L’ambassadeur du Liban en Arabie saoudite, Fawzi Kabbara, a déclaré dans son allocution: «Votre présence ici souligne les liens économiques et commerciaux profondément enracinés qui existent entre le Liban, l'Arabie saoudite et la France. Au fil des ans, le Liban et l'Arabie saoudite ont entretenu des relations solides et mutuellement bénéfiques, caractérisées par le commerce, l'investissement et la collaboration dans divers secteurs.»

Il ajoute: «En outre, l'amitié durable entre le Liban et la France a joué un rôle essentiel dans le développement de notre pays. La coordination et le soutien apportés par la France et l'Arabie saoudite ont permis de soutenir l'économie libanaise et de favoriser la croissance. Ce jour marque une étape importante puisque nous nous réunissons pour accueillir une délégation de la Chambre de commerce franco-libanaise, composée de vingt-quatre entreprises franco-libanaises réputées.»

Cet événement sert de plate-forme pour présenter les produits innovants, les services et l'expertise que ces entreprises proposent. L’objectif est de présenter les entreprises franco-libanaises aux principaux acteurs de la communauté d'affaires saoudienne et de faciliter l'établissement de liens et de collaborations significatifs entre les deux parties.

«Par essence, cette foire ne vise pas seulement à favoriser les transactions commerciales, mais aussi à jeter des ponts de compréhension, de coopération et d'amitié entre nos deux nations. Il s'agit de forger des partenariats qui favoriseront la prospérité économique et créeront des opportunités pour toutes les parties concernées», précise l’ambassadeur.

De son côté, Maxence Duault, président de CCI France Liban, confie à Arab News en français: «L’objectif de la Chambre de commerce au Liban, c'est tout simplement celui de construire, de tisser des relations économiques, de créer des affaires au bénéfice des entreprises franco-libanaises qui, aujourd'hui, souffrent et se retrouvent dans une situation de crise.

Mais, dans un premier temps, il s’agit de comprendre l’écosystème saoudien qui se développe à très grande vitesse et qui fascine. Il est nécessaire de mieux le cerner pour pouvoir envisager une relation d'affaires sur le long terme, ce qui permettra d’apporter un petit peu de positif dans l’écosystème libanais et c’est une manière de défendre l’économie formelle.»

Élisabeth Prigent Olaussen, directrice de la stratégie et du développement commercial chez Symphony Business and finance consulting, déclare à Arab News en français: «Nous sommes un groupe spécialisé dans l'expertise en assurance, basé au Liban depuis plus de vingt-cinq ans. Nous intervenons essentiellement quand il y a un sinistre, un incendie dans une usine, des dégâts causés par des inondations. L'assureur va envoyer un prestataire indépendant qui va vérifier ce qui s’est passé. Nous recherchons les causes du sinistre, on détermine le montant des travaux, on vérifie si cela rentre dans l'enveloppe de la police de l'assuré et on rend un rapport indépendant pour que l'assuré soit assuré ou indemnisé au mieux et puisse reprendre son activité.»

Elle ajoute: «Il y a d’énormes projets de développement immobilier, des projets d'infrastructures magnifiques. Pour notre groupe spécialisé dans l’assurance, une telle expansion justifie pleinement notre venue sur le marché pour assister en cas de sinistre. On intervient en amont des sinistres, ce qui permet aux investisseurs de venir travailler avec des assurés pour vérifier aussi la qualité de leurs installations; par exemple: est-ce que les systèmes de sécurité permettent un accès rapide aux pompiers? Nous leur permettons de négocier à la baisse le montant de leurs primes parce que le risque est bien assuré et a moins de chances de survenir.»

Marie Harfouche, fondatrice et directrice générale de la société Travel Story, spécialisée dans les voyages d'affaires et les événements d'entreprise, déclare à Arab News en français: «Je fais partie d'une délégation chargée d'explorer les opportunités commerciales à Riyad et peut-être dans d'autres destinations ou villes d'Arabie saoudite. En tant que membre et acteur majeur de l'industrie du voyage et du tourisme, j'ai commencé par Beyrouth, puis par les Émirats arabes unis. Je pense que les principales évolutions se produisent en Arabie saoudite, qui entreprend de grands changements. Je suis ouverte à tout type de partenariat, que ce soit au niveau individuel ou dans le cadre d'un groupe plus important avec un investisseur, un partenaire saoudien.»

