Le Niger en deuil après l'attaque djihadiste la plus meurtrière contre des civils

Le 21 août, une attaque de motards non-identifiés avait causé la mort de volontaires français, de leur guide et de leur chauffeur. Le conflit dans cette zone ne cesse de s’amplifier depuis 2012 (Photo, AFP).
Le 21 août, une attaque de motards non-identifiés avait causé la mort de volontaires français, de leur guide et de leur chauffeur. Le conflit dans cette zone ne cesse de s’amplifier depuis 2012 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 janvier 2021

Le Niger en deuil après l'attaque djihadiste la plus meurtrière contre des civils

  • Samedi, cent civils ont été tués dans deux villages de l'ouest du Niger, soit le plus lourd bilan d'une attaque contre des civils attribuée à des djihadistes, selon l'ONG ACLED
  • Aucune revendication officielle n'a été émise après cette attaque survenue entre les deux tours de la présidentielle au Niger

NIAMEY: Le Niger va porter le deuil durant trois jours et renforcer son dispositif sécuritaire dans la zone frontalière du Mali, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur, deux jours après la plus meurtrière attaque djihadiste contre des civils au Sahel.

Samedi, cent civils ont été tués dans deux villages de l'ouest du Niger, soit le plus lourd bilan d'une attaque contre des civils attribuée à des djihadistes, selon l'ONG ACLED qui répertorie les violences dans la région.

Aucune revendication officielle n'a été émise après cette attaque survenue entre les deux tours de la présidentielle au Niger, ni concernant la pose d'une mine artisanale qui a tué le même jour deux soldats français à Ménaka, dans le nord-est du Mali, à quelques centaines de km plus au nord, de l'autre côté d'une frontière très poreuse.

« Nous avons décrété trois jours de deuil national (...) au niveau sécuritaire nous allons renforcer le dispositif » en augmentant notamment le nombre de soldats sur le terrain, a affirmé le ministre Alkache Alhada, à l'issue d'un Conseil national de sécurité exceptionnel, dirigé par le président Mahamadou Issoufou.

Le ministre a aussi annoncé la tenue de forums pour apaiser les tensions entre communautés et le don de nourriture aux populations touchées.  

L'attaque a eu lieu dans la zone dite des « trois frontières » aux confins du Niger, du Mali et du Burkina Faso, principaux pays touchés par les groupes djihadistes affiliées à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique.

Une nouvelle preuve que les populations, « particulièrement vulnérables car prises entre la violence des groupes armés et la réponse des armées », sont les premières victimes d'un conflit qui ne cesse de s'amplifier depuis 2012, estime Ousmane Diallo, d'Amnesty international.

Des milliers de civils ont été tués, et près de trois millions ont dû fuir leurs domiciles. Des groupes dits d'autodéfense sont responsables de plusieurs massacres de civils, comme à Ogossagou dans le centre du Mali, en mars 2019 (plus de 160 morts).

« Cordon sécuritaire »

Samedi matin, les djihadistes sont venus à bord d'une « centaine de motos » dans les villages de Tchoma Bangou et Zaroumadereye, selon le maire de la commune rurale de Tondikiwindi qui les administre, Almou Hassane.

Expliquant le renforcement sécuritaire, le ministre de l'Intérieur a indiqué que l'objectif était d’ « éviter les incursions », en créant « une sorte de cordon sécuritaire mais l'une des difficultés c'est que côté malien c'est le vide », selon lui.

Avec la pose de mines artisanales, ces attaques éclair à moto sont le mode opératoire préféré des djihadistes dans la région des « trois frontières », devenue depuis plusieurs années l'un des épicentres de la violence au Sahel.

Dans la même bande frontalière entre Mali et Niger, sept soldats nigériens avaient été tués le 21 décembre à six jours du premier tour de la présidentielle.

Depuis les attaques meurtrières de plusieurs bases militaires au Niger et au Mali dans cette même région des trois frontières fin 2019-début 2020, la présence militaire y est faible malgré de nombreux efforts engagés l'année dernière par les armées nationales aidées par les partenaires, France en tête.

Les violences djihadistes sont venues se greffer sur des tensions communautaires, notamment « depuis plusieurs années » à la frontière entre Mali et Niger, théâtre de « rivalités entre communautés pour le contrôle de l'espace », selon l'International Crisis Group (ICG).

Dans un rapport en 2018, l'ICG dénonçait la constitution d'une « génération de jeunes hommes vivant du métier des armes ».

La commune de Tondikiwindi, déjà théâtre en 2017 d'une embuscade qui avait tué 4 membres des forces spéciales américaines, est habitée par plusieurs ethnies : des Djermas sédentaires, des nomades peuls et dahoussak et des Arabes.

Il y avait « des tensions entre Djermas et Peuls ces dernières semaines » qui ont fait « quelques morts avant l'attaque de samedi », dit un connaisseur de la zone. Fin décembre, plusieurs civils peuls ont été tués par des habitants sédentaires, dit-il.

Selon Yvan Guichaoua, chercheur à l'Université de Kent (Grande-Bretagne), cette attaque « en dit long sur le degré de ressentiment de certains membres de communautés nomades, parmi lesquelles recrutent les djihadistes, vis-à-vis de communautés sédentaires souvent vues comme complices de l'Etat ».

« Certains demandent des armes », a concédé le ministre nigérien, annonçant l'organisation de « forums » avec des dirigeants communautaires et religieux pour « prévenir les risques de conflits intracommunautaires ».


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.