Les transporteurs aériens au Moyen-Orient voient leur demande voyageurs augmenter de 9,7%, d'après l'IATA

La demande globale de voyageurs – évaluée en passagers-kilomètres transportés (PKT) – a connu une hausse de 10,7% en mai comparé à la même période l'an dernier, rapporte l'IATA. (Photo : Shutterstock)
La demande globale de voyageurs – évaluée en passagers-kilomètres transportés (PKT) – a connu une hausse de 10,7% en mai comparé à la même période l'an dernier, rapporte l'IATA. (Photo : Shutterstock)
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Publié le Samedi 06 juillet 2024

Les transporteurs aériens au Moyen-Orient voient leur demande voyageurs augmenter de 9,7%, d'après l'IATA

  • Dans son dernier rapport, l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) a révélé que la capacité totale des transporteurs de la zone a connu une progression de 9% sur un an en mai
  • Les pays du Moyen-Orient, dont l'Arabie saoudite, ont consolidé leur industrie aéronautique depuis quelques années dans le cadre de leur stratégie de diversification économique, visant à atténuer leur dépendance historique au pétrole

RIYAD: Les transporteurs aériens du Moyen-Orient ont enregistré une hausse annuelle de 9,7% de la demande voyageurs en mai, portée par un accroissement des voyages liés à l'Asie, d'après une organisation sectorielle.

Dans son dernier rapport, l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) a révélé que la capacité totale des transporteurs de la zone a connu une progression de 9% sur un an en mai.

En outre, la zone moyen-orientale a pris en charge 9,4% du trafic passager mondial en mai, une proportion stable comparée au mois antérieur.

Les pays du Moyen-Orient, dont l'Arabie saoudite, ont consolidé leur industrie aéronautique depuis quelques années dans le cadre de leur stratégie de diversification économique, visant à atténuer leur dépendance historique au pétrole.

La stratégie nationale de l’aviation saoudienne ambitionne de tripler le nombre de passagers par rapport à 2019, de traiter 4,5 millions de tonnes de fret, et d’instaurer plus de 250 destinations directes depuis les aéroports du Royaume vers des destinations mondiales.

En mai, un rapport publié par l'Autorité Générale de l'Aviation Civile saoudienne a dévoilé que le secteur a généré une valeur ajoutée de 21 milliards de dollars au produit intérieur brut du Royaume en 2023.

Le rapport de l'IATA souligne que l’axe Asie - Moyen-Orient « occupe la deuxième place, juste derrière l’Asie, en matière de volume de PKT (passagers-kilomètres transportés) », mettant en lumière la vigueur des échanges aériens entre ces deux zones.

Le rapport poursuit: « Ce corridor aérien a non seulement retrouvé ses niveaux de 2019, mais a aussi établi de nouveaux records jusqu’à présent en 2024, dépassant de 32% les chiffres comparables de 2019. Cela témoigne d’un net renforcement de la demande de liaisons aériennes entre ces deux zones. Cette croissance exceptionnelle s’explique notamment par les tensions géopolitiques et le conflit en Ukraine, qui incitent les voyageurs à privilégier un transit par le Moyen-Orient pour rejoindre l’Asie, perçu comme un itinéraire plus sûr. »

La guerre russo-ukrainienne a également été citée comme un facteur potentiel de la croissance soutenue de l'axe Europe-Moyen-Orient. Le rapport souligne que cet itinéraire a enregistré une hausse des PKT en avril-mai durant deux années de suite, inversant la tendance historique de baisse observée habituellement entre ces mois.

"Dans les mois à venir, il deviendra plus clair dans quelle mesure ces tendances pourraient être liées à la guerre russo-ukrainienne", a déclaré l'IATA.

En début de moi, un autre rapport publié par l'IATA a mis en lumière une progression de 15,3% sur un an de la demande de fret pour les transporteurs moyen-orientaux en mai. Cette hausse serait portée par l'essor du e-commerce et les difficultés rencontrées dans le transport maritime.

