Le Portugal, terre d'accueil aux confins de l'Europe forteresse

Un enfant fait du skateboard à Sao Teotonio, Odemira, le 16 janvier 2024. (AFP)
Un enfant fait du skateboard à Sao Teotonio, Odemira, le 16 janvier 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 29 février 2024

Le Portugal, terre d'accueil aux confins de l'Europe forteresse

  • Avec une politique migratoire parmi les plus ouvertes d'Europe, le Portugal a vu sa population étrangère doubler en cinq ans
  • «La principale raison pour laquelle le Portugal a vu augmenter le nombre d'immigrés ces dernières années, c'est qu'il a besoin d'eux», résume le président de l'Aima

SAO TEOTONIO: A Sao Teotonio, bourgade du sud-ouest du Portugal, ce sont les immigrés d'Asie du Sud qui font vivre les serres et, dans les rues, les restaurants népalais et indiens sont plus nombreux que les enseignes locales.

Mesch Khatri, un Népalais de 36 ans, travaille à la collecte des fruits rouges, la principale activité économique de la région. Sa femme Ritu, 28 ans, tient le café le Nepali. Leur fils aîné, sept ans, ne parle que le portugais, un peu l'anglais mais pas le népalais.

Ce père de famille a débarqué en Europe par la Belgique mais a préféré s'installer au Portugal. "Là-bas, c'est très difficile d'avoir un permis de résidence. C'est pour ça que je suis venu ici. C'est plus facile d'obtenir des papiers", témoigne-t-il.

Arrivé en décembre 2012, il a obtenu sa carte de résident en 2018 et la nationalité portugaise en 2020.

Sao Teotonio, 9 000 habitants, est une des sous-communes d'Odemira qui a vu sa population augmenter de 13% en dix ans.

Ce repeuplement s'est fait grâce à l'afflux de main-d'œuvre agricole issue de l'immigration, dans une région frappée par des décennies de déclin démographique provoqué par l'exode rural.

Avec une politique migratoire parmi les plus ouvertes d'Europe, le Portugal a vu sa population étrangère doubler en cinq ans, en partie grâce à l'arrivée de migrants d'Asie du Sud venus travailler dans l'agriculture, la pêche ou la restauration.

Un mouvement encouragé par le gouvernement socialiste au pouvoir depuis fin 2015, mais qui pourrait basculer à droite à l'issue des élections du 10 mars.

Un peu moins de 500 000 en 2018, le nombre d'étrangers a atteint le million l'an dernier, soit un dixième de la population du pays ibérique, selon des données provisoires fournies à l'AFP par l'Agence gouvernementale pour l'intégration, les migrations et l'asile (Aima).

Si les Brésiliens restent de loin le premier contingent immigré (quelque 400 000 ressortissants), les Indiens (58 000) et les Népalais (40 000) sont déjà plus nombreux que les résidents venus d'ex-colonies en Afrique, comme le Cap-vert ou l'Angola.

Egalement sans liens historiques avec le Portugal, les Bengladais et les Pakistanais ont eux aussi fait irruption dans le top 10 des pays d'origine.

"La principale raison pour laquelle le Portugal a vu augmenter le nombre d'immigrés ces dernières années, c'est qu'il a besoin d'eux", résume le président de l'Aima, Luis Goes Pinheiro, soulignant qu'il s'agit du pays au taux de vieillissement le plus élevé d'Europe après l'Italie.

Loin de la "mer de plastique" formée par les serres de Sao Teotonio, dans une région reculée du nord-ouest du pays, Luis Carlos Vila dépend aussi de la main-d'œuvre étrangère pour cueillir ses pommes.

"Il n'y pas le choix, la population est âgée et il n'y a plus d'ouvriers agricoles", explique-t-il.

Dans ses vergers de Carrazeda de Ansiaes, six Indiens s'affairent à couper des arbres. "J'aime le Portugal. L'argent est bon, le travail est bon, l'avenir est bon. En Inde il n'y a pas d'avenir", dit l'un d'eux, Happy Singh, dans un anglais hésitant.

En toute légalité, le patron passe par des sociétés de recrutement pour trouver ses ouvriers. Chez eux, il retrouve un peu de son histoire familiale: "Mon père aussi a dû quitter son pays pour aller gagner sa vie" en France.

«Pays généreux»

Même au sein de la communauté des pêcheurs de Caxinas qui, dans la banlieue de Porto (nord) incarnent le lien traditionnel des Portugais avec la mer, la moitié des équipages sont constitués d'Indonésiens.

A la barre de son chalutier de 20 mètres, José Luis Gomes, patron de pêche comme son père et son grand-père, s'est résigné au fait que les Portugais ont abandonné ce métier difficile ou sont partis l'exercer ailleurs pour de meilleurs salaires.

Recruté par l'intermédiaire d'associations d'armateurs, le Javanais Saeful Ardani, 28 ans, en est à son quatrième contrat de 18 mois à bord du "Fugitif".

"Les pêcheurs indonésiens qui travaillent ici n'ont aucun souci, témoigne-t-il. Nos familles sont rassurées puisqu'on n'est pas en situation illégale."

Le Portugal, pays d'émigration au XXe siècle, était déjà devenu un pays d'immigration au tournant du XXIe.

Ces dernières années, il y a eu "une croissance significative, avec quelques aspects nouveaux", commente Jorge Malheiros, spécialiste des migrations à l'Université de Lisbonne.

