Jeux paralympiques de Paris: pour une athlète d'Irak, de l'or plein les yeux

L'athlète paralympique irakienne de tennis de table Najlah Imad s'entraîne dans les locaux du club Al-Mawaheb à Baqubah, le 26 février 2024 (Photo, AFP).
L'athlète paralympique irakienne de tennis de table Najlah Imad s'entraîne dans les locaux du club Al-Mawaheb à Baqubah, le 26 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 16 mai 2024

Jeux paralympiques de Paris: pour une athlète d'Irak, de l'or plein les yeux

  • Elle avait trois ans, le 19 avril 2008, quand elle a perdu ses deux jambes et son avant-bras droit, dans l'explosion d'un engin explosif fixé à la voiture de son père, ex-militaire
  • Cette histoire familiale, elle la raconte d'un ton presque détaché, tant des expériences semblables ont accompagné les générations ayant grandi dans un Irak déchiré

BAQOUBA: Quand Najlah Imad s'initiait au tennis de table, son entourage en Irak pensait qu'avec son handicap elle s'épuiserait pour rien. Une décennie plus tard, la championne n'a rien perdu en ténacité: qualifiée pour les Jeux paralympiques de Paris, elle vise une médaille d'or.

"Ce sport a changé ma vie. J'y consacre tout mon temps", confie-t-elle à l'AFP, dans la cour d'un centre sportif délabré de sa bourgade de Baqouba, au nord-est de Bagdad, où l'athlète multimédaillée s'entraîne toujours,

Elle avait trois ans, le 19 avril 2008, quand elle a perdu ses deux jambes et son avant-bras droit, dans l'explosion d'un engin explosif fixé à la voiture de son père, ex-militaire. Cette histoire familiale, elle la raconte d'un ton presque détaché, tant des expériences semblables ont accompagné les générations ayant grandi dans un Irak déchiré par des décennies de guerre.

Petite brune de 19 ans, le visage encadré par des cheveux noirs sagement coupés au carré, Najlah Imad exhibe un sourire à toute épreuve, qui ne la quitte que quand elle empoigne sa raquette de ping-pong. Elle se concentre alors sur ses coups, ses sourcils se froncent et l'éclat de ses yeux rieurs durcit.

"En me lançant dans le sport, j'ai rencontré d'autres joueurs avec des handicaps, qui pratiquaient même s'il leur manquait un membre", poursuit-elle. "Ils avaient tellement d'énergie positive, ça m'a encouragée."

«Surprise»

Quand elle a dix ans, un entraîneur cherchant à monter une équipe paralympique se rend visite dans sa maison. Six mois d'entraînement, et Najlah Imad participe à son premier championnat, rassemblant toutes les provinces irakiennes. Elle gagne.

"J'étais la surprise de la compétition", se souvient-elle, d'une fierté candide.

A l'étage de la maison familiale, une étagère croule sous les trophées et médailles, glanés au fil de la trentaine de compétitions internationales auxquelles elle a participé.

Elle était à Tokyo en 2021 pour les JO paralympiques, avant de remporter en 2023 une médaille d'or en Chine au championnat paralympique d'Asie.

Généralement, elle s'entraîne quatre jours par semaine, dont deux à Bagdad, où elle se rend accompagnée de son père. Pour mieux préparer les rencontres internationales, elle s'envole vers l'étranger afin de profiter d'infrastructures sportives de pointe --au Qatar par exemple, où elle était en mars, en vue des Jeux paralympiques de Paris, du 28 août au 8 septembre.

Etoile montante du sport, elle bénéficie de subventions mensuelles --modestes-- du comité paralympique irakien, outre la prise en charge de certains voyages pour les compétitions.

Malgré les succès, son quotidien reste lié à Baqouba et à son centre sportif. Dans une salle poussiéreuse aux vitres cassées, quatre tables de ping-pong mangent tout l'espace. Le cliquetis incessant des balles résonne tandis que s'affrontent huit joueurs, femmes et hommes, l'un d'eux en fauteuil roulant.

"Les tables sur lesquelles on s'entraîne, c'est de la seconde main. On a dû les réparer pour les utiliser", confie à l'AFP l'entraîneur Hossam al-Bayati.

Même cette salle sommaire menace de leur être retirée, assure celui qui a rejoint en 2016 les entraîneurs de l'équipe nationale de tennis de table paralympique.