Le rapport a également ajouté que la capacité totale de fret des transporteurs de la région a augmenté de 2,7% en mai par rapport au même mois de l'année précédente.

L'IATA a en outre souligné que la région du Moyen-Orient a traité 13,5% du fret mondial total, un chiffre inchangé par rapport au mois précédent.

Perspectives mondiales de la demande passagers

Selon le rapport, la demande mondiale de passagers – mesurée en PKT – a augmenté de 10,7% en mai par rapport à la même période de l'année précédente.

Parallèlement, l’offre globale, évaluée en sièges-kilomètres offerts, a enregistré une hausse de 8,5% sur un an pour le mois de mai.

«Les transporteurs ont atteint un taux d'occupation de 83,4%, établissant ainsi un nouveau record mensuel. Les réservations effectuées en mai pour les départs en début de haute saison ont affiché une progression d'environ 6%. Cette dynamique de croissance ne semble pas fléchir», a souligné Willie Walsh, directeur général de l'IATA.

Il a poursuivi : « Les transporteurs aériens mettent tout en œuvre pour garantir des déplacements fluides à l’ensemble de leur clientèle durant la haute saison estivale de l'hémisphère nord.»

L'Asie-Pacifique domine le marché en termes de trafic voyageurs

D’après l'étude, les transporteurs de la zone Asie-Pacifique se sont imposés comme leaders du trafic passager mondial, enregistrant une hausse spectaculaire de 27% en mai comparé à la même période en 2023.

L'IATA a relevé que l'offre globale des transporteurs de la zone APAC a connu une progression de 26% sur un an, alors que le  coefficient d'occupation a atteint 81,6%.

En outre, les transporteurs d'Asie-Pacifique ont pris en charge 31,7% du trafic passager mondial en mai. L'Europe et l'Amérique du Nord ont suivi, gérant respectivement 27,1% et 24,2% de ce flux.

Les compagnies aériennes de la région d'Amérique latine ont connu une croissance de la demande passagers de 15,9% en mai par rapport au même mois de l'année précédente. De plus, la capacité totale de ces transporteurs a également augmenté de 9,7%.

De même, le coefficient d'occupation des compagnies aériennes en Amérique latine a atteint 85,1% en mai, le plus élevé de toutes les régions.

D'autre part, les compagnies aériennes africaines ont connu une augmentation de 14,1% de la demande en glissement annuel, tandis que la capacité totale de ces transporteurs a augmenté de 8,2% au cours de la même période.

Le coefficient d'occupation des compagnies aériennes africaines a également augmenté à 72,3% en mai, représentant une hausse annuelle de 3,7 points de pourcentage.


L'Afrique a enregistré la progression la plus marquée du coefficient d’occupation parmi toutes les zones, mais demeure néanmoins la région affichant le plus faible taux d'occupation global.

De même, les compagnies aériennes européennes ont connu une croissance de la demande passagers de 11,7% en glissement annuel en mai.

De plus, la capacité totale de ces transporteurs a augmenté de 11,3% en mai par rapport à la même période de l'année précédente, tandis que leur coefficient d'occupation a légèrement augmenté de 0,03 point de pourcentage à 84,7%.

Cependant, la croissance de la demande passagers parmi les transporteurs nord-américains s'est établie à 8,7%, la plus faible de toutes les régions.

Bien que la capacité des compagnies aériennes en Amérique du Nord ait augmenté de 7,7% en glissement annuel en mai, le coefficient d'occupation a diminué de 1,2 point de pourcentage à 84% au cours de la même période.

D'autre part, l'IATA a révélé que le trafic intérieur mondial a augmenté de 4,7% en mai par rapport au même mois en 2023, tandis que le coefficient d'occupation a augmenté de 3,8 points de pourcentage à 84,5%.

L'IATA a également noté qu'elle est optimiste quant à la croissance future de la demande passagers mondiale.

