Comment le dessalement solaire permet à l'Arabie saoudite de produire de l'eau potable de manière durable

L’usine de dessalement d'Al-Khafji, la plus grande au monde. (Photo Vision 2030)
L’usine de dessalement d'Al-Khafji, la plus grande au monde. (Photo Vision 2030)
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Publié le Samedi 22 juin 2024

Comment le dessalement solaire permet à l'Arabie saoudite de produire de l'eau potable de manière durable

  • Le dessalement de l'eau de mer permet aux pays desséchés du Golfe d'accéder à une eau abondante pour l'agriculture et la consommation humaine
  • Pour réduire les émissions, le Royaume adopte des sources d'énergie renouvelables pour alimenter ses usines de filtration et de traitement

RIYAD : Dans les régions où les précipitations sont limitées, le dessalement est un moyen pratique d'obtenir de l'eau en abondance pour l'agriculture et la consommation humaine. Cependant, le processus de transformation de l'eau de mer en eau douce est notoirement gourmand en énergie.

En effet, le dessalement contribue de manière significative aux émissions de carbone dans la péninsule arabique, qui manque d'eau. C'est pourquoi l'Arabie saoudite a investi dans des sources d'énergie verte pour alimenter ses usines de dessalement.

« L'utilisation d'énergies renouvelables pour le dessalement est essentielle car elle contribue à réduire l'empreinte carbone de l'opération et les coûts de production de l'eau », a déclaré à Arab News Sultan Al-Rajhi, porte-parole de l'Autorité saoudienne de l'eau.

En raison de la rareté des ressources en eau douce dans une région où la population augmente rapidement, le dessalement de l'eau de mer est essentiel pour répondre à la demande, a-t-il ajouté.

« L'Arabie saoudite dépend du dessalement de l'eau de mer en raison de la nature du climat désertique, dans lequel la présence d'eau de surface et de rivières naturelles est rare », a déclaré Al-Rajhi.

En fait, le dessalement représente environ 75 % de l'approvisionnement en eau du Royaume.

« Le dessalement de l'eau de mer attire de nombreux investissements afin de répondre à la demande liée à la croissance démographique et économique observée dans l'ensemble de la région du Golfe ».

Chaque année, le Royaume a besoin d'une moyenne de 5,5 milliards de mètres cubes d'eau douce. Le besoin en eau est particulièrement élevé pendant les saisons du Hajj et de la Omra, lorsque bien plus d'un million de pèlerins arrivent du monde entier.

Le Royaume, qui compte plus de 37 millions d'habitants, est le troisième plus grand consommateur d'eau au monde par habitant. L'agriculture représente à elle seule environ 84 % de la consommation totale d'eau.

Une ferme de production de luzerne dans le gouvernorat de Wadi Ad-Dawasir, dans la région de Riyad. (Fourni)
Une ferme de production de luzerne (alfalfa) dans le gouvernorat de Wadi Ad-Dawasir, dans la région de Riyad. (Fourni)

Le dessalement est un processus complexe qui consiste à éliminer le sel et d'autres impuretés de l'eau de mer. Ce processus nécessitant une quantité importante d'énergie, l'adoption d'énergies renouvelables telles que l'énergie solaire pour alimenter ces installations est devenue une priorité absolue.

« Pour développer une infrastructure résistante au climat pour un dessalement durable, l'Arabie saoudite devrait donner la priorité aux technologies innovantes et renouvelables », a déclaré à Arab News Abdulaziz Daghestani, directeur des ventes de la zone des services d'eau et directeur national chez Grundfos.

Grundfos est une entreprise danoise qui travaille avec les États de la région pour fournir des solutions de pompage innovantes pour l'approvisionnement en eau, la gestion des eaux usées, le chauffage et le refroidissement, ainsi que les processus industriels.

Selon  Daghestani, l'intégration de systèmes de surveillance avancés peut contribuer à optimiser les opérations de dessalement et à améliorer l'efficacité.

« En utilisant des données et des analyses en temps réel, nous pouvons améliorer les pratiques de gestion de l'eau et procéder à des ajustements en temps voulu pour répondre à la demande croissante de la consommation humaine et de l'agriculture », a-t-il expliqué.

Le programme Qatrah, qui signifie « gouttelette » en arabe, a été lancé par le ministère de l'Environnement, de l`Eau et de l`Agriculture en 2020 et vise à réduire la consommation excessive d`eau en éliminant le gaspillage et en encourageant la conservation et la réutilisation de l`eau douce existante.

