Education: les enseignants de Seine-Saint-Denis devant leur ministère pour un plan d'urgence

La ministre de l'Education nationale Nicole Belloubet. (AFP).
La ministre de l'Education nationale Nicole Belloubet. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 07 mars 2024

Education: les enseignants de Seine-Saint-Denis devant leur ministère pour un plan d'urgence

  • L'intersyndicale départementale FSU, CGT, SUD, CNT et FO s'est donné rendez-vous à 12h00 place de la Sorbonne pour rejoindre ensuite le ministère de l'Education nationale
  • Depuis une dizaine de jours, enseignants, élèves et parents mènent des opérations "école déserte"

BOBIGNY: Les syndicats enseignants de Seine-Saint-Denis appellent à un rassemblement jeudi midi devant le ministère de l'Education à Paris pour réclamer un plan d'urgence pour l'école dans le département le plus pauvre et jeune de France et protester contre la réforme des groupes de niveau.

L'intersyndicale départementale FSU, CGT, SUD, CNT et FO s'est donné rendez-vous à 12h00 place de la Sorbonne pour rejoindre ensuite le ministère de l'Education nationale afin d'y interpeller sa locataire Nicole Belloubet.

"Je suis très attentive au mouvement social (...) en Seine-Saint-Denis. Les personnels ont été reçus par la DASEN (directeur académique) et madame la rectrice de l'académie s'est également déclarée disponible pour les recevoir", a indiqué Mme Belloubet devant l'Assemblée nationale lors des questions d'actualité au gouvernement mercredi.

"C'est bien parce que je sais que ce département concentre tout à la fois de nombreux atouts et de vraies difficultés que nous y apportons une attention particulière et que des dispositifs spécifiques s'y sont déployés", a aussi dit la ministre lorsque le député de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu l'a interrogé sur le mouvement de grève des professeurs, débuté le 26 février.

Mme Belloubet "a entrouvert une porte en acceptant de nous rencontrer", a indiqué à l'AFP l'élu PCF.

En Seine-Saint-Denis, un enfant perd en moyenne un an de cours sur toute sa scolarité en raison des absences d'enseignants non remplacées, selon la fédération de parents d'élèves FCPE.

Depuis une dizaine de jours, enseignants, élèves et parents mènent des opérations "école déserte".

Les syndicats réclament "358 millions d'euros" pour permettre la création de 5.000 postes d'enseignants et un peu plus de 3.000 emplois de vie scolaire.

Parmi les revendications figurent aussi des seuils à 20 élèves par classe et la réfection des établissements vieillissants.

"Nous revendiquons également l'abrogation de la réforme du choc des savoirs qui reviendrait à un tri des élèves", dénonce Zoé Butzbach, co-secrétaire de la CGT Educ'Action 93.

La réforme prévoit la création de groupes de niveau à compter de la rentrée 2024 en 6e et en 5e pour le français et les mathématiques, et à partir de septembre 2025 en 4e et 3e.

Selon le ministère de l'Education, la grève a été peu suivie au cours de la deuxième semaine du mouvement social, avec moins d'1% de grévistes contre 15% au plus fort de la mobilisation.

En revanche, d'autres formes d'action ont eu lieu avec le blocage d'établissements ou encore l'organisation d'une exposition photographique des établissements de Seine-Saint-Denis les plus délabrés devant le siège de la région Ile-de-France à Saint-Ouen.


Fusion de l'audiovisuel public: les opposants pensent à la suite

Un manifestant tient une pancarte avec le logo de la radio française France Inter lors d'une manifestation des syndicats de Radio France, France TV, Ina et France Médias Monde contre le projet du gouvernement français de fusionner Radio France et France TV, place Colette à Paris le 23 mai 2024. (AFP)
Un manifestant tient une pancarte avec le logo de la radio française France Inter lors d'une manifestation des syndicats de Radio France, France TV, Ina et France Médias Monde contre le projet du gouvernement français de fusionner Radio France et France TV, place Colette à Paris le 23 mai 2024. (AFP)
Short Url
  • Une grève de 48 heures avait été votée dans les quatre entreprises concernées: France Télévisions, Radio France, l'Ina et France Médias Monde
  • Ce projet commence toutefois à soulever des doutes au sein même de la majorité présidentielle, dans son aile gauche

PARIS: Après deux jours de grève, jeudi et vendredi, les salariés de l'audiovisuel public, Radio France en tête, réfléchissent à la suite de leur mobilisation contre le projet gouvernemental de fusion, dont l'examen à l'Assemblée nationale a été repoussé.

