Qui sont les vrais «assassins» représentés dans la nouvelle série télévisée «Al-Hashasheen»?

Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Getty Images)
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Publié le Vendredi 22 mars 2024

Qui sont les vrais «assassins» représentés dans la nouvelle série télévisée «Al-Hashasheen»?

  • Un feuilleton du ramadan met en lumière la culture emblématique rendue célèbre par le jeu vidéo Assassin’s Creed
  • Les ismaéliens nizarites modernes «détestent» la réputation déformée de leurs ancêtres, affirme un uléma

LONDRES: Le drame historique bouleversant Al-Hashasheen (Les Assassins) sera certainement l’un des grands succès de la saison télévisuelle du ramadan. 

Pour de nombreux jeunes spectateurs, l’histoire de l’ordre martial fondé par un chef religieux énigmatique dans l’Iran du XIe siècle est familière uniquement en raison du prisme déformant du jeu vidéo à succès Assassin’s Creed, désormais disponible pour la première fois dans une version de réalité virtuelle compatible avec les casques Meta Quest.  

Al-Hashasheen, feuilleton dans lequel figurent Karim Abdel Aziz, Fathy Abdel Wahab et Nicolas Mouawad, présente une version un peu plus réaliste de l’histoire à un public plus large, alors que les familles de la région se réunissent pour regarder la télévision après l’iftar. 

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Le drame a embelli les légendes sur les «assassins» et leur héritage. (Photo fournie) 

Cependant, ni la série télévisée ni la franchise de jeux vidéo ne rendent justice à la véritable histoire de la secte ismaélienne des Nizarites, les premiers «assassins», selon un uléma irano-britannique. 

De nombreux mythes et légendes sur les Nizarites «sont enracinés dans l’ignorance imaginative des croisés et de leurs chroniqueurs occidentaux qui sont venus en Terre sainte et ont conquis Jérusalem en 1099», explique à Arab News Farhad Daftary, gouverneur et directeur émérite de l’Institut d’études ismaéliennes (IIS), basé à Londres. 

Le mot «assassin», inventé par les croisés qui ont rencontré les Nizarites en Syrie, provient d’un malentendu étymologique. 

«À l’époque, les Nizarites, qui étaient chiites, avaient des ennemis parmi les musulmans sunnites, qui les appelaient “hashshashin”, ce qui, au sens littéral, signifie “ceux qui consomment de l’opium”», affirme M. Daftary. 

«Mais ce n’est pas dans ce sens que le terme a été appliqué aux ismaéliens nizarites de Syrie. Il s’agissait d’un terme injurieux qui désigne un peuple sans scrupules, un peuple sans statut social. Ce terme a été repris par les croisés et interprété littéralement.» 

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«Hashshashin», qui s’est transformé en «assassin» dans les langues européennes des armées de croisés, signifie littéralement ceux «qui consomment de l’opium». (Photo fournie) 

Dans les langues européennes des armées de croisés, «hashshashin» s’est transformé en «assassin», un mot qui était néanmoins associé à l’un des nombreux mythes qui concernaient le groupe, à savoir que leur chef utilisait l’opium pour droguer les jeunes hommes afin qu’ils deviennent des machines à tuer. 

Pour comprendre la véritable histoire des assassins, précise M. Daftary, il est nécessaire de connaître un peu le paysage politique et religieux du XIe siècle. 

À l’origine, il y a la division historique entre les musulmans sunnites et chiites, qui remonte à la mort du prophète Mahomet, en 632, et concerne la question de la succession. Les chiites estiment que le prophète Mahomet a désigné un successeur, son cousin et gendre Ali ben Abi Talib, tandis que les sunnites soutiennent qu’il ne l’a pas fait. 

La situation s’est compliquée davantage après la mort du sixième imam chiite, Jafar al-Sadiq, en 765. À cette époque, les descendants d’Ali étaient devenus si nombreux que les chiites ne parvenaient pas à se mettre d’accord entre eux sur l’identité du chef légitime. 

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De nombreux mythes et légendes sur les Nizarites sont enracinés dans l’ignorance imaginative des croisés et de leurs chroniqueurs occidentaux, affirme Farhad Daftary, gouverneur et directeur émérite de l’Institut d’études ismaéliennes. (Photo fournie) 

La scission qui s’en est suivie a donné naissance à deux groupes chiites principaux. Le plus important est le chiisme duodécimain, dont les membres croient que la ligne de succession légitime a pris fin avec la dissimulation, ou l’occultation, du douzième imam, Al-Mahdi, dont la réapparition est toujours attendue par ses adeptes. 

