La colère monte face aux enquêtes de Harvard sur l'antisémitisme et l'islamophobie dans les campus

L'Université Harvard a annoncé la création de groupes de travail en janvier pour gérer sa réponse au conflit Israël-Hamas sur le campus. (Photo: AFP)
L'Université Harvard a annoncé la création de groupes de travail en janvier pour gérer sa réponse au conflit Israël-Hamas sur le campus. (Photo: AFP)
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Publié le Samedi 29 juin 2024

La colère monte face aux enquêtes de Harvard sur l'antisémitisme et l'islamophobie dans les campus

  • « Nos voix ont été ignorées », déclare une organisatrice étudiante palestinienne après le rejet des demandes de désinvestissement
  • Les groupes de travail décrivent la situation des étudiants pro-israéliens comme « désastreuse » et affirment que les étudiants pro-palestiniens font face à un « climat d'intolérance »

LONDRES : Des étudiants ont critiqué deux enquêtes de l'Université Harvard sur l'antisémitisme et l'islamophobie sur le campus, accusant les organes d'investigation de ne pas avoir écouté leurs préoccupations.

L'université, longtemps classée parmi les meilleures du monde, a mis en place deux groupes de travail plus tôt cette année pour enquêter sur les allégations d'antisémitisme et de parti pris anti-musulman, suite aux troubles sur le campus liés au conflit Israël-Hamas.

Dans des conclusions rendues publiques mercredi, chaque groupe a relevé un climat de discrimination et de harcèlement sur le campus, et a proposé des moyens de combattre ces problèmes.

Les rapports des groupes de travail ont décrit la situation des étudiants pro-israéliens comme « désastreuse » et ont également indiqué que les libertés des étudiants pro-palestiniens étaient réprimées.

Cependant, les groupes musulmans et juifs ont tous deux affirmé que les conclusions n'ont pas pleinement pris en compte les préoccupations exprimées par les étudiants au cours de l'enquête.

Celles-ci comprenaient des demandes pour que l'université mette fin à ses liens avec des entreprises profitant de la guerre d'Israël contre le Hamas à Gaza.

Un groupe de travail a été accusé de se concentrer sur un segment étroit de la communauté juive, ignorant les étudiants juifs anti-sionistes. 

L'enquête s'est concentrée "sur un seul type de Juif", a déclaré un étudiant.

« En assimilant être pro-israélien à être juif, le groupe de travail efface mon identité et met les Juifs en danger en transformant notre identité religieuse en hégémonie politique », a déclaré un étudiant.
Mahmoud Al-Thabata, un étudiant palestinien et organisateur du Comité de Solidarité avec la Palestine des étudiants de premier cycle de Harvard, a également critiqué le groupe de travail: «Dans toutes les ‘séances d'écoute’ auxquelles j'ai assisté, la plus grande préoccupation soulevée était la complicité de Harvard dans chaque massacre israélien contre les Palestiniens. 

Aucune de nos voix, cependant, n'a été écoutée, car le rapport n'a pas suggéré de désinvestissement du régime d'apartheid et génocidaire. »

L'enquête sur les allégations de parti pris anti-musulman et anti-arabe sur le campus a révélé que la liberté d'expression des étudiants palestiniens et pro-palestiniens avait été largement supprimée, les laissant dans "un état d'incertitude, d'abandon, de menace et d'isolement", et face à "un climat généralisé d'intolérance".

De nombreux étudiants croyaient que les mots « Palestine » et « Palestinien » étaient devenus tabous sur le campus.

Cependant, le groupe de travail sur l'antisémitisme a découvert que les étudiants juifs se sentaient ciblés pour leur position sur la question de Gaza et faisaient face à des « moqueries, une exclusion sociale et de l'hostilité ».

Bien que chaque groupe de travail ait rapporté des expériences différentes de la part des membres de la communauté, certains thèmes communs ont émergé, notamment la perception que l'université n'a pas respecté ses valeurs déclarées, spécifiquement celles qui célèbrent la diversité tout en respectant les différences.

Pour aborder ces problèmes, les groupes de travail ont recommandé des mesures incluant une formation anti-harcèlement pour les étudiants, la nomination d'un professeur invité en études palestiniennes et le recrutement de membres du corps professoral menant à la titularisation pour élargir le programme de l'école en matière d'études palestiniennes.

Les enquêtes ont également suggéré de clarifier les politiques concernant l'intimidation et les préjugés, et d'améliorer les options de nourriture casher et halal dans les réfectoires du campus.

L'Université Harvard a annoncé la création des groupes de travail en janvier au milieu de difficultés à gérer sa réponse au conflit Israël-Hamas sur le campus.

La semaine dernière, l'Université Stanford a publié les rapports de ses propres groupes de travail, qui ont révélé un antisémitisme omniprésent et une suppression des discours pro-palestiniens sur le campus.

La formation des groupes de travail a suivi la démission de la présidente de l'Université Harvard, Claudine Gay, qui a fait face à un contrecoup suite à son témoignage au Congrès sur l'antisémitisme, ainsi que des accusations de plagiat.

Plusieurs étudiants juifs ont intenté une action en justice contre Harvard plus tôt cette année, accusant l'université d'être devenue « un bastion de haine et de harcèlement anti-juifs endémique ».

Vers la fin de l'année universitaire, des étudiants et des militants pro-palestiniens ont installé des camps sur les campus universitaires à travers les États-Unis, y compris à Harvard, pour protester contre la guerre. La police a été appelée pour démanteler les sites sur certains campus.

Les manifestants à Harvard ont volontairement démonté leurs tentes le mois dernier après que les responsables de l'université ont accepté de se rencontrer pour discuter de leurs questions.

Cependant, les manifestants sont restés en désaccord avec l'université après l'annonce que 13 étudiants ayant participé à un camp de protestation ne pourraient pas recevoir leur diplôme en même temps que leurs camarades de classe.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.