Pour protester contre cette réforme portée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, une grève de 48 heures avait été votée dans les quatre entreprises concernées: France Télévisions, Radio France, l'Ina et France Médias Monde (RFI, France 24), dont le sort fait cependant débat jusque dans le camp présidentiel.

Comme la veille, les antennes de Radio France ont été particulièrement perturbées vendredi. De la musique a remplacé les programmes de France Inter, franceinfo, France Culture et d'un grand nombre de locales de France Bleu.

Les perturbations étaient moins visibles à la télé. Le journal de 13h00 de France 2 a toutefois été réalisé avec des moyens limités, avec une seule caméra fixe sur le présentateur Julian Bugier.

Initialement, les députés devaient débattre de cette réforme éclair jeudi et vendredi. Mais, face à l'encombrement de l'ordre du jour, le gouvernement a décidé jeudi de reporter l'examen du texte. Il pourrait avoir lieu la semaine du 24 juin.

«Idée fixe»

Ce contretemps intervient alors que le calendrier voulu par Mme Dati était déjà très serré: une fusion de l'audiovisuel public dès le 1er janvier 2026, après une année de transition sous un régime de holding.

Au lendemain d'un rassemblement de plusieurs centaines de personnes jeudi près du ministère de la Culture, les salariés de l'audiovisuel public ont tenu une assemblée générale vendredi matin à Paris. L'affluence y était moindre, avec moins d'une centaine de personnes.

Les grévistes ont débattu de la suite de la mobilisation d'ici l'examen du texte à l'Assemblée.

"Il y a du travail à faire", a lancé Antoine Chuzeville, représentant syndical SNJ (Syndicat national des journalistes) à France Télévisions.

Il a évoqué les pistes d'un "rassemblement encore plus grand fin juin", d'une "mobilisation des auditeurs et des téléspectateurs", ou d'un travail de persuasion auprès des parlementaires.

Benoît Gaspard, délégué Sud à Radio France, a pour sa part jugé "décevante" la réunion à laquelle les syndicats ont participé jeudi au ministère.

Les membres du cabinet de Mme Dati "ne sortent pas d'une idée fixe: un texte de loi va passer", a-t-il dit. Il a rappelé "l'opposition" des syndicats à "toute forme de rapprochement de nos entreprises".

Doutes 

"Il y a encore des marges de progression: c'est à France Télévisions qu'il y a le plus de salariés, et le moins de grévistes", a toutefois noté M. Chuzeville.

La direction du groupe a assuré qu'il y avait 9,9% de grévistes vendredi (12% jeudi), tous métiers confondus.

En interne, on attribue cette faible mobilisation à une lassitude après plusieurs réorganisations récentes et au fait que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, est favorable à la réforme.

Ce projet commence toutefois à soulever des doutes au sein même de la majorité présidentielle, dans son aile gauche.

"Je ne suis pas convaincu par l'état actuel de la réforme", a lâché le député Renaissance et ancien ministre Clément Beaune, vendredi sur Sud Radio. "Sur un sujet comme ça, je pense qu'il ne faut pas aller trop vite".

Pour sa part, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, a invité les députés à "visiter" la station. "Je suis sûre que vous repartirez convaincus de tout faire pour préserver la radio publique", a-t-elle dit sur le réseau social X.

"Chiche", lui a répondu le président des députés Renaissance, Sylvain Maillard.

Dans ce climat de turbulences pour l'audiovisuel public, la direction de Radio France a dénoncé une "opération de dénigrement" du Figaro Magazine.

