Washington sur tous les fronts pour arracher un accord à Gaza

"Il n'y a pas de temps à perdre. Nous demandons au Hamas de conclure cet accord", exhortent jeudi le président américain et 16 autres dirigeants, principalement d'Europe et d'Amérique latine, dans un communiqué rendu public par la Maison Blanche. (AFP).
"Il n'y a pas de temps à perdre. Nous demandons au Hamas de conclure cet accord", exhortent jeudi le président américain et 16 autres dirigeants, principalement d'Europe et d'Amérique latine, dans un communiqué rendu public par la Maison Blanche. (AFP).
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Publié le Jeudi 06 juin 2024

Washington sur tous les fronts pour arracher un accord à Gaza

  • Les Etats-Unis mènent une intense campagne diplomatique pour rallier les soutiens en appui à un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza
  • Ils appellent, en outre, "les dirigeants d'Israël et du Hamas à faire les derniers compromis nécessaires" pour parvenir à un accord

WASHINGTON: Les Etats-Unis mènent une intense campagne diplomatique pour rallier les soutiens en appui à un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, à l'issue très incertaine huit mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

Appels téléphoniques aux dirigeants arabes notamment, communiqués tous azimuts y compris du G7, projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU: la diplomatie américaine s'est mise en branle pour presser les dirigeants israéliens et le mouvement islamiste palestinien à accepter les termes d'un accord dévoilé par le président Joe Biden vendredi dernier.

"Il n'y a pas de temps à perdre. Nous demandons au Hamas de conclure cet accord", exhortent jeudi le président américain et 16 autres dirigeants, principalement d'Europe et d'Amérique latine, dans un communiqué rendu public par la Maison Blanche.

Ils appellent, en outre, "les dirigeants d'Israël et du Hamas à faire les derniers compromis nécessaires" pour parvenir à un accord.

Si Washington fait clairement peser sur le Hamas la responsabilité première de parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza ravagée par la guerre depuis début octobre, il fait aussi pression sur Israël dont le gouvernement est divisé.

Le communiqué de ces dirigeants mondiaux a ceci de nouveau qu'il associe des pays comme le Brésil ou la Colombie dont les présidents de gauche ont vigoureusement dénoncé la guerre menée par Israël, lancée après l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre.

Le président Biden, fervent soutien d'Israël mais qui cherche désespérément une issue au conflit en pleine campagne pour sa réélection, a dévoilé vendredi dernier un plan, selon lui, israélien en trois phases d'une quarantaine de jours chacune pour passer d'un cessez-le-feu temporaire à une paix durable à Gaza.

Le plan, qui a été soumis au Hamas dès jeudi dernier selon les Américains, prévoit dans ses grandes lignes une libération des otages retenus par le Hamas, un cessez-le-feu, une augmentation de l'aide humanitaire et la reconstruction à long terme de Gaza.

Un haut responsable du Hamas a déclaré jeudi que ce plan ne constituait pas une "nouvelle proposition", et Washington assure n'avoir pas eu à ce jour de réponse formelle de la part du mouvement.

Par ailleurs, un hôpital dans la bande de Gaza a fait état d'au moins 37 morts dans un bombardement contre une école de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), l'armée israélienne revendiquant cette frappe qui visait, selon elle, "une base du Hamas".

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui s'est rendu à sept reprises au Moyen-Orient depuis le début de la guerre, a joint au téléphone tous ses homologues de la région, du Qatar à l'Egypte -- ces deux pays sont médiateurs dans les négociations de cessez-le-feu, avec les Etats-Unis -, en passant par la Turquie, la Jordanie, l'Arabie saoudite et l'Algérie.

En parallèle, le chef de la CIA William Burns s'est rendu une énième fois cette semaine dans la région et le coordinateur de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Brett McGurk, a été reçu mercredi par les autorités égyptiennes.

Progrès à l'ONU

La Maison Blanche s'est montrée prudente jeudi sur les perspectives d'un accord. "Nous sommes potentiellement sur le point de conclure un accord qui pourrait mettre fin à ce conflit, mais ce n'est pas garanti", a déclaré le conseiller adjoint à la sécurité nationale, Jon Finer.

Pendant ce temps, Washington s'active au Conseil de sécurité de l'ONU espérant, malgré les divisions et les craintes d'un veto russe, y faire voter un projet de résolution appelant à soutenir l'accord qui est sur la table des négociations.

Aucun vote n'a été programmé mais les Etats-Unis en espèrent un peut-être dès vendredi, a-t-on indiqué de source diplomatique.

Les Etats-Unis ont proposé lundi une première esquisse de projet de résolution puis fait circuler une version amendée jeudi aux membres du Conseil, que l'AFP a pu consulter.

Dans cette nouvelle version, ils y détaillent le plan en trois phases et "invitent instamment les deux parties à mettre en œuvre l'intégralité de ses dispositions sans délai et sans condition". Une version initiale ne mentionnait que le Hamas, suscitant un malaise de certaines délégations, selon des diplomates.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.