Les cordes sensibles de Sophye Soliveau, harpiste soul

Elle poursuit sa formation grâce au conservatoire public de Bourg-La-Reine - mais trop jeune pour le chant lyrique, elle jette son dévolu sur la harpe, instrument qui trônait au fond de l'appartement familial (Photo, X).
Elle poursuit sa formation grâce au conservatoire public de Bourg-La-Reine - mais trop jeune pour le chant lyrique, elle jette son dévolu sur la harpe, instrument qui trônait au fond de l'appartement familial (Photo, X).
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Publié le Mardi 25 juin 2024

Les cordes sensibles de Sophye Soliveau, harpiste soul

  • Sur scène, elle oscille entre des solos voix et harpe aux tonalités de soul music intimiste et nostalgique, et des improvisations jazzy
  • Il lui a fallu passer par un rejet du conservatoire, et même de la musique pour retrouver sa voie

 

LILLE: Sa harpe, incongrue à première vue entre basse et batterie, trouve sa place dès les premières notes: Sophye Soliveau, harpiste et chanteuse, fait partie des dix finalistes du prix musical Joséphine, alternative aux Victoires de la musique, grâce à son premier album, un "journal intime" où elle parle d'"amour".

La trentenaire rencontrée à Lille en juin, poursuit une tournée qui doit la mener à Rennes, Valence et Berlin en juillet avant de jouer au festival Jazz à la Villette le 4 septembre à Paris.

Sur scène, elle oscille entre des solos voix et harpe aux tonalités de soul music intimiste et nostalgique, et des improvisations jazzy, embarquant parfois la salle comme un choeur de gospel.

Née en 1989 à Clamart, d'origine guadeloupéenne, elle grandit en région parisienne, entre les cours du conservatoire où elle rentre en CM2 et la culture musicale familiale, nourrie du R'nB prisé par sa fratrie et des cantiques adventistes que chantait sa maman.

"On écoutait beaucoup de musique ensemble", mais "il n'y avait pas forcément d'endroits où je pouvais faire des croisements entre ce que j'apprenais au conservatoire et ce que j'apprenais chez moi", se souvient-elle.

Fascinée par la voix d'une chanteuse lyrique amatrice entendue au centre social, elle prend des cours de chants avec une professeure particulière.

Elle poursuit sa formation grâce au conservatoire public de Bourg-La-Reine - mais trop jeune pour le chant lyrique, elle jette son dévolu sur la harpe, instrument qui trônait au fond de l'appartement familial, mystérieusement cachée sous un drap.

Au conservatoire, elle découvre "une culture qui n'est pas vraiment la mienne". "J'ai bien senti que je n'étais pas à ma place", raconte la musicienne, se souvenant de réflexe "raciste" d'enseignants se tournant vers elle dès qu'étaient abordées des formes musicales associées à sa couleur de peau - gospel par exemple.

«Malaise»

Face au racisme, "on veut toujours inventer des excuses pour les gens, ce qu'ils font, ce qu'ils disent. Parce qu'on ne veut pas admettre qu'on est vraiment tombé dans ce monde-là, dans ce corps-là", explique Sophye Soliveau, se cachant derrière un éclat de rire sonore.

"Encore aujourd'hui, je suis dans le déni. (...) Mais il y a un malaise. Et ce malaise-là, il n'y a pas de mots dessus, du coup, ça met trop de temps à se défaire".

Il lui a fallu passer par un rejet du conservatoire, et même de la musique pour retrouver sa voie.

"Je n'avais plus de harpe. D'ailleurs, je n'ai jamais possédé de harpe, ce qui est un signe de quelque chose", souligne-t-elle. "J'ai arrêté pendant longtemps", puis "j'ai recommencé à chanter parce que c'est mon premier lien avec la musique".

Son premier album, humblement intitulé "Initiation", sorti en 2024 après une campagne de financement participatif, est écrit comme un "journal intime", composé la nuit sur une harpe louée à un voisin.

Pas de message politique au premier degré: "mon projet parle d'amour", dit-elle.

Elle revendique l'influence des légendes de la musique afro-américaine comme Tracy Chapman ou les pionnières du renouveau de la soul à la fin des années 90 Angie Stone et Erykah Badu, mais aussi du compositeur et pianiste français Francis Poulenc.