Un discours qui ne surprend pas, dans un pays pourtant riche en pétrole, mais miné par la corruption et des politiques publiques défaillantes: les professionnels du sport déplorent régulièrement infrastructures et équipements déficients ainsi que des subventions insuffisantes.

«Défier le monde»

Sur son moignon droit, la sportive enfile un tissu noir avant de fixer sa prothèse, qui l'aide à s'appuyer sur sa béquille. De sa main gauche tenant sa raquette, elle lance la balle dans les airs, l'expédie par dessus le filet.

A ses débuts, la famille était réticente.

"C'est un sport impliquant du mouvement, moi il me manque trois membres, j'étais jeune", se souvient-elle. "Mes proches, la société, disaient +C'est pas possible, tu vas te fatiguer pour rien+".

Après sa première victoire son père Emad Lafta réalise qu'il faut la soutenir, tant elle était "passionnée".

"Elle a persévéré. Elle a surmonté un défi personnel, et elle a défié le monde", reconnaît M. Lafta, qui a sept enfants en tout.

Avec le ping-pong, "elle se sent mieux psychologiquement, le regard de la société a changé", se réjouit-il. "Les gens nous félicitent, dans la rue il y a des filles qui veulent se photographier avec elle".

Lycéenne, Najlah Imad rêve d'être présentatrice. "Même quand elle voyage elle prend ses livres pour réviser pendant son temps libre. Durant le trajet pour Bagdad, elle étudie".

A Paris, l'objectif c'est la médaille d'or, espère le sexagénaire. "Quand elle nous promet quelque chose, elle s'y tient".


AL-Ittihad signe un contrat de quatre ans avec le milieu de terrain algérien Houssem Aouar

Kareem Benzema accueille Houssem Aouar au camp d'entraînement d'Al-Ittihad à Alicante, en Espagne. (X/@ittihad_fr)
Kareem Benzema accueille Houssem Aouar au camp d'entraînement d'Al-Ittihad à Alicante, en Espagne. (X/@ittihad_fr)
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  • Aouar rejoint la Roma, où il a marqué quatre buts en 16 apparitions la saison dernière.
  • Le milieu de terrain jouait auparavant à Lyon, le club de sa ville natale, en Ligue 1 française, où il a inscrit 30 buts en sept saisons.

JEDDAH : Al-Ittihad a signé un contrat de quatre ans avec le milieu de terrain international algérien d'origine française Houssem Aouar.
Aouar arrive de la Roma, où il a marqué quatre buts en 16 apparitions la saison dernière.

Le milieu de terrain, âgé de 26 ans, jouait auparavant à Lyon, le club de sa ville natale, en Ligue 1 française, où il a inscrit 30 buts en sept saisons.

La cérémonie de signature a eu lieu mardi au camp d'entraînement de l'équipe à Alicante, en Espagne.

L'événement a été présidé par le directeur général du club, Domingos Oliveira, et assisté par le directeur sportif Ramon Planes, suite à la visite médicale passée avec succès par Aouar ce matin.

Domingos Oliveira a souhaité la bienvenue à Aouar, notant que ce transfert marque un nouveau chapitre important dans la carrière d'Aouar. Il a souligné qu'Aouar contribuera de manière significative, aux côtés de ses coéquipiers, à atteindre les normes élevées et les résultats attendus par les fans et les supporters du club.

Oliveira a souligné que la signature d'Aouar correspond aux exigences techniques de l'équipe pour un joueur possédant des qualités spécifiques qui renforcent l'équipe. Cette stratégie est basée sur les besoins techniques identifiés par la commission sportive et examinés par l'entraîneur.

Houssem Aouar a fait part de son enthousiasme à l'idée de rejoindre le club Al-Ittihad, reconnaissant sa riche histoire, sa base de supporters passionnés, ses joueurs distingués et son équipe d'entraîneurs expérimentés. Il est motivé pour donner le meilleur de lui-même afin de représenter le club et d'apporter de la joie à ses supporters.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


La Semaine de la mode de Dubaï annonce son programme préliminaire pour le printemps/été 2025

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  • Prévue avant la semaine de la mode de New York, la DFW se tiendra cette année du 1er au 7 septembre au Dubai Design District (d3).
  • Ce programme élargit le champ d'action des acheteurs et leur permet de découvrir des talents grâce à la DFW et à l'écosystème dynamique de la mode à Dubaï.