« Dans l'ensemble, l'augmentation des réservations de voyages effectuées en mai et dans la première moitié de juin pour des voyages au cours de la seconde moitié de juin et de tout le mois de juillet suggère que le trafic aérien et la demande dans les segments nationaux et internationaux devraient maintenir une tendance positive », a déclaré l'organisme professionnel.

Croissance saoudienne

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Riyadh Air doit prendre son envol en 2025. (Archive)

La consolidation du secteur aérien saoudien constitue un axe majeur de la stratégie Vision 2030, visant à diversifier l'économie du Royaume. En mai, les autorités ont présenté un nouveau plan directeur destiné à dynamiser le segment des déplacements professionnels.

Le secteur de l'aviation saoudien a contribué à hauteur de 21 milliards de dollars au produit intérieur brut du Royaume en 2023, tout en générant 32,2 milliards de dollars supplémentaires en recettes touristiques.

S'exprimant lors du Forum sur l'aviation du futur à Riyad en mai, Abdulaziz Al-Duailej, président de l'Autorité générale de l'aviation civile, a déclaré que le secteur de l'aviation saoudien a vu son nombre de passagers atteindre un record de 112 millions en 2023, contre 88 millions en 2022, marquant une augmentation de 27% en glissement annuel.

Dans le cadre du plan visant à stimuler davantage le secteur, le Royaume s'apprête à voir sa nouvelle compagnie aérienne – Riyadh Air, soutenue par le Fonds public d'investissement public – prendre son envol en 2025, avec l'objectif de desservir 100 pays d'ici 2030.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Marchés en Asie: forte volatilité après des informations sur un revirement de Trump

Un homme passe devant un panneau électronique affichant les chiffres de l’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo, le long d’une rue à Tokyo, le 31 mars 2026. (AFP)
Un homme passe devant un panneau électronique affichant les chiffres de l’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo, le long d’une rue à Tokyo, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Les marchés asiatiques chutent et restent très volatils, influencés par les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et aux signaux contradictoires de Donald Trump sur une possible fin de l’intervention en Iran
  • Le pétrole fluctue avant de reculer légèrement, tandis que le yen se renforce et que les valeurs technologiques asiatiques reculent fortement, affectées par les tensions géopolitiques et les évolutions dans l’IA

TOKYO: Les Bourses asiatiques et les cours du pétrole sont marqués mardi par une forte volatilité, valsant au rythme des nouveaux éléments sur le conflit au Moyen-Orient, dont des informations de presse selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l'intervention militaire en Iran.

- Hésitation sur les marchés -

Après de violentes oscillations, l'indice Nikkei de Tokyo a terminé en baisse de 1,58% à 51.063,72 points. A Séoul, le Kospi a chuté de 4,3%, et Taipei a perdu 2,5%.

A Hong Kong, l'indice Hang Seng perdait 0,5% vers 06H30 GMT.

Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre la campagne militaire que mènent les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au delà de son calendrier de quatre à six semaines".

D'après le quotidien, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

En cas d'échec de cette stratégie, M. Trump prévoierait de solliciter ses alliés en Europe et dans le Golfe pour forcer la réouverture du détroit, ont indiqué des responsables américains au WSJ.

- Apaisement du pétrole -

Les cours du pétrole, qui avaient grimpé mardi matin après l'attaque par l'Iran d'un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, repartaient à la baisse.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,26% à 107,11 dollars vers 06H20 GMT, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, lâchait 0,3% à 102,57 dollars.

Le WTI avait clôturé lundi au-dessus des 100 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre.

"Ce changement de scénario est une dose d'adrénaline pour l'humeur du marché", même s'il est trop tôt pour que le marché base ses orientations sur cette hypothèse, souligne Anna Wu de VanEck Associates Corp, citée par l'agence Bloomberg.

