Européennes: Larcher balaye l'hypothèse d'une coalition, l'omniprésence de l'exécutif toujours ciblée

Gérard Larcher, président du Sénat français (Photo, AFP).
Gérard Larcher, président du Sénat français (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 04 juin 2024

Européennes: Larcher balaye l'hypothèse d'une coalition, l'omniprésence de l'exécutif toujours ciblée

  • Alors que son nom circulait ces dernière semaines comme potentiel futur locataire de Matignon pour débloquer la situation de majorité relative que connaît la macronie, l'influent patron de la chambre haute a clarifié sa position
  • Le président de la République est par ailleurs plus mobilisé que jamais dans le sprint final

PARIS: Le président du Sénat Gérard Larcher a balayé mardi la rumeur d'un rapprochement des Républicains avec le camp présidentiel après les européennes et d'une potentielle nomination au poste de Premier ministre, accentuant la pression sur Emmanuel Macron, dont l'omniprésence dans la campagne indigne les oppositions.

Coalition ? Accord de gouvernement ? Que nenni: alors que son nom circulait ces dernière semaines comme potentiel futur locataire de Matignon pour débloquer la situation de majorité relative que connaît la macronie, l'influent patron de la chambre haute a clarifié sa position.

"Je ne souhaite pas être le Premier ministre de Macron", a-t-il lancé dans la matinée lors de la réunion hebdomadaire du groupe LR au Sénat, assurant vouloir "faire taire" des rumeurs "destinées à affaiblir notre camp", ont relaté plusieurs participants, décrivant à l'AFP un dirigeant offensif, "tapant du poing sur la table".

A cinq jours du scrutin des européennes, le président du Sénat affiche son soutien "total" à la tête de liste LR François-Xavier Bellamy, crédité de 7 à 8% d'intentions de vote dans les sondages, bien loin derrière le Rassemblement national de Jordan Bardella, le camp présidentiel de Valérie Hayer et la liste PS-Place publique de Raphaël Glucksmann.

Ce dernier a en effet adopté, comme d'autres dirigeants de la droite, une position nette de rupture avec le gouvernement, multipliant ces derniers jours les sorties pour dénoncer l'omniprésence du couple exécutif dans le "money time" de la campagne...

L'après-9 juin clarifié ? 

M. Larcher, lui, était resté énigmatique en soulignant "qu'il faudra bien qu'on apporte une réponse" au soir du 9 juin, dans un entretien à l'AFP ces derniers jours.

Mais mardi, "Gérard Larcher a été extrêmement clair, d'une fermeté qui ne laissait augurer aucune forme de doute", a réagi auprès de l'AFP le chef des sénateurs LR Bruno Retailleau. "C'était fondamental de le rappeler dans la dernière ligne droite."

La prise de position du patriarche du Sénat, qui avait exprimé ses réserves sur la composition finale de la liste LR, clarifie-t-il les scénarios pour l'après-9 juin déjà dans toutes les têtes au sein de la majorité ?

Alors que la macronie semble incapable de refaire son retard dans les sondages par rapport au RN - 32-34% contre 15-16% selon les dernières enquêtes - l'hypothèse d'un statu quo post-européennes prend ainsi plus d'épaisseur.

"C'est l'élection des députés européens. La conclusion sera donc d'abord européenne", avait déjà affirmé début mai Emmanuel Macron, semblant suggérer que rien ne bougerait au lendemain du scrutin. "On peut vivre avec sans changer de gouvernement", complétait récemment son entourage.

Le président de la République est d'ailleurs plus mobilisé que jamais dans le sprint final, au matin d'un ultime débat entre les huit favoris aux élections européennes de dimanche, sur France 2 et France Inter.

Il s'exprimera en effet sur TF1 et France 2 jeudi à 20h, après les commémorations du 80e anniversaire du Débarquement en Normandie, une interview dénoncée par les oppositions qui s'inquiètent de voir l'exécutif "s'accaparer" les derniers jours de campagne.

Invisibilisation

"Il aurait pu s'exprimer lundi, il aurait pu s'exprimer mardi, il aurait pu le faire à un moment où toutes les oppositions ont la possibilité de lui répondre", a lancé le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur Sud Radio.

La campagne s'arrêtant vendredi "nous n'avons plus la possibilité de lui répondre", a-t-il déploré, tout en affirmant avoir saisi l'Arcom, le gendarme des médias, pour que ce temps de parole soit décompté dans la campagne. Une saisine également effectuée par les autres oppositions.

"On s'offusquerait que le Président de la République parle à cette occasion ? Il n'a pas choisi la date du Débarquement, il n'a pas non plus choisi la date des européennes", s'est agacée de son côté Valérie Hayer sur France Inter.

"Invisibilisation", "manterrupting", "mansplaining"... Le couple exécutif doit en plus répondre d'accusations de machisme visant Gabriel Attal, après que celui-ci a fait irruption lundi sur la scène de l'auditorium de Radio France où Mme Hayer s'exprimait.

Le Premier ministre "engage sa responsabilité" en se comportant de la sorte", a pointé Marine Le Pen sur France 2. "S'il y a un échec, il devra partir".


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.