Chiffres, indépendance: les examinateurs des demandes d'asile sous pression

Un migrant remplit un formulaire de demande d'asile dans sa chambre d'un immeuble de bureaux transformé en squat à Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne, le 19 janvier 2024. (AFP)
Un migrant remplit un formulaire de demande d'asile dans sa chambre d'un immeuble de bureaux transformé en squat à Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne, le 19 janvier 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 08 mars 2024

Chiffres, indépendance: les examinateurs des demandes d'asile sous pression

  • "En raccourcissant les délais, on réduit aussi la durée de versement de l'Allocation pour demandeur d'asile" (ADA)souligne Gérard Sadik
  • "La formation des agents s'est améliorée et c'est une bonne chose", reconnaissent les associations accompagnant les demandeurs

PARIS: Mobilisés depuis plusieurs mois pour dénoncer une "politique du chiffre", des agents de l'Ofpra chargés d'attribuer le statut de réfugié en France craignent une pression toujours plus forte avec la nouvelle loi immigration visant à accélérer les procédures.

"Le chiffre, à l'Ofpra, c'est leur seul mantra", déplorait cette semaine une agente en grève, comme quelque 200 de ses collègues, lors d'un rassemblement devant l'établissement de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), passage obligé de toute personne demandant une mesure de protection internationale à la France.

Au cœur des revendications de ces agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui doivent observer vendredi une huitième journée de grève depuis le 26 octobre: le nombre "irréaliste" d'entretiens à mener avec les demandeurs, alors que la loi immigration, votée en décembre après des mois de tergiversations et débats houleux, vise à réduire encore le temps de traitement des dossiers.

De quatre mois en moyenne, le plus bas jamais atteint en 15 ans, l'objectif des autorités est de le diviser de moitié.

Chaque officier de protection doit aujourd'hui conduire en moyenne 1,7 entretien par jour et rendre 386 décisions par an. Or, "les dossiers sont de plus en plus complexes", observe l'intersyndicale CGT-Asyl.

«Critères de vulnérabilité»

Les syndicats estiment cet objectif "intenable", demandant une révision à la baisse de 25%, dans le cadre des négociations en cours sur le Contrat d'objectifs et de performance (COP) 2024-2026.

Reconnaissant cette "complexification de l'examen des demandes d’asile", la direction affiche sa volonté de "rechercher le meilleur équilibre" entre une réduction des délais et le maintien de la "qualité des décisions" .

"Les indicateurs de performance n'ont pas changé depuis 2005, alors que les lois en la matière ont été profondément remaniées", abonde Gérard Sadik, responsable du droit d'asile pour la Cimade, association d'aide aux personnes migrantes et réfugiées.

Evaluation des "critères de vulnérabilité" depuis la loi de 2015 en fonction du genre, de l'orientation sexuelle ou encore de l'exposition à un stress post-traumatique, mais également détermination du trouble à l'ordre public: les agents de protection ont vu leurs compétences s'élargir.

"La formation des agents s'est améliorée et c'est une bonne chose", reconnaissent les associations accompagnant les demandeurs.

Le taux d'acceptation à une mesure de protection n'a jamais été aussi élevé atteignant 33% en 2023, relèvent-elles, le nombre de demandeurs à l'Ofpra atteignant lui aussi un niveau historique, 142 500, selon l'Ofpra.

"En raccourcissant les délais, on réduit aussi la durée de versement de l'Allocation pour demandeur d'asile" (ADA), dont l'enveloppe prévue en 2023 représentait 314 millions d'euros (soit 6,80 euros par jour et par personne, hors logement), souligne Gérard Sadik.

Peur «fantasmatique»

Une fois reconnus réfugiés, les délais pour la délivrance des actes d'état civil, sésame pour de nombreuses démarches, en revanche restent très longs, note le représentant associatif. Ces délais s'établissaient à 4,8 mois en 2016, 8 mois en 2021 et près de 12 mois en 2023.

La nouvelle loi prévoit aussi de gagner du temps grâce à l'installation à titre expérimental de trois pôles +France Asile+. Directement rattachés aux préfectures en remplacement des guichets uniques d'accueil des demandeurs d'asile (GUDA), ils seront dotés d'agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et, dès cette étape, de ceux de l'Ofpra.

Chargés notamment de recueillir "les récits de vie" des demandeurs, ces pôles permettraient de supprimer le délai de 21 jours jusqu'ici laissé aux requérants pour soumettre ce récit aux agents de l'Ofpra de Fontenay-sous-Bois.

Cette décentralisation, loin de leur administration centrale, fait craindre aux agents une pression des préfets.

"Nous avons toujours été pour une décentralisation mais avec un vrai guichet unique et indépendant au sein de l'Ofpra", plaide la Cimade, reconnaissant le manque de précisions sur l'organisation et le déploiement de ces pôles.

Pour le directeur de l'Ofii, Didier Leschi, cette peur est "fantasmatique" et les modalités d'installation des pôles encore en discussion.

Le gouvernement s'est fixé jusqu'à décembre 2025 pour prendre les décrets d'application.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.