Son objectif est de réduire la consommation quotidienne d'eau par habitant de 263 litres à 150 litres d'ici 2030. Pour ce faire, le ministère a créé un cadre unifié, connu sous le nom de Stratégie nationale de l'eau, pour le pays.

Cependant, malgré ces efforts pour améliorer la durabilité des systèmes d'approvisionnement en eau, le dessalement reste un moyen crucial de répondre à la demande en eau, ce qui fait de l'adoption de sources d'énergie propres et de techniques de production efficaces une priorité essentielle.

EN BREF

- En 2023, l'Arabie saoudite disposait d'une capacité de dessalement de 13,2 millions de mètres cubes par jour.

- 7 millions de mètres cubes d'eau dessalée ont été produits par l'usine d'Al-Khafji.

- Le dessalement représente 60 % de l'approvisionnement en eau urbaine en Arabie saoudite.

- L'agriculture représente 84 % des besoins en eau du Royaume.

L'usine de dessalement d'Al-Khafji, située dans la province orientale du Royaume, est le plus grand projet de dessalement d'eau alimenté par l'énergie solaire au monde ; elle répond aux besoins en eau de la région grâce à une approche innovante et respectueuse de l'environnement.

L'usine peut produire jusqu'à 90 000 mètres cubes d'eau douce par jour grâce à une technologie innovante créée par la King Abdulaziz City for Science and Technology.

Sa nouvelle méthode d'osmose inverse de l'eau saline solaire utilise un processus connu sous le nom d'ultrafiltration pendant la phase de prétraitement.

L’usine de dessalement d'eau de Ras al-Khair, propriété de la Saline Water Conversion Corporation du gouvernement saoudien, le long de la côte du Golfe, dans l'est de l'Arabie saoudite. (AFP)
L’usine de dessalement d'eau de Ras al-Khair, propriété de la Saline Water Conversion Corporation du gouvernement saoudien, le long de la côte du Golfe, dans l'est de l'Arabie saoudite. (AFP)

La méthode consiste à forcer l'eau de mer à traverser une membrane semi-perméable qui ne laisse passer que les molécules d'eau, tout en bloquant le sel et les autres contaminants. L'eau purifiée qui en résulte est ensuite collectée pour être distribuée.

Depuis son lancement en 2018, plus de 7 millions de mètres cubes d'eau douce produite par l'usine ont déjà été utilisés.

« La technologie de l'osmose inverse est considérée comme ayant les taux d'émissions de carbone les plus bas, en raison de l'augmentation de l'efficacité énergétique grâce au développement de ce domaine au cours des dernières années », a précisé Al-Rajhi.

« Le taux d'émissions de carbone par mètre cube dans certains systèmes de dessalement a été réduit de 91 % par rapport aux systèmes de dessalement thermique ».

Le solaire n'est pas la seule source d'énergie renouvelable pouvant être adoptée pour alimenter le processus de dessalement.

« Il complète l'utilisation potentielle de turbines hydrauliques pour convertir l'énergie cinétique résultant de l'écoulement de l'eau en électricité afin de générer de l'énergie propre », a poursuivi  Al-Rajhi.

Ce passage aux énergies renouvelables permet non seulement de faire face aux coûts énergétiques élevés associés au dessalement, mais aussi de soutenir l'engagement de l'Arabie saoudite en faveur du développement durable.

Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l'environnement, a fait l'éloge du programme de conservation de l'eau du Royaume, partie intégrante de sa mission environnementale, l'Initiative verte saoudienne.

Une ferme de Wadi ben Hachbal, en Arabie saoudite, a récemment été reconnue par le Guinness World Records comme la plus grande ferme durable au monde. (Fourni)
Une ferme de Wadi ben Hachbal, en Arabie saoudite, a récemment été reconnue par le Guinness World Records comme la plus grande ferme durable au monde. (Fourni)

L'Arabie saoudite a raison de donner la priorité à « la non-extraction excessive et à la sagesse en matière de gestion de l'environnement ».

« C'est pourquoi nous sommes très impressionnés par l'Initiative verte saoudienne », a-t-elle déclaré à Arab News.

Cette transition vers des sources d'énergie plus propres reflète une décision stratégique visant à améliorer l'efficacité énergétique du Royaume et à réduire sa dépendance à l'égard des combustibles fossiles, tout en relevant les défis posés par le changement climatique.

