Législatives: le gouvernement redoute des "débordements", les forces de l'ordre mobilisées

Jean-Luc Mélenchon (C), fondateur du parti de gauche La France Insoumise (LFI), marche avec le candidat du Nouveau Front Populaire (NFP), une coalition de gauche pour les élections législatives, Adel Amara (2R), lors d'une rencontre avec des habitants dans le cadre d'une visite de campagne politique à Villiers-sur-Marne, le 5 juillet 2024. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon (C), fondateur du parti de gauche La France Insoumise (LFI), marche avec le candidat du Nouveau Front Populaire (NFP), une coalition de gauche pour les élections législatives, Adel Amara (2R), lors d'une rencontre avec des habitants dans le cadre d'une visite de campagne politique à Villiers-sur-Marne, le 5 juillet 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 05 juillet 2024

Législatives: le gouvernement redoute des "débordements", les forces de l'ordre mobilisées

  • Au cours de cette campagne accélérée, particulièrement tendue, "51 candidats, suppléants ou militants" ont été "agressés physiquement", a indiqué vendredi Gérald Darmanin.
  • Pour faire face à toute éventualité, le gouvernement a décidé de mobiliser dimanche soir 30.000 policiers et gendarmes dont 5.000 à Paris et en banlieue.

PARIS : Le climat de tension de la campagne législative, marquée dans l’entre-deux-tours par des agressions et violences envers des candidats ou militants, fait craindre au gouvernement "des débordements" dès dimanche soir, quel que soit le résultat des urnes.

Au cours de cette campagne accélérée, particulièrement tendue, "51 candidats, suppléants ou militants" ont été "agressés physiquement", a indiqué vendredi Gérald Darmanin, qui a dit "redouter des débordements dimanche", à l'issue du second tour.

Le ministre de l'Intérieur a ajouté que les forces de l'ordre avaient procédé à "plus d'une trentaine d'interpellations" en lien avec ces violences.

Parmi ces interpellés figurent "des gens spontanément énervés" ou des "militants politiques d'ultragauche ou d'ultradroite", a précisé le ministre, lui-même candidat à Tourcoing.

- "France à vif" -

Jeudi, commentant l'agression de la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot et de deux membres de son équipe à Meudon, lors d'un collage d'affiches, il avait jugé qu'"il se pass(ait) quelque chose qui confine à la libération de la violence".

Mais vendredi, aucun signe précis n'était détecté par les services de renseignement laissant présager une flambée de violence, à quelques semaines du début des Jeux olympiques dans la capitale (26 juillet - 11 août).

"Je ne lis pas dans les boules de cristal, mais les forces de l'ordre mobilisées sont placées dans une configuration telle qu'elles pourront faire face à toute situation", commentait vendredi auprès de l'AFP un haut responsable de la police.

Chacun a néanmoins en tête que tout peut arriver dans cette "France à vif", comme l'a décrite vendredi Gérald Darmanin.

L'épisode violent, il y a tout juste un an, des émeutes provoquées par la mort de Nahel à Nanterre, tué par un policier lors d'un contrôle, est resté dans les mémoires du gouvernement, tout comme la longue crise des "gilets jaunes" en 2018/2019 ou les manifestations contre la réforme des retraites début 2023.

Pour faire face à toute éventualité, le gouvernement a décidé de mobiliser dimanche soir 30.000 policiers et gendarmes dont 5.000 à Paris et en banlieue.

Un dispositif de maintien de l'ordre conséquent, dont le niveau dépendra de la situation, restera en place "jusqu'au 16 juillet au moins", avait ajouté jeudi auprès de l'AFP une source policière.

- Cortèges sauvages -

Les services de renseignement s’attendent, selon une source policière, à un "durcissement" dès dimanche soir de la part "des mouvances extrémistes quel que soit le résultat, qu'il s'agisse de se réjouir de la victoire d'un camp ou de dénoncer la victoire de l'autre camp".

Dans les quartiers dits sensibles, en cas de victoire du RN, ils estiment que les prises à partie des forces de l'ordre sont "très probables", avec "le risque que ces incidents tournent en violences urbaines dans certains secteurs".

Les services redoutent "des rassemblements spontanés dès dimanche soir, avec le risque de tensions entre groupes antagonistes".

A Paris, le préfet de police Laurent Nuñez a interdit une manifestation du collectif "action antifasciste Paris-Banlieue" prévue dimanche soir devant l'Assemblée nationale.

La France insoumise a prévu un rassemblement place de Stalingrad, dans le XXe arrondissement, pour la soirée électorale. A l'issue, des cortèges sauvages pourraient se former pour s'éparpiller dans la capitale, selon des sources policières.

Les services de renseignement anticipent, selon une source policière, des appels à rassemblements de ce type avec cortèges sauvages dans près d'une vingtaine de villes.

Parmi ces villes, où la vigilance des forces de l'ordre est particulièrement requise, figurent, outre Paris et sa banlieue, Rennes, Nantes, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Lille.

Dans un podcast, diffusé avant le premier tour, Emmanuel Macron avait jugé que "les programmes des "deux extrêmes" menaient "à la guerre civile", fustigeant le Rassemblement national, la France insoumise et "ceux qui la suivent".

De nombreuses forces de l'ordre restent par ailleurs mobilisées en Nouvelle-Calédonie où la situation reste explosive et un couvre-feu en vigueur jusqu'au 15 juillet.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.