UE: les 27 confirment l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (devant à droite) arrive pour une photo de famille avec les chefs d'État et les représentants des pays lors du sommet sur la paix en Ukraine, dans la luxueuse station de Burgenstock, près de Lucerne, le 15 juin 2024. (Photo Ludovic Marin  AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (devant à droite) arrive pour une photo de famille avec les chefs d'État et les représentants des pays lors du sommet sur la paix en Ukraine, dans la luxueuse station de Burgenstock, près de Lucerne, le 15 juin 2024. (Photo Ludovic Marin AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 21 juin 2024

UE: les 27 confirment l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie

  • Les Vingt-Sept vont d'abord ouvrir formellement les discussions avec l'Ukraine mardi après-midi, puis avec la Moldavie, selon une source diplomatique
  • L'UE a accordé en juin 2022 à l'Ukraine le statut de candidat à l'adhésion, dans un geste hautement symbolique quelques mois après le début de la guerre déclenchée par Moscou, ainsi qu'à la Moldavie voisine

LUXEMBOURG : Les 27 pays de l'Union européenne ont confirmé l'ouverture mardi prochain de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, a annoncé vendredi la présidence belge du Conseil de l'UE sur le réseau X.

Les ministres des Finances de l'UE, réunis vendredi à Luxembourg, ont adopté le cadre des négociations avec ces deux pays candidats, confirmant un accord de principe de leurs ambassadeurs à Bruxelles trouvé la semaine dernière. Cet accord ouvre la voie à l'ouverture formelle des négociations mardi à Luxembourg, a-t-on précisé de même source.

«Nous attendons avec impatience la semaine prochaine, le 25 juin, lorsque l'Ukraine et l'UE tiendront leur première conférence intergouvernementale, ce qui marquera le début effectif du processus de négociation», a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X, saluant la réalisation d'un «rêve européen».

Les négociations d'adhésion entre l'UE et un pays tiers se font dans le cadre d'une conférence intergouvernementale (CIG).

Les Vingt-Sept vont d'abord ouvrir formellement les discussions avec l'Ukraine mardi après-midi, puis avec la Moldavie, selon une source diplomatique.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne avaient ouvert la voie à de telles négociations d'adhésion avec les deux anciennes républiques soviétiques, à la mi-décembre 2023.

Mais la Hongrie freinait jusque-là l'ouverture formelle des négociations avec l'Ukraine, jugeant que les conditions n'étaient pas réunies.

La Commission européenne a quant à elle estimé le 7 juin que l'Ukraine et la Moldavie avaient rempli toutes les conditions préalables à une ouverture de négociations formelles.

L'exécutif européen avait réclamé de Kiev des mesures pour lutter contre la corruption et l'emprise des oligarques. La Commission avait également demandé une meilleure prise en compte des minorités, une mesure réclamée avec insistance par Budapest, en raison de la présence en Ukraine d'une communauté hongroise.

L'UE a accordé en juin 2022 à l'Ukraine le statut de candidat à l'adhésion, dans un geste hautement symbolique quelques mois après le début de la guerre déclenchée par Moscou, ainsi qu'à la Moldavie voisine.

L'ouverture de négociations est une étape dans un processus d'adhésion long et ardu. Une éventuelle entrée dans l'UE de l'Ukraine, un pays de plus de 40 millions d'habitants, et une puissance agricole, pose de nombreuses difficultés, à commencer par celle des aides financières.


Poutine reçoit le président syrien Assad à Moscou, avec Erdogan en toile de fond

Sur cette photo de famille diffusée par l'agence d'État russe Sputnik le 25 juillet 2024, le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du président syrien Bachar al-Assad lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 24 juillet 2024. (AFP)
Sur cette photo de famille diffusée par l'agence d'État russe Sputnik le 25 juillet 2024, le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du président syrien Bachar al-Assad lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 24 juillet 2024. (AFP)
Short Url
  • Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi soir à Moscou son homologue Bachar al-Assad, selon des images diffusées jeudi à la télévision russe, alors que Moscou pourrait jouer un rôle de médiateur entre la Syrie et la Turquie
  • La Russie est un allié crucial pour la Syrie, sauvant le régime de M. Assad par son intervention militaire en 2015 en pleine guerre civile

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi soir à Moscou son homologue Bachar al-Assad, selon des images diffusées jeudi à la télévision russe, alors que Moscou pourrait jouer un rôle de médiateur entre la Syrie et la Turquie.

Le dirigeant russe a évoqué "l'escalade" de la situation au Proche-Orient comme sujet de discussion ainsi que leurs relations économiques bilatérales.

La Russie est un allié crucial pour la Syrie, sauvant le régime de M. Assad par son intervention militaire en 2015 en pleine guerre civile.

La rencontre entre les deux hommes, leur première depuis mars 2023, intervient alors qu'au début du mois, en marge d'un sommet au Kazakhstan, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait évoqué une rencontre à trois pour lancer une normalisation des relations turco-syriennes.

