Iran: second tour de la présidentielle opposant un réformiste à un ultraconservateur

Le candidat réformiste à la présidence iranienne Masoud Pezeshkian (C) salue ses partisans devant un bureau de vote à Téhéran le 5 juillet 2024. (AFP)
Le candidat réformiste à la présidence iranienne Masoud Pezeshkian (C) salue ses partisans devant un bureau de vote à Téhéran le 5 juillet 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 05 juillet 2024

Iran: second tour de la présidentielle opposant un réformiste à un ultraconservateur

  • Le scrutin est suivi avec attention à l'étranger alors que l'Iran, poids-lourd du Moyen-Orient, est au coeur de plusieurs crises géopolitiques.
  • "Les gens sont mécontents de nous", les responsables, a déclaré M. Pezeshkian. "Lorsque 60% de la population ne participe pas (à une élection), cela signifie qu'il y a un problème" avec le gouvernement, a-t-il argué.

TEHERAN : Les Iraniens votent vendredi pour le second tour de l'élection présidentielle, qui oppose le député réformateur Massoud Pezeshkian à un ancien négociateur nucléaire, l'ultraconservateur Saïd Jalili.

Le scrutin est suivi avec attention à l'étranger alors que l'Iran, poids-lourd du Moyen-Orient, est au coeur de plusieurs crises géopolitiques, de la guerre à Gaza au dossier nucléaire, dans lesquelles il s'oppose aux pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, son ennemi juré.

Quelque 61 millions d'Iraniens sont appelés aux urnes dans les 58.638 bureaux de vote du pays depuis 08H00 (04H30 GMT). Les opérations de vote ont été prolongées jusqu'à 20H00 (16H30 GMT). Les résultats sont attendus samedi.

Arrivé en tête au premier tour avec 42,4% des voix, M. Pezeshkian plaide pour un Iran plus ouvert à l'Occident. M. Jalili, qui a obtenu 38,6% des votes, est lui connu pour ses positions inflexibles face aux puissances occidentales.

M. Pezeshkian, 69 ans, a reçu le soutien des anciens présidents, le réformiste Mohammad Khatami et le modéré Hassan Rohani.

Son rival, 58 ans, a lui notamment l'appui de Mohammad-Bagher Ghalibaf, le président conservateur du Parlement, arrivé troisième avec 13,8% des voix au premier tour.

L'élection, organisée à la hâte pour remplacer le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi, tué dans un accident d'hélicoptère le 19 mai, se tient dans un contexte de mécontentement populaire face notamment à l'état de l'économie frappée par des sanctions internationales.

- "Visions différentes" -

La participation au premier tour il y a une semaine avait atteint 39,92% des 61 millions d'électeurs, son niveau le plus bas en 45 ans de République islamique.

Des figures de l'opposition en Iran, ainsi qu'au sein de la diaspora, ont appelé au boycott du scrutin, jugeant que les camps conservateur et réformateur représentent deux faces de la même médaille.

Mais pour l'ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, les électeurs ont bien un "choix" à faire, au vu des "visions totalement différentes" des candidats, affirme-t-il à l'AFP après avoir voté dans l'est de la capitale.

Dans un  bureau de vote de Téhéran, Hossein, 40 ans, confie avoir choisi M. Pezeshkian, car il "peut changer des choses".

Farzad, âgé de 52 ans - qui comme Hossein ne souhaite pas donner son nom de famille - a fait le même choix, pour "empêcher l'accès au pouvoir des radicaux" ultraconservateurs.

"Cela fait 45 ans que nous crions mort à l’Amérique, ça suffit, (...) On ne peut pas construire un mur autour du pays", martèle-t-il.

Melika Moghtadaie, vêtue d'un tchador noir, a elle opté pour M. Jalili. Cette étudiante de 19 ans compte sur lui pour "aider à améliorer l'économie du pays".

Dans un café du centre de la capitale, Elmira, une étudiante de 26 ans, s'est elle abstenue et espère être imitée par beaucoup pour "envoyer un message" au monde.

- Gens "mécontents" -

Lors de deux débats télévisés, les candidats ont abordé les difficultés économiques du pays, ses relations internationales, le faible taux de participation aux élections et les restrictions imposées à Internet par le gouvernement.

