Nouvelle-Calédonie: 8 personnes arrêtées dont le leader de la CCAT

Huit personnes ont été arrêtées mercredi matin dont Christian Tein, considéré comme le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), mouvement à l'origine du soulèvement contre la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. (AFP)
Huit personnes ont été arrêtées mercredi matin dont Christian Tein, considéré comme le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), mouvement à l'origine du soulèvement contre la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 juin 2024

Nouvelle-Calédonie: 8 personnes arrêtées dont le leader de la CCAT

  • Les huit suspects ont été placés en garde à vue. Celles-ci pourront durer jusqu'à 96 heures, "s'agissant de faits relevant de la criminalité organisée"
  • Le parquet de Nouméa avait ouvert le 17 mai une enquête notamment pour association de malfaiteurs visant "des commanditaires" présumés des émeutes, dont "certains membres de la CCAT"

NOUMEA: Huit personnes ont été arrêtées mercredi matin dont Christian Tein, considéré comme le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), mouvement à l'origine du soulèvement contre la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, a confirmé le parquet à l'AFP.

L'identité des sept autres personnes n'était pas connue dans l'immédiat. Les huit suspects ont été placés en garde à vue. Celles-ci pourront durer jusqu'à 96 heures, "s'agissant de faits relevant de la criminalité organisée", a précisé le procureur de la République de Nouméa Yves Dupas dans un communiqué.

Le parquet de Nouméa avait ouvert le 17 mai une enquête notamment pour association de malfaiteurs visant "des commanditaires" présumés des émeutes, dont "certains membres de la CCAT".

Depuis le 13 mai dernier, la Nouvelle-Calédonie est en proie à des violences inédites depuis la guerre civile des années 1980. Neuf personnes, dont deux gendarmes, ont été tuées, des centaines de personnes blessées et les dégâts matériels se chiffrent au bas mot à 1,5 milliard d'euros. Plus de 3.000 militaires, gendarmes et policiers ont été déployés sur place.

La Cellule de coordination des actions de terrain, ou CCAT, est une organisation créée en novembre 2023, frontalement opposée à la réforme électorale. Elle est dans le collimateur du gouvernement depuis le début des émeutes, les autorités accusant ses responsables d'être les commanditaires des violences.

Le collectif indépendantiste avait été qualifié d'"organisation mafieuse" par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Mercredi matin, le siège de l'Union calédonienne, qui abrite également des bureaux de la CCAT, a été bouclé par les forces de l'ordre, a constaté l'AFP sur place. Le barrage installé dans la rue par les militants a été déblayé. Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, le bâtiment a été perquisitionné.

"Les forces de l'ordre sont entrées dans les bureaux et ont pris des photos, notamment de documents", a assuré Reine Hue, élue (UC), de la province des Iles. Ce sont les locaux de la CCAT qui étaient visés, a confirmé le procureur de la République, qui précise que "cette opération s'est déroulée sans incident".

Dans un communiqué, l'Union calédonienne a dénoncé ces arrestations, qui ont été menées alors que M. Tein, également commissaire général de l'UC, "était en route pour Nouméa, où il devait tenir une conférence de presse". L'Union Calédonienne "dénonce ces arrestations abusives alors que des responsables locaux anti-indépendantistes et des miliciens criminels se pavanent en toute liberté" et "demande des explications immédiates sur toutes ces arrestations gratuites".

Le parti appelle toutefois ses militants "à ne pas répondre à la provocation" et appelle au calme "dans l'attente de plus d'information sur ces interpellations".

Dans le centre-ville de Nouméa, un vaste périmètre de sécurité a été mis en place devant le siège de la gendarmerie, où se déroulent les gardes à vue.

Les rues alentour ont été fermées à la circulation, a constaté l'AFP. De nombreux magasins, des banques et plusieurs administrations ont décidé de fermer leurs portes en fin de matinée, - "pour des questions de sécurité", a expliqué un commerçant-, provoquant d'importants embouteillages.


