Des députés de l'opposition demandent l'instauration de l'état d'urgence dans le sud du Liban

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Publié le Mardi 02 juillet 2024

Des députés de l'opposition demandent l'instauration de l'état d'urgence dans le sud du Liban

  • La FINUL mobilise des organisations pour soutenir les communautés restantes dans le sud du pays
  • Un représentant de la Ligue arabe déclare que le Hezbollah ne doit plus être considéré comme une organisation terroriste

BEYROUTH : Plusieurs députés indépendants, réformateurs et partis d'opposition ont exhorté lundi le gouvernement intérimaire du Liban à déclarer l'état d'urgence dans le sud du pays et à en confier le contrôle à l'armée.
Ils ont demandé au parlement d'adopter une "feuille de route pour désamorcer et épargner au Liban une guerre que les Libanais ne veulent pas et que les institutions officielles légitimes du Liban n'ont pas décidé de mener".

Le député Ashraf Rifi a appelé à une action immédiate pour mettre fin à toutes les "activités militaires non autorisées et à leurs appareils" dans le sud du Liban.

Lors d'une conférence de presse tenue par les députés, M. Rifi, s'exprimant au nom du groupe, a également déclaré que les forces armées libanaises devraient être déployées pour faire face à toute menace.

Les députés ont exhorté le gouvernement à intensifier les démarches diplomatiques pour revenir à l'accord d'armistice signé en 1949 et à appliquer intégralement la résolution 1701 de l'ONU.

Cet appel intervient alors que l'on craint une escalade militaire dans la région de la part d'Israël contre le Hezbollah.

M. Rifi a déclaré que la guerre en cours nous a coûté "la vie de centaines de Libanais, des milliers d'unités résidentielles détruites, en plus des dommages économiques et environnementaux causés par les attaques israéliennes quotidiennes".

Il a déclaré que lui et ses collègues députés "s'opposent fermement à la participation du Liban à une guerre avec laquelle il n'a aucun lien, et ils (représentent) la majorité des Libanais".

M. Rifi a souligné "la nécessité de séparer les voies libanaise et palestinienne concernant ce qui se passe à Gaza".

Il a ajouté : "Nous condamnons fermement les actions d'Israël à tous les niveaux, y compris les massacres systématiques, les déplacements de population et la colonisation.

"Nous voulons protéger notre pays et éviter qu'il ne soit entraîné dans une guerre plus vaste qui n'a d'autre but que de renforcer la position de l'Iran dans l'équation régionale, qui ne profite pas à la cause palestinienne et qui détruit le Liban.

"Nous n'accepterons pas que des groupes armés, locaux ou étrangers, opérant sur le territoire libanais, imposent la logique de l'unité des arènes, qui est rejetée par la majorité des Libanais, car elle entraîne l'hostilité de la communauté arabe et internationale à l'égard du Liban, la dernière en date étant Chypre et l'UE."

Il a également souligné "l'importance de l'application de la résolution 1701 de l'ONU dans tous ses aspects par toutes les parties, du soutien à l'armée libanaise et aux institutions de sécurité pour contrôler les frontières internationales au sud, à l'est et au nord, et de l'application des résolutions internationales 1559 et 1680, ainsi que d'autres traités internationaux et des dispositions de l'accord de Taëf qui s'y rapportent".

M. Rifi a exhorté les députés de l'opposition à "organiser un débat parlementaire sur la guerre en cours dans le sud et son escalade potentielle, et à approuver les points de l'initiative qu'ils ont présentée".

Cet appel a été lancé alors que la FINUL et diverses autres organisations se sont réunies à Shama pour discuter de la sécurité et du soutien aux communautés touchées par les combats dans le sud du Liban.

La FINUL a déclaré que les besoins des personnes déplacées "sont importants et nécessitent une approche globale".

Elle a ajouté que la réunion était fortement soutenue par le commandant du secteur ouest de la FINUL, le général de brigade Enrico Fontana, qui a souligné l'importance des "complémentarités entre les organisations humanitaires et la FINUL dans les efforts visant à soutenir à la fois les personnes déplacées et les communautés restantes dans le sud du Liban".

M. Fontana a parlé de l'amélioration des services essentiels tels que la gestion des déchets, l'eau, l'électricité et l'éducation.

Il a indiqué que la demande d'équipements de lutte contre les incendies, d'aide humanitaire, de services médicaux et de médicaments était en nette augmentation.

Cinq agences des Nations unies, le représentant du Forum humanitaire des organisations internationales non gouvernementales libanaises et 11 ONG internationales, dont le Mouvement social, Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés, Save the Children et American East Refugee Aid, ont participé à la réunion.

Trois organisations non gouvernementales nationales - la Fondation Imam Sadr, NUSANED, Najee et le Comité international de la Croix-Rouge - y ont également participé.

Par ailleurs, un haut responsable de la Ligue arabe a confirmé que l'organisation "ne classait plus le Hezbollah parmi les organisations terroristes".

Hossam Zaki, secrétaire général adjoint de la Ligue, a fait cette annonce dans une déclaration télévisée diffusée par la chaîne d'information Al-Qahira samedi soir.

M. Zaki, qui a rendu visite à des responsables libanais la semaine dernière, a déclaré que "les décisions antérieures de la Ligue arabe qualifiaient le Hezbollah d'organisation terroriste, ce qui a entraîné une rupture de la communication". Cependant, l'accord des États membres de ne pas utiliser ce langage a permis de communiquer avec le parti".

La Ligue arabe "n'a pas de listes officielles de terroristes et ses efforts ne consistent pas à classer des entités dans la catégorie des organisations terroristes", a déclaré M. Zaki.

En mars 2016, la Ligue arabe a qualifié le Hezbollah d'organisation terroriste et l'a "exhorté à cesser de promouvoir l'extrémisme et le sectarisme, de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays et de soutenir le terrorisme dans la région".

Cette décision a été accueillie avec réserve par les gouvernements libanais et irakien.

La visite de M. Zaki au Liban la semaine dernière, qui visait à contenir l'escalade dans le sud, comprenait une réunion avec le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammed Raad.

Lundi également, des avions israéliens ont violé l'espace aérien libanais au-dessus de Beyrouth et de sa banlieue, ainsi que du Mont-Liban.

Trois membres du Hezbollah ont également été tués lors d'une frappe israélienne visant une maison dans la ville frontalière de Houla.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.