Exercice américano-philippin contre une «invasion» en mer de Chine

Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a quant à lui assuré lundi que son pays n'entendait pas "faire monter la tension" en mer de Chine méridionale (Photo, Fournie).
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a quant à lui assuré lundi que son pays n'entendait pas "faire monter la tension" en mer de Chine méridionale (Photo, Fournie).
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Publié le Lundi 06 mai 2024

Exercice américano-philippin contre une «invasion» en mer de Chine

  • Ces incidents font craindre un conflit plus large qui pourrait impliquer les Etats-Unis, allié des Philippines
  • La semaine dernière, les forces américaines participant à Balikatan avaient tiré des roquettes de précision Himars depuis l'île occidentale de Palawan

LAOAG: Les troupes américaines et philippines ont tiré lundi des obus et des missiles sur une force d'"invasion" imaginaire pendant des exercices en mer de Chine méridionale, dans le nord des Philippines où les deux pays ont récemment accusé la Chine de "conduite dangereuse et déstabilisante".

Plus de 16.700 soldats américains et philippins participent à ces manoeuvres annuelles navales, terrestres et aériennes organisées jusqu'au 10 mai dans une zone où les incidents à répétition entre embarcations chinoises et philippines font craindre un conflit plus large.

Les soldats américains massés sur les dunes de la côte nord-ouest des Philippines, près de la ville de Laoag, à 400 kilomètres au sud de Taïwan, ont tiré plus de 50 obus de 155 millimètres sur des cibles flottantes à environ cinq kilomètres de la côte, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les troupes philippines ont enchaîné avec des tirs de roquettes vers les attaquants factices, avant que les deux forces ne finissent l'exercice avec des mitrailleuses, des missiles Javelin et d'autres salves d'artillerie.

Cet exercice à munitions réelles, baptisé "Balikatan" ("Epaule contre épaule" en tagalog, la langue philippine), vise à "se préparer au pire", a déclaré aux journalistes le commandant de la Première force expéditionnaire des Marines des Etats-Unis, Michael Cederholm.

"Il est conçu pour repousser une invasion", a-t-il ajouté sur le site de l'exercice, débuté le 22 avril dans plusieurs endroits des Philippines. "Notre flan nord-ouest est plus exposé", a détaillé à l'AFP le général philippin Marvin Licudine, dirigeant l'exercice pour la partie philippine. "A cause des problèmes régionaux, nous devons dès maintenant nous entraîner sur notre propre sol".

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, une importante route commerciale. Elle ignore un arbitrage international qui lui a donné tort en 2016, et y fait patrouiller des centaines de navires des garde-côtes et de la marine.

La semaine dernière, Manille a accusé les garde-côtes chinois d'avoir endommagé un bateau des garde-côtes philippins et un autre du bureau des pêches en tirant dessus au canon à eau près du récif de Scarborough, contrôlé par la Chine mais revendiqué par les Philippines.

Des exercices en forme de dissuasion 

Ces incidents font craindre un conflit plus large qui pourrait impliquer les Etats-Unis, allié des Philippines, et d'autres pays de la région, dans une période où la Chine renforce sa pression diplomatique et militaire autour de Taïwan.

La semaine dernière, les ministres de la Défense des Philippines, des Etats-Unis, du Japon et de l'Australie ont, à l'issue d'une réunion dans l'archipel américain d'Hawaï, publié un communiqué conjoint dénonçant la "conduite dangereuse et déstabilisante" de Pékin en mer de Chine méridionale.

"Les actions de la Chine dans les mers de Chine orientale et méridionale sont légitimes, légales et irréprochables", avait auparavant affirmé le 12 avril le ministère chinois des Affaires étrangères.

La semaine dernière, les forces américaines participant à Balikatan avaient tiré des roquettes de précision Himars depuis l'île occidentale de Palawan, face aux îles Spratleys également disputées.

Selon l'armée américaine, il s'agissait d'une répétition du déploiement rapide du système Himars sur les côtes philippines bordées par la mer de Chine méridionale afin de "sécuriser et de protéger le territoire, les eaux territoriales et les intérêts de la zone économique exclusive des Philippines".

"Les exercices militaires sont une forme de dissuasion", a déclaré le ministre philippin des Affaires étrangères, Enrique Manalo, dans un discours prononcé en son nom par un assistant lors d'un atelier public vendredi. "Plus nous simulons, moins nous agissons."

Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a quant à lui assuré lundi que son pays n'entendait pas "faire monter la tension" en mer de Chine méridionale.

"Nous ne suivrons pas les garde-côtes chinois et les navires chinois dans cette voie", a-t-il dit. "Nous n'avons pas l'intention d'attaquer qui que ce soit avec des canons à eau ou tout autre équipement offensif", a-t-il poursuivi, ajoutant que Manille continuera à utiliser exclusivement la voie diplomatique pour régler les différends avec Pékin.


