Gaza : la «pause» israélienne n'a eu «aucun impact» sur l'aide humanitaire selon l’OMS

Des Palestiniens pillent un camion d'aide humanitaire alors qu'il traverse la bande de Gaza à Rafah, le dimanche 17 décembre 2023. (AP)
Des Palestiniens pillent un camion d'aide humanitaire alors qu'il traverse la bande de Gaza à Rafah, le dimanche 17 décembre 2023. (AP)
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Publié le Vendredi 21 juin 2024

Gaza : la «pause» israélienne n'a eu «aucun impact» sur l'aide humanitaire selon l’OMS

  • «Nous, les Nations unies, pouvons dire que nous n'avons constaté aucun impact sur l'arrivée de l'aide humanitaire depuis cette annonce, je dirai unilatérale, de cette pause technique», a déclaré le docteur Richard Peeperkorn
  • L'entrée de l'aide humanitaire «a été minime», a renchéri Jens Laerke, le porte-parole de l'Office de coordination des situations d'urgence (OCHA)

GENÈVE  : La «pause» quotidienne annoncée par l'armée israélienne dans ses opérations dans le sud de la bande Gaza n'a eu «aucun impact» sur l'arrivée de l'aide humanitaire qui est restée «minime», a affirmé vendredi un responsable de l'OMS pour les territoires palestiniens occupés.

«Nous, les Nations unies, pouvons dire que nous n'avons constaté aucun impact sur l'arrivée de l'aide humanitaire depuis cette annonce, je dirai unilatérale, de cette pause technique», a déclaré le docteur Richard Peeperkorn, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.

De son côté Médecins sans frontières prévient que «sans un réapprovisionnement significatif en fournitures médicales dans les prochains jours», l'ONG pourrait devoir «arrêter ou réduire considérablement» ses activités médicales à Gaza, selon un communiqué.

L'armée israélienne a annoncé dimanche une pause «de 08H00 à 19H00 (05H00 à 16H00 GMT) tous les jours et jusqu'à nouvel ordre», sur un tronçon routier d'une dizaine de kilomètres allant du point de passage israélien de Kerem Shalom, à l'extrémité sud de la bande de Gaza, jusqu'à l'Hôpital européen de Rafah, plus au nord.

L'entrée de l'aide humanitaire «a été minime», a renchéri Jens Laerke, le porte-parole de l'Office de coordination des situations d'urgence (OCHA).

La situation humanitaire et sanitaire est catastrophique dans l'ensemble de l'étroit territoire palestinien.

«Les Nations unies tentent d'opérer dans un environnement où il est impossible de travailler», a déclaré le Dr Thanos Gargavanis, chirurgien traumatologue et responsable des urgences à l'OMS.

Récupérer l'aide humanitaire à Kerem Shalom est dangereux.

Toutefois du carburant a pu rentrer en quantité limitée, a expliqué M. Laerke. Il est indispensable pour produire de l'électricité.

- Evacuations médicales -

La guerre à Gaza a éclaté le 7 octobre, quand des commandos du Hamas ont mené une attaque dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et ses bombardements incessants ainsi que les combats au sol ont fait jusqu'à présent 37.431 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.

Selon l'OMS, il ne restait plus en date du 17 mai que 750 personnes dans la ville de Rafah et entre 60.000 et 75.000 personnes dans la zone d'Al-Mawasi, zone dans le sud de la bande de Gaza, où nombre de Palestiniens s'étaient réfugiés depuis le début de l'offensive israélienne sur Rafah.

«Nous avons des patients souffrant de brûlures graves, de fractures ouvertes, et nous n’avons même pas assez d’analgésiques pour soulager leurs souffrances», explique Guillemette Thomas, coordinatrice médicale de MSF dans les territoires palestiniens.

«Dans les hôpitaux Nasser et Al Aqsa, nos équipes ont dû réduire la fréquence des changements de pansements pour les patients gravement brûlés en raison du manque de compresses stériles, ce qui pourrait entraîner davantage d'infections des plaies», a-t-elle ajouté, décrivant aussi la multiplication des cas de gale, faute d'hygiène.

MSF opère avec 400 employés palestiniens locaux et entre 20 et 30 employés internationaux dans la bande de Gaza.

L'ONG et l'ONU réclament la réouverture du point de passage de Rafah pour l'aide humanitaire.

«Nous avons six camions, remplis de 37 tonnes de fournitures» médicales qui attendent depuis le 14 juin du côté égyptien du point de passage de Kerem Shalom, s'indigne Mme Thomas.

L'OMS réclame aussi des évacuations médicales. Une autre «alternative» pour les évacuations médicales serait le point de passage de Kerem Shalom, vers l'international ou bien, et ce serait «le plus logique», vers Jérusalem ou la Cisjordanie occupée, a expliqué le Dr Peeperkorn.

Selon l'OMS, seulement 17 des 36 hôpitaux à Gaza sont opérationnels, mais partiellement.