DUBAI : Les maisons de mode mondiales et régionales  devraient lancer les plus grandes tendances de la saison printemps/été 2025 lors de la Semaine de la mode de Dubaï ont été annoncées.

Prévue avant la semaine de la mode de New York, la DFW se tiendra cette année du 1er au 7 septembre au Dubai Design District (d3).

Cofondée par le d3 et le Conseil arabe de la mode, la DFW réunira plus de 30 marques de France, d'Inde, d'Indonésie, d'Italie, du Koweït, du Liban, de Libye, de Malaisie, de Palestine, de Russie, des Émirats arabes unis et du Royaume-Uni, qui présenteront des collections de streetwear et de haute couture aux côtés de stylistes invités de renommée internationale.

L'événement s'étend à toute la ville, avec 40 présentations sur invitation, des dîners privés et des lancements de collections organisés par des marques mondiales et des acteurs de l'industrie.

Les trois premiers jours du DFW seront consacrés aux collections de haute couture.

Un mannequin porte une création de la marque malaisienne Rizman Ruzaini lors de la Semaine de la mode de Dubaï. (Fournie)
Un mannequin porte une création de la marque malaisienne Rizman Ruzaini lors de la Semaine de la mode de Dubaï. (Fournie)

Les trois derniers jours seront consacrés aux collections de prêt-à-porter de créateurs renommés tels que Alia Bastamam, April & Alex, Benang Jarum, BLSSD, Dima Ayad, Born in Exile, Buttonscarves, Choice, Heaven Lights, Riva, Self Made, Viva Vox et Weinsanto, présentées et soutenues par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, l'instance dirigeante de la Semaine de la Mode de Paris.

Le dernier jour du calendrier sera consacré à des rendez-vous privés et à un marché d'acheteurs.

Pour la première fois, le programme des acheteurs internationaux est lancé, permettant aux détaillants du monde entier de bénéficier des avantages de DFW. Ce programme élargit le champ d'action des acheteurs et leur permet de découvrir des talents grâce à la DFW et à l'écosystème dynamique de la mode à Dubaï, renforçant ainsi la position de la ville en tant que capitale de facto de la mode dans la région.

Rappelant l'ensemble de Naomi Campbell lors du défilé de Rizman Ruzaini à l'occasion de la sortie de la DFW en octobre, la robe a été actualisée et simplifiée, avec une veste à capuchon incrustée de bijoux.
Rappelant l'ensemble de Naomi Campbell lors du défilé de Rizman Ruzaini à l'occasion de la sortie de la DFW en octobre, la robe a été actualisée et simplifiée, avec une veste à capuchon incrustée de bijoux. (Fournie)

« Dubaï est le cœur palpitant de la mode dans la région, et la Dubai Fashion Week diffuse son rythme dans le monde entier », a déclaré Khadija Al-Bastaki, vice-présidente senior de d3 - qui fait partie du groupe TECOM. « Les collections et les créateurs présentés sur notre podium injectent de la diversité dans le dialogue mondial sur la mode et démontrent le talent puissant qui émerge dans notre région.

« La DFW a dévoilé d'incroyables opportunités, partenariats et réseaux mondiaux aux créateurs et acheteurs participants, et nous sommes impatients de repousser les limites avec cette nouvelle édition qui comprend une nouvelle plateforme d'acheteurs, un lieu plus vaste, davantage d'événements et un programme étendu de créateurs.

« La Semaine de la mode de Dubaï relèvera une fois de plus la barre de l'excellence en matière de mode et consolidera la place de Dubaï parmi les capitales mondiales de la mode », a déclaré M. Al-Bastaki. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 

 

 

 


Des coupoles, on en voit en Orient comme en Occident et Paris n’en manque pas

Cette photographie prise à Paris le 1er novembre 2023 montre la coupole du Panthéon (G) et la coupole de l'hôtel des Invalides. (Photo MIGUEL MEDINA / AFP)
Cette photographie prise à Paris le 1er novembre 2023 montre la coupole du Panthéon (G) et la coupole de l'hôtel des Invalides. (Photo MIGUEL MEDINA / AFP)
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  • Comme pour un grand nombre de mots passés de l’arabe au français, les dictionnaires ont commencé par donner à « coupole » une origine italienne, espagnole, voire latine
  • C’est bien l’arabe القبَّة : al-qubba qui aura donné à la fois « coupole » et « alcôve ». En linguistique, on parle de doublet

PARIS: Comme pour un grand nombre de mots passés de l’arabe au français, les dictionnaires ont commencé par donner à « coupole » une origine italienne, espagnole, voire latine : comme dérivé de e l’italien cupola, lui-même emprunté au latin cupula : cuve. Selon le Trésor de la langue française (Tlf), qui ignore l’hypothèse arabe, l’italien cupola est attesté depuis 1348 comme terme d’architecture, et a été emprunté avec transposition de sens au bas-latin cupula, « petite cuve, tonnelet ».