Des milliers de manifestants anti-Netanyahu près du Congrès américain avant son discours

Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
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  • "Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doct
  • Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza.

WASHINGTON : Des milliers de manifestants se sont rassemblés mercredi autour du Congrès américain à Washington pour protester contre le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et pour demander un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dévastée par plus de neuf mois de guerre.

Vers 17H30 GMT, de légers heurts ont éclaté entre les manifestants portant des drapeaux palestiniens et la police, qui a utilisé du gaz au poivre contre la foule pour la repousser alors qu'elle s'approchait du Capitole, dans le centre de la capitale des Etats-Unis, a constaté un journaliste de l'AFP.

Auparavant, avec des slogans comme "Palestine libre", elle criait sa colère contre la venue du dirigeant israélien, contre lequel le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé un mandat d'arrêt pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

"Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doctors Against Genocide (Médecins contre le génocide, en français).

"Nous sommes horrifiés par la destruction du système de santé à Gaza", a-t-il dit, alors que le territoire palestinien est assiégé et bombardé sans relâche par l'armée israélienne depuis l'attaque sans précédant du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza. Il s'efforcera de faire pression sur les Etats-Unis dans un contexte relativement tendu entre les deux pays. Les Etats-Unis restent le premier allié et principal soutien militaire d'Israël.

"L'hypocrisie des hommes politiques a complètement dépassé les limites", a dit à l'AFP Mo, un manifestant de 58 ans qui n'a pas souhaité donner son nom complet. Pour lui, le soutien américain à Israël est "la question numéro un" pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

"Recherche la paix et poursuis-la", peut-on lire sur une pancarte, reprenant une citation de la Bible.

Des manifestants montrent Benjamin Netanyahu sur une affiche de criminel recherché quand d'autres demandent sur leurs pancartes: "Arrêtez ce criminel de guerre".

Le Premier ministre israélien doit s'entretenir jeudi avec le président américain Joe Biden. Il doit aussi rencontrer sa vice-présidente et désormais candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris ainsi que le candidat républicain Donald Trump.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une campagne aérienne puis terrestre contre le territoire pauvre et surpeuplé, qui a provoqué une catastrophe humanitaire et fait jusque-là 39.145 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.


HRW condamne le "procès expéditif" de 57 Bangladais aux Emirats

Des étudiants bangladais transportent une femme blessée après des affrontements avec la section jeunesse de la ligue Awami à Dhaka le 15 juillet 2024. (AFP)
Des étudiants bangladais transportent une femme blessée après des affrontements avec la section jeunesse de la ligue Awami à Dhaka le 15 juillet 2024. (AFP)
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  • La justice des Emirats, où les manifestations non autorisées sont interdites, a prononcé ces peines dimanche, à l'issue d'une enquête expéditive.
  • Dans un communiqué, l'ONG de défense des droits humains a dénoncé un procès "expéditif qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'équité et à la régularité de la procédure".

DUBAI :  L'ONG Human Rights Watch (HRW) a qualifié mercredi de "déni de justice" la condamnation aux Emirats arabes unis de 57 Bangladais à de lourdes peines de prison pour avoir manifesté dans ce pays du Golfe.

La justice des Emirats, où les manifestations non autorisées sont interdites, a prononcé ces peines dimanche, à l'issue d'une enquête expéditive.

Trois accusés ont été condamnés à la prison à vie, tandis que 53 autres à 10 ans de prison chacun et un à 11 ans.

Dans un communiqué, l'ONG de défense des droits humains a dénoncé un procès "expéditif qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'équité et à la régularité de la procédure".

"Il est impossible que les accusés puissent bénéficier d'un procès équitable lorsque l'enquête, le procès et le verdict ont eu lieu en moins de 48 heures", a déclaré, dans le communiqué, Joey Shea, chercheur de HRW.

Les autorités ont donné peu de détails sur l'ampleur des manifestations ou leur localisation, mais des vidéos collectées et vérifiées par HRW ont montré d'importants rassemblements dans plusieurs villes des Emirats, y compris la capitale Abou Dhabi et Dubaï.

Une vidéo enregistrée près du Dubaï Mall "montre des centaines, voire des milliers de manifestants rassemblés sur la route et reprenant les slogans des étudiants du Bangladesh", a indiqué HRW.

Des manifestations ont eu lieu ce mois-ci au Bangladesh pour protester contre un système de quotas pour les emplois de la fonction publique qui, selon les critiques, profite aux partisans de la Première ministre autocratique Sheikh Hasina.

Des marches ont dégénéré en troubles civils, faisant au moins 186 morts, selon un décompte de l'AFP portant sur les victimes signalées par la police et les hôpitaux.

Les Bangladais constituent le troisième groupe d'étrangers aux Emirats arabes unis, après les Pakistanais et les Indiens, selon le ministère des affaires étrangères émirati.

L'Etat du Golfe, riche en pétrole, interdit les manifestations non autorisées ainsi que les critiques à l'encontre des dirigeants ou les discours susceptibles d'encourager l'agitation sociale.