L’autre groupe est celui des ismaéliens, dont le nom dérive de leur reconnaissance d’Ismaïl ben Jafar, le fils aîné de Jafar al-Sadiq, comme son successeur spirituel légitime. 

Toutefois, même au sein des ismaéliens, une nouvelle scission a eu lieu, déclenchée par la mort, en 1094, du dix-huitième imam ismaélien, qui était également le huitième calife de l’Empire fatimide, basé au Caire. 

«À sa mort, sa succession a été disputée par deux de ses fils, Nizar, qui était l’héritier désigné à l’origine, et son frère cadet, qui est en fait monté sur le trône fatimide», souligne M. Daftary. «C’est donc sur la base de ce conflit de succession que la communauté ismaélienne, auparavant unifiée, s’est divisée en deux factions, celle des Nizarites et celle des Mustaliens.» 

C'est alors qu'intervient le personnage historique de Hassan ben Sabbah, un missionnaire qui travaillait pour les Fatimides en Iran. 

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Cette peinture représente Hassan ben Sabbah, un important dirigeant ismaélien considéré comme le fondateur de l’État nizarite. (Shutterstock) 

À l’époque, une grande partie de l’Iran actuel était sous le contrôle des Turcs seldjoukides, et Hassan a commencé à préparer une révolution contre le régime sunnite impopulaire. 

Ainsi, «Hassan, qui a défendu la cause de Nizar en Iran et rompu ses relations avec Le Caire et le régime fatimide, qui avait apporté son soutien au frère cadet de Nizar, a été le fondateur de l’État et de la communauté des ismaéliens nizarites.» 

Il est vrai que Hassan a institué une politique d’assassinats, mais la caractérisation moderne des Nizarites comme étant les premiers terroristes est déplacée, soutient M. Daftary. 

Hassan, qui s'est emparé de la forteresse d’Alamut, dans le nord montagneux de la Perse, et y a établi sa base en 1090, «était confronté à un adversaire militaire très puissant, les Seldjoukides. Il n’a pas pu les affronter au combat parce qu’il n’a pas réussi à constituer une armée pour rivaliser avec la leur». 

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Une vue de la forteresse d’Alamut, dans la région montagneuse de Qazvin, en Iran, actuellement en cours de restauration. (Shutterstock) 

Au lieu de cela, il entreprend de déstabiliser l’autorité seldjoukide décentralisée en s’attaquant aux principaux dirigeants, «localité par localité, émir par émir». 

Cela ne fait toutefois pas des Nizarites les précurseurs des terroristes d’aujourd’hui, affirme M. Daftary. «Ils n’ont rien en commun avec les terroristes modernes. Leurs causes ne sont pas les mêmes, pas plus que leurs moyens, leurs motivations ou leurs pratiques.» 

«Leurs assassinats étaient soigneusement sélectionnés et ciblés; il ne s’agissait pas d’actes de terreur, de meurtres d’innocents.» 

En outre, «ils n’ont pas inventé l’assassinat, qui était pratiqué à l’époque par les Seldjoukides eux-mêmes ainsi que par les croisés. Cependant, des informations et des rumeurs très exagérées ont fait que presque tous les grands assassinats de la région leur ont été attribués». 

En effet, les archives contemporaines conservées par les Nizarites montrent que, au cours des trente-quatre années du règne d’Hassan, moins de cinquante assassinats ont été perpétrés par le groupe. 

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Cette peinture représente le siège d’Alamut par les Mongols en 1256. (Wikimedia Commons, Tarikh-i Jahangushay-i Juvaini) 

La prise du château d'Alamut en 1090 est reconnue par les historiens comme le moment fondateur de l’État ismaélien nizarite. Cet État était constitué d’une série de forteresses disséminées à travers la Perse et le Levant. Il a résisté à tous les ennemis, des rivaux islamiques aux croisés chrétiens, pendant cent quatre-vingt-trois ans, mais a finalement été balayé par les Mongols vers l’an 1256. 

C’est dans la région du Levant, au cours de la première décennie du XIIe siècle, que les croisés ont rencontré pour la première fois les Nizarites. Aujourd’hui, les ruines de la principale forteresse du groupe, le château de Masyaf, se dressent encore en bordure de la ville syrienne du même nom. 

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Le vieux château en pierre de Masyaf, situé sur une colline à Masyaf, en Syrie. 

