Trump attaque son propre camp, le Congrès entérine la victoire de Biden

Le président Donald Trump au rassemblement «Stop The Steal» le 6 janvier 2021 à Washington, DC. (AFP)
Le président Donald Trump au rassemblement «Stop The Steal» le 6 janvier 2021 à Washington, DC. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 06 janvier 2021

Trump attaque son propre camp, le Congrès entérine la victoire de Biden

  • Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé devant ses partisans sous un ciel chargé de lourds nuages, la Maison Blanche en toile de fond
  • «Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais», a-t-il martelé, quelques minutes avant que le Congrès ne débute l'enregistrement, lors d'une procédure purement formelle, le vote des grands électeurs en faveur de son adversaire démocrate

WASHINGTON : De plus en plus isolé, le président américain Donald Trump s'en est pris mercredi avec virulence à son propre camp républicain juste avant que le Congrès n'entérine la victoire de Joe Biden.

Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé devant ses partisans sous un ciel chargé de lourds nuages, la Maison Blanche en toile de fond. 

«Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais», a-t-il martelé, quelques minutes avant que le Congrès ne débute l'enregistrement, lors d'une procédure purement formelle, le vote des grands électeurs en faveur de son adversaire démocrate.

Katherine Caldwell, 61 ans, venue avec son mari de l'Oregon, à l'autre extrémité des Etats-Unis, arbore fièrement un chapeau sur lequel on peut lire: «Trump est mon président». »Ils ont volé nos élections», martèle-t-elle, jugeant que le parti républicain a fait son temps et qu'il doit céder la place au «parti Trump».

Mais les résultats sont là, et ils sont un terrible camouflet pour l'ancien homme d'affaires, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et est de plus en plus critiqué dans son propre camp.

En Géorgie, le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l'histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud.

«Ce qui s'est passé hier (mardi) soir est extraordinaire», a déclaré sur CNN ce pasteur de 51 ans d'une église d'Atlanta où officiait Martin Luther King. 

L'autre démocrate en lice, Jon Ossoff, semblait lui aussi en position de créer la surprise face au sénateur républicain David Perdue.

Lors d'une déclaration mercredi matin, il a revendiqué sa victoire: «Géorgie, merci pour la confiance que vous m'avez accordée», a-t-il assuré lors d'une brève déclaration. Les grandes télévisions américaines ne l'ont cependant pas encore désigné comme vainqueur.

Si sa victoire se confirme, Jon Ossoff deviendrait, à 33 ans, le plus jeune sénateur démocrate depuis... Joe Biden (en 1973).

Les démocrates auraient alors 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aurait le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

Les performances démocrates dans ce grand Etat du Sud traditionnellement conservateur représentent un terrible revers pour le Grand Old Party. Et si la double victoire se confirme, les républicains, après avoir perdu la Maison Blanche, verraient la prestigieuse chambre haute leur échapper.

«Mitch McConnell, chef de la minorité au Sénat», a ironisé Hillary Clinton dans un tweet, évoquant le fait que le puissant «Mitch» était sur le point de perdre le poste prestigieux de chef de la majorité.

Trump, pressions sur Pence

Galvanisés par la victoire de Joe Biden dans l'Etat le 3 novembre, une première depuis 1992, les démocrates ont réussi à mobiliser leurs électeurs, en particulier afro-américains, clés pour toute victoire démocrate.

Signe des grands enjeux, les présidents élu et sortant avaient fait lundi le déplacement sur le terrain. 

Ces élections partielles pourraient être «votre dernière chance de sauver l'Amérique telle que nous l'aimons», avait tonné Donald Trump à Dalton. En vain.

Dans un étonnant télescopage, le Congrès se réunira mercredi en début d'après-midi pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden.

L'issue de cette obligation constitutionnelle ne fait aucun doute: Joe Biden deviendra président.

Mais la croisade de Donald Trump donne à cette journée une tonalité particulière.

Si certains poids lourds républicains ont fini par admettre la victoire du démocrate, des dizaines d'autres parlementaires ont promis d'exprimer leurs objections mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole.

M. Trump a de nouveau fait pression mercredi sur son vice-président Mike Pence, auquel reviendra le rôle protocolaire de déclarer Joe Biden vainqueur.

«Si Mike Pence fait la bonne chose, nous gagnons l'élection», a-t-il lancé. «S'il ne le fait pas, ce sera une triste journée pour notre pays», a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il doutait de l'attitude de son numéro deux.

Mike Pence présidera bien la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui officialisera le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Mais, selon la Constitution, son rôle consiste à «ouvrir» les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats. 

Reste que les injonctions présidentielles placent Mike Pence dans une position délicate, après trois ans et onze mois de loyaux services.

Joe Biden, lui, s'est largement gardé de commenter cette pression sans précédent autour d'une journée qui relève d'ordinaire d'une formalité. 

Mercredi, il a prévu de faire un discours... sur l'économie. 

 


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"