Or, au mot alcôve, le même dictionnaire affirme que ce dernier, dérivé de l’espagnol alcoba, lui-même emprunté à l’arabe al-qubba, est « attesté depuis 1272 au sens de "coupole" (Alfonso X El Sabio, General Estoria, 1954) ». L’italien cupola n’aura donc été qu’un intermédiaire. Du reste, si cupola est le diminutif de cupa, comment ne pas faire de lien entre cupa et l’espagnol alcoba : il suffit d’ajouter à cupa l’article arabe al (comme dans « algèbre »).

En fait, au commencement, il y eut « alcôve ». Passé de la littérature romantique au roman policier, le mot a longtemps fait le lit de l’orientalisme. Avec le « roman de mœurs contemporaines » de Jules Rouquette : L’Alcôve et le confessionnal (éd. Dubois, 1887) et des "alcôves littéraires", où il était de bon ton de chuchoter, "de sa voix chaste des secrets d’alcôve " (Anatole France, Le Lys rouge), "tandis que l’argent des pièces de soie orientale chantait le plus haut, au fond de l’alcôve géante" (Emile Zola, Au Bonheur des dames).

C’est bien l’arabe القبَّة : al-qubba qui aura donné à la fois « coupole » et « alcôve ». En linguistique, on parle de doublet. Le deuxième mot, on le voit, a gardé l’article arabe « al ». À partir du XIVe siècle, le mot désigne une « petite pièce intime ».

Passé à l’espagnol alcoba en 1202, au sens de « endroit où l’on fait le pesage public », selon le Trésor de la langue française (TLF), puis, à partir de 1272, au sens de « coupole ». À partir du XVIe siècle, c’est un « coin réservé à un lit ou à un divan ». D’après le Dictionnaire des dictionnaires (Supplément 1895), « C’est Mme de Rambouillet qui, au retour d’un voyage en Espagne, aurait fait connaître ces réduits chez nous ».

La plus ancienne occurrence (1646), signalée par Tlf, figure dans une Epître à Mme de Motteville, de F. le Métel de Boisrobert : « Quoi ! Pourroit-elle, estant si bien en Cour, / Perdre avec nous un seul moment du jour, / Et nous chercher, apres s'estre trouvée / Dedans l’Alcove en la chambre privée ? ». 

Orthographié d’abord sans l’accent circonflexe : « Les lits d'Espagne sont sans rideaux, et ceux des deux alcoves étant ouverts… » (A. F. Prévost, Le philosophe anglais, p. 228*, éd. P. Vaillant, 1777), le mot a eu un temps le genre masculin, critiqué par Littré, au XVIIIe siècle, et même plus tôt, par Jean d’Aisy, dans Le génie de la langue française (éd. L. D’Houry, 1685, p. 267) : « Ce mot est féminin. Les italiens disent de même, una alcova. M. Miton le croit pourtant masculin. » 

Des coupoles, on en voit en Orient comme en Occident. Et Paris n’en manque pas. Il y a même une célèbre brasserie qui porte ce nom, comme l’écrit Simenon dans La tête d’un homme :

« Au carrefour Montparnasse, la vie battait son plein. Il était midi et demi. Malgré l’automne, les terrasses des quatre grands cafés qui s’alignent à proximité du boulevard Raspail regorgeaient de consommateurs parmi lesquels il y avait une proportion de quatre-vingts pour cent d’étrangers.

Maigret marcha jusqu’à la Coupole, avisa l’entrée du bar américain où il pénétra (…)

Et puis, il y a la belle coupole de l’Académie française… Et savez-vous comment on appelle les membres de l’Académie ? Des « Coupolés ». Ainsi, Amin Malouf est un « Coupolé », tout comme feue Assia Djebar fut une « Coupolée ». 

Bientôt, une nouvelle rubrique : « Le mot du mois »
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Par El Watan -