Dans son édition de ce weekend, le magazine reproche à l'audiovisuel public un "manque de pluralisme" qui profite à la gauche, sur la base d'une étude de l'institut "libéral et conservateur" Thomas More.

Il s'agit "d'une étude à la méthodologie hautement questionnable, dont ni le contenu, ni le timing de publication, ne sont neutres", a protesté Radio France dans un communiqué.


Grève du contrôle aérien en France: 70% des vols annulés samedi à Paris-Orly

 L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays. (AFP)
 L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement a déploré cette nouvelle grève, un mois après la signature d'un accord salarial avec les contrôleurs aériens
  • Selon l'organisation syndicale Unsa-Icna, l'accord signé in extremis fin avril ne résout pas la question des "sous-effectifs" qui se profilent à Orly, selon elle, à l'horizon 2027

PARIS: L'aviation civile française a demandé vendredi aux compagnies aériennes d'annuler préventivement samedi 70% des vols à Paris-Orly, le deuxième aéroport du pays, en raison de l'appel à la grève ce week-end d'un syndicat de contrôleurs aériens, en désaccord avec un accord conclu le mois dernier.

"Les opérateurs aériens doivent réduire leur programme de vols commerciaux pour la journée du 25 mai 2024 de 04H00 à 21H30 GMT de 70% (...) sur l'aéroport de Paris-Orly", selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Le gouvernement a déploré cette nouvelle grève, un mois après la signature d'un accord salarial avec les contrôleurs aériens.

"Je déplore le comportement de quelques agents au niveau local, qui refusent de reconnaître la légitimité d'un accord majoritaire et en font payer le prix aux passagers. J’en appelle à leur responsabilité", a réagi le ministre délégué aux Transports Patrice Vergriete, interrogé par l'AFP.

L'Unsa-Icna, deuxième syndicat représentatif des aiguilleurs du ciel (17% aux dernières élections professionnelles), a appelé à la grève pour réclamer des "effectifs adéquats", selon elle non garantis par l'accord signé fin avril entre la DGAC et le principal syndicat des contrôleurs, le SNCTA (60% des voix).

Selon l'organisation syndicale Unsa-Icna, l'accord signé in extremis fin avril ne résout pas la question des "sous-effectifs" qui se profilent à Orly, selon elle, à l'horizon 2027.

Cet accord sur des mesures d'accompagnement, notamment salariales, à la refonte prévue du contrôle aérien en France avait été rejeté par l'Unsa-Icna, ainsi que par le troisième syndicat représentatif, l'Usac-CGT, qui avaient maintenu un préavis de grève pour le 25 avril.

Ce mouvement s'était traduit par l'annulation de plusieurs milliers de vols en France et en Europe.

Parallèlement à la mobilisation de l'Unsa-Icna à Orly, l'Usac-CGT a déposé un préavis de grève du 23 au 30 mai pour protester spécifiquement contre l'affaiblissement du "maillage territorial" prévu selon le syndicat par la réforme du contrôle aérien.


Le président français accueillera les ministres arabes des affaires étrangères pour des discussions sur Gaza

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à la résidence du haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie à Nouméa, le 24 mai 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à la résidence du haut-commissaire de Nouvelle-Calédonie à Nouméa, le 24 mai 2024. (AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron accueillera vendredi les ministres des Affaires étrangères de quatre États arabes
  • Accompagné de son propre chef de la diplomatie, Stéphane Sejourne, M. Macron discutera de la situation à Gaza

PARIS : Le président français Emmanuel Macron accueillera vendredi les ministres des Affaires étrangères de quatre États arabes clés pour des discussions sur la guerre à Gaza entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, a déclaré son bureau.

Accompagné de son propre chef de la diplomatie, Stéphane Sejourne, M. Macron discutera de la situation avec Mohammed bin Abdulrahman al-Thani (Qatar), Sameh Shoukry (Égypte), Ayman Safadi (Jordanie) et Faisal bin Farhan al-Saud (Arabie saoudite), le ministre des affaires étrangères, a indiqué l'Élysée.