C’est là qu’a régné, entre 1162 et 1193, Rachid ad-Din Sinan, seigneur de l’État ismaélien nizarite, en Syrie, immortalisé par l’explorateur vénitien Marco Polo sous le nom de «Vieux de la Montagne». 

Les écrits de Marco Polo reprennent et embellissent de nombreuses légendes sur les assassins, indique M. Daftary. Parmi ces dernières, l’existence supposée d’un «jardin secret du paradis, dans lequel le chef espiègle de ce groupe aurait donné du haschisch à ces assassins potentiels, qui se seraient retrouvés entourés de tous les plaisirs qui leur sont promis au paradis». 

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Rachid ad-Din Sinan. (Wikimedia Commons) 

«Une fois suffisamment dépendants de ces plaisirs corporels, on leur donnait un poignard et on les envoyait tuer en leur disant: “Si tu réussis, tu retourneras dans le jardin du paradis, et si tu meurs, ton âme ira quand même au paradis.”» 

Les croisés «n’arrivaient pas à comprendre pourquoi ces gens se sacrifiaient. Alors, pour trouver des explications qui fourniraient des raisons logiques à un type de comportement qui leur semblait irrationnel ou fou, ils ont commencé à inventer ces récits que nous ne trouvons d’ailleurs pas dans les sources musulmanes contemporaines, même si elles étaient peut-être encore plus hostiles aux ismaéliens que les croisés». 

Aujourd’hui, le nombre d’ismaéliens nizarites dans le monde entier s’élève à environ 15 millions. Les communautés les plus importantes se trouvent en Afghanistan, au Pakistan, en Inde et en Syrie, mais aussi en Iran, en Afrique de l’Est, dans les Émirats arabes unis, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays d’Europe. 

Les ismaéliens nizarites modernes «détestent» la réputation déformée de leurs ancêtres, affirme M. Daftary, «parce que ce sont des gens pacifiques et progressistes». 

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Sur cette photo prise le 8 mars 2018, la reine Élisabeth II de Grande-Bretagne pose avec le prince Karim Aga Khan IV au château de Windsor lors d’un dîner privé qu’elle avait organisé à l’occasion du jubilé de diamant du règne de Khan en tant qu’imam de la communauté musulmane chiite des ismaéliens nizarites. (Photo, Dominic Lipinski, AFP) 

L’actuel et quarante-neuvième imam des ismaéliens nizarites est le prince Aga Khan IV, qui a créé l’Institut d’études ismaéliennes (IIS) en 1977. L’IIS, qui possède la plus grande faculté d’études islamiques de toutes les institutions universitaires du Royaume-Uni, dispose de la plus importante collection du monde de textes nizarites originaux, dont la traduction en persan, en arabe et en anglais est disponible aux chercheurs. 

M. Daftary a conclu en affirmant qu’il ne voulait nullement faire perdre à qui que ce soit le plaisir de regarder la série télévisée Al-Hashasheen pendant le ramadan. 

«N’oubliez pas que la plupart de ces histoires venues d’Orient ont été racontées par des croisés, assis devant leur cheminée, après leur retour en Europe. Donc, tant qu’elles sont traitées comme des contes qui n’ont rien à voir avec l’histoire réelle de cette communauté et les pratiques de ce groupe, tout va bien.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


« À dream of Saudi Arabia », un livre émotion de Gilles Bensimon

Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite. (Photo fournie)
Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite. (Photo fournie)
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  • Pendant trente-deux jours, le photographe a parcouru l’Arabie saoudite sans annonce, presque à pas feutrés. Il n’y avait ni mise en scène ni attente particulière, juste une disponibilité, un désir de capter en toute spontanéité des instants de vie
  • Bensimon a toujours photographié ainsi : d’abord des visages, ceux des grandes figures de la mode et du show-business lorsqu’il était directeur de la photographie du magazine ELLE

PARIS: Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite.

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Plus qu’un simple ouvrage, c’est un voyage intérieur, un regard posé avec douceur sur un pays que Gilles Bensimon a connu tardivement et qui semble l’avoir profondément transformé.

Pendant trente-deux jours, le photographe a parcouru l’Arabie saoudite sans annonce, presque à pas feutrés. Il n’y avait ni mise en scène ni attente particulière, juste une disponibilité, un désir de capter en toute spontanéité des instants de vie de ce pays.

