Reçues par Macron, les oppositions dénoncent sa position sur l'Ukraine

Emmanuel Macron a accueilli jeudi les responsables de parti pour évoquer le conflit en Ukraine en amont d'un vote parlementaire qui s'annonce tumultueux. (AFP)
Emmanuel Macron a accueilli jeudi les responsables de parti pour évoquer le conflit en Ukraine en amont d'un vote parlementaire qui s'annonce tumultueux. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

Reçues par Macron, les oppositions dénoncent sa position sur l'Ukraine

  • Le patron des socialistes Olivier Faure a accusé le chef de l'Etat d'avoir réalisé «l'unité de tous» les Occidentaux «contre la France»
  • Jordan Bardella a estimé qu'Emmanuel Macron avait fait «le jeu du Kremlin» en «étalant au grand jour les divisions de l'Europe»

PARIS: Emmanuel Macron a accueilli jeudi les responsables de parti pour évoquer le conflit en Ukraine en amont d'un vote parlementaire qui s'annonce tumultueux, les oppositions ayant unanimement dénoncé les propos "irresponsables" du président sur la possibilité d'envoyer des militaires sur le terrain.

"Je l'invite à un peu plus de mesure", a déclaré le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard devant la presse à son arrivée à l'Elysée, déplorant un discours qui a "décrédiblisé", "isolé" et "affaibli" la France.

Le patron des socialistes Olivier Faure a accusé le chef de l'Etat d'avoir réalisé "l'unité de tous" les Occidentaux "contre la France" et offert "une clarté inédite" au président russe Vladimir Poutine sur le fait "qu'aucun de ces pays n'a envie d'engager de troupes au sol".

"C'est vraiment un problème d'amateurisme à ce stade-là", a renchéri la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, évoquant une "déclaration viriliste".

Les autres opposants avaient aussi fait connaître leur désaccord, à l'instar du président du Rassemblement national Jordan Bardella qui avait estimé qu'Emmanuel Macron avait fait "le jeu du Kremlin" en "étalant au grand jour les divisions de l'Europe".

Le retour d'un clivage sur l'Ukraine, qui avait déjà été au coeur de la présidentielle de 2022 avant de s'estomper, est assumé par le président de la République à l'approche des élections européennes de juin.

"Je pense que ça clarifiera" les positions, a-t-il dit mardi en marge d'un déplacement à Prague. "C'est un moment de vérité", abonde son entourage, évoquant des fissures dans "l'unanimité" constatée encore l'été dernier sur le soutien à Kiev.

«Pas une Game Boy»

En déplacement à La Haye, le Premier ministre Gabriel Attal a d'ailleurs de nouveau accusé mercredi le RN de "soutenir davantage la Russie que l'Ukraine".

Alors que la liste d'extrême droite menée par Jordan Bardella fait la course largement en tête dans les sondages, Emmanuel Macron a demandé mercredi à ses ministres de se "battre pied à pied" dans la campagne des européennes de son camp qui sera lancée samedi lors d'un meeting à Lille.

"Ne laissez pas entrer les nationalistes. Ils étaient déjà la guerre. Ils sont désormais la défaite face à la Russie", a-t-il martelé devant son gouvernement.

"On a un président qui malheureusement comme toujours joue", pour "instrumentaliser la guerre" et "aborder les élections européennes avec les habits d'un chef de guerre", a répondu Olivier Faure. "C'est pas une Game Boy, en fait, la France", s'est-il indigné.

Le camp présidentiel espère creuser ce sillon à la faveur d'une série de rendez-vous.

Le président, qui a promis de se rendre en Ukraine avant mi-mars, s'est ainsi entretenu mercredi à l'Elysée avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, juste avant la réunion de ce jeudi.

Il doit présenter à huis clos aux responsables des partis les résultats de la conférence internationale pour amplifier le soutien militaire à l'Ukraine organisée la semaine dernière à Paris.

La stratégie française fera ensuite l'objet d'un débat, suivi d'un vote, au Parlement - mardi à l'Assemblée nationale, puis mercredi au Sénat.

Or, ce débat s'annonce agité. Non pas tant au sujet de l'accord bilatéral de sécurité signé mi-février par Emmanuel Macron avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sur lequel porte formellement le vote, mais en raison des récentes déclarations du président, qui a aussi appelé les alliés occidentaux à ne pas "être lâches", renforçant l'ire de l'Allemagne.

Si les Ecologistes et le Parti socialiste hésitent, le reste de la gauche penche pour une opposition franche.

"Pour nous, c'est non. Il est hors de question de livrer à l'Ukraine des missiles de longue portée qui prendraient le risque que la France, demain, devienne engagée contre la Russie", a dit le dirigeant communiste Fabien Roussel. Manuel Bompard a aussi expliqué que LFI s'opposera à l'accord soumis au Parlement s'il y "figure la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne ou à l'Otan".

Un vote contre des autres partis d'opposition pourrait mettre l'exécutif en position délicate.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.