Iran: le modéré Ali Larijani, candidat à la présidentielle anticipée

Fils d'un grand ayatollah, M. Larijani est titulaire d'un doctorat en philosophie et issue d'une influente famille chiite liée au pouvoir. (AFP).
Fils d'un grand ayatollah, M. Larijani est titulaire d'un doctorat en philosophie et issue d'une influente famille chiite liée au pouvoir. (AFP).
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Publié le Vendredi 31 mai 2024

Iran: le modéré Ali Larijani, candidat à la présidentielle anticipée

  • Ancien membre des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, il a occupé de nombreux postes clés au sein du système lors des trois dernières décennies
  • Fils d'un grand ayatollah, M. Larijani est titulaire d'un doctorat en philosophie et issue d'une influente famille chiite liée au pouvoir

TEHERAN: L'ancien chef du Parlement iranien, le modéré Ali Larijani, s'est porté candidat vendredi à la présidentielle anticipée le 28 juin pour succéder à Ebrahim Raïssi, tué dans un accident d'hélicoptère, a annoncé un média d'Etat.

L'inscription des candidats pour le scrutin qui était initialement prévu en 2025 a débuté jeudi au ministère de l'Intérieur et se terminera lundi.

M. Larijani, âgé de 66 ans et connu pour ses visions modérées notamment dans la politique étrangère, a déposé sa candidature vendredi matin, selon des images diffusées par la télévision d'Etat.

Ancien membre des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, il a occupé de nombreux postes clés au sein du système lors des trois dernières décennies.

Chargé du dossier du nucléaire de 2005, il a démissionné après deux ans de négociations avec des grandes puissances occidentales, déclarant avoir "de sérieux différends avec (l'ancien président le populiste Mahmoud) Ahmadinejad".

Chef du parlement de 2008 à 2020, M. Larijani a notamment soutenu l'accord international sur le nucléaire conclu en 2015 avec l'Iran.

L’ancien président américain, Donald Trump, a retiré unilatéralement les Etats-Unis du pacte en 2018 et imposé de sanctions à l'Iran. Les négociations pour relancer l'accord sont actuellement au point mort.

"La résolution de la question des sanctions (américaines), afin d'ouvrir (l'espace) économique, fera partie des priorités de la diplomatie", a déclaré M. Larijani à des journalistes, après avoir déposé sa candidature.

Fils d'un grand ayatollah, M. Larijani est titulaire d'un doctorat en philosophie et issue d'une influente famille chiite liée au pouvoir.

Les candidatures devront être validées d'ici au 11 juin par le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe non élu dominé par les conservateurs et chargé de superviser le processus électoral.

Jeudi, l'ancien négociateur en charge du dossier nucléaire et connu pour son inflexibilité envers l'Occident, Saïd Jalili, a déposé sa candidature.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.