France : des familles inquiètes du retard de fouilles pour retrouver des tombes d'enfants harkis

Cette photo prise le 7 août 2020 montre la stèle du cimetière des Harkis du camp de Rivesaltes, à Rivesaltes, dans le sud de la France (Photo, AFP).
Cette photo prise le 7 août 2020 montre la stèle du cimetière des Harkis du camp de Rivesaltes, à Rivesaltes, dans le sud de la France (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 12 juin 2024

France : des familles inquiètes du retard de fouilles pour retrouver des tombes d'enfants harkis

  • A l'ancien camp harki de Rivesaltes, sur les au moins 146 personnes décédées, 101 sont des enfants, dont 86 avaient moins d'un an
  • Soixante corps - dont ceux de 52 bébés - auraient été inhumés dans le cimetière de fortune du camp

PARIS: "Notre famille attend depuis 60 ans de pouvoir faire son deuil, alors il faudrait que les recherches s'accélèrent", lâche Ali, fils de Harki qui recherche inlassablement le lieu d'inhumation de son jumeau, décédé bébé lors du passage de sa famille dans un camp où étaient parqués des Harkis en France.

Comme plusieurs familles interrogées par l'AFP, il s'inquiète du retard de fouilles pour localiser un cimetière de fortune d'enfants harkis à Rivesaltes (sud), pourtant annoncées par le gouvernement à l'automne 2023.

Les Harkis - ces Français musulmans majoritairement recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) - ont été abandonnés par la France à la fin du conflit.

Environ 90.000 d'entre eux et leurs familles ont fui les massacres de représailles en Algérie et ont été accueillis en France entre 1962 et 1965. Plusieurs dizaines de milliers de personnes furent parquées dans des "camps de transit et de reclassement" gérés par l'armée, aux conditions de vie déplorables et théâtre d'une surmortalité infantile.

Dans plusieurs régions de France, des dizaines de bébés ont été enterrés sans sépulture décente par leurs proches ou des militaires, dans les camps harkis ou à proximité, selon des historiens et les témoignages de familles révélés dans une enquête AFP en 2020. Avec le temps, ces cimetières sauvages ont été abandonnés.

Des fouilles historiques, décidées par l'Etat et lancées en 2022 sur un terrain militaire dans le Gard (sud), ont permis en mars 2023 d'y localiser un cimetière de fortune de dizaines d'enfants morts dans des camps harkis voisins.

A l'ancien camp harki de Rivesaltes, sur les au moins 146 personnes décédées, 101 sont des enfants, dont 86 avaient moins d'un an. Soixante corps - dont ceux de 52 bébés - auraient été inhumés dans le cimetière de fortune du camp.

Une stèle commémorative recensant les 146 noms a été érigée, mais pour les familles, ce n'est pas "suffisant".

Ali Amrane, 61 ans, confie vivre avec le "fantôme" de son jumeau Omar depuis sa naissance. Sa mère était enceinte quand elle a dû fuir l'Algérie à 28 ans avec son mari harki. En novembre 1962, elle accouche sous une tente du "camp Joffre" qui abrite des Harkis à Rivesaltes. Les bébés sont placés sous couveuse mais Omar décède en janvier 63. Il sera enterré quelque part dans le camp.

En octobre 2023, l'Etat a annoncé que des fouilles étaient prévues afin d'"identifier l'emplacement" du cimetière dans ce camp, où "près de 21.000 Harkis et leurs familles" ont été hébergés "dans des conditions indignes" entre 1962 et 1964, indiquait un communiqué du ministère des Armées.

Mais ces opérations n'ont toujours pas débuté.

En attente de «vérité»

Deux arrêtés préfectoraux, de 2012 et 2013, encadrent toute intervention sur le site en raison de la présence d'espèces protégées, dont plusieurs reptiles.

Interrogé par l'AFP, le secrétariat d'Etat aux Anciens combattants a assuré "suivre le dossier de près".

