Turquie: Fatih Maçoglu, le «maire communiste» à la conquête d'Istanbul

Le maire de Tunceli Fatih Mehmet Macoglu 55 ans (au centre) rencontre ses partisans à Kadikoy, à Istanbul, lors de sa campagne le 11 février 2024 (Photo, AFP).
Le maire de Tunceli Fatih Mehmet Macoglu 55 ans (au centre) rencontre ses partisans à Kadikoy, à Istanbul, lors de sa campagne le 11 février 2024 (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) aux côtés du candidat du parti AKP à la mairie métropolitaine d'Ankara, Turgut Altinok, s'adresse aux partisans lors d'un rassemblement de campagne électorale à Ankara le 23 mars 2024, avant les élections municipales du 31 mars (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) aux côtés du candidat du parti AKP à la mairie métropolitaine d'Ankara, Turgut Altinok, s'adresse aux partisans lors d'un rassemblement de campagne électorale à Ankara le 23 mars 2024, avant les élections municipales du 31 mars (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 mars 2024

Turquie: Fatih Maçoglu, le «maire communiste» à la conquête d'Istanbul

  • L'élu communiste a refusé d'utiliser sa voiture de fonction et affiche les comptes de la municipalité à l'extérieur de la mairie
  • Murat Karabiyik voit lui aussi sa candidature d'un bon oeil

ISTANBUL: Seul maire communiste de Turquie, Fatih Maçoglu a marqué les esprits à Tunceli, une petite province rurale d'Anatolie. L'élu part désormais à l'assaut de Kadiköy, l'un des arrondissements les plus branchés d'Istanbul.

Connu comme le "maire communiste", l'édile à l'épaisse moustache s'est fait connaître en ouvrant grand les portes de sa permanence, sa manière d'incarner la transparence.

M. Maçoglu, 55 ans, a été élu en 2019 à Tunceli (ex-Dersim), une ville kurde alévie de l'Est de la Turquie foncièrement laïque et de gauche, cinq ans après avoir été élu maire d'un bourg de montagne dans la même province.

Mais cette année, il fait campagne sur la rive asiatique d'Istanbul, 900 km plus à l'Ouest, dans le très animé arrondissement de Kadiköy favori des artistes, et des jeunes.

Accessoirement aussi, un bastion du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

Objectif: y être élu lors des élections municipales du 31 mars, une mission quasi impossible.

"Le monde va de plus en plus mal mais je crois que les socialistes peuvent inverser cette tendance", explique à l'AFP celui qui préfère l'étiquette de socialiste à celle de communiste.

Le Parti communiste turc (TKP) ne compte aucun député à l'assemblée, dominée depuis 2002 par l'AKP, le parti islamo-conservateur du président Erdogan.

Qu'importe: "les socialistes sont compétents pour diriger ce pays et le monde", affirme-t-il, jugeant que ses deux mandats écoulés sont la preuve qu'une bonne gouvernance est possible.

«Approche honnête»

À Tunceli, où il a succédé à un administrateur nommé par l'Etat -- après que le maire pro-kurde a été emprisonné --, l'élu communiste a refusé d'utiliser sa voiture de fonction et affiche les comptes de la municipalité à l'extérieur de la mairie.

Il a promu l'agriculture biologique et réduit le prix des transports publics, notamment pour les étudiants.

"J'ai suivi ses décisions (...) et j'ai été séduite par son approche honnête de la politique", confie Sevgi Celik, 42 ans, une habitante de Kadiköy qui se dit "convaincue qu'il fera la même chose ici".

Murat Karabiyik voit lui aussi sa candidature d'un bon oeil.

"Nous ne pouvons pas trouver de logement, nous ne pouvons pas manger, nous ne pouvons pas boire, nous ne pouvons pas voyager. Cela doit changer. Les politiciens courent en général après l'argent. Ce n'est pas son cas", affirme cet autre quadragénaire.

Fatih Maçoglu assure que, s'il est élu à Istanbul, il poursuivra sur sa ligne.

Mais sa candidature à Kadiköy, un quartier fourmillant de bars, de restaurants et de galeries d'art, lui vaut la foudre d'autres partis d'opposition, qui auraient préféré qu'il se présente dans un arrondissement ouvrier ou reste à Tunceli plutôt que de le voir chasser sur leurs terres.

Lui dit simplement vouloir offrir aux électeurs un "meilleur programme" et assure n'être "contre aucun parti".

"Soyez assurés que nous l'emporterons", lâche-t-il.

«mode de vie»

Ses chances sont toutefois infimes, même si des observateurs notent qu'il pourrait séduire des électeurs déçus par le CHP qui a raflé les deux tiers des voix en 2019.

Aux habitants de l'arrondissement, Fatih Maçoglu promet transparence et libertés.

L'élu promet aussi un meilleur partage des ressources de la municipalité, fidèle au projet communiste.

"Le communisme est un mode de vie. Le système capitaliste et impérialiste a créé une très mauvaise perception (du communisme), que les communistes ne méritent pas", juge-t-il.

"Partout où je vais dans le pays, il y a des millions de personnes qui disent ne pas être de cet avis, mais qui disent que si le communisme c'est ce que je fais, alors c'est très bien."


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.