"Quel que soit l'indicateur, c'est un des pays les plus généreux" en matière de politique migratoire en Europe, explique le géographe.

Depuis 2007, la loi portugaise permet à tous ceux qui déclarent des revenus du travail d'obtenir des papiers - ils n'ont plus à attendre de processus extraordinaires de régularisation.

Autre changement majeur en 2018, lorsque le gouvernement socialiste a accordé le droit à la régularisation y compris à ceux qui n'étaient pas entrés légalement sur le territoire.

Un nouvel amendement introduit en 2022 prévoit même un visa temporaire de six mois pour les étrangers à la recherche d'un emploi.

«Davantage de racisme»

"Les lois portugaises ne sont pas parfaites mais elles sont meilleures que celles de beaucoup de pays aux politiques arriérées", se félicite Timoteo Macedo, responsable de l'association Solidarité immigrée.

Si cette législation contribue à éviter les drames des passages clandestins ou la crainte de l'expulsion comme ailleurs en Europe, elle n'empêche pas qu'au Portugal aussi, "il y en a qui se font beaucoup d'argent sur le dos de la misère humaine", ajoute-t-il cependant.

Les autorités portugaises ont déjà démantelé plusieurs réseaux de trafic d'êtres humains dans la région de l'Alentejo, révélant notamment les conditions de logement indignes réservées à certains ouvriers agricoles.

Accoudé au comptoir de son café de Sao Teotonio, Mesch Khatri reconnaît lui-même que l'afflux d'immigrés leur pose de nouveaux défis.

"Avant c'était plus facile de gagner notre vie, maintenant il y a davantage de racisme chez les Portugais. Ils n'aiment pas quand les gens vivent à dix ou quinze dans une maison ou quand ils ne parlent pas le portugais", poursuit sa femme Ritu.

Volontaire dans le magasin social qui jouxte un centre de soutien scolaire accueillant une vingtaine d'enfants, dont un seul porte un prénom portugais, Julia Duarte observe un groupe de pré-adolescentes et un garçon qui apprend à sauter sur son skateboard.

Originaire de l'Alentejo, cette Portugaise de 78 ans a longtemps vécu à Lisbonne avant de s'installer à Sao Teotonio. "Je me disais que j'allais profiter de ma retraite en paix, puis ça a été l'avalanche" de travailleurs migrants, dit-elle.

"C'était beaucoup de monde et beaucoup de tracas, tous à chercher un logement, du travail... puis je me suis rendu compte que c'est des gens tranquilles."

«Regroupement familial»

Dédiée à l'aide aux immigrés, l'ONG Taipa s'est recentrée au fil des années sur leur intégration dans la région.

"Il y a dix ou quinze ans, nous n'étions pas prêts pour ça, confie sa responsable Teresa Barradas. C'est un défi très important pour une communauté plus fermée qui n'était pas habituée à des différences culturelles aussi grandes."

Au-delà, "le principal problème" pour l'accueil des migrants reste le manque de logements, "surtout pour les familles".

Selon la loi portugaise, elles ont le droit de se regrouper et "cela joue un rôle très important pour démonter les préjugés car nous voyons que nos voisins sont une famille au complet dont les enfants vont à l'école avec les nôtres", fait-elle valoir.

Le patron de l'agence pour l'accueil des étrangers, Luis Goes Pinheiro, confirme:  "Le regroupement familial est extraordinairement important pour garantir une intégration pleine et la fixation des migrants, en particulier dans les régions où la densité de la population est très faible".

Née à l'automne dernier après la dissolution de l'ex-police des frontières, l'agence Aima a hérité de quelque 350 000 dossiers de demande de régularisation non traités.

Dans la capitale Lisbonne, on voit davantage de livreurs à vélo ou chauffeurs de VTC originaires d'Asie du Sud.

Le vendredi, avant la prière, des centaines de musulmans doivent désormais faire la queue pour entrer dans l'une des deux mosquées situées dans les ruelles de la Mouraria, le quartier maure des temps médiévaux.

«Rue du Bangladesh»

Axe central de cette partie du vieux Lisbonne, la Rua do Benformoso compte tant de commerces et restaurants bengladais, qu'elle est surnommée "Rue du Bangladesh", raconte Yasir Anwar, un Pakistanais de 43 ans établi ici depuis 2010.

Arrivé sans visa après de brefs passages par le Danemark et la Norvège, il a été menacé d'expulsion avant d'obtenir ses papiers grâce aux amendements législatifs de 2018.

Après avoir sillonné les rues pour vendre des fleurs dans les bars et restaurants, M. Anwar a été embauché par un restaurateur qui lui a appris la gastronomie et la langue portugaises.

Aujourd'hui, il attend la nationalité portugaise, ce qui est normalement possible après cinq années de résidence légale, et espère faire venir sa femme et ses deux enfants.

"Quand je suis arrivé il n'y avait rien pour nous", raconte ce militant de Solidarité immigrée. Depuis, "le Portugal est devenu un bon pays pour les immigrés et les accueille les bras ouverts".

Les enquêtes d'opinion montrent que "le Portugal figure parmi les pays européens où la population ne désigne pas l'immigration comme un des principaux problèmes de son quotidien, contrairement à ce qui se passe à travers toute l'Europe, et que sa réaction au phénomène migratoire reste positive", confirme le président de l'Aima.

Si les sondages électoraux prédisent une nouvelle poussée d'un parti d'extrême droite créé en 2019, l'immigration ne figure qu'au septième rang des priorités de son programme.


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.