Feux de forêts dans le nord d'Israël après des tirs de roquettes du Liban

Un photographe de l'AFP à Kiryat Shmona a vu au cours de la nuit de lundi à mardi d'intenses brasiers dévorer des pans de cette ville du nord-est d'Israël jouxtant la frontière avec le Liban, qui a été en grande partie évacuée à cause des échanges de tirs quasi quotidiens entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza. (AFP).
Un photographe de l'AFP à Kiryat Shmona a vu au cours de la nuit de lundi à mardi d'intenses brasiers dévorer des pans de cette ville du nord-est d'Israël jouxtant la frontière avec le Liban, qui a été en grande partie évacuée à cause des échanges de tirs quasi quotidiens entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza. (AFP).
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Publié le Mardi 04 juin 2024

Feux de forêts dans le nord d'Israël après des tirs de roquettes du Liban

  • Les autorités israéliennes sont en alerte face au risque de nouveaux feux de forêt mardi, après des tirs la veille au soir par le Hezbollah de roquettes et de drones depuis le Liban
  • Les tirs quotidiens de roquettes et les frappes de drones ont répandu des substances incendiaires

KIRYAT SHMONA: Les autorités israéliennes sont en alerte face au risque de nouveaux feux de forêt mardi, après des tirs la veille au soir par le Hezbollah de roquettes et de drones depuis le Liban voisin qui ont déclenché plusieurs incendies dans le nord d'Israël.

Le Service des incendies et secours d'Israël a indiqué que des dizaines d'équipes de pompiers ont travaillé toute la nuit dernière avec des équipes du Service des parcs et de la nature, de l'armée, de la police et d'autres organes avant de pouvoir maîtriser les plus gros incendies mardi matin, a rapporté un journaliste de l'AFP.

"En ce moment, il y a trois sites actifs" près de la frontière avec le Liban, a écrit le service d'incendie sur X mardi. Un journaliste de l'AFP a indiqué que les pompiers luttaient encore contre des incendies moins importants.

Un photographe de l'AFP à Kiryat Shmona a vu au cours de la nuit de lundi à mardi d'intenses brasiers dévorer des pans de cette ville du nord-est d'Israël jouxtant la frontière avec le Liban, qui a été en grande partie évacuée à cause des échanges de tirs quasi quotidiens entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza.

La chaleur extrême qui a frappé la région ces derniers jours a augmenté le risque d'incendies. Les tirs quotidiens de roquettes et les frappes de drones ont répandu des substances incendiaires.

Dimanche, un incendie sur le Golan syrien occupé et annexé par Israël a brûlé environ dix kilomètres carrés de terrain après un tir de roquette du Liban qui a frappé près de la ville de Katzrin.

Au Liban, l'agence de presse officielle (Ani) a rapporté des incendies à Alma al-Chaab et Dhayra, deux villages proches de la frontière israélienne.

Elle a affirmé que les incendies étaient causés par des "bombes israéliennes incendiaires au phosphore".

« Passer à l'offensive »

L'armée israélienne a indiqué tard lundi soir avoir déployé des renforts afin notamment d'épauler les pompiers débordés par l'ampleur des incendies.

"Six soldats réservistes ont été légèrement blessés par l'inhalation de fumée et transférés à l'hôpital pour recevoir des soins médicaux", a précisé l'armée, assurant "qu'aucune vie humaine" n'était en danger "à ce stade".

Les dirigeants du commandement Nord de l'armée sont arrivés dans la nuit à Kiryat Shmona pour "évaluer la situation" dans ce secteur.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué suivre de près les incendies.

Le porte-parole du gouvernement, David Mencer, a déclaré que les attaques du Hezbollah "ont causé des incendies importants".

Dans certaines régions du nord d'Israël, les pompiers luttaient contre le feu "depuis près de 24 heures dans des conditions météorologiques extrêmes, tout en s'efforçant de sauver des vies et de prévenir les dommages matériels", a dit M. Mencer à des journalistes.

"Cette situation n'est pas viable."

En représailles, l'armée israélienne a dit avoir mené des frappes aériennes contre ce qu'elle a affirmé être des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban.

Plus tard mardi, le chef de l'armée israélienne, le lieutenant général Herzi Halevi, a visité les zones touchées par les incendies et déclaré qu'Israël "approchait d'un point où une décision devra être prise".

"Le Hezbollah a intensifié ses attaques ces derniers jours et nous sommes prêts, après un très bon processus de formation (...), à passer à l'offensive dans le nord", a-t-il dit dans un communiqué.

L'Ani a rapporté que des bombes incendiaires israéliennes avaient déclenché un incendie qui s'approchait des maisons du village d'Alma al-Chaab mardi.


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
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  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


L'Iran salue tout processus visant à prévenir la guerre, déclare le président au prince héritier saoudien

Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane
  • "Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne

PARIS: Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe.

"Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne.

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement lors de la violente répression du récent mouvement de contestation en Iran, et une force navale américaine a été déployée lundi dans la région.

 

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
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  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.