Donald Trump avait soufflé le chaud et le froid lundi en menaçant Téhéran d'"anéantir" ses infrastructures pétrolières, tout en faisant état de "discussions sérieuses" avec des interlocuteurs iraniens.

Ses propos avaient été accueillis avec prudence par les investisseurs, se demandant "dans quelle mesure on peut accorder du crédit à ces déclarations, d'où un certain scepticisme sur les marchés", a commenté l'analyste de Monex Keita Yamaguchi.

- Le yen scruté de près -

La devise japonaise se renforçait à 159,66 yens pour un dollar vers 06H20 GMT après de nouveaux propos de la ministre nipponne des Finances, Satsuki Katayama, qui a évoqué mardi une possible "action audacieuse", menace à peine voilée d'une intervention pour soutenir le yen.

Le dollar a nettement progressé la veille, porté par son statut de valeur refuge face aux craintes d'escalade du conflit au Moyen-Orient, effectuant pour la première fois depuis juillet 2024 une percée au-delà des 160 yens.

La dernière intervention du Japon pour soutenir sa devise nationale remonte précisément à cette période, lorsque le yen évoluait à des niveaux similairement bas.

- La tech en berne -

Les valeurs technologiques en Asie ont été particulièrement à la peine après la débâcle de leurs cousines américaines lundi, les acteurs du secteur des puces mémoires ayant encore subi les effets de la présentation par Google d'un algorithme réduisant sensiblement les besoins en mémoire des grands modèles d'intelligence artificielle (IA).

Le nippon Tokyo Electron a lâché 4,1% et Kioxia chutait de 4,7%, tandis qu'à Séoul Samsung Electronics a reculé de 5,3%.


La guerre au Moyen-Orient, nouvel obstacle pour la «réindustrialisation» française

Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970
  • Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024

PARIS: La guerre au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l'énergie sont un écueil de plus pour la volonté française de se réindustrialiser, handicapant un secteur d'activité déjà soumis à une forte pression concurrentielle internationale.

Le salon Global Industrie, présidé par le patron de la banque publique d'investissement Bpifrance Nicolas Dufourcq, rassemble de lundi à jeudi 60.000 industriels de plus de 50 filières au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis.

Y sont annoncés plusieurs ministres, notamment Roland Lescure (Economie), Maud Bregeon (Energie), Serge Papin (PME et Commerce), Jean-Pierre Farandou (Travail) ou Sébastien Martin (Industrie), ou le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné.

L'ambition affichée du salon est d'être "durant quatre jours le coeur battant de l'industrie française", qui pèse environ 322.000 entreprises employant 3,3 millions de salariés et représente plus de 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C'est un coeur qui bat la chamade: déjà pénalisée par une énergie plus chère que chez ses concurrents asiatiques ou nord-américains, l'industrie européenne a vu avec inquiétude la crise au Moyen-Orient faire remonter le prix du pétrole, du gaz, et de l'électricité européenne.

Difficulté de plus 

"Le prix du gaz s'est accru de 30 euros le MW/h à 55 aujourd'hui", témoignait jeudi Axel Eggert, le directeur général d'Eurofer qui défend les intérêts des sidérurgistes européens.

"Et plus la crise (au Moyen-Orient) durera, plus les impacts se feront sentir, y compris pour nos clients en aval", notamment les fabricants de voiture et les spécialistes de la construction, gros consommateurs d'acier.

La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970.

Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024.

"La réindustrialisation est consensuelle politiquement" et dans l'opinion, explique à l'AFP le spécialiste du secteur Olivier Lluansi, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

"Il y a une attente très forte" après des décennies de détricotage du tissu industriel, poursuit-il. La désindustrialisation a "paupérisé des territoires" et créé "une vraie fracture territoriale" en les excluant "du récit économique de la nation", davantage tournée vers les services.

Mais reconstruire ce qui a été détruit n'est pas tâche aisée.

"Même si des solutions existent", un "questionnement monte sur la capacité du pays à y arriver", dit encore M. Lluansi. "Pourtant, nous n'avons pas d'autre choix si nous voulons rester souverains".

