Européennes: Républicains et socialistes tiennent leur premier grand meeting de campagne

Le président du Rassemblement national (RN) et chef de file de la liste électorale, Jordan Bardella (à droite) visite un marché à Belfort, dans l'est de la France, dans le cadre de sa campagne pour les prochaines élections européennes, le 23 mars 2024. (Photo par Sebastien Bozon AFP)
Le président du Rassemblement national (RN) et chef de file de la liste électorale, Jordan Bardella (à droite) visite un marché à Belfort, dans l'est de la France, dans le cadre de sa campagne pour les prochaines élections européennes, le 23 mars 2024. (Photo par Sebastien Bozon AFP)
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Publié le Jeudi 28 mars 2024

Européennes: Républicains et socialistes tiennent leur premier grand meeting de campagne

  • La droite et sa tête de liste, François-Xavier Bellamy, vont tenter de donner un peu de souffle à une candidature encalminée autour de 7% à 8% des intentions de vote
  • Les Républicains, éliminés au premier tour de la présidentielle de 2022 avec seulement 4,78% des voix, doivent impérativement dépasser cette fois le seuil des 5%, faute de quoi ils disparaîtraient du Parlement européen

PARIS : A la peine dans les sondages, Les Républicains lancent leur campagne européenne samedi avec un premier grand meeting à Paris, avant celui du favori de la gauche Raphaël Glucksmann dimanche à Toulouse.

Hisser les voiles ou rester à quai. Aux Docks de Paris, la droite et sa tête de liste, François-Xavier Bellamy, vont tenter de donner un peu de souffle à une candidature encalminée autour de 7% à 8% des intentions de vote.

Les Républicains, éliminés au premier tour de la présidentielle de 2022 avec seulement 4,78% des voix, doivent impérativement dépasser cette fois le seuil des 5%, faute de quoi ils disparaîtraient du Parlement européen, une première.

Charge à François-Xavier Bellamy de battre le rappel des troupes depuis Aubervilliers, où il conclura son premier meeting de campagne.

«Cette élection est le moment de commencer à reconstruire ensemble» avec «tous ceux qui partagent (...) les valeurs de la droite», affirme dans Le Parisien l'eurodéputé, qui avait recueilli 8,48% en 2019.

Avant son discours, se succèderont à partir de 16H30 à la tribune le numéro un de LR, Eric Ciotti, ainsi que les numéros deux et trois de la liste, l’agricultrice Céline Imart et le général Christophe Gomart, dernière recrue enrôlée cette semaine.

L'état-major du parti sera également mobilisé, notamment les présidents de régions - et potentiels candidats à la présidentielle de 2027 - Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand.

On guettera aussi la présence des eurodéputés sortants, en particulier les ex-ministres sarkozystes Nadine Morano et Brice Hortefeux, qui espèrent bien être reconduits, de préférence en position éligible.

Au-delà de ces figures médiatiques, tous les soutiens seront bons à prendre pour des Républicains pris en étau entre le Rassemblement national de Jordan Bardella, qui caracole aux alentours des 30%, et le camp macroniste emmené par Valérie Hayer, qui plafonne aux environs de 18%.

- Vent en poupe -

La droite ne pourra toutefois pas compter sur le soutien des centristes de l'UDI, alliés à LR au Sénat mais qui s'apprêtent à rejoindre la coalition présidentielle aux européennes. Choix «naturel» pour leur patron Hervé Marseille, qui demandera à son conseil national de valider ce ralliement dans la matinée.

Un renfort sans doute pas décisif, mais bienvenu pour Valérie Hayer, sur le pont depuis seulement trois semaines et toujours sans équipage, le reste de sa liste «Besoin d'Europe» ne devant pas être dévoilé avant avril.

En attendant, la candidate tenait meeting vendredi soir à Bayonne, où elle a mis en garde contre le «risque majeur» de «blocage des institutions européennes» par l'extrême droite.

A ses côtés, pas moins de trois ministres dont Bruno Le Maire venu conjurer le «défaitisme» et «restaurer la flamme» des pro-européens face au «nationalisme étriqué» de leurs adversaires. Preuve que l'exécutif entend s'impliquer jusqu'au scrutin du 9 juin pour refaire son retard sur le RN et garder son avance sur les autres concurrents.

Car à bâbord, un autre candidat a le vent en poupe. Crédité de scores à deux chiffres, jusqu'à 13% dans certains sondages, Raphaël Glucksmann peut aborder avec confiance son meeting de dimanche au Phare de Tournefeuille (Haute-Garonne) en banlieue toulousaine.

Une terre de gauche où l'entourage de la tête de liste PS-Place publique espère transformer l'essai et venir perturber le match Bardella-Hayer. «Si on dépasse la majorité, le signal serait extrêmement fort», s'enthousiasme déjà un élu socialiste.

Un autre scrute plutôt l'écart avec les rivaux écologistes et insoumis, persuadé qu'un bon score de M. Glucksmann «rebattrait les cartes pour la présidentielle» et une nouvelle union sur les cendres de la Nupes.

Mais «pas question de la jouer hégémonique», ajoute-t-il alors que les socialistes n'ont obtenu que 6,19% des suffrages il y a cinq ans.


Farandou défend un budget de compromis, «pas un 49.3 qui brutaliserait le Parlement»

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
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  • "Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement"
  • M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget

PARIS: Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat.

"Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement", a-t-il estimé. "Il y a eu 350 heures de débats. C'est au contraire un budget qui cristallise un compromis, un consensus".

M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget. Des motions qui devraient a priori être rejetées vendredi.

"On est toujours prudent sur le résultat d'un vote qui sera serré", a-t-il dit, estimant qu'"il ne faut surtout pas vendre la peau de l'ours".

