Européennes: dans le camp Macron, l'ultime bataille

Le député français Pieyre-Alexandre Anglade, directeur de campagne, interroge le ministre français des Affaires étrangères lors d'une séance de questions au gouvernement, le 12 juin 2018 à l'Assemblée nationale à Paris. (Photo Alain Jocard AFP)
Le député français Pieyre-Alexandre Anglade, directeur de campagne, interroge le ministre français des Affaires étrangères lors d'une séance de questions au gouvernement, le 12 juin 2018 à l'Assemblée nationale à Paris. (Photo Alain Jocard AFP)
Short Url
Publié le Lundi 22 avril 2024

Européennes: dans le camp Macron, l'ultime bataille

  • Jeudi, Emmanuel Macron prononcera un discours sur l'Europe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne
  • Deux ans après la réélection d'Emmanuel Macron, il flotte dans son camp comme un air de «der des der» à l'occasion de ces européennes, dernier rendez-vous électoral national avant 2027

PARIS : A moins de deux mois des européennes, tout le camp présidentiel semble suspendu à l'intervention d'Emmanuel Macron, dont le discours «Sorbonne II» jeudi doit relancer une campagne «qui n'a pas démarré», ultime combat électoral pour une «macronie» au devenir incertain.

Nostalgie dans le camp présidentiel ? Retours aux fondamentaux ? Jeudi, Emmanuel Macron prononcera un discours sur l'Europe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Comme en septembre 2017. L'idée d'une prise de parole depuis un site industriel, censée illustrer les progrès réalisés depuis six ans, a finalement été écartée.

Le 7 mai, c'est à la Maison de la Mutualité, à Paris, que se donnent rendez-vous les troupes de la majorité pour un meeting autour de la tête de liste, Valérie Hayer. «Un lieu emblématique de notre famille politique. C'est là qu'Emmanuel Macron a fait sa première grande réunion publique à l'été 2016», explique à L'Opinion le directeur de campagne, Pieyre-Alexandre Anglade.

Deux ans après la réélection d'Emmanuel Macron, il flotte dans son camp comme un air de «der des der» à l'occasion de ces européennes, dernier rendez-vous électoral national avant 2027. Et l'heure n'est pas aux réjouissances avec un Rassemblement national autour de 30% dans les sondages et bien décidé à dicter le tempo de ce «scrutin de mi-mandat». Son président Jordan Bardella entend même, si le RN finit premier, demander la dissolution de l'Assemblée.

«Il y a quand même fort à parier que le soir du 9 juin, le RN sera non seulement très haut, mais renforcé. Et comme en 2025 il n'y a rien (aucune élection, NDLR) pour l'enrayer, ils seront en dynamique pour la municipale (de 2026) et peuvent l'être jusqu'en 2027», s'inquiète un chef de parti.

Dans le camp présidentiel, les projections ont débuté. «Si on fait moins de 15%, il faut qu'on fasse tous autre chose», glisse un membre du gouvernement, «pas très optimiste» sur l'issue du scrutin.

Comment terminer le quinquennat sans majorité absolue, dans un contexte de dégradation budgétaire et sous la menace d'une censure à l'Assemblée ? Un score décevant aux européennes n'accélérerait-il pas la course à la succession pour l’Élysée au sein de la majorité, alors qu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter ?

-»Il nous faut la liste!»-

Et pour l'heure, comment faire valoir un bilan européen dans un tel contexte national ? C'est la difficulté de la tête de liste Valérie Hayer. Jusqu'ici largement distancée par le RN. Et qui devance nettement ou se retrouve talonnée, selon les études, par la liste PS-Place Publique de Raphaël Glucksmann.

Glucksmann «prend des voix à la majorité. C'est pour ça qu'Emmanuel Macron voulait que ça soit Le Drian (en tête de liste) et c'est pour ça qu'il le ramène comme président du comité de soutien», explique la même source.

Pieyre-Alexandre Anglade a beau recenser près de 300 réunions publiques tenues depuis un mois et demi, tout le camp présidentiel s'accorde pour dire que la campagne «n'a pas démarré».

Jusqu'à l'Hôtel Matignon où l'on considère que «la bascule, le moment où on va vraiment entrer dedans, c’est le moment où le président fera son intervention sur les enjeux européens». Une manière de temporiser alors que le Premier ministre essuie dans ses propres rangs des critiques pour son implication jugée trop faible.

Le discours sur «l'Europe-puissance» jeudi doit en tous cas permettre de «continuer de faire le bilan de ces cinq années passées et se projeter sur la suite» avec «une nouvelle impulsion sur le projet européen», a expliqué dimanche Valérie Hayer.

La liste, objet de tractations entre les différents partis de la majorité --Renaissance, MoDem, Horizons, Parti radical-- et les nouveaux venus de l'UDI, pourrait intervenir «la semaine suivante», selon un proche du président. Et puisque, selon la même source, «l'idée est quand même de renouveler un peu», les places sont chères pour les eurodéputés sortants, dont Valérie Hayer est la présidente au parlement européen.

«Il nous faut la liste !», s'impatiente un membre du gouvernement. «Sans elle, difficile d'enclencher des dynamiques régionales». Pour l'heure, «les marchés, les tractages, on les fait, mais les gens ne viennent pas».


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.