Nouvelle-Calédonie: nouvelles violences après le transfert en métropole de figures indépendantistes

Les forces de police françaises participent à une opération visant à supprimer un barrage routier de fortune installé par des indépendantistes dans le quartier de la Vallée du Tir à Nouméa, sur le territoire français du Pacifique de Nouvelle-Calédonie, le 24 juin 2024 (Photo, AFP).
Les forces de police françaises participent à une opération visant à supprimer un barrage routier de fortune installé par des indépendantistes dans le quartier de la Vallée du Tir à Nouméa, sur le territoire français du Pacifique de Nouvelle-Calédonie, le 24 juin 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 24 juin 2024

Nouvelle-Calédonie: nouvelles violences après le transfert en métropole de figures indépendantistes

  • A Dumbéa, au nord de l'agglomération de Nouméa, les locaux de la police municipale et un garage ont été incendiés
  • Quatre véhicules blindés de la gendarmerie sont intervenus

 

NOUMÉA: Les violences ont repris dans la nuit de dimanche à lundi en Nouvelle-Calédonie après la mise en examen et l'incarcération en métropole de plusieurs militants indépendantistes, leur organisation exigeant leur "libération" et leur "retour immédiat".

"La nuit a été agitée et marquée par des troubles sur l'ensemble de la Grande-Terre (l'île principale, ndlr), sur l'île des Pins et Maré, nécessitant l'intervention de nombreux renforts", a rapporté le Haut-commissariat.

A Dumbéa, au nord de l'agglomération de Nouméa, les locaux de la police municipale et un garage ont été incendiés, a ajouté dans un communiqué le représentant de l'Etat dans le territoire français du Pacifique Sud.

Quatre véhicules blindés de la gendarmerie sont intervenus, a constaté un journaliste de l'AFP, tandis que des militants cagoulés en position derrière des barricades de fortune lançaient des projectiles vers les forces de l'ordre en les invectivant.

Un homme de 23 ans en état "de détresse respiratoire" est décédé dans la nuit après s'être rendu sur des barrages à Nouméa, a annoncé le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas.

Le parquet a ouvert une enquête, a ajouté le magistrat, précisant que la victime avait assuré à ses parents qu'il n'avait pas été "blessé par la police".

Un automobiliste "contraint de faire demi-tour en raison d'un barrage édifié par des militants indépendantistes", selon les pompiers, est par ailleurs décédé dimanche soir d'un choc frontal avec un autre véhicule à Païta, dans l'agglomération de Nouméa.

«Tactiques coloniales»

Ce regain de tension intervient après le transfert en métropole, dans la nuit de samedi à dimanche, de plusieurs figures indépendantistes calédoniennes dont Christian Tein, le porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT).

Les autorités accusent la CCAT d'avoir fomenté les émeutes survenues à partir du 13 mai après le vote d'un projet de loi constitutionnelle réformant le corps électoral pour le scrutin provincial prévu fin 2024.

Ce mouvement a réfuté cette mise en cause.

Le camp indépendantiste refuse cette réforme, qu'il accuse de réduire le poids politique des Kanak.

Ces violence, les plus graves survenues dans l'archipel depuis les années 1980, ont fait 9 morts et des dégâts matériels considérables (incendies, destructions, pillages...), selon le dernier bilan des autorités.

Lundi, la CCAT a exigé "la libération et le retour immédiat" de ses militants pour qu'ils soient "jugés sur leur terre" et dénoncé les "tactiques coloniales" de la France.

Interpellés lors d'un vaste coup de filet mercredi, ses onze militants ont été mis en examen notamment pour complicité de tentative de meurtre, vol en bande organisée avec arme, destruction en bande organisée du bien d'autrui par un moyen dangereux.

Neuf d'entre eux ont fait l'objet d'en placement en détention provisoire, Christian Tein devant par exemple être incarcéré à Mulhouse (Haut-Rhin).

Parmi ces neuf-là, deux ont sollicité un débat différé devant le juge, prévu mardi, dont Joël Tjibaou, l'un des fils du chef indépendantiste Jean-Marie Tjibaou assassiné en 1989.

