Netanyahou «entraîne l’Occident dans une guerre totale», selon un diplomate iranien

Un missile balistique iranien (à droite) tombé en Israël le week-end dernier, aperçu lors d’une tournée des médias dans la base militaire de Julis, près de la ville de Kiryat Malachi, dans le sud d’Israël, le 16 avril 2024 (AFP).
Un missile balistique iranien (à droite) tombé en Israël le week-end dernier, aperçu lors d’une tournée des médias dans la base militaire de Julis, près de la ville de Kiryat Malachi, dans le sud d’Israël, le 16 avril 2024 (AFP).
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Publié le Mercredi 17 avril 2024

Netanyahou «entraîne l’Occident dans une guerre totale», selon un diplomate iranien

  • Une «autre erreur» de la part d’Israël provoquerait une riposte «plus forte», selon le chargé d’affaires de Téhéran au Royaume-Uni
  • La salve de plus de drones et de missiles lancée le week-end dernier était une opération de défense «légitime», l’Occident reçoit un «avertissement considérable»

LONDRES: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, tente d’entraîner l’Occident dans une «guerre totale» au Moyen-Orient, a averti le chargé d’affaires iranien au Royaume-Uni.

Dans ses premiers commentaires depuis l’attaque de drones et de missiles balistiques menée par Téhéran la semaine dernière, Seyed Mehdi Hosseini Matin a déclaré qu’une «autre erreur» de la part d’Israël provoquerait une riposte, a rapporté The Guardian.

Téhéran mènerait une attaque plus forte sans avertissement, contrairement à l’attaque de la semaine dernière, qui a été communiquée plusieurs jours à l’avance, a-t-il ajouté.

Une salve de plus de 300 drones et missiles balistiques a été lancée en réponse à l’attaque israélienne du 1er avril contre le consulat iranien en Syrie, qui a fait plusieurs morts parmi les hauts responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

«La riposte à la prochaine erreur des sionistes ne prendra pas douze jours. Elle sera décidée dès que nous verrons ce que le régime hostile a fait. Elle sera immédiate et sans avertissement. Elle sera plus forte et plus sévère», a averti M. Matin.

Israël s’est engagé à répondre à l’attaque iranienne, mais il n’a pas encore communiqué d’informations.

M. Matin a indiqué que l’Iran n’envisageait pas d’attaquer des cibles civiles ou d’achever son programme d’armement nucléaire, aussi bien avant l’escalade qu’après une éventuelle riposte israélienne.

Les dirigeants américains et européens ont appelé au calme lors de leurs conversations avec M. Netanyahou, mais ils ont également insisté sur l’imposition d’une nouvelle série de sanctions contre l’Iran à la suite de l’attaque de la semaine dernière.

M. Matin a estimé que Téhéran n’avait pas commis d’erreur stratégique en lançant l’attaque. Il a en effet affirmé que les puissances occidentales «perdent leur crédibilité» au Moyen-Orient et que les États-Unis finiront par quitter la région.

«C’est une bonne occasion pour les pays occidentaux de démontrer qu’ils sont des acteurs rationnels et qu’ils ne vont pas se laisser piéger par M. Netanyahou et son objectif, qui est de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le peut», a ajouté M. Matin.

«L’Iran a longuement réfléchi à ses actions et il a compris qu’il y avait un piège. Cependant, ce piège n’est pas pour lui, mais pour les pays occidentaux et les pays alliés. Ces derniers sont entraînés par l’État sioniste dans une guerre totale à l’intérieur du Moyen-Orient, et le monde entier pourrait bientôt être incapable d’en maîtriser les conséquences.»

Avant que l’Iran ne riposte à l’attaque israélienne contre son consulat, Téhéran avait exhorté les responsables occidentaux à condamner l’attaque de Damas et à réclamer un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, a rappelé M. Matin.

Toutefois, certaines personnalités, dont le secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères, David Cameron, ont rejeté les demandes iraniennes. «Comme l’a mentionné M. Cameron à juste titre, chaque nation a le droit de se défendre contre ce type de violation flagrante du droit diplomatique et international», a souligné M. Matin, ajoutant que les attaques de drones et de missiles balistiques menées par l’Iran n’avaient visé que des sites militaires israéliens.

«Les forces iraniennes n’ont pas visé de sites peuplés afin d’éviter les pertes humaines. Elles n’ont pas non plus attaqué les bâtiments ni les centres gouvernementaux. Il s’agissait d’une opération de défense légitime qui a été menée de manière à donner un avertissement considérable», a-t-il expliqué.

«Maintenant, je peux dire que la mission est accomplie. Et c’est tout. C’est ce que nous avons annoncé très publiquement – que cette mission est accomplie.»

Téhéran a été contraint de rétablir ses mesures de dissuasion à la suite de l’attaque du consulat, a précisé M. Matin, qui a ajouté que la riposte avait montré «des capacités militaires, des missiles et des drones plus puissants que ce que toute la communauté internationale attendait de l’Iran.»

«Personne ne peut, à l’heure actuelle, imaginer que l’Iran est l’Iran de la guerre Iran-Irak. L’Iran est aujourd’hui une superpuissance régionale.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.