Macron «assume» de bousculer les alliés de Kiev, appelés à «ne pas être lâches»

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du Forum nucléaire franco-tchèque à Prague, le 5 mars 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du Forum nucléaire franco-tchèque à Prague, le 5 mars 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 06 mars 2024

Macron «assume» de bousculer les alliés de Kiev, appelés à «ne pas être lâches»

  • Macron a jugé mardi à Prague «nécessaire» de bousculer les alliés de l'Ukraine, qu'il a exhortés à «ne pas être lâches» face à une Russie «inarrêtable»
  • «Si chaque jour nous expliquons quelles sont nos limites» face au président russe Vladimir Poutine qui, lui, «n'en a aucune», «je peux déjà vous dire que l'esprit de défaite est là qui rôde», a prévenu le chef de l'Etat

PRAGUE: Emmanuel Macron a jugé mardi à Prague "nécessaire" de bousculer les alliés de l'Ukraine, qu'il a exhortés à "ne pas être lâches" face à une Russie "inarrêtable", assurant "assumer" ses propos controversés sur la possibilité d'envoyer des troupes occidentales dans ce pays en guerre.

"Si chaque jour nous expliquons quelles sont nos limites" face au président russe Vladimir Poutine qui, lui, "n'en a aucune", "je peux déjà vous dire que l'esprit de défaite est là qui rôde", a prévenu le chef de l'Etat français en République tchèque.

"J'assume pleinement" le "sursaut stratégique auquel j'ai appelé", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse, estimant que l'Europe "avait besoin" de "la clarté" de ses propos.

Quitte à bousculer ses alliés? "Je pense que c'est nécessaire" car "si on est passif", "le risque qu'on court c'est de subir", a-t-il ensuite dit à quelques journalistes en fin de visite, appelant à "reprendre de l'initiative".

Le président tchèque, Petr Pavel, lui a apporté son soutien, se disant "favorable à la recherche de nouvelles options, y compris un débat sur une présence potentielle en Ukraine", sans toutefois franchir la "ligne rouge" du déploiement de "troupes combattantes".

Un satisfecit qui tranche avec le trouble semé par Emmanuel Macron lorsque le 26 février, à l'issue d'une conférence internationale à Paris, il avait évoqué une "ambiguïté stratégique" pour que Moscou sache que tout sera fait pour l'empêcher de "gagner cette guerre".

Il avait alors expliqué que l'envoi en Ukraine de militaires occidentaux ne pouvait pas "être exclu" à l'avenir, même s'il avait reconnu qu'il n'existait pas de "consensus" à l'heure actuelle.

Des Etats-Unis à l'Allemagne, la grande majorité des autres alliés s'étaient succédé pour se démarquer de ces propos et assurer qu'il n'était pas question d'envoyer des soldats sur le sol ukrainien, offrant une image de division du camp occidental.

Initiative tchèque

Vladimir Poutine a mis en garde contre une "menace réelle" de guerre nucléaire en cas d'escalade.

"Nous ne voulons pas d'escalade", a répondu à distance depuis Prague le président français.

Mais il a aussi mis en garde face au risque de cécité devant "les drames qui viennent". "Il nous faudra être à la hauteur de l'Histoire et du courage qu'elle implique", a-t-il prévenu, estimant que l'Europe entrait dans un moment "où il conviendra de ne pas être lâches".

L'avertissement n'a pas été apprécié par l'Allemagne, après déjà une série de tensions récentes sur le dossier ukrainien.

"Nous n'avons pas besoin (...) de discussions sur le fait d'avoir plus ou moins de courage", a réagi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. "Cela n'aide pas vraiment à résoudre les problèmes" de l'Ukraine.

Emmanuel Macron a assuré que Berlin n'était pas visé particulièrement. "Ça vise tout le monde", a-t-il dit.

Le dirigeant français, qui doit se rendre en Ukraine d'ici mi-mars, semble de plus en plus vouloir imposer son leadership dans le soutien à Kiev et le bras de fer avec la Russie.

Il y a une semaine à Paris, il avait esquissé plusieurs pistes pour renforcer l'appui militaire fourni à l'armée ukrainienne, qui essuie des revers sur le front.

Les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense réuniront leurs homologues des autres pays alliés jeudi par vidéoconférence pour détailler ces solutions.

Parmi elles figure une initiative tchèque visant à acheter des munitions hors Union européenne, en raison de la pénurie actuelle qui complique la vie des soldats ukrainiens sur le champ de bataille, pour ensuite les leur livrer.

Dès la mi-février, Petr Pavel avait évoqué quelque 800.000 munitions qui pourraient être envoyées en Ukraine "en quelques semaines" si les financements nécessaires (1,5 milliard de dollars, selon le Financial Times) étaient rassemblés.

Longtemps réservé, Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière que la France participerait à cette initiative. Mais il n'a pas encore chiffré sa contribution mardi, douchant les espoirs des autorités tchèques.

Le président a aussi signé avec le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, un plan d'action 2024-2028 pour le partenariat stratégique bilatéral.

Sur le plan économique, il a par ailleurs poussé la candidature du groupe français EDF pour le futur programme nucléaire tchèque, vantant une "offre 100% européenne" qui pourrait créer les bases "un Airbus du nucléaire".


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.