L'intégration des énergies renouvelables dans les processus de dessalement marque une étape importante vers une approche plus durable et plus respectueuse de l'environnement en matière de production d'eau.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


France–Émirats arabes unis : vers une co-construction stratégique des industries de demain

De gauche à droite : Louis Margueritte, CEO de Business France, et Axel Baroux, Directeur Proche & Moyen-Orient de Business France (photo fournie).
De gauche à droite : Louis Margueritte, CEO de Business France, et Axel Baroux, Directeur Proche & Moyen-Orient de Business France (photo fournie).
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  • Le partenariat France–Émirats s’oriente vers une logique de co-construction industrielle, portée par l’IA, l’énergie, les infrastructures et les technologies avancées
  • Business France veut « passer d’une logique d’opportunités à une logique de transformation », notamment via Vision Golfe 2026

DUBAÏ: La relation économique entre la France et les Émirats arabes unis entre dans une nouvelle phase, plus stratégique et tournée vers la co-construction des industries de demain. C’est le message porté par Louis Margueritte, CEO de Business France, à l’occasion de sa visite dans le pays.

Selon lui, plusieurs secteurs structurent désormais cette dynamique bilatérale. Il souligne en particulier que « les industries avancées et les partenariats industriels, portés notamment par les initiatives locales, offrent de fortes opportunités de coopération ». À cela s’ajoutent les énergies et la transition énergétique, incluant la décarbonation et les modèles circulaires, ainsi que les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle.

Les chaînes d’approvisionnement, la logistique et la résilience des infrastructures complètent ce socle stratégique, tandis que des secteurs comme la santé, les infrastructures, le tourisme et les services à forte valeur ajoutée continuent de soutenir la présence française aux Émirats.

La robustesse de la présence économique française repose sur un partenariat bilatéral structuré autour de la confiance et de la stabilité. Dans un environnement international incertain, les Émirats conservent une forte attractivité grâce à leur prévisibilité réglementaire, leur connectivité et leur capacité d’adaptation.

Pour Louis Margueritte, cette stabilité est un facteur clé de confiance : elle encourage les entreprises françaises à poursuivre et renforcer leurs investissements dans la région. Aujourd’hui, plus de 600 entreprises françaises sont implantées aux Émirats, couvrant des secteurs stratégiques comme l’énergie, la santé, les infrastructures, les technologies et les services.

Le dirigeant résume cette évolution en soulignant que « les Émirats ne sont plus seulement perçus comme un marché à fort potentiel, mais comme un véritable partenaire stratégique dans les grandes transformations économiques mondiales ».

Face aux mutations du commerce mondial, Business France adapte son action autour de trois priorités majeures : renforcer les partenariats d’investissement, accompagner les entreprises dans les secteurs liés aux grandes transitions économiques, et accélérer les connexions entre acteurs français et partenaires locaux.

L’objectif est de « passer d’une logique d’opportunités à une logique de transformation, avec des projets structurants, des partenariats durables et une création de valeur partagée sur le long terme ».

Dans cette approche, les économies du Golfe ne sont plus abordées de manière fragmentée, mais comme un écosystème interconnecté nécessitant une compréhension fine des dynamiques locales.

Le forum Vision Golfe 2026 s’inscrit pleinement dans cette stratégie. Organisé les 18 et 19 juin 2026 à Paris sous le haut patronage du Président Emmanuel Macron, l’événement vise à renforcer les liens économiques entre la France et les pays du Golfe.

Pour Louis Margueritte, la force du forum réside dans la qualité des interactions : « nous sélectionnons soigneusement les participants afin de garantir que décideurs publics, investisseurs, dirigeants et grands acteurs économiques puissent rencontrer les bons interlocuteurs, au bon niveau ».

Au-delà des conférences, Vision Golfe facilite des rendez-vous B2B et offre un environnement propice à la signature de contrats, au lancement de partenariats public-privé et au développement de collaborations industrielles concrètes.

Il insiste également sur la dimension expérientielle de l’événement : les échanges se poursuivent dans plusieurs lieux institutionnels emblématiques tels que Bercy, le Quai d’Orsay, le Sénat ou encore le Palais Galliera, favorisant des relations plus durables et stratégiques.

Les échanges commerciaux entre la France et les Émirats atteignent 10,8 milliards d’euros en 2025 (+27%), tandis que ceux avec l’ensemble du CCG s’élèvent à 24,9 milliards d’euros. Mais la relation ne se limite plus au commerce.

Elle évolue vers une coopération structurante fondée sur l’innovation, la durabilité et le capital humain. L’intelligence artificielle, la transition énergétique, la gestion de l’eau et la sécurité alimentaire deviennent des axes centraux, tout comme la formation et le développement des compétences.

Cette transformation traduit une ambition commune : construire des solutions partagées et renforcer une coopération de long terme.


Paris accueillera la Coupe du monde d'esport 2026

 L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
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  • C'est la première fois que l'événement se tient en dehors de l'Arabie saoudite
  • La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs

RIYAD: L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris, pour la première fois en dehors de Riyad.

Le tournoi se déroulera du 6 juillet au 23 août et devrait rassembler plus de 2 000 joueurs et 200 clubs de plus de 100 pays.

L'Esports Foundation a déclaré que cette décision reflétait une stratégie à long terme visant à étendre le tournoi à l'échelle internationale par le biais d'une rotation des villes hôtes, tout en maintenant Riyad comme lieu d'accueil de la compétition.

La décision d'organiser l'événement 2026 à Paris fait suite à ce que les organisateurs ont décrit comme un long processus d'évaluation et a été prise "à la lumière de la situation régionale actuelle".

Ralf Reichert, PDG de l'Esports Foundation, a déclaré : Riyad a contribué à faire de la Coupe du monde d'esport un phénomène mondial", ajoutant : "Riyad est la patrie de la Coupe du monde d'esport : "Riyad est le siège d'EWC et l'un des principaux centres mondiaux de l'esport.


Ralf Reichert (G), PDG de l'Esports Foundation, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron. (Fourni)
Les organisateurs ont déclaré que la capitale française avait été choisie en raison de son profil sportif mondial et du soutien local important qu'elle apporte aux sports électroniques et aux événements de jeu.

La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs.

L'édition de l'année dernière a généré plus de 350 millions d'heures de visionnage et a été diffusée sur 28 plateformes par 97 partenaires dans 35 langues, touchant des téléspectateurs dans 140 pays.

La compétition de 2026 comprendra 24 matchs répartis en 25 tournois, et les joueurs se disputeront une cagnotte de plus de 75 millions de dollars.

De plus amples informations sur le site de Paris devraient être annoncées dans les semaines à venir.


Financement du terrorisme: les pays n'ont pas d'autre choix que de collaborer, affirme la présidente du Gafi

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
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  • Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme
  • Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump

PARIS: Les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas collaborer entre eux pour lutter contre le financement du terrorisme, a déclaré mardi à l'AFP la présidente du Gafi, organisme international chargé de coordonner ce combat.

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris.

Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, notamment en évaluant les systèmes nationaux et en recommandant des mesures de contrôle.

Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie et la Chine.

"Nous devons coopérer. Nous devons échanger des informations. Prenez par exemple la France et les Jeux olympiques de 2024: plusieurs attaques terroristes ont été déjouées et stoppées grâce au renseignement financier. Nous savons donc que cela fonctionne et que cela peut dissuader les attaques. Nous n'avons pas le luxe d'arrêter", a-t-elle déclaré.

Lors de sa prise de parole au début de la réunion, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a réaffirmé que les Etats-Unis devaient être soutenus dans leur politique de sanctions contre l'Iran, un sujet qui n'est que marginalement lié à la lutte contre le financement du terrorisme, selon l'Elysée.

Lors de cette 5e conférence "No money for terror", qui réunit plusieurs dizaines de délégations, l'objectif est de "continuer à travailler pour être capable de faire face aux innovations, adapter les méthodes, les outils, partager les bonnes pratiques", selon la présidence française.

Les services de renseignement constatent un éclatement de la menace terroriste, notamment jihadiste, dans un environnement marqué d'une part par l'affaiblissement des deux grandes centrales, Al-Qaida et l'organisation de l'Etat islamique, au profit de leurs franchises territoriales, et d'autre part, par la montée en puissance de la menace intérieure, émanant de personnes isolées qui n'agissent pas nécessairement en lien avec des donneurs d'ordre en amont.

Les circuits de financement ont aussi évolué. "Le panorama que nous avons aujourd'hui est complètement différent de celui de 2018, lorsque cette conférence a commencé. À l'époque, tout était plus centralisé", rappelle Mme de Anda Madrazo.

"Aujourd'hui, nous avons de multiples cellules et une plus grande décentralisation. Mais les outils ont aussi changé. Nous avons désormais les actifs virtuels, la numérisation et une économie dont l'architecture est différente. Et la combinaison des mécanismes traditionnels et des nouvelles technologies constitue effectivement un défi".