Environ 4.900 patients ont été évacués de Gaza pour des raisons médicales, liées à la guerre ou pour des maladies chroniques, depuis le 7 octobre, et l'OMS estime actuellement qu'il faut en sortir au moins 10.000 autres.

Mais aucun patient n'a pu être évacué depuis la fermeture du point de passage de Rafah le 7 mai, indique l'OMS.


Le prince Faisal souligne l’importance « critique » du partenariat saoudo-émirati pour la stabilité régionale

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Le prince Faisal ben Farhane a reconnu une « divergence de vues » entre les deux pays sur le dossier yéménite, tout en affirmant que leur relation reste « d’une importance critique »

LONDRES : Le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constitue la « pierre angulaire » d’une relation solide avec l’Arabie saoudite, contribuant à la stabilité régionale, a déclaré lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Le prince Faisal ben Farhane a reconnu qu’il existait une « différence de point de vue » entre les deux pays concernant le Yémen, tout en soulignant que leur relation demeure « d’une importance critique ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale. C’est pourquoi le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, en tant que partenaire important au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse à l’occasion de sa visite en Pologne.

« Évidemment, sur la question du Yémen, il existe une divergence de vues. Les Émirats arabes unis ont désormais décidé de se retirer du Yémen, et si tel est bien le cas, et qu’ils se sont complètement désengagés de ce dossier, alors le Royaume d’Arabie saoudite en assumera la responsabilité.

« Je pense que cela constituera la base permettant de garantir que la relation avec les Émirats arabes unis demeure forte et continue de servir les intérêts non seulement des deux pays, mais aussi de la région. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: deux morts dans des frappes israéliennes sur le sud

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  • L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet
  • Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait deux morts dimanche, a indiqué le ministère de la Santé libanais, l'armée israélienne affirmant avoir visé des positions du Hezbollah.

Malgré la trêve conclue en novembre 2024 censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le Hezbollah, Israël continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement chiite pro-iranien qu'il accuse de se réarmer.

Dans un communiqué, le ministère a fait état d'un "raid de l'ennemi israélien" entre les localités de Khirbet Selm et de Kfardounine, dans le sud du pays, faisant un mort et cinq blessés.

Ailleurs dans le sud, une frappe a fait un mort à Derdaghya, a rapporté le ministère.

L'armée israélienne a déclaré avoir frappé un "site de fabrication d'armes" du Hezbollah dans le sud, où elle dit avoir identifié "l'activité terroriste d'agents du Hezbollah".

Elle a ajouté avoir visé des "sites d'infrastructures militaires appartenant au Hezbollah" dans la région orientale de la Bekaa.

L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet.

Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source.

Mercredi, Israël a frappé quatre points de passage le long de la frontière syro-libanaise, utilisés selon lui par le Hezbollah pour passer des armes en contrebande.

Début janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne.

Israël juge les progrès de l'armée libanaise insuffisants, tandis que le mouvement islamiste a rejeté les appels à remettre ses armes.

Selon un décompte de l'AFP basé sur les bilans du ministère de la Santé, plus de 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.


Les Etats-Unis mettent en garde l'Irak sur ses futures relations avec l'Iran

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
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  • Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité
  • "Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique"

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste.

M. Maliki, figure centrale de la vie politique en Irak, a reçu samedi l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens divers avec Téhéran.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité dans le Moyen-Orient.

"Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique entre les Etats-Unis et l'Irak", selon des propos rapportés par son porte-parole Tommy Pigott.

Un éventuel gouvernement irakien pro-Iran serait une rare éclaircie pour Téhéran, qui rencontre des difficultés sur le plan national comme international.

La République islamique a été secouée par un mouvement de contestation d'ampleur à partir de fin décembre. Les manifestations ont été durement réprimées, les morts se comptant en milliers.

Et depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, l'Iran a subi des frappes directes israéliennes et américaines, et vu des alliés régionaux grandement affaiblis ou évincés.

Les Etats-Unis ont fait part de leur "opinion négative concernant les précédents gouvernements dirigés par l'ancien Premier ministre Maliki", a indiqué à l'AFP une source de la sphère politique irakienne.

Dans une lettre, des responsables américains ont affirmé que Washington prendrait "ses propres décisions souveraines à propos du prochain gouvernement, en accord avec les intérêts américains", reconnaissant néanmoins qu'il revient à l'Irak de choisir ses dirigeants.

Les Etats-Unis disposent d'un important moyen de pression contre l'Irak. Ils contrôlent une large partie des recettes de l'exportation de pétrole du pays conformément à un accord de 2003, conclu après l'invasion américaine et le renversement de Saddam Hussein.

L'actuel Premier ministre Soudani, en poste depuis 2022, a gagné la confiance américaine en s'employant à faire diminuer les violences des groupes armés chiites soutenus par Téhéran, que Washington ne veut pas voir s'enhardir de nouveau.