JO-2024 : match de football Mali-Israël sous surveillance

Un visiteur prend un selfie avec les anneaux olympiques à l’aréna Sud de Paris le 24 juillet 2024, avant les Jeux Olympiques de Paris 2024. (Photo AFP)
Un visiteur prend un selfie avec les anneaux olympiques à l’aréna Sud de Paris le 24 juillet 2024, avant les Jeux Olympiques de Paris 2024. (Photo AFP)
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  • Le match, en présence du président israélien Isaac Herzog, est considéré par M. Darmanin comme "important pour le dispositif de sécurité" des Jeux en général et celui des 88 athlètes de la délégation israélienne en particulier.
  • Les récentes prises de positions politiques en France, dont des appels à bannir Israël des Jeux, se sont ajoutées aux critiques sur les réseaux sociaux qui visent des athlètes israéliens qui affichent leur soutien aux opérations militaires de l'Etat hébre

PARIS : Un millier de policiers sont mobilisés mercredi soir à Paris pour le match de football masculin des JO-2024 opposant le Mali à Israël, sur fond d'appels à la "mobilisation" contre la présence de la délégation israélienne en France à cause de la guerre à Gaza.

Cette rencontre olympique au Parc des Princes, qui devance avec celles du rugby à VII la cérémonie d'ouverture de vendredi, fait l'objet "d'un périmètre antiterroriste", a indiqué mercredi le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin sur BFMTV.

Le match, en présence du président israélien Isaac Herzog, est considéré par M. Darmanin comme "important pour le dispositif de sécurité" des Jeux en général et celui des 88 athlètes de la délégation israélienne en particulier.

Comme ceux des équipes américaine ou iranienne, les athlètes israéliens sont protégés au plus près.

Des agents de la sécurité intérieure israélienne (Shin Bet) les encadrent en permanence, selon le journal britannique The Telegraph citant un ex-responsable de ce service. S'y ajoutent des membres des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, le Raid et le GIGN.

"On ne prend pas (la menace) à la légère, nous sommes en alerte maximale et tous les athlètes ont été informés de la situation", a commenté le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer.

"Notre devoir de protéger nos athlètes (...) en coopération avec les autorités françaises, est de la plus haute importance", a-t-il ajouté.

- "Actions de perturbation" -

Pour le match de mercredi soir, les autorités françaises n'excluent pas que "des gens s'invectivent en tribune" ou "que des personnes sifflent ou sortent des drapeaux, par exemple pendant l'hymne", énumère une source policière auprès de l'AFP.

Selon elle, il existe un risque plus élevé de tensions dans les tribunes car les quelque 48.000 spectateurs attendus au Parc des Princes "ne sont pas placés comme lors des matchs classiques, où visiteurs et locaux sont séparés et peuvent s'invectiver de loin".

"Vu les appels qui circulent, on peut s'attendre à des actions de perturbations autour du stade", ajoute la source.

Aucune demande de manifestation aux abords du stade n'avait été enregistrée à la mi-journée.

Les récentes prises de positions politiques en France, dont des appels à bannir Israël des Jeux, se sont ajoutées aux critiques sur les réseaux sociaux qui visent des athlètes israéliens qui affichent leur soutien aux opérations militaires de l'Etat hébreu à Gaza.

Samedi, le député de La France Insoumise (LFI) Thomas Portes a, comme d'autres élus de ce parti de la gauche radicale, dénoncé le "deux poids deux mesures" entre les athlètes israéliens et russes, exclus des JO pour cause d'invasion russe en Ukraine. "Les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques à Paris", a-t-il ajouté, appelant à des "mobilisations".

Mardi, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées dans le nord de Paris pour dénoncer "le génocide" en cours à Gaza.

- "Exclusion immédiate" -

La veille, le Comité olympique palestinien adressait un courrier au Comité international olympique (CIO) pour demander "l'exclusion immédiate" de la délégation israélienne, suivi d'un appel similaire de l'Iran.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a déclaré mardi que "les athlètes israéliens sont les bienvenus" aux JO et "doivent pouvoir concourir sous leurs couleurs".

La question de la sécurité est omniprésente pour les sportifs israéliens et fait l'objet d'une préparation mentale spécifique.

"Nous nous souvenons toujours de ce qui peut se passer", soulignait en janvier Yael Arad, la présidente du comité olympique israélien, interrogée par l'AFP sur la prise d'otages d'athlètes israéliens par un commando palestinien aux Jeux de Munich en 1972.