M. Poutine est un allié clé de M. Assad et entretient des relations complexes mais pragmatiques avec M. Erdogan même si dans de nombreux dossiers, comme la Syrie, ils soutiennent des camps adverses.

"Je suis très intéressé par votre opinion sur l'évolution de la situation dans l'ensemble de la région. Malheureusement, elle a tendance à l'escalade, nous le constatons. Cela concerne directement la Syrie", a dit M. Poutine semblant faire référence à la guerre à Gaza et aux tensions au Liban, avec le conflit entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l'Iran, un autre allié de la Syrie.

"Au regard des événements dans le monde entier et en Eurasie, notre réunion d'aujourd'hui semble être très importante (...) pour discuter des perspectives et des scénarios possibles", a dit M. Assad selon une traduction en russe de ses propos en arabe.

- Main tendue turque -

Aucun des deux dirigeants n'a fait référence à la situation en Syrie, ni à la récente main tendue du président turc qui a dit pouvoir inviter "à tout moment" M. Assad.

Interrogé par un média russe sur une possible rencontre tripartite Assad-Erdogan-Poutine, le porte-parole du Kremlin a botté en touche: "la situation dans la région a été discutée dans un large contexte", a dit, selon l'agence Interfax, Dmitri Peskov.

Le président syrien a dit ne pas être opposé à rencontrer son homologue turc mais a fixé des conditions sur le contenu relevant que "le soutien au terrorisme et le retrait du territoire syrien" des troupes turques constituaient "l'essence du problème".

Depuis 2022, Damas exige que la Turquie retire ses forces, qui contrôlent deux zones frontalière au nord du pays et exercent une influence dans le nord-ouest, sous contrôle des jihadistes, en préalable à toute rencontre et normalisation des relations.

Par ailleurs, la Turquie accueille encore quelque 3,2 millions de réfugiés syriens, mais le sentiment anti-syrien exerce une pression accrue sur M. Erdogan pour leur renvoi en Syrie.

Mi-juillet, le président turc a annoncé la fin imminente de l'opération "griffe-verrou" des forces armées turques dans le nord de l'Irak et de la Syrie.

Damas et Ankara ont rompu toutes relations officielles en 2011, après le début du conflit syrien qui dure depuis plus de 13 ans et a morcelé le pays.


"Sauver la démocratie", laisser la place à plus jeune: Biden explique son retrait

Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation au sujet de sa décision de ne pas se représenter, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 juillet 2024. (AFP)
Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation au sujet de sa décision de ne pas se représenter, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 juillet 2024. (AFP)
Short Url
  • Le président américain Joe Biden a expliqué mercredi soir à ses compatriotes, dans une allocution télévisée empreinte de gravité, avoir pris la décision choc de renoncer à briguer un second mandat pour "sauver la démocratie"
  • La vice-présidente Kamala Harris, 59 ans, qui est depuis son retrait quasiment assurée d'être la candidate des démocrates, "est expérimentée, elle est forte, elle est compétente", a dit M. Biden

WASHINGTON: Le président américain Joe Biden a expliqué mercredi soir à ses compatriotes, dans une allocution télévisée empreinte de gravité, avoir pris la décision choc de renoncer à briguer un second mandat pour "sauver la démocratie" et laisser la place à des "voix plus jeunes".

L'octogénaire a fini par céder dimanche à des semaines de pressions et d'inquiétudes sur son âge et son acuité mentale, provoquant un coup de tonnerre dans la campagne pour la présidentielle de novembre.

"Cela fut l'honneur de ma vie d'être votre président, mais la défense de la démocratie, qui est en jeu, est je pense plus importante que n'importe quel titre", a-t-il déclaré dans cette adresse solennelle à la nation depuis le Bureau ovale.

"Ces dernières semaines, il m'est apparu clairement que je devais unir mon parti", a-t-il déclaré, ajoutant que le "temps" était venu "d'avoir de nouvelles voix (...), des voix plus jeunes".

La vice-présidente Kamala Harris, 59 ans, qui est depuis son retrait quasiment assurée d'être la candidate des démocrates, "est expérimentée, elle est forte, elle est compétente", a dit M. Biden.

"Elle a été une partenaire incroyable pour moi, une dirigeante pour notre pays. Maintenant, c'est à vous, le peuple américain, de choisir", a-t-il poursuivi.

Si M. Biden a indirectement évoqué son propre âge en parlant de la nécessité de laisser la place à plus jeune, il ne s'est pas réellement étendu sur le sujet.

La question était dans tous les esprits depuis sa performance désastreuse face à Donald Trump lors de leur débat fin juin, qui a suscité une crise chez les démocrates et provoqué une avalanche d'appels à ce qu'il laisse la place à une personne plus jeune.

- "Exécution" -

C'est par le biais d'une simple lettre publiée sur X que Joe Biden a annoncé son retrait de la compétition.

Juste après l'intervention mercredi soir de son ex-adversaire, Donald Trump a donné son avis sur le discours: "à peine compréhensible, et tellement mauvais!".

Peu auparavant, lors d'un meeting de campagne en Caroline du Nord, il s'était moqué du renoncement du démocrate.