Concurrence asiatique 

Nicolas Dufourcq expliquait début mars que de "plus en plus d'efforts" sont nécessaires pour mener le combat de la réindustrialisation, et que sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe et en France.

En outre, des représentants du patronat français ont mis en garde lundi dans Les Echos, contre "l'incertitude juridique" comme frein potentiel à la réindustrialisation, après une décision du Conseil d'Etat en décembre, interdisant l'exploitation des gaz de couche dans le sous-sol lorrain en raison de risques pour l'environnement.

Les situations sont différentes en fonction des secteurs, et ce sont surtout la chimie, la mécanique ou les sous-traitants automobiles qui souffrent. L'aéronautique ou la défense, a contrario, se portent plutôt bien.

Mais au-delà des prix de l'énergie, l'industrie européenne fait face à une concurrence de plus en plus perceptible de la Chine, capable de rivaliser voire de dépasser le savoir-faire industriel européen dans certains secteurs, disait fin 2025 Anaïs Voy-Gillis, chercheuse associée à l'IAE de Poitiers.

Les industriels chinois bénéficient de plusieurs avantages comparatifs, expliquait en février le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP). "Coûts de production durablement plus faibles", chaînes de valeur "toujours plus intégrées", "moindres contrôles réglementaires", "sous-évaluation persistante du taux de change".

En face, "il faut s'assurer que l'industrie européenne soit performante", disait Mme Voy-Gillis.

Début mars, M. Dufourcq se montrait optimiste, estimant que la "mobilisation générale de tous les acteurs" français permettait de "limiter les dégâts" et que, pour l'instant, "le loup n'arrive pas à rattraper les petits cochons de l'industrie française".


Les guerres au Moyen-Orient n’affectent pas les investissements saoudiens, selon le PIF

Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
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  • Yasir Al-Rumayyan : la position microéconomique du Royaume est « forte, stable et résiliente »
  • Le pays est « très bien positionné » pour tirer parti de l’IA, déclare-t-il lors du sommet du FII

MIAMI : Le président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public (PIF) du Royaume a assuré, lors du sommet Priorité de la Future Investment Initiative (FII), que les guerres actuelles au Moyen-Orient n’ont pas affecté la vision du pays en matière de croissance et d’engagement.

« La position microéconomique et structurelle de l’Arabie saoudite reste forte, stable et résiliente, et le portefeuille du PIF est bien diversifié et structurellement robuste », a déclaré Yasir Al-Rumayyan devant un public de près de 2 000 personnes.

« Nous sommes des investisseurs de long terme, patients. Nous mesurons nos rendements non pas en trimestres mais en décennies. Et le PIF reste engagé dans ses investissements à travers le monde. »

Al-Rumayyan a indiqué que le PIF avait été créé en 1971 pour renforcer la « construction nationale » de l’Arabie saoudite et soutenir son économie.

Cette croissance se poursuit aujourd’hui, avec l’annonce d’une nouvelle stratégie quinquennale prévue dans les prochaines semaines, a-t-il ajouté.

« Nous avons posé les bases de nombreux investissements. Dans la stratégie précédente, nous voulions réaliser la plupart des investissements nous-mêmes, en fonds propres », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, nous cherchons davantage à inviter des partenaires à travailler avec nous. Et je ne parle pas uniquement d’investisseurs locaux, mais aussi d’investisseurs internationaux. »

Le PIF a déjà vu de grands gestionnaires d’actifs, tels que BlackRock et Franklin Templeton, créer de nouveaux fonds et investir dans l’économie saoudienne.

« Notre objectif principal était de faire connaître l’Arabie saoudite au monde, de permettre aux investisseurs internationaux de comprendre ce qu’est le PIF et à quoi ressemblent les opportunités d’investissement dans le Royaume. Aujourd’hui, nous voulons attirer le monde entier à investir en