C’est sans doute cela qui donne à ses images leur authenticité et leur sensibilité : elles ne cherchent pas à prouver, elles accueillent et immortalisent.

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Bensimon a toujours photographié ainsi : d’abord des visages, ceux des grandes figures de la mode et du show-business lorsqu’il était directeur de la photographie du magazine ELLE.

Mais ici, quelque chose change. Le regard est autre, empreint de sentiment et de spiritualité. Il devient plus lent, plus attentif, presque méditatif. Et ce qu’il capte en Arabie saoudite ne relève pas du spectaculaire, mais de l’infime : une lumière sur un mur, un geste autour d’un café, un silence dans un désert.

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Très vite, ce voyage dépasse le cadre esthétique et devient une expérience intime. « Il y a dans ce pays un sens de la spiritualité absolument remarquable », confie-t-il à Arab News en français.

Chez lui, ce mot n’a rien d’abstrait, car ce qui frappe Bensimon, avant tout, c’est l’hospitalité : simple, immédiate, offerte sans condition.

« On n’avait pas annoncé qu’on arrivait, les gens ne me connaissaient pas. Et pourtant… » Il y a dans cette phrase une forme d’étonnement presque enfantin, comme si le photographe découvrait un monde où la relation humaine prime encore sur tout le reste.

De cette proximité naît une forme d’adhésion et de sensibilité. Il raconte, presque à mi-voix, qu’il a suivi le Ramadan avec ceux qui l’accueillaient, non par obligation, mais par désir de partage. « Je ne voulais pas être différent », dit-il simplement.

Et puis il y a cette phrase, surprenante de sincérité : « Si j’habitais là-bas, je deviendrais musulman. » Lorsqu’on l’écoute vraiment, on comprend qu’au fond, il ne parle pas d’une conversion, mais d’une reconnaissance, celle d’une unité. « Je crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu », ajoute-t-il tranquillement.

Dans son récit, les religions cessent d’être des frontières et redeviennent des racines communes. Lorsqu’il en parle, ce n’est pas pour comparer, mais pour relier et réconcilier silencieusement.

Ce regard, Bensimon l’étend aussi à l’histoire. Il s’agace doucement des clichés, des raccourcis, des ignorances. « Les gens parlent sans connaître », dit-il.

Lui découvre un pays de culture, de mémoire, de complexité : un pays qui ne se laisse pas réduire et, surtout, un pays en mouvement.

Car « A Dream of Saudi Arabia » n’est pas seulement un livre sur un territoire, mais un livre sur une transformation. Bensimon en perçoit les signes, notamment dans la place des femmes, dans les évolutions du quotidien, dans cette interaction entre tradition et modernité qui traverse chaque image.

Ses photographies ressemblent alors à des fragments de temps. Elles saisissent, loin de tout préjugé, ce qui est là et ce qui est en train de disparaître.

C’est d’ailleurs cela, au fond, qui le pousse déjà vers un autre projet, car la boucle, pour lui, n’est pas refermée. « Il faut faire ces choses maintenant, parce qu’elles vont disparaître », confie-t-il.

Dans son esprit, un nouveau livre prend forme. Il ne s’agira plus seulement de parcourir un pays, mais de retrouver des traces, des gestes anciens, des modes de vie en voie d’effacement. Il parle de caravanes, de traversées, de ces itinéraires oubliés qui racontaient autrefois le monde autrement.

Après avoir saisi l’instant présent de l’Arabie saoudite, Bensimon semble vouloir en explorer la mémoire profonde, avant qu’elle ne s’efface.

Il y a dans cette démarche quelque chose de presque mélancolique, mais aussi une forme d’urgence douce : photographier pour garder, regarder pour comprendre et, surtout, rester fidèle à ce qui l’anime depuis toujours, soit une curiosité intacte pour les êtres et les lieux.

Le lancement du livre s’est d’ailleurs inscrit dans cette même logique immersive, lors d’un événement grandiose au Molière, hôtel particulier dédié aux événements d’importance.

Entre projections monumentales, installations sensorielles et mise en scène enveloppante, le public a été invité à vivre, plus qu’à découvrir, l’univers du photographe : une expérience totale, à l’image du voyage qu’il raconte.

Avec « A Dream of Saudi Arabia », Gilles Bensimon ne signe pas seulement un livre : il poursuit un dialogue entre les cultures, les croyances et les époques, qu’il avait entamé avec son magnifique ouvrage dédié à AlUla, publié en 2021.


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
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  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
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  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.