"Avant de débuter les fouilles, il est nécessaire d'obtenir toutes les autorisations administratives. C'est un sujet complexe, elles peuvent prendre du temps", fait-il valoir.

"On est sensible à la protection de l'écologie et de la vie animale... mais il y a quand même des familles derrière tout cela et on attend depuis 60 ans que la vérité soit faite", plaide M. Amrane.

"L'Etat évoque des +complications administratives et écologiques+, nous dit que c'est une zone protégée à cause d'un lézard ocellé et de la couleuvre de Montpellier: comment cela peut-il être une priorité par rapport à 146 corps sous terre depuis les années 60 ?", interpelle Ghalia Thami, 70 ans.

Elle avait huit ans quand son frère Senoussi, âgé de quatre jours, est décédé subitement. Sa mère venait d'accoucher en mars 1963, sous une tente. L'enfant a été inhumé quelque part dans le camp. "Mon père était revenu les mains vides et on s'est murés dans le silence sur ce traumatisme", confie-t-elle.

Ghalia ne comprend pas que l'Etat ait "occulté cette histoire et laissé à l'abandon ce cimetière". Elle souhaite qu'il soit "retrouvé et sanctuarisé, pour pouvoir honorer la mémoire des défunts".

Djamilla, 44 ans, recherche elle aussi la confirmation du dernier lieu d'inhumation de son oncle Abdelkader Attout, un Harki de 21 ans décédé en 1963 après avoir été percuté par un autobus dans le camp de Rivesaltes.

"Un document nous atteste" qu'il a été enterré dans le cimetière du camp, dit-elle. Mais au début des années 2000, sa stèle a été retrouvée au cimetière de la ville de Rivesaltes, suscitant l'incompréhension de la famille qui a écrit de nombreux courriers aux autorités.

"C'est usant pour mes oncles et ma mère, déjà épuisés par le déracinement; ça serait bien que cette histoire soit clôturée avant qu'ils ne partent...". Elle réclame de la "dignité vis-à-vis d'un défunt et de quelqu'un qui a servi la France".


JO-2024: la ministre des Sports Oudéa-Castera s'est baignée dans la Seine

La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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  • La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo
  • Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves

PARIS: La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.

Moins de deux semaines avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, la ministre s'est baignée en combinaison de plongée en plein centre de Paris, vers le Pont des Invalides, pas très loin du lieu où doivent se dérouler les épreuves olympiques de triathlon et de natation en eau libre.

Elle n'a pas échappé à la glissade en entrant dans le fleuve, accompagnée par le tout nouveau porte-drapeau de l'équipe de France paralympique, le paratriathlète Alexis Hanquinquant, selon les images de la chaîne d'information en continu.

Elle devance donc de quelques jours Anne Hidalgo avec qui elle entretient notoirement de mauvaises relations et qui a prévu de se baigner le 17 juillet si la qualité de l'eau reste bonne, selon une organisation partenaire.

Les épreuves olympiques de triathlon et de nage en eau libre doivent se dérouler au niveau du Pont Alexandre III.

"Techniquement et artistiquement, il est difficile de qualifier le geste de plongeon, nous sommes plutôt dans le registre de la glissade, ce qui finalement résume assez bien les choses", a-t-on ironisé samedi matin à la mairie de Paris.

"Dans quelques heures, Amélie Oudéa-Castéra ne sera plus ministre. L’important, c’est la fête populaire et l’engouement collectif des Parisiennes et des Parisiens en ce week-end d'arrivée de la flamme olympique", a-t-on ajouté de même source auprès de l'AFP.

La flamme olympique va en effet parcourir une première fois Paris durant deux jours, dimanche et lundi.

Après plusieurs salves de mauvais résultats en raison d'une météo très pluvieuse, les autorités locales ont annoncé vendredi de bons résultats de l'analyse de l'eau, à deux semaines du début des JO.

Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves.