Ronald Michel Gharib, directeur financier à la RATP Dev, explique: «Nous sommes présents à cet événement pour nouer des contacts avec des institutions françaises et des entreprises libanaises qui peuvent être utiles à nos projets. Nous sommes des opérateurs de métro et de bus et nous prévoyons de grandes opportunités le long d'AlUla et de Riyad, avec tous les investissements qui s’annoncent dans le Royaume. Toutes les opportunités commerciales qui nous intéressent concernent principalement les services de transport. Nous sommes également présents dans les solutions de mobilité, ainsi que dans la technologie et l'introduction de nouveaux systèmes de transport. Lorsque nous parlons de véhicules autonomes, de véhicules électriques, de véhicules respectueux de l'environnement, notre groupe cherche à exploiter davantage ce secteur d'activité plutôt que les opérations standards de bus et de métro. Nous rencontrons des universités et des centres de formation pour développer nos ressources et déterminer nos besoins en matière de formation. Nous sommes ici pour cet événement, car nous prévoyons davantage de partenariats avec les entrepreneurs, les sous-traitants, partout où ils peuvent nous aider à améliorer notre chaîne d'approvisionnement.»


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
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  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.


Rachat de SFR en France: la fin des négociations entre opérateurs attendue vendredi

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
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  • Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros
  • Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours

PARIS: Après un premier report, la période de négociations exclusives sur la vente de l'opérateur SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi, avec en ligne de mire un possible accord et une reconfiguration du marché à trois opérateurs.

Le secteur des télécoms s'offre un deuxième moment de suspens avec cette nouvelle échéance.

Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros, mais de nombreux détails du contrat restaient à finaliser.

Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours.

"Ce type de dossier est d'une complexité sans nom", estime auprès de l'AFP une source proche des négociations.

Selon cette même source, si "tout le monde bosse dans un esprit constructif" pour parvenir à un accord rapidement, "plus personne n'est à deux jours près".

Deux issues sont privilégiées: un accord, ou une nouvelle extension de la période de négociations.

L'hypothèse d'un recul avec abandon des discussions apparaît quant à elle comme très improbable, après des mois d'échanges entre les trois potentiels acheteurs, regroupés au sein d'un consortium, et la maison mère de SFR, Altice France.

Accord inédit 

"Si ça devait être le cas, j'imagine qu'ils auraient jeté l'éponge il y a quelques semaines déjà", dit à l'AFP Renaud Kanayakis, associé au sein du cabinet 2023 Conseil.

"Côté Altice France, Patrick Drahi doit trouver une solution pour les actifs de SFR, toujours dans cette logique de réduction de sa dette", poursuit le spécialiste des télécoms.

D'après plusieurs sources proches du dossier, l'un des points sensibles des négociations concerne les contours de la clause d'"earn out", qui définit un complément de prix en fonction de certains paramètres liés à l'entreprise rachetée.

Si les contours de l'éventuel deal final n'ont pas encore été réglés, ce premier accord sur le prix de vente, officialisé mi-avril avec l'ouverture de la période de négociations exclusives, constitue déjà un événement inédit dans un secteur des télécoms très compétitif.

La réunion de trois concurrents au sein d'un même consortium d'acheteurs, puis la poursuite des discussions avec le groupe du milliardaire Patrick Drahi, après le refus d'une première offre de rachat à hauteur de 17 milliards d'euros, augurent d'une possible reconfiguration du marché.

Millions d'abonnés 

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

Les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes seront répartis à terme vers Free, Bouygues ou Orange.

Si elle aboutit, l'opération restera soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de Bruxelles ou de Paris devra alors être tranchée, avant que ne s'ouvre une phase d'évaluation du dossier qui devrait prendre environ 18 mois.

Sur un marché à trois opérateurs, les observateurs du secteur s'attendent à une hausse des prix, qui devrait être relativement modérée selon de nombreux spécialistes.

En parallèle, les salariés de SFR, mais également ceux des autres opérateurs, ont émis des craintes au sujet de leurs emplois.

Tandis que le syndicat CFE-CGC Télécoms s'est inquiété d'une "casse sociale annoncée", les représentations syndicales CFDT chez Bouygues Telecom et SFR ont quant à elle demandé des "garanties concrètes pour l'emploi".