"Biden ne sait même pas qu'il est en vie", a-t-il dit, méprisant, à ses partisans lors de ce premier événement depuis que le démocrate a jeté l'éponge.

Mais c'est à Kamala Harris, sa nouvelle rivale, qu'il affrontera probablement en novembre, qu'il a réservé ses coups.

L'ancienne procureure et sénatrice est une "cinglée de la gauche radicale" qui "va détruire notre pays", a lancé le milliardaire de 78 ans.

"Elle veut des avortements au huitième et au neuvième mois de la grossesse, jusqu'à la naissance et même après la naissance, l'exécution de bébés", a-t-il faussement assuré.

Le candidat de la droite multiplie les événements de campagne et doit s'adresser cette semaine à une association de jeunes ultra-conservateurs en Floride avant de s'envoler vers le Minnesota.

- "Avenir" contre "passé" -

Donald Trump a savouré durant quelques jours le spectacle d'un Parti républicain en parfait ordre de marche derrière sa troisième candidature à la Maison Blanche.

Mais avec l'irruption de Kamala Harris dans l'arène, l'ancien président est obligé de revoir des pans entiers de sa stratégie électorale, qui était jusqu'ici largement axée sur le fait de se camper en leader énergique face à un Joe Biden en déclin.

Les rares sondages publiés depuis l'entrée de la vice-présidente dans la course sont mitigés, plaçant les deux candidats au coude-à-coude.

La candidature de Mme Harris suscite un enthousiasme renouvelé pour une élection qui n'emballait jusqu'ici pas grand-monde.

L'organisation indépendante Vote.org, qui aide les électeurs à s'inscrire sur les listes, a, dans les deux jours qui ont suivi le retrait de Joe Biden, enregistré 38.500 nouveaux inscrits, la plupart âgés de moins de 35 ans.

Soit le plus grand nombre d'inscriptions depuis le début de la campagne, battant même le record enregistré lorsque la chanteuse Taylor Swift avait incité ses fans à se rendre sur ce site pour trouver leur bureau de vote.

"Je crois que nous sommes confrontés à un choix entre deux visions différentes pour notre nation, l'une tournée vers l'avenir, l'autre vers le passé", a clamé Kamala Harris lors d'un déplacement à Indianapolis.


Des milliers de manifestants anti-Netanyahu près du Congrès américain avant son discours

Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
Des manifestants pro-palestiniens protestent près du Capitole américain avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s'adresse à une réunion conjointe du Congrès, le 24 juillet 2024, à Washington, DC. (Photo AFP)
Short Url
  • "Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doct
  • Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza.

WASHINGTON : Des milliers de manifestants se sont rassemblés mercredi autour du Congrès américain à Washington pour protester contre le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et pour demander un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dévastée par plus de neuf mois de guerre.

Vers 17H30 GMT, de légers heurts ont éclaté entre les manifestants portant des drapeaux palestiniens et la police, qui a utilisé du gaz au poivre contre la foule pour la repousser alors qu'elle s'approchait du Capitole, dans le centre de la capitale des Etats-Unis, a constaté un journaliste de l'AFP.

Auparavant, avec des slogans comme "Palestine libre", elle criait sa colère contre la venue du dirigeant israélien, contre lequel le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé un mandat d'arrêt pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

"Nous sommes là pour montrer notre opposition à l'accueil du criminel Netanyahu dans notre capitale par les mêmes responsables politiques qui lui envoient des armes pour tuer des enfants à Gaza", a expliqué à l'AFP Karameh Kuemmerle, de l'association Doctors Against Genocide (Médecins contre le génocide, en français).

"Nous sommes horrifiés par la destruction du système de santé à Gaza", a-t-il dit, alors que le territoire palestinien est assiégé et bombardé sans relâche par l'armée israélienne depuis l'attaque sans précédant du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

Benjamin Netanyahu devait débuter à 18H00 GMT un discours devant un Congrès américain divisé sur sa conduite de la guerre à Gaza. Il s'efforcera de faire pression sur les Etats-Unis dans un contexte relativement tendu entre les deux pays. Les Etats-Unis restent le premier allié et principal soutien militaire d'Israël.

"L'hypocrisie des hommes politiques a complètement dépassé les limites", a dit à l'AFP Mo, un manifestant de 58 ans qui n'a pas souhaité donner son nom complet. Pour lui, le soutien américain à Israël est "la question numéro un" pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

"Recherche la paix et poursuis-la", peut-on lire sur une pancarte, reprenant une citation de la Bible.

Des manifestants montrent Benjamin Netanyahu sur une affiche de criminel recherché quand d'autres demandent sur leurs pancartes: "Arrêtez ce criminel de guerre".

Le Premier ministre israélien doit s'entretenir jeudi avec le président américain Joe Biden. Il doit aussi rencontrer sa vice-présidente et désormais candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris ainsi que le candidat républicain Donald Trump.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une campagne aérienne puis terrestre contre le territoire pauvre et surpeuplé, qui a provoqué une catastrophe humanitaire et fait jusque-là 39.145 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.