Les organisateurs des JO, l'Etat, la mairie, et la préfecture de région suivent avec attention la météo très pluvieuse depuis le printemps qui a obligé le report des répétitions de la cérémonie d'ouverture et d'un entraînement de l'équipe de France de nage en eau libre.

Une répétition de la cérémonie d'ouverture a été, elle, reprogrammée au 16 juillet, a indiqué vendredi le ministère des Sports et des JO à quelques journalistes, avant trois autres les 20, 22 et 24 juillet soit deux jours avant l'ouverture des JO.


Assemblée: Attal officiellement élu président du groupe des députés Renaissance

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
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  • M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.
  • M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi.

PARIS : Le Premier ministre Gabriel Attal, seul candidat en lice, a été officiellement élu samedi président des députés Renaissance, a annoncé le groupe parlementaire dans un communiqué.

M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.

Faute de concurrence, l'élection de M. Attal ne faisait aucun doute: le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ou encore l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, à qui était prêtée l'ambition de se présenter, ne s'étant finalement pas portés candidats.

Une députée - Stella Dupont - s'étant rattachée trop tard, n'a pas pu prendre part à l'élection au sein de ce groupe qui compte à date 99 membres.

M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi, à l'ouverture de la 17e législature, marquée par l'élection à la présidence de l'Assemblée. D'ici là, au nom de la séparation entre pouvoirs exécutif et législatif, le gouvernement devra avoir été déclaré comme démissionnaire, ce qui pourrait intervenir mardi à l'issue d'un Conseil de ministres, selon une source gouvernementale.


France : à la recherche d’une issue à une crise qui s’épaissie

Des sympathisants célèbrent un rassemblement lors d'une soirée électorale après les premiers résultats du second tour des élections législatives françaises, place de la République à Paris, le 7 juillet 2024. L'alliance des partis de gauche français, réunie à l'occasion d'élections anticipées, est en passe de devenir le plus grand bloc parlementaire et de battre l'extrême-droite, selon des projections chocs (Photo par Dimitar DILKOFF / AFP).
Des sympathisants célèbrent un rassemblement lors d'une soirée électorale après les premiers résultats du second tour des élections législatives françaises, place de la République à Paris, le 7 juillet 2024. L'alliance des partis de gauche français, réunie à l'occasion d'élections anticipées, est en passe de devenir le plus grand bloc parlementaire et de battre l'extrême-droite, selon des projections chocs (Photo par Dimitar DILKOFF / AFP).
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  • Le choix d’un premier ministre pour former le nouveau gouvernement, s’apparente à une mission impossible, avec deux blocs parlementaires fraîchement élus mais ne possédant ni l’un ni l’autre la majorité absolue
  • Les négociations entamées entre les composantes du Front dès le lendemain des élections patinent, et on voit bien qu'ils n'avancent sur rien ils ne progressent ni sur le nom de leur candidat pour présider le gouvernement ni sur leur programme

PARIS : Après presque une semaine des élections législatives anticipées, la France s’enfonce dans un brouillard politique que rien ne parvient à dissiper.

Le choix d’un premier ministre pour former le nouveau gouvernement, s’apparente à une mission impossible, avec deux blocs parlementaires fraîchement élus mais ne possédant ni l’un ni l’autre la majorité absolue (289 sièges), et qui revendiquent chacun le droit de gouverner.

Il s’agit du Nouveau Front Populaire (NFP), coalition groupant les partis de gauche et d’extrême gauche arrivée en tête avec un total de 189 députés, et de « Ensemble » coalition centriste proche du président Emmanuel Macron arrivée en deuxième position avec 165 députés élus.  

Aucune de ces deux coalitions ne peut à elle seule exercer le pouvoir, explique à Arab News en français la politologue Virginie Martin pour « des raisons mathématiques car, quand on est si loin d’une majorité on ne peut se considérer gagnant » et qu’on est face à « un parlement composé de blocs minoritaires ».

Pourtant, le NFP ne cède pas et continue à clamer qu’il est le gagnant de ces législatives anticipées, oui concède Martin « il ya une coalition qui est arrivée en tête, mais c’est une coalition qui n’a même pas une majorité relative et qui n’est d’accord sur rien ».

