A droite toute pour Elon Musk, qui fait écho à une frange de la Silicon Valley

Ces dernières semaines, Elon Musk s'en est pris des dizaines de fois au président américain, accusé par les conservateurs d'avoir ouvert les frontières des Etats-Unis à l'immigration clandestine. (Photo, AFP)
Ces dernières semaines, Elon Musk s'en est pris des dizaines de fois au président américain, accusé par les conservateurs d'avoir ouvert les frontières des Etats-Unis à l'immigration clandestine. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

A droite toute pour Elon Musk, qui fait écho à une frange de la Silicon Valley

  • Souvent qualifié de libertaire, l'entrepreneur clamait encore, en 2021, vouloir «rester en dehors de la politique», avant d'amorcer un virage en 2022
  • Mardi, Elon Musk a accusé Joe Biden de «préparer le terrain pour quelque chose de bien pire que le 11-Septembre» en accueillant massivement des migrants arrivés en avion

WASHINGTON: Théories complotistes, infox, critiques anti-"woke", ligne dure sur l'immigration: Elon Musk exprime de plus en plus souvent des opinions très conservatrices, qui font écho à un courant de la Silicon Valley très à droite.

Souvent qualifié de libertaire, l'entrepreneur clamait encore, en 2021, vouloir "rester en dehors de la politique", avant d'amorcer un virage en 2022, au moment de sa campagne pour la prise de contrôle de Twitter, devenu depuis X.

"Par le passé, j'ai voté démocrate, parce qu'ils étaient le parti de la bonté", avait-il expliqué en mai 2022. "Mais ils sont devenus celui de la division et de la haine. Je ne peux donc plus les soutenir. Je vais voter républicain."

Depuis, le milliardaire est monté en régime et a multiplié les messages sur les sujets favoris de la droite ultra-conservatrice.

Mardi, Elon Musk a accusé Joe Biden de "préparer le terrain pour quelque chose de bien pire que le 11-Septembre" en accueillant massivement des migrants arrivés en avion. "Ce n'est qu'une question de temps."

Le patron de Tesla s'appuyait sur une publication trompeuse et biaisée, selon plusieurs organes de vérification, du Centre d'études sur l'immigration (CIS), organisation favorable au durcissement de la politique migratoire.

Ces dernières semaines, Elon Musk s'en est pris des dizaines de fois au président américain, accusé par les conservateurs d'avoir ouvert les frontières des Etats-Unis à l'immigration clandestine.

Il a aussi relayé plusieurs articles ou sujets télévisés consacrés à des suspects d'infractions qui se trouvent en situation irrégulière, déclinant la thèse ultra-conservatrice selon laquelle l'immigration clandestine est à l'origine d'une montée de la délinquance.

Cette rhétorique reprend celle d'éditorialistes et personnalités de la droite dure, comme Tucker Carlson ou Matt Walsh, qu'affectionne Donald Trump.

Anti-"woke"

Le seul candidat républicain encore en course et le directeur général de l'entreprise spatiale SpaceX se sont rencontrés en Floride, il y a une semaine, en présence d'importants donateurs républicains.

Bien que promis à l'investiture de son parti en juillet prochain, Donald Trump manque de trésorerie pour financer sa campagne.

Outre le fait que Joe Biden a jusqu'ici levé davantage d'argent que lui, l'ancien chef de l'Etat a dû décaisser des dizaines de millions de dollars de frais de justice et ne lésine pas sur la dépense pour ses réunions de campagne.

"Pour être super clair, je ne vais donner d'argent à aucun des deux candidats à la présidence des Etats-Unis", a affirmé Elon Musk une fois cette entrevue révélée par le New York Times.

Selon la chaîne CNBC, des conseillers du promoteur immobilier ont néanmoins espoir que l'homme à la fortune estimée à près de 200 milliards de dollars finisse par soutenir financièrement Donald Trump.

Toujours d'après CNBC, le candidat et des cadres du parti républicain veulent même le convaincre de s'exprimer durant la convention d'investiture, ce qui acterait son soutien.

Outre l'immigration, Elon Musk partage avec "l'alt right", la droite radicale, une aversion pour les mesures favorisant la diversité en entreprise et le mouvement "woke" en général.

Il partage cette position avec d'autres entrepreneurs de la Silicon Valley, qui voient dans cette lutte contre les inégalités de toutes sortes une manière d'entrave au progrès, qui ne peut que faire régresser une société.

Le plus influent d'entre eux est Marc Andreessen, co-fondateur du portail internet Netscape et investisseur légendaire du monde de la technologie.

Dans un long manifeste publié en octobre, il s'est élevé contre ce qu'il qualifie de philosophie "anti-mérite" et a aussi dénoncé les politiques environnementales et sociales en entreprise (ESG).

Le même propos sous-jacent revient régulièrement dans le podcast "All-In", animé par quatre entrepreneurs et investisseurs de renom de la Silicon Valley.

Parmi eux figure David Sacks, membre du groupe informel PayPal Mafia, anciens de la société de paiements, qui comprend également Elon Musk.

Pour Carolina Milanesi, analyste de Creative Strategies, cette frange de la tech incarne la crainte d'une remise en cause d'un modèle social.

"La diversité, l'égalité, l'inclusion ou le développement durable sont des menaces au statu quo", fait-elle valoir.

 


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.