Onze d'entre eux avaient alors été tués, et cette attaque sanglante avait marqué un tournant en matière de sécurité lors des rendez-vous olympiques.

Cette problématique est plus aiguë encore cette année du fait de la guerre à Gaza, déclenchée le 7 octobre par une attaque des commandos du Hamas dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP fondé sur des données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une offensive sur la bande de Gaza qui a fait 39.145 morts, en majorité des civils, selon le dernier décompte du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.


JO-2024: un cortège de dignitaires pour la parade fluviale

Police officers stand in front of the Eiffel Tower ahead of the Paris 2024 Olympic and Paralympic Games in Paris on July 21, 2024. (Photo AFP)
Police officers stand in front of the Eiffel Tower ahead of the Paris 2024 Olympic and Paralympic Games in Paris on July 21, 2024. (Photo AFP)
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  • "Nous nous sentons prêts à accueillir le monde", assure Samuel Ducroquet, ambassadeur français pour le sport, chargé d'orchestrer au sein du ministère des Affaires étrangères l'accueil des dignitaires venus du monde entier.
  • Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres diffusera un message appelant à "déposer les armes" à travers le monde.

PARIS : Des Européens en force mais sans les Russes, une délégation israélienne sous haute surveillance, la Première dame américaine mais aussi des têtes couronnées: une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus à Paris pour assister vendredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques sur la Seine.

"Nous nous sentons prêts à accueillir le monde", assure Samuel Ducroquet, ambassadeur français pour le sport, chargé d'orchestrer au sein du ministère des Affaires étrangères l'accueil des dignitaires venus du monde entier.

Ni l'Elysée, ni le Quai d'Orsay n'ont cependant communiqué la liste de ces personnalités en raison de possibles changements de dernière minute.

- Européens sans la Russie -

Une certitude: le président russe Vladimir Poutine sera le grand absent, la Russie ayant été bannie en tant que nation en raison de la guerre en Ukraine déclenchée par Moscou en février 2022.

Kiev, de son côté, n'a pas encore dit si Volodymyr Zelensky serait présent vendredi.

Le nouveau premier ministre britannique Keir Starmer, qui souhaite renforcer les liens avec la France, assistera à la parade fluviale.

Paris-2024 est "un grand événement pour la France mais aussi pour le Royaume Uni", commente Menna Rawlings, l'ambassadrice britannique en France, alors que 500.000 billets ont été vendus au Royaume-Uni, c'est pour elle "un enjeu consulaire majeur".

Parmi les autres Européens attendus, le chancelier allemand Olaf Scholz, le président italien Sergio Mattarella, son homologue finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

- Jill Biden -

Son époux Joe Biden s'est retiré de la campagne présidentielle américaine, mais la Première Dame des Etats-Unis Jill a confirmé sa présence. Et ce n'est autre que Douglas Emhoff, le mari de la vice-présidente américaine Kamala Harris, désormais dans la course pour la Maison Blanche, qui assistera à la cérémonie de clôture.

- Délégation israélienne sous haute surveillance -

N'en déplaise à Téhéran, qui a appelé mardi à bannir Israël des JO en raison de la guerre à Gaza, le président israélien Isaac Herzog sera présent, sous très haute surveillance.

Le patron du comité olympique palestinien, Jibril Rajoub, représentera, lui, le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

- Pays du Golfe ? -

Le mystère reste entier quant à la présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ou celle du président des Emirats Arabes Unis Mohammed ben Zayed.

Seul l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al-Thani, membre du Comité international Olympique (CIO), a été vu à Paris à la traditionnelle session d'avant-Jeux.

- Argentine, Brésil, Chine au rendez-vous -

Le président chinois Xi Jinping ne fera pas le déplacement mais sera représenté à un haut niveau par le vice-président Han Zheng.

Le président brésilien Lula a, lui, confié à sa femme Rosangela la représentation nationale, contrairement au président argentin Javier Milei et son homologue colombien Gustavo Petro qui ont confirmé leur venue.

Viendront, ne viendront pas? La participation du président turc Tayyip Erdogan est incertaine, tout comme celle du Premier ministre indien Narendra Modi.

