Législatives: Attal s'émancipe de Macron

Le jeune Premier ministre s'est déjà distancé de son mentor en prenant les rênes de la campagne, en lieu et place du président de la République, dont les propos font régulièrement polémique. (AFP)
Le jeune Premier ministre s'est déjà distancé de son mentor en prenant les rênes de la campagne, en lieu et place du président de la République, dont les propos font régulièrement polémique. (AFP)
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Publié le Jeudi 20 juin 2024

Législatives: Attal s'émancipe de Macron

  • Malgré son désaccord avec la décision du président, Gabriel Attal s'est lancé pleinement dans la campagne, misant sur le jour d'après pour devenir éventuellement le candidat naturel de son camp en 2027
  • Le visage du Premier ministre est désormais imprimé partout sur les documents de campagne tant celui du président suscite le rejet, aux dires des élus

LE MANS: Gabriel Attal s'émancipe d'Emmanuel Macron, qui l'a nommé il y a cinq mois à Matignon mais lui a coupé les ailes avec la dissolution, en appelant les Français à le "choisir" comme Premier ministre aux élections législatives.

"Le 9 janvier, le président de la République m'a nommé. Le 30 juin (date du premier tour, NDLR), j'aimerais que les Français me choisissent", a affirmé le Premier ministre devant la presse jeudi, alors qu'il était interrogé sur la nécessité ou pas de faire campagne avec le président de la République, compte tenu de l'animosité que ce dernier suscite parmi les électeurs.

"C'est la première fois depuis plus de 25 ans que les Français vont choisir un Premier ministre. Evidemment qu'il y aura un avant et un après (...) dans la pratique du pouvoir, dans l'équilibre des institutions", a appuyé Gabriel Attal, dans une allusion à la gouvernance présidentielle jugée très "verticale", ainsi qu'à la dissolution qui a suscité des remous dans le camp présidentiel.

Le jeune Premier ministre s'est déjà distancé de son mentor en prenant les rênes de la campagne, en lieu et place du président de la République, dont les propos font régulièrement polémique. Officiellement sous la pression des députés du parti Renaissance, qui lui ont encore demandé mercredi de venir les soutenir dans leurs circonscriptions.

Le visage du Premier ministre est désormais imprimé partout sur les documents de campagne tant celui du président suscite le rejet, aux dires des élus.

«Ambition»

"La page de Macron et du macronisme, elle est tournée. Elle est tournée parce que les électeurs le disent", témoigne un député sortant reparti en campagne. L'incompréhension est telle sur la dissolution que, si la majorité actuelle était reconduite, "ce serait presque une forme de cohabitation, tellement les députés vont revenir mécontents", estime-t-il.

"Vous n'êtes pas seuls et je serai avec vous jusqu'au bout de cette campagne", a promis Gabriel Attal à ses candidats réunis au siège de Renaissance mercredi. "Les Français ont besoin de nous pour tenir le gouvernail et c'est pour ça qu'on doit tenir."

Et comme si ses troupes devaient s'armer de patience, M. Attal répète que les législatives sont un vote "pour le Premier ministre" et qu'Emmanuel Macron sera encore président jusqu'en 2027, quel que soit le résultat du scrutin.

La dissolution n'a pas été une bonne nouvelle non plus pour le Premier ministre qui, s'il n'est pas reconduit à son poste, n'aura même pas eu le temps de planter un arbre à Matignon, comme il est de tradition de le faire au bout de six mois.

"Pour l'égo c'est toujours un peu compliqué" alors que le jeune homme de 35 ans "a de l'ambition", estime un député de la majorité.

«Petit frère»

Malgré son désaccord avec la décision du président, Gabriel Attal s'est lancé pleinement dans la campagne, misant sur le jour d'après pour devenir éventuellement le candidat naturel de son camp en 2027.

"Il se dit que sa meilleure carte à jouer pour l'avenir c'est d'avoir été chef de la majorité" même si sa "faiblesse, c'est qu'il est associé à tout ça" et que pour l'aile gauche du parti "il est celui qui a +droitisé+ ces six derniers mois" la politique du gouvernement, note un élu.

En décembre, Emmanuel Macron avait salué chez son ministre, chargé alors de l'Education, un responsable politique susceptible de "continuer le combat".

Au Mont-Valérien mercredi, le potentiel successeur est passé du rang d'héritier à "petit frère". Emmanuel Macron "a repris le terme d'un enfant. Vous savez, moi je suis Premier ministre. J'aspire à pouvoir continuer à diriger l'action du gouvernement", a balayé Gabriel Attal, montrant que le président devra compter sur lui pour la suite.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.