Les négociations entamées entre les composantes du Front dès le lendemain des élections patinent, et « on voit bien qu'ils n'avancent sur rien ils ne progressent ni sur le nom de leur candidat pour présider le gouvernement ni sur leur programme, » précise-t-elle.

Même constat pour le communiquant et ancien conseiller à la présidence de la république Gaspard Gantzer qui souligne que le NFP « ne donne pas pour l’instant l'impression d'être prêt à avoir un programme et à nommer un candidat » mais il en est de même pour « Ensemble », ce qui indique qu’avec les jours qui passent la situation risque de devenir inextricable.

Cherchant à dépasser le blocage, Macron a adressé une lettre aux Français, dans laquelle il appelle, les parlementaires à s’entendre entre eux pour constituer un gouvernement de coalition, à condition d’en exclure le parti d’extrême gauche, « La France Insoumise » qui fait partie du NFP, et le parti d’extrême droite le « Rassemblement National » arrivé en troisième position lors des élections avec 127 députés.

Au lieu de décanter la situation, cette lettre n’a fait que l’envenimer, puisque le NFP a rejeté l’idée d’un tel gouvernement et continue à vouloir gouverner tout seul, accusant Macron de chercher à se soustraire à une cohabitation avec la gauche.

Gantzer considère que cette lettre « a ajouté de la tension dans une situation politique déjà extrêmement tendue », puisque à son avis « le président ne semble pas vouloir reconnaitre que son parti n’est pas arrivé en tête ».

À travers sa lettre aux Français indique-il « il joue la montre, et mise sur un effritement du NFP qui n’a pas eu lieu ».

Selon lui, Macron est en mesure de continuer à ce jeu « jusqu’au 18 juillet (date de la première réunion du nouveau parlement) car ce jour là si le premier ministre Gabriel Attal (qu’il a reconduit dans sa fonction) est toujours là, il sera censuré », et le pays se retrouvera sans gouvernement.

De l’avis de Gantzer la seule solution pour échapper à une telle situation consiste à nommer un premier ministre du NFP, et qu’il soit issu de la tendance la plus modérée du parti Socialiste, citant au passage le nom du député Boris Vallaud ou du leader du parti Socialiste Olivier Faure pour présider ce gouvernement.

Ainsi indique t-il, « si ça marche c’est tant mieux pour le pays et si ça ne marche pas on pourrait tirer les conséquences et passer à autre chose ».

À ce sujet Martin nous fait entendre un son de cloche antagoniste estimant que le NFP « bloque le processus politique » en insistant à réclamer une victoire qui n’en est pas une » et que Macron qu’elle considère depuis son élection pour un premier mandat en 2017 « comme un gros problème pour la France, fait preuve à travers sa lettre aux Français de raison, de réalisme et de responsabilité ».

Et d’ajouter que le président de la république « malgré son autoritarisme et sa verticalité, redonne du pouvoir au parlementaires en leur demandant de se concerter pour constituer un gouvernement de coalition crédible », avec à sa tête une personnalité « sage, mûre et capable de rassembler », qui pourrait être la présidente de la Banque Centrale Européenne Christine Lagarde où l’ancien ministre de l’économie Jean-Louis Borloo.

Au milieu de ces difficultés, il est légitime de s’interroger si la France va s’installer dans la crise au point de devenir ingouvernable ?

À cela le politologue Jean Petaux interrogé par Arab News en français avance une constatation paradoxale.

Il indique que « nous sommes dans une situation où les différentes forces politiques gardent leur capacité d'obstruction tout en n’ayant aucun pouvoir de création », cependant « nous ne sommes pas encore dans un blocage absolu, et tout peut encore arriver ».

De son point de vue, « la crise peut perdurer car elle n’a pas encore produit tous ses effets délétères, c’est une situation de près-crise grave sans être une crise effective ».