"Les gens sont mécontents de nous", les responsables, a déclaré M. Pezeshkian. "Lorsque 60% de la population ne participe pas (à une élection), cela signifie qu'il y a un problème" avec le gouvernement, a-t-il argué.

Le candidat réformiste, qui affirme sa loyauté à la République islamique, a appelé à des "relations constructives" avec Washington et les pays européens afin de "sortir l'Iran de son isolement".

Négociateur dans le dossier nucléaire entre 2007 et 2013, M. Jalili s'était fermement opposé à l'accord conclu finalement en 2015 entre l'Iran et des puissances mondiales, dont les Etats-Unis, qui imposait des restrictions à l'activité nucléaire iranienne en échange d'un allègement des sanctions.

Les négociations sur le nucléaire sont actuellement dans l'impasse après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 qui ont réimposé de sévères sanctions économiques à Téhéran.

Son adversaire appelle à régler la question persistante du port obligatoire du voile pour les femmes, l'une des causes du vaste mouvement de contestation ayant secoué le pays fin 2022 après le décès de Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict.

Quel que soit le résultat du vote, l'élection devrait avoir des répercussions limitées, le président n'ayant que des pouvoirs restreints: il est chargé d'appliquer, à la tête du gouvernement, les grandes lignes politiques fixées par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui est le chef de l'Etat.


Londres-Heathrow premier aéroport européen, Istanbul en embuscade

Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
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  • Heathrow reste le premier aéroport européen en passagers en 2025, devançant de justesse Istanbul-IGA, dans un contexte de fréquentation record des aéroports européens
  • La croissance du trafic aérien est tirée par l’international, tandis que le trafic intérieur et les grands marchés d’Europe du Nord restent pénalisés par la fiscalité et un ralentissement structurel

PARIS: Londres-Heathrow est resté le premier aéroport européen en passagers l'année dernière, résistant de justesse au dynamisme d'Istanbul, sur fond de record absolu de fréquentation des plateformes du Vieux continent, a annoncé jeudi leur principale association.

Heathrow, l'un des six grands aéroports desservant la capitale britannique, a vu transiter 84,48 millions de voyageurs en 2025, une hausse de 0,7% sur un an, soit seulement 40.000 passagers de plus que le "hub" d'Istanbul (IGA) inauguré fin 2018 et dont la croissance annuelle a atteint 5,5%, a précisé ACI Europe.

Eurocontrol, organisme de surveillance du trafic aérien paneuropéen, avait placé le 23 janvier Istanbul-IGA en tête des aéroports du continent en 2025, par nombre de mouvements d'avions. Mais Heathrow, limité en créneaux de décollages et atterrissages, a tendance à accueillir davantage de gros porteurs.

La Turquie s'affirme de plus en plus comme une puissance du secteur aérien, grâce à sa position géographique stratégique, entre Europe et Asie, mais aussi comme plateforme de correspondance entre la Russie sous sanctions occidentales et le reste du monde.

Le deuxième aéroport d'Istanbul, Sabiha Gökçen, a vu sa fréquentation bondir de 16,7% l'année dernière, atteignant 48,4 millions de voyageurs, a remarqué ACI Europe.

Après Heathrow et IGA, le "Top 5" des aéroports européens est complété par Paris-Charles-de-Gaulle (72 millions de voyageurs), Amsterdam-Schiphol (68,8) et Madrid (68,1), a détaillé dans un communiqué ACI Europe, qui fédère plus de 600 installations de 55 pays.

Sur ce périmètre, l'association a relevé une croissance de la fréquentation de 4,4% sur un an, pour atteindre un record absolu de 2,6 milliards de passagers aériens. Les niveaux d'avant Covid avaient été dépassés dès 2024.

Cette croissance a été "entièrement soutenue par le trafic international, qui a progressé de 5,6%" l'année dernière, contre seulement 0,2% pour le trafic intérieur, un point faible de la reprise, en particulier dans les grands pays d'Europe du Nord.

En 2025, les aéroports britanniques, français et allemands ont connu une croissance plus basse que la moyenne, "en particulier à cause de fiscalités punitives" sur le secteur aérien, a dénoncé ACI Europe. La fréquentation des lignes intérieures en Allemagne et en France est inférieure de 48% et 27%, respectivement, à 2019.

Pour 2026, ACI Europe a jugé que la croissance du volume de passagers aériens allait se "normaliser" dans la zone après un fort rebond post-Covid, l'estimant à 3,3%.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.