Poutine, tsar guerrier en quête de grandeur internationale

 Sur cette photo diffusée par l'agence d'État russe Sputnik, le président russe Vladimir Poutine accorde une interview à l'animateur de télévision et directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya (RIA Novosti), Dmitry Kiselyov, au Kremlin, à Moscou, le 12 mars 2024. (Photo, AFP)
Sur cette photo diffusée par l'agence d'État russe Sputnik, le président russe Vladimir Poutine accorde une interview à l'animateur de télévision et directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya (RIA Novosti), Dmitry Kiselyov, au Kremlin, à Moscou, le 12 mars 2024. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 17 mars 2024

Poutine, tsar guerrier en quête de grandeur internationale

  • A 71 ans, Vladimir Poutine semble plus indéboulonnable que jamais
  • Le maître du Kremlin est certes empêtré dans la guerre en Ukraine et son armée a subi d'humiliantes défaites, mais il persiste, visant une victoire à l'usure grâce à la fatigue des bailleurs occidentaux

VARSOVIE: Invasion de l'Ukraine, répression en Russie, confrontation avec l'Occident: c'est en chef de guerre autoritaire que Vladimir Poutine, au pouvoir depuis un quart de siècle, doit se faire réélire au Kremlin dimanche pour six années supplémentaires.

Le dirigeant russe, qui a fait réformer en 2020 la Constitution pour pouvoir rester aux commandes du pays jusqu'en 2036, est assuré d'être réélu pour un cinquième mandat lors du scrutin organisé du 15 au 17 mars. Il a déjà effectué quatre mandats (deux de quatre ans, deux autres de six ans), entrecoupés par un intermède comme Premier ministre.

Au fil des ans, la verticale du pouvoir instaurée par Vladimir Poutine, issu du KGB soviétique et arrivé au Kremlin le 31 décembre 1999, a révélé deux grandes caractéristiques de son régime.

La première, celle d'un durcissement constant avec d'abord la mise au pas des oligarques, la deuxième guerre de Tchétchénie, l'étouffement des libertés publiques, des médias et de l'opposition.

Son plus célèbre opposant, Alexeï Navalny, est mort en février dans des circonstances troubles dans la prison de l'Arctique russe où il purgeait une longue peine pour "extrémisme".

Deuxième caractéristique: une quête de puissance géopolitique, avec la guerre en Géorgie (2008), l'annexion de la Crimée ukrainienne (2014), l'intervention militaire en Syrie (2015), et l'invasion de l'Ukraine (2022).

L'Europe, en particulier l'Allemagne d'Angela Merkel, avait cru pouvoir canaliser ces ambitions, pariant sur l'interdépendance économique via des achats massifs de gaz russe. En vain.

"Nouveau monde"

A 71 ans, Vladimir Poutine semble plus indéboulonnable que jamais.

Le maître du Kremlin est certes empêtré dans la guerre en Ukraine et son armée a subi d'humiliantes défaites, mais il persiste, visant une victoire à l'usure grâce à la fatigue des bailleurs occidentaux et de la population ukrainienne.

Et, deux ans après le début de l'assaut, Vladimir Poutine voit des raisons d'y croire.

Ses troupes, à l'offensive, se sont emparées de la ville forteresse d'Avdiïvka, dans l'est, et poussent face à une armée ukrainienne en manque de munitions et d'hommes.

Fin février, le président russe a juré que ses soldats "ne reculeront pas" en Ukraine.

Pour la Russie, c'est une "question de vie ou de mort", répète-t-il à l'envi. Et cette semaine il a jugé "crucial" que les électeurs russes votent comme un seul homme pour rester sur le "chemin" tracé.

Depuis le déclenchement de l'assaut, il a accusé l'Ukraine de "nazisme", revendiqué ses territoires et présenté le conflit comme une guerre par procuration ourdie par les Américains.

Toute opposition à l'invasion est passible de prison. Des milliers de Russes ont été harcelés, poursuivis, emprisonnés ou poussés à l'exil.

Qu'importe les sanctions occidentales, qu'importe la Cour pénale internationale qui poursuit Vladimir Poutine pour la déportation d'enfants ukrainiens et qu'importe les pertes de l'armée. Car le président russe s'est donné une mission: en finir avec l'hégémonisme occidental.

En octobre, il annonce avoir pour "tâche de bâtir un nouveau monde".

En confiance

Il faut dire que l'ex-agent du KGB, en poste en Allemagne de l'Est dans les années 1980, reste meurtri par la désintégration de l'Union soviétique et sa défaite dans la Guerre froide.

Et Vladimir Poutine peut se targuer de sa proximité avec la Chine, de la soif de l'Asie pour ses hydrocarbures ou encore de voir ces pays africains se tourner vers Moscou et ses groupes paramilitaires pour contrer le "néocolonialisme" occidental.

Le dirigeant russe porte un autre leitmotiv. Pour lui, la Russie est le porte-drapeau des valeurs "traditionnelles", face à ce qu'il juge être la "décadence" morale de l'Occident.

Avec l'échec de la contre-offensive ukrainienne de l'été 2023, Vladimir Poutine se sent les coudées plus franches, les Occidentaux se divisant sur la poursuite de l'aide à l'Ukraine.

Il a opéré un retour sur la scène internationale, et l'économie russe a globalement absorbé le choc des sanctions occidentales, malgré l'inflation et la dépendance envers la production militaire.

Tout puissant qu'il soit, les défis ne manquent pas.

Sa guerre en Ukraine est loin d'être gagnée. La capacité des Russes, des élites et de l'économie à supporter ce conflit dans la durée reste une véritable interrogation. La mutinerie en juin 2023 des mercenaires de Wagner, menée par Evguéni Prigojine, longtemps un de ses fidèles, en a été l'illustration.

La mort des chefs rebelles dans un crash d'avion, présenté comme accidentel, a permis au Kremlin de clore ce chapitre.

Répression

Sur le front politique intérieur, le Kremlin ne tolère aucune opposition.

Certains sont morts, comme Alexeï Navalny ou encore Boris Nemtsov assassiné en 2015. D'innombrables militants connus et anonymes sont derrière les barreaux pour avoir dénoncé l'invasion de l'Ukraine.

Néanmoins, pour une majorité de ses compatriotes, Vladimir Poutine reste celui qui a rendu son honneur à une Russie minée par la misère, la corruption et la déchéance alcoolique de son prédécesseur Boris Eltsine.

Âgé de 47 ans lorsqu'il entre au Kremlin, il promet l'amitié aux Occidentaux et développe l'économie, profitant des cours favorables des hydrocarbures.

L'Américain George W. Bush le juge à l'époque "remarquable", l'Allemand Gerhard Schröder et l'Italien Silvio Berlusconi sont ses amis. Malgré la répression qui s'installe, malgré les exactions en Tchétchénie.

Mais les germes du divorce avec l'Occident sont déjà là. Et Vladimir Poutine les présente en 2007 à Munich dans un réquisitoire virulent face à des dignitaires occidentaux.

Il accuse l'Otan de menacer la Russie et reproche aux Etats-Unis de se voir en "seul souverain" du monde. Des arguments recyclés pour justifier l'invasion de l'Ukraine.

Sa vie privée est entourée, elle, du plus grand des secrets. Ses deux filles ont été élevées dans la plus grande discrétion, même si l'une d'elles a fait des apparitions publiques ces dernières années.

 


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.