Ukraine: débat inflammable à l'Assemblée mardi, sur fond de campagne européenne

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours lors du lancement de la campagne politique du Parti du renouveau européen pour les prochaines élections du Parlement européen, à Lille, dans le nord de la France, le 9 mars 2024. (Photo, AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours lors du lancement de la campagne politique du Parti du renouveau européen pour les prochaines élections du Parlement européen, à Lille, dans le nord de la France, le 9 mars 2024. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

Ukraine: débat inflammable à l'Assemblée mardi, sur fond de campagne européenne

  • Gabriel Attal, qui viendra défendre devant les députés l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février, a donné le ton samedi à Lille lors du meeting du camp présidentiel
  • «Pour le RN, face à la Russie, toutes les mollesses, toutes les faiblesses sont bonnes», a-t-il lancé

PARIS: L'Assemblée nationale se penche mardi sur la stratégie française d'aide à l'Ukraine, lors d'un débat suivi d'un vote symbolique, qui va surtout servir de confrontation entre macronistes, RN et LFI à trois mois des élections européennes.

Le Premier ministre Gabriel Attal, qui viendra défendre devant les députés l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février, a donné le ton samedi à Lille lors du meeting du camp présidentiel: "Pour le RN, face à la Russie, toutes les mollesses, toutes les faiblesses sont bonnes", a-t-il lancé.

De quoi annoncer une ambiance tumultueuse au Palais-Bourbon, alors que plusieurs responsables politiques ont dénoncé une instrumentalisation de la question ukrainienne à des fins électorales.

"Exploiter le conflit en Ukraine pour les élections européennes françaises est honteux, indigne et pitoyable !", a notamment écrit sur X le président des Républicains (LR), Éric Ciotti.

"Ces procès en russophilie sont à côté de la réalité et sont là pour détourner les électeurs des vrais enjeux", a pour sa part estimé le vice-président du RN Sébastien Chenu sur France 3.

Les députés RN vont "se déterminer en fonction du discours de Gabriel Attal" dont ils attendent "des éclaircissements", a expliqué M. Chenu. "On a des lignes rouges qui nous empêcheraient probablement de voter": "l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne", et "pas de troupes au sol", a-t-il énuméré.

Mêmes "lignes rouges" exposées sur RTL par le coordonnateur de LFI Manuel Bompard, opposé à un accord "qui contient en son sein la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan" et à l'UE.

Interrogé sur Europe 1 et Cnews, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a lui aussi affirmé que son groupe voterait contre "si le discours du Premier ministre reprend les éléments qu'il y a dans le traité". L'évocation de l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan est une "provocation", a-t-il estimé, en accusant le camp présidentiel de devenir "le parti de la guerre".

A rebours de ces prises de position, la tête de liste du PS pour les élections européennes, Raphaël Glucksmann, a salué dans Le Parisien un "débat utile" qui va "clarifier les lignes des uns et des autres", et appelé "tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à la sécurité de l'Europe à voter cet accord".

"Donner de la force au président" 

RN et LFI vont "payer leurs ambiguïtés" sur la Russie de Vladimir Poutine, veut croire un cadre Renaissance. "Soit le vote sera très serré parce que LFI et le RN voteront contre. Soit le vote sera très large car les mêmes s'abstiendront", pronostique-t-il.

Interrogée sur France 3, la présidente (Renaissance) de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet a espéré un vote favorable pour "donner de la force au président de la République". "Nous ne votons pas sur un accord" mais sur "une déclaration du gouvernement" qui doit être "globale", a-t-elle souligné.

Mais les oppositions, au delà du RN et de LFI, sont particulièrement remontées par les récentes sorties du président Macron, qui n'exclut pas l'envoi de troupes au sol en Ukraine et ne veut "aucune limite" dans le soutien à Kiev.

Une posture "irresponsable", jugent leurs représentants qui sont sortis courroucés de leur rendez-vous avec le chef de l'Etat sur le sujet jeudi dernier.

Vladimir Poutine, "il a entendu quoi comme message de la part des Occidentaux ? Des lignes rouges avant tout", a rétorqué dimanche sur LCI la tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections européennes, Valérie Hayer. Or "je pense que c'est très important d'envoyer un message très clair à Vladimir Poutine: nous, la France, nous, les Européens, nous aiderons l'Ukraine jusqu'au bout", a-t-elle plaidé.

L'accord franco-ukrainien, conclu pour une durée de dix ans, comprend un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l'artillerie et de la défense aérienne.

En 2024, Paris promet de fournir "jusqu'à 3 milliards d'euros de soutien supplémentaire", un financement que pourraient interroger les oppositions alors que le gouvernement vient d'annoncer une série de coupes budgétaires.

Après l'Assemblée, un débat similaire se tiendra au Sénat mercredi.

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.