Au Lille Piano(s) Festival, elle a conquis le public avec "Leave", Partir, un morceau qui parle à la fois d'une rupture amoureuse et de la question qui se pose lorsqu'on est noir dans une France où l'extrême droite est en plein essor, une situation qui lui "serre le ventre".

Partir, "la question, c'est juste quand" et "où ? Où est-ce qu'on va aller. Où est-ce que je suis chez moi ?"


Les Golden Globes conquis par «Une bataille après l'autre»

"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée. (AFP)
"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée. (AFP)
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  • Le film a remporté les prix de la meilleure comédie, du meilleur scénario, du meilleur second rôle féminin pour Teyana Taylor et du meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson
  • "Vous êtes tellement généreux avec l’affection que vous me portez, à moi et à ce film. (...) J'adore ce que je fais. Donc c'est juste du plaisir", a remercié le cinéaste américain de 55 ans

BEVERLY HILLS: La fresque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, "Une bataille après l'autre", a triomphé aux Golden Globes dimanche, avec quatre récompenses qui ont confirmé son statut d'ultra-favori en vue des Oscars dans deux mois.

Le film a remporté les prix de la meilleure comédie, du meilleur scénario, du meilleur second rôle féminin pour Teyana Taylor et du meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson.

"Vous êtes tellement généreux avec l’affection que vous me portez, à moi et à ce film. (...) J'adore ce que je fais. Donc c'est juste du plaisir", a remercié le cinéaste américain de 55 ans.

Plébiscitée pour sa capacité à saisir les fractures contemporaines des Etats-Unis, sa tragicomédie met en scène la traque d'ex-révolutionnaires d'extrême gauche par un suprémaciste blanc.

"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée.

Tête d'affiche du film, Leonardo DiCaprio s'est en revanche incliné pour le prix du meilleur acteur dans une comédie face à Timothée Chalamet, remarquable en joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme".

"Merci infiniment du fond du cœur, je suis en lice avec de très grands noms. Cette catégorie est ultra relevée", a lâché l'acteur franco-américain de 30 ans.

"Hamnet" surprend "Sinners" 

Cette saison, "Sinners" passait pour le concurrent le plus sérieux d'"Une bataille après l'autre" pour l'Oscar du meilleur film.

Mais ce film d'époque audacieux de Ryan Coogler, qui raconte la blessure profonde des personnes noires dans le Sud ségrégationniste des années 30, sur fond de contes de vampires et de rythmes de blues, est reparti avec du plomb dans l'aile.

Il a été récompensé par le Globe de la meilleure performance au box-office et celui de la meilleure bande originale, mais a échoué à remporter le prix du meilleur film dramatique face à "Hamnet".

La tragédie explore de manière fictive le deuil d'Agnes et William Shakespeare après la mort de leur fils. L'actrice irlandaise Jessie Buckley, qui y interprète l'épouse du dramaturge britannique, a été sacrée meilleur actrice.

Côté comédies, c'est l'Australienne Rose Byrne qui a été élue meilleure actrice, grâce à son rôle de mère au bout du rouleau, épuisée par la maladie de sa fille et les embûches de la vie, dans "If I Had Legs I'd Kick You".

Succès international pour "L'Agent Secret" 

Le film brésilien "L'Agent Secret" a été l'autre grand vainqueur de la cérémonie, avec deux trophées.

Il a non seulement battu le représentant de la France aux Oscars, "Un simple accident", pour le prix du meilleur film international, mais a aussi permis à Wagner Moura d'être élu meilleur acteur dans un film dramatique.

Il y interprète un ex-universitaire traqué par des tueurs à gage sous la dictature brésilienne des années 70, pendant qu'il tente de renouer avec son fils.

Il s'agit d'"un film sur la mémoire, ou l'absence de mémoire, et sur les traumatismes générationnels", a souligné le comédien brésilien. "Je pense que si ce traumatisme peut se transmettre de génération en génération, les valeurs le peuvent aussi. Alors ceci s'adresse à ceux qui restent fidèles à leurs valeurs dans les moments difficiles."

