Grèves en Corée du Sud: le gouvernement offre de négocier avec les médecins

Le gouvernement sud-coréen s'est engagé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65 pour cent, invoquant la pénurie de professionnels de santé et une crise démographique imminente (Photo, AFP).
Le gouvernement sud-coréen s'est engagé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65 pour cent, invoquant la pénurie de professionnels de santé et une crise démographique imminente (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 29 février 2024

Grèves en Corée du Sud: le gouvernement offre de négocier avec les médecins

  • Les internes affirment que ce plan nuirait à la qualité du service
  • Séoul affirme avoir l'un des ratios médecins-patients les plus faibles parmi les pays développés

SÉOUL: Le gouvernement sud-coréen a indiqué jeudi chercher à ouvrir des négociations avec les jeunes médecins en grève qui paralysent le système de santé du pays, les exhortant à revenir au travail pour ne pas risquer de poursuites.

Près de 10.000 internes en médecine, soit 80% des effectifs, ont débrayé depuis la semaine dernière pour protester contre une réforme ouvrant plus largement l'admission dans les facultés de médecine.

Le gouvernement leur a donné jusqu'à ce jeudi pour reprendre le travail, faute de quoi ils risquent des arrestations ou de perdre leur licence.

"J'ai envoyé un message demandant une rencontre (aux représentants des médecins) (...) Je dois me rendre sur place aujourd'hui pour voir combien de personnes seront présentes", a déclaré le deuxième vice-ministre de la Santé, Park Min-soo, lors d'un point de presse.

Les jeunes médecins rejettent le plan du gouvernement qui prévoit d'augmenter considérablement les admissions dans les écoles de médecine. Les autorités entendent ainsi faire face aux pénuries de personnel de santé et au vieillissement de la population.

Les internes affirment que ce plan nuirait à la qualité du service, et une association de médecins sud-coréens (KMA) a accusé mercredi le gouvernement d'"intimidations".

Selon M. Park, des médecins ont commencé à retourner travailler dans les hôpitaux jeudi. "Nous avons observé une diminution du mouvement de grève depuis deux jours consécutifs", a-t-il déclaré. Mais le ministre de la Santé Cho Kyoo-hong a indiqué jeudi aux médias locaux qu'"un retour massif (des jeunes médecins) ne s'est pas encore concrétisé". "Je les implore de le faire pour les patients", a-t-il déclaré.

M. Cho a souligné que le gouvernement était déterminé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65%.

L'organisation de médecins KMA n'a pas commenté l'offre de négociations, mais un groupe de jeunes médecins sur un réseau social a partagé la capture d'écran d'un message du gouvernement avec la réponse : "Vous devez plaisanter".

«L'impasse va se poursuivre»

Les analystes estiment que la ligne dure du gouvernement pourrait lui être favorable dans la perspective des prochaines élections.

"Si le gouvernement devait faire marche arrière maintenant, cela serait perçu comme un revers majeur avant les élections législatives du 10 avril", a indiqué à l'AFP Kim Jae-heon, responsable d'une ONG en faveur de la gratuité des soins médicaux.

Mais les médecins "pensent que reculer à ce stade serait en leur défaveur. Il semble que l'impasse actuelle va se poursuivre pendant un certain temps".

Les partisans de la réforme estiment que les médecins sont surtout préoccupés par le fait que les changements pourraient dégrader leurs salaires et leur statut social.

Séoul affirme avoir l'un des ratios médecins-patients les plus faibles parmi les pays développés, et le gouvernement insiste pour admettre 2.000 étudiants supplémentaires dans les écoles de médecine chaque année, à partir de l’an prochain.

Près de 75% de la population est en faveur des réformes, selon des sondages, et la ligne dure adoptée par le président Yoon Suk Yeol dans cette crise lui a permis de voir sa cote de popularité augmenter.

Mais Kim Sung-ju, président du Conseil coréen pour les droits des patients atteints de cancer, estime que la vie des patients est "prise en otage".

"C'est incroyable (que les médecins) utilisent la vie des patients comme levier pour promouvoir leurs propres intérêts", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le débrayage massif a entraîné des annulations et des reports d'opérations chirurgicales pour les patients atteints de cancer et de césariennes pour les femmes enceintes.

Pour Kim Tae-hyeon, responsable d'une association de patients de maladie neurodégénérative, les internes en grève sont "pires que des criminels". "Dans les services de soins palliatifs et les unités de soins intensifs les patients luttent pour rester en vie".


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.