La diffamation, ainsi que les insultes verbales et écrites, qu'elles soient publiées ou prononcées en privé, sont punies par la loi. Le code pénal du pays criminalise également l'offense aux Etats étrangers ou la mise en péril des liens avec eux.


A la tête du G20, Lula sonne la mobilisation contre la faim

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  • Le défi est de taille: 733 millions de personnes ont souffert de la faim en 2023, soit 9% de la population mondiale, selon un rapport publié mercredi par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et d'autres agences onusi
  • Il y aurait d'une part un document spécifique sur la "coopération internationale en matière fiscale", incluant la question de la taxation des "super-riches", d'autre part un communiqué final plus large et enfin une "déclaration" publiée séparément par la

RIO DE JANEIRO : Le président brésilien Lula va embarquer mercredi à Rio de Janeiro les pays du G20 dans la lutte contre la faim dans le monde, avant une réunion des ministres des Finances du groupe promise à d'âpres discussions sur la taxation des milliardaires.

Le défi est de taille: 733 millions de personnes ont souffert de la faim en 2023, soit 9% de la population mondiale, selon un rapport publié mercredi par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et d'autres agences onusiennes.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva avait affiché ses ambitions lundi lors d'un entretien à plusieurs agences de presse internationales, dont l'AFP. "La lutte contre les inégalités, contre la faim, contre la pauvreté, ne peut pas être menée par un seul pays. Elle doit être menée de concert par les pays qui sont disposés à assumer cette responsabilité historique", a-t-il dit.

Face au fléau de la malnutrition, qui persiste en raison notamment des conflits, des difficultés économiques et des intempéries extrêmes, Lula va lancer l'"Alliance globale contre la faim et la pauvreté", une priorité de la présidence brésilienne du G20.

Le dirigeant de gauche a une crédibilité dans ce domaine: ses programmes sociaux avaient permis de sortir des millions de Brésiliens de la pauvreté durant ses deux premiers mandats (2003-2010).

L'"Alliance" vise à trouver des moyens financiers communs pour lutter contre la faim ou à répliquer les initiatives qui fonctionnent localement.

- Taxation des milliardaires -

Jeudi et vendredi, le rendez-vous des grands argentiers du G20 marquera l'une des dernières grandes étapes avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des principales économies mondiales les 18 et 19 novembre, également à Rio.

Après une première réunion à Sao Paulo en février, les ministres des Finances du G20 doivent tenter d'avancer sur l'idée d'une taxation des "super-riches", autre objectif fixé par Brasilia.

Soutenue par la France, l'Espagne, l'Afrique du Sud, la Colombie et l'Union africaine, l'initiative entend taxer les plus hauts patrimoines en utilisant comme base les travaux du spécialiste français des inégalités Gabriel Zucman, auteur d'un rapport en juin à la demande du Brésil.

Mais les avancées restent très hypothétiques.

"Il n'y a aucun consensus en l'état actuel des choses", a averti mardi le ministère allemand des Finances.

Les Etats-Unis s'opposent à des négociations internationales sur le sujet, comme la secrétaire au Trésor Janet Yellen l'a rappelé lors d'un "G7 Finances" en Italie en mai. D'éventuelles taxes de ce genre "varieront très certainement assez largement" d'un pays à l'autre, selon un haut fonctionnaire de son administration.

La France - représentée par le directeur général du Trésor en l'absence de Bruno Le Maire, membre d'un gouvernement qui gère désormais les affaires courantes - veut croire pour sa part qu'"une première étape peut être atteinte de façon rapide", en matière d'échange d'informations entre Etats.

- Trois textes -

Les pays membres du G20 vont par ailleurs tenter de progresser sur la fiscalité des multinationales, près de trois ans après la signature d'un accord par près de 140 pays. Les négociations patinent sur la façon de taxer les multinationales du numérique là où elles exercent leur activité.

Alors que le G20 est entravé par les divisions entre pays occidentaux et Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, la question d'un communiqué commun demeure épineuse. A Sao Paulo en février, les grands argentiers avaient buté sur une "impasse", de l'aveu du ministre brésilien de l'Economie Fernando Haddad.

La solution imaginée par le Brésil est d'aboutir cette fois à trois textes, a expliqué mardi soir Tatiana Rosito, une haute responsable du ministère.

Il y aurait d'une part un document spécifique sur la "coopération internationale en matière fiscale", incluant la question de la taxation des "super-riches", d'autre part un communiqué final plus large et enfin une "déclaration" publiée séparément par la présidence brésilienne qui elle seule évoquerait les crises géopolitiques.

"Les négociations avancent bien", a affirmé Mme Rosito.

Fondé en 1999, le G20 rassemble la plupart des principales économies mondiales, ainsi que l'Union européenne et l'Union africaine. Sa vocation était dans un premier temps surtout économique mais il s'est de plus en plus saisi des sujets brûlants de l'actualité mondiale.