M. Farandou a estimé que l'absence de budget "serait une catastrophe pour le pays".

Interrogé sur l'existence d'un "virage à gauche" du budget avec l'annonce vendredi de la hausse de la prime d'activité de 50 euros en moyenne pour trois millions de Français, il a insisté sur le fait que cette mesure "n'est ni de gauche ni de droite ou de gauche et de droite".

"Bien sûr, la gauche y voit une mesure de pouvoir d'achat, mais je pense que les gens de sensibilité de droite y voient une incitation au travail", a-t-il pointé. "C'est typiquement la mesure qui est bonne pour les Français et qui au fond permet le consensus, du PS aux Républicains".

"On est en train d'affiner, on fera tout ce qu'on peut", a-t-il aussi répondu au journaliste qui lui demandait si la hausse pourrait être de plus de 50 euros, tout en insistant sur la nécessité de ne pas creuser le déficit.


Macron veut que la France et l'Europe soient "respectées"

Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron affirme que l’unité européenne a permis de faire retomber les tensions avec les États-Unis sur le Groenland, tout en réaffirmant le soutien à la souveraineté danoise
  • Il insiste sur la nécessité pour la France et l’Europe d’être respectées, se disant prêt à agir fermement, y compris via les outils commerciaux européens, en cas de nouvelles menaces

BRUXELLES: Emmanuel Macron a affirmé jeudi vouloir que la France et l'Europe soient "respectées", et s'est "félicité" du retour à une situation "beaucoup plus acceptable" avec les Etats-Unis, après une "escalade" et des "menaces d'invasion" et "tarifaires" au sujet du Groenland.

"On se réunit aujourd'hui dans ce Conseil informel européen pour marquer l'unité des Européens en soutien du Danemark, de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et pour aussi acter que quand l'Europe est unie, forte, réagit vite, les choses rentrent dans l'ordre et dans le calme", a dit le président français à son arrivée à Bruxelles. "Même si nous restons vigilants", a-t-il ajouté.

Des discussions mercredi à Davos, en Suisse, entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" au sujet du territoire autonome danois.

Donald Trump a coup sur coup fait marche arrière sur sa menace d'action militaire pour s'en emparer, puis de droits de douane accrus contre les pays européens qui s'y opposeraient.

A Davos, mardi, Emmanuel Macron avait dénoncé la diplomatie "brutale" des Etats-Unis. En retour, le lendemain, le président américain avait estimé que son homologue français, qui porte depuis plusieurs jours des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire, avait "joué le dur à cuire".

Interrogé sur ces passes d'armes, Emmanuel Macron a assuré que ça "ne dépend pas" de lui.

"Moi je suis extrêmement calme et constant. Ca fait neuf ans que vous m'entendez parler d'indépendance européenne, d'autonomie stratégique européenne, de respect de la souveraineté partout. On le fait en Ukraine, on le fait pour la Palestine, on le fait pour le Danemark et nous, nous sommes prévisibles", a-t-il affirmé à la presse.

"Simplement, on entend que la France soit respectée, que l'Europe soit respectée. A chaque fois qu'elles ne le seront pas, nous nous exprimerons et agirons avec clarté", a-t-il ajouté.

Selon le président français, qui avait invoqué le recours au puissant outil "anti-coercition" de l'Union européenne face aux menaces commerciales américaines, "quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire respecter".


Narcotrafic: cinq hommes, dont quatre Colombiens, soupçonnés d'un meurtre en France

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes
  • Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran

LYON: Cinq hommes, dont quatre Colombiens, ont été inculpés et écroués jeudi en France, soupçonnés du meurtre d'un jeune homme et de préparer un autre règlement de comptes pour un narcotrafiquant français détenu dans leur pays.

Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes, dans la nuit de dimanche à lundi, et un cinquième homme dans un appartement.

Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran.

Le juge les a inculpés notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, et ils ont été écroués, ont indiqué dans la soirée à l'AFP leurs avocats.

Agés de 25 à 30 ans, ils étaient soupçonnés, au moment de leur arrestation, d'avoir planqué plusieurs heures dans cette voiture dans un parking du centre de Lyon en vue de commettre un règlement de compte, selon des sources policières. L'appartement dans lequel le cinquième a été appréhendé leur servait de planque.

En plus du meurtre d'Écully, l'information judiciaire les visait pour "tentative de meurtre et (...) préparation d'un crime en bande organisée", a précisé le procureur.

Ils sont soupçonnés d'être des "mercenaires" ou des "tueurs à gage" recrutés en Colombie par un narcotrafiquant français de Lyon détenu dans ce pays d'Amérique latine, principal producteur de cocaïne, selon une source policière.

Il s'agit d'un habitant du quartier populaire de La Duchère, à Lyon, limitrophe d'Écully. Soupçonné d'être un gros trafiquant, Karim B.A., surnommé "Fiston", est en détention en Colombie, en attente d'extradition.

Accusé d’avoir commandité des fusillades à La Duchère visant des policiers et des rivaux, il fait l’objet de poursuites judiciaires pour "homicide et tentative d'homicide en bande organisée".

En fuite en Colombie, il a été arrêté dans la région de Cali (sud-ouest) le 25 octobre 2022.

Le quartier de La Duchère a été traversé par de nombreux épisodes de violences armés ces dernières années.

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier.

Deux anciens militaires colombiens, eux aussi soupçonnés d'être des tueurs à gage, avaient déjà été arrêtés fin 2024 dans la banlieue de Lyon.

La Colombie abrite de nombreux groupes armés - guérilleros, paramilitaires, cartels - héritiers d'un conflit vieux de six décennies, qui n'a pas cessé malgré le désarmement des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en 2017.