Un discours à la tonalité politique qui s'est avéré en accord avec le reste de la soirée: plusieurs célébrités portaient des badges "Be Good", du nom de Renee Good, une Américaine tuée cette semaine à Minneapolis par un agent de la police de l'immigration.

La maîtresse de cérémonie Nikki Glaser s'est également moquée du "ministère de la Justice" américain, à qui elle a attribué "le Golden Globe du meilleur montage", pour la publication partielle du dossier Epstein, boulet politique du président Donald Trump.

Le palmarès a été complété par Stellan Skarsgard, élu meilleur second rôle masculin pour son incarnation d'un cinéaste en froid avec ses deux filles dans "Valeur sentimentale".

Le phénomène Netflix "KPop Demon Hunters" a lui remporté le Globe du meilleur film d'animation et celui de la meilleure chanson, pour un tube au titre prédestiné: "Golden".


Le festival de Taif célèbre les icônes littéraires de l'Arabie saoudite

Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région. (SPA)
Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région. (SPA)
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  • Il présente aux visiteurs les contributions des pionniers de la littérature par le biais d'un contenu visuel et narratif accessible
  • Organisé par la Commission de la littérature, de l'édition et de la traduction, le festival se déroule jusqu'au 15 janvier et présente 42 maisons d'édition renommées d'Arabie saoudite et d'outre-mer

TAIF : Une section spéciale mettant en lumière les principales figures littéraires saoudiennes fait partie du festival des écrivains et des lecteurs de Taif.

Cette section explore la vie d'écrivains, de poètes et d'auteurs éminents qui ont façonné le paysage créatif du Royaume, influençant la littérature, le journalisme, le théâtre et la pensée intellectuelle.

Il présente aux visiteurs les contributions des pionniers de la littérature par le biais d'un contenu visuel et narratif accessible, a rapporté dimanche l'agence de presse saoudienne.

Organisé par la Commission de la littérature, de l'édition et de la traduction, le festival se déroule jusqu'au 15 janvier et présente 42 maisons d'édition renommées d'Arabie saoudite et d'outre-mer, offrant aux visiteurs la possibilité d'explorer les dernières œuvres en matière de littérature, de philosophie et de connaissances générales.

Par ailleurs, la section des peintures murales interactives du festival invite les visiteurs à découvrir des panneaux d'art ouverts, leur permettant ainsi de contribuer aux caractéristiques et à l'identité de la ville.

Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région.

Conçues par un artiste plasticien, elles mêlent des éléments d'inspiration folklorique à une expression imaginative, créant une expérience de collaboration qui célèbre la beauté de la ville et rapproche l'art du public.


Qu’est-ce qui fait de la rose de Taïf un produit de parfumerie aussi précieux ?

La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
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  • La rose de Taïf est l’un des produits de parfumerie naturels les plus précieux du Royaume, reconnue pour son arôme exceptionnel et son lien étroit avec le patrimoine, l’agriculture et le tourisme de la région
  • Cultivée sur plus de 910 fermes, sa production repose sur une récolte manuelle très brève (45 jours), nécessitant environ 12 000 roses pour obtenir un seul tola d’huile

TAÏF : Réputées pour leur arôme exceptionnel et le soin minutieux exigé à chaque étape de leur culture, de leur récolte et de leur transformation, les roses de Taïf comptent parmi les produits naturels de parfumerie les plus précieux du Royaume. Elles constituent également des symboles agricoles et culturels majeurs, profondément liés au patrimoine et au tourisme de la région.

Les fermes de roses de Taïf — plus de 910 exploitations réparties entre Al-Hada, Al-Shafa, Wadi Muharram, Al-Wahat, Al-Wahit et Wadi Liya — abritent environ 1 144 000 rosiers, cultivés sur près de 270 hectares de terres agricoles.

Ces exploitations produisent près de 550 millions de roses chaque année, toutes récoltées sur une période très courte n’excédant pas 45 jours, de début mars à fin avril.

Cette récolte permet d’obtenir environ 20 000 tolas d’huile de rose de Taïf. La production d’un seul tola nécessite près de 12 000 roses, cueillies manuellement à l’aube puis distillées dans les 24 heures afin de préserver la pureté et la qualité du parfum avant sa mise sur le marché. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com