- L'Afrique, pas en reste -

Les présidents du Gabon Brice Oligui Nguema et de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra ne manqueront pas à l'appel mais la présence de leur homologue camerounais Paul Biya n'est pas confirmée officiellement.

Le nouveau président sénégalais Diomaye Faye, qui avait rencontré le 20 juin Emmanuel Macron, sera de retour à Paris. A contrario, le président d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa ne fera pas le déplacement.

Pour le Niger, le secrétaire général du ministère des Sports Abdoulaye Mohamadou conduira la délégation. La cérémonie d'ouverture coïncidera avec le premier anniversaire du coup d'Etat qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum.

- Têtes couronnées -

La princesse britannique Anne, soeur du roi Charles III, et le prince Albert de Monaco, sont arrivés dès lundi pour assister à la réunion du CIO.

Le roi d'Espagne Philippe VI est aussi attendu.

Le Danemark sera représenté par le couple royal Frederik X et la reine Mary, ainsi que la princesse Benedikte, la tante octogénaire du souverain.

- Déposer les armes -

Alors que les conflits font rage de l'Ukraine à Gaza, en passant par le Soudan et la République démocratique du Congo, les Jeux Olympiques seront l'occasion d'une intense activité diplomatique.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres diffusera un message appelant à "déposer les armes" à travers le monde.

Le président Emmanuel Macron a quant à lui appelé "à une trêve olympique".


Grève aéroportuaire vendredi: le ministre des Transports "choqué"

Le vice-ministre des Transports francais Patrice Vergriete le 16 juillet 2024 après la réunion hebdomadaire du cabinet à l’Elysée présidentielle à Paris (photo AFP)
Le vice-ministre des Transports francais Patrice Vergriete le 16 juillet 2024 après la réunion hebdomadaire du cabinet à l’Elysée présidentielle à Paris (photo AFP)
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  • Le syndicat Force Ouvrière du Groupe ADP, gestionnaire de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly, a déposé un préavis pour exiger davantage de concessions salariales que celles prévues par l'accord majoritaire signé le 16 juillet.
  • FO réclame notamment que la prime de 300 euros qui sera versée à tous les employés d'ADP aux termes de l'accord du 16 juillet soit portée à 1.000 euros, ainsi que d'autres mesures salariales.

PARIS : Le ministre délégué chargé des Transports s'est dit "choqué" mercredi du préavis de grève d'un syndicat minoritaire du personnel des aéroports parisiens le jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques vendredi, l'appelant à "retrouver la raison".

Le syndicat Force Ouvrière du Groupe ADP, gestionnaire de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly, a déposé un préavis pour exiger davantage de concessions salariales que celles prévues par l'accord majoritaire signé le 16 juillet.

Interrogé sur la décision de FO (11,57% des voix aux dernières élections professionnelles chez ADP) en marge d'une visite à Roissy mercredi, le ministre Patrice Vergriete s'est dit "choqué aujourd'hui que des syndicats puissent poser un préavis de grève alors qu'un accord majoritaire a été trouvé".

"Le respect de la démocratie sociale, c'est aussi le respect de l'accord majoritaire. Et j'aimerais bien que ce syndicat puisse retrouver la raison et retrouver le sens de la démocratie sociale", a-t-il ajouté.

FO réclame notamment que la prime de 300 euros qui sera versée à tous les employés d'ADP aux termes de l'accord du 16 juillet soit portée à 1.000 euros, ainsi que d'autres mesures salariales.

L'accord avait permis la levée d'un préavis de grève pour le 17 juillet, déposé par l'ensemble des syndicats représentatifs.

Le Groupe ADP, dont l'Etat contrôle 50,6% du capital, s'est refusé à tout commentaire sur ce mouvement et ses éventuelles conséquences sur le trafic aérien vendredi.

La journée sera déjà très particulière pour les aéroports parisiens, puisque les autorités ont décrété une "zone interdite temporaire" à la circulation aérienne d'un rayon de 150 km de 18H30 à minuit autour de la capitale, au nom de la sécurité pendant la cérémonie d'ouverture.

En conséquence, le trafic sera interrompu sur les aéroports de Roissy et d'Orly, ainsi qu'à Beauvais (Oise). Prévenues depuis 2023, les compagnies aériennes ont adapté leurs programmes de vols.