Syrie: premier mort après des mois de manifestation antirégime dans le sud

En août dernier, la hausse des prix de l'essence a déclenché des manifestations massives dans toute la Soueida, une province largement épargnée par les violences de 2011 en Syrie (Photo, AFP).
En août dernier, la hausse des prix de l'essence a déclenché des manifestations massives dans toute la Soueida, une province largement épargnée par les violences de 2011 en Syrie (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 28 février 2024

Syrie: premier mort après des mois de manifestation antirégime dans le sud

  • La province de Soueida est le théâtre de manifestations pacifiques depuis que le gouvernement a levé à la mi-août les subventions sur les carburants
  • Deux protestataires ont été blessés et l'un d'eux, âgé de 54 ans, est décédé des suites de ses blessures

BEYROUTH: Un manifestant a été tué et un autre blessé mercredi lors d'une manifestation à Soueida, dans le sud de la Syrie, une première depuis le mouvement de contestation qui dure depuis août 2023, a rapporté une ONG locale.

La province de Soueida est le théâtre de manifestations pacifiques depuis que le gouvernement a levé à la mi-août les subventions sur les carburants, affectant une population déjà éprouvée par plus de douze ans de guerre.

Mercredi, des dizaines de manifestants se sont rassemblés, scandant des slogans hostiles au président syrien Bachar al-Assad, devant un centre visant à régulariser la situation des conscrits ou les exempter du service militaire, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les forces de l'ordre ont tiré pour disperser les manifestants, selon l'ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

Deux protestataires ont été blessés et l'un d'eux, âgé de 54 ans, est décédé des suites de ses blessures, ont indiqué l'OSDH et le média local Suwayda24.

Première victime 

Il s'agit de "la première victime tuée par les forces de l'ordre et leurs affiliés depuis le début des manifestations dans la ville de Soueida", a précisé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

La province, à majorité druze, de Soueida est restée largement à l'écart du conflit en Syrie qui a éclaté en 2011 après la répression de manifestations contre le pouvoir et fait plus d'un demi-million de morts.

Des dizaines de milliers de jeunes hommes de la région ont refusé d'effectuer leur service militaire depuis 2011, et les forces de sécurité ont une présence limitée dans cette région.

"Le régime syrien a repris il y a une semaine le processus de régularisation dans ce centre, après une interruption depuis octobre 2023", a indiqué à l'AFP Rayane Maarouf, rédacteur en chef de Suwayda24.

Une vidéo publiée par Suwayda24 sur la plateforme X montre des dizaines de personnes non armées protestant de manière pacifique devant le centre, avant que des coups de feu ne retentissent.

Selon l'OSDH et Suwayda24, l'état d'alerte a été décrété dans la ville après le tir mortel.

Jusqu'à présent, le pouvoir a laissé les manifestations se tenir à Soueida, où les protestataires se sont attaqués à plusieurs reprises à des symboles du pouvoir, déchirant des portraits de Bachar al-Assad.

Les druzes sont une secte ésotérique estimée à environ 3% de la population.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.