Réactivation du pont aérien 

"L'éloignement de responsables indépendantistes kanak de la CCAT à plus de 17.000 km de chez eux dans le cadre de leur placement en détention provisoire porte une atteinte grave à leur droit à une vie privée et familiale", a dénoncé dans un communiqué la Ligue des droits de l'Homme (LDH).

Dans la nuit de dimanche à lundi, des affrontements ont aussi opposé forces de l'ordre et  indépendantistes à Bourail, à 200 km au nord de Nouméa, faisant un blessé, selon les autorités.

Le Haut-commissariat a également fait état "d'exactions, destructions et tentatives d'incendies (...) à plusieurs endroits sur Païta", dans l'agglomération de Nouméa.

Au total, 1.493 personnes ont été interpellées depuis le début des troubles, dont 38 lundi.

La route qui mène à l'aéroport était bloquée lundi en début d'après-midi en raison d'une opération de déblaiement par les forces de l'ordre, selon des journalistes de l'AFP.

Le pont aérien entre l'aérodrome de Magenta, situé dans le quartier du même nom à Nouméa, et l'aéroport international de La Tontouta, qui devait être levé totalement lundi, a été réactivé, a annoncé la chambre de commerce et d'industrie (CCI), gestionnaire de l'infrastructure.

Lundi matin, de nombreuses écoles étaient par ailleurs fermées en raison du regain de violences et la voie express menant à l'hôpital bloquée.

 


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.


Macron en déplacement mercredi sur le chantier du prochain porte-avions français

Le président français Emmanuel Macron (au centre) visite le porte-avions français Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée après des frappes de drones iraniennes sur Chypre, le 9 mars 2026, lors de son déplacement à Chypre pour discuter de la sécurité régionale. (Photo : AFP)
Le président français Emmanuel Macron (au centre) visite le porte-avions français Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée après des frappes de drones iraniennes sur Chypre, le 9 mars 2026, lors de son déplacement à Chypre pour discuter de la sécurité régionale. (Photo : AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron visitera mercredi le chantier Naval Group à Indre pour le futur porte-avions français, dont la mise en service est prévue en 2038, et dévoilera le nom du navire
  • Le futur porte-avions, à propulsion nucléaire, sera plus massif que le Charles de Gaulle (≈80.000 tonnes, 310 m, 2.000 marins, 30 avions de combat) et mobilisera plus de 800 entreprises, soutenant l’innovation et la recherche technologique en France

PARIS: Le président Emmanuel Macron se rendra mercredi à Indre, près de Nantes, sur le chantier Naval Group du prochain porte-avions français qui doit entrer en service en 2038, a annoncé vendredi l'Élysée.

Le chef de l'État avait donné le feu vert à la construction de ce nouveau porte-avions en décembre dernier, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement sera l'occasion de dévoiler le nom du navire, a précisé une source proche du dossier, confirmant une information du Figaro.

Comme l'actuel porte-avions Charles de Gaulle, le futur bâtiment sera à propulsion nucléaire. Mais il constituera une version bien plus massive, de près de 80.000 tonnes et environ 310 mètres de long, contre 42.000 tonnes et 261 mètres pour le Charles De Gaulle. Avec un équipage de 2.000 marins, il pourra embarquer 30 avions de combat.

Ce projet "assurera la permanence du groupe aéronaval français et garantira à la France la capacité d'agir et de se déployer sur l'ensemble des mers et des océans", fait valoir l'Elysée.

Actuellement déployé en Méditerranée orientale dans le cadre d'un important dispositif aéronaval pour faire face à la guerre au Moyen-Orient, le Charles de Gaulle est aussi un symbole de la puissance militaire française, comme doit l'être son successeur.

Le chantier, situé notamment sur le site de Nantes-Indret où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires, mobilise au total "plus de 800 entreprises sur tout le territoire, dont un grand nombre de PME", souligne encore l'Elysée qui y voit un programme contribuant "également à soutenir l'innovation et la recherche dans des domaines technologiques de pointe".