En Irak, le cécifoot pour tacler l'isolement

Des membres de la première équipe nationale irakienne de football pour malvoyants s'entraînent dans un club sportif de Bagdad le 22 mai 2024 (Photo, AFP).
Des membres de la première équipe nationale irakienne de football pour malvoyants s'entraînent dans un club sportif de Bagdad le 22 mai 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 17 juin 2024

En Irak, le cécifoot pour tacler l'isolement

  • Huit années durant, il ne touche pas à un ballon
  • Il revient au sport en 2016, grâce à une ONG locale dédiée aux malvoyants

BAGDAD: En perdant la vue il y a 15 ans, l'Irakien Othman al-Kinani craignait de dire adieu à jamais à sa grande passion: le football. Malgré les obstacles, le quinquagénaire a réussi le pari de fonder la première équipe de cécifoot du pays.

L'engouement est tel que sur la vingtaine de joueurs qui forment son équipe, la moitié fait spécialement le déplacement depuis leurs provinces pour se rendre à Bagdad et participer aux entraînements, trois fois par semaine.

"Quand j'ai perdu la vue, j'ai vécu une année difficile. J'ai même oublié comment marcher", se souvient l'homme de 51 ans. "Pour faire quoi que ce soit, je dépendais de l'ouïe", explique l'instituteur originaire de Kerbala, dans le centre de l'Irak.

Aveugle depuis 2008 à cause d'un glaucome, provoqué dit-il par usage malheureux de médicaments pour soigner des allergies saisonnières, son calvaire a été accentué par son "éloignement du foot".

Huit années durant, il ne touche pas à un ballon. Il revient au sport en 2016, grâce à une ONG locale dédiée aux malvoyants et à la pratique du Goalball, discipline qui se joue assis, les joueurs utilisant leurs mains pour envoyer la balle dans les buts.

Cessant toute pratique sportive en 2018, il consacre son temps à monter une équipe de cécifoot, qu'il continue d'administrer. "C'est toute ma vie", confie M. Kinani.

Après "des années de patience" et une période "d'isolement", dit-il, l'équipe lui a offert "une réintégration au sein d'un cercle d'amis".

Un succès impossible sans sa fille, qui rédigeait pour lui les mails envoyés aux organisations et comités sportifs internationaux pour les convaincre de le soutenir.

En 2022, la Fondation internationale IBF, active dans le domaine du cécifoot, leur apporte enfin une reconnaissance officielle en tant que première équipe irakienne et leur envoie du matériel -des masques pour se couvrir les yeux et plusieurs ballons.

Omniprésence de l'ouïe 

Opposant des équipes de cinq -- quatre joueurs non-voyants et un gardien de but voyant -- chaque mi-temps dure environ 20 minutes.

Le jeu se déroule sur des terrains de 40 mètres de long sur 20 mètres de large. Les buts mesurent 3,66 mètres de large sur 2,14 mètres de haut (contre 2,44 m de haut sur 7,32 m de large pour le football traditionnel).

Autre particularité: l'omniprésence de l'ouïe.

Le ballon est muni d'une clochette, pour aider les joueurs à naviguer. De même, gardiens de but et entraîneurs peuvent lancer des instructions.

Masque sur les yeux, les joueurs s'échauffent avant une partie, courant autour du terrain par groupe de quatre, se tenant par le bras.

Un joueur progresse vers la cage, perd son ballon, revient sur ses pas le récupérer. Les conseils fusent. "Trois pas, shoot", "à droite, plus à droite", "tu es loin Bassem".

Il y a aussi les "voy", "voy", lancés à la volée par les joueurs -- "je vais" en espagnol pour signaler leur présence et éviter les collisions.

Quand un vendeur d'eau arrive avec ses haut-parleurs assourdissants, la partie s'interrompt quelques minutes, on ne s'entend plus.

«Capacités extraordinaires»

Quand Haidar al-Bassir, capitaine de l'équipe s'est mis au sport, les défis abondaient.

"Il fallait se souvenir de la route pour aller de la maison au stade, il y avait l'absence de transports adéquats, mais aussi la crainte des blessures" pendant le jeu, égrène le trentenaire, diplômé en sociologie.

"Mais on est là pour nous entraîner et apprendre, et surmonter tous les obstacles", confie-t-il.

Aux responsables du sport, une modeste requête: "il faudrait des voitures pour transporter les para-athlètes sur les lieux d'entraînement", dit-il. "Pour alléger leurs tracas".

Début 2024, l'équipe a été officiellement reconnue et intégrée par le Comité paralympique irakien. Mais les joueurs ne touchent pas encore le salaire mensuel d'environ 230 dollars auquel ils ont droit, le Parlement n'ayant pas encore voté les fonds nécessaires alloués au budget public.

Il n'empêche. Malgré la "gêne financière" de certains, les joueurs font preuve d'assiduité aux entraînements, assure Tarek al-Mulla, président de la fédération irakienne de cécifoot dont fait partie M. Kinani.

Dix joueurs vont d'ailleurs couvrir eux-mêmes les frais de voyage au Maroc, premier déplacement à l'étranger de l'équipe qui participera fin juin à une compétition amicale.

Pour se préparer à cet événement et bénéficier d'infrastructures sportives plus sophistiquées, l'équipe est partie s'entraîner dix jours en Iran.

M. Mulla salue les "capacités extraordinaires" des joueurs.

"Dribler avec une balle, assurer la coordination de l'esprit et des muscles, le joueur se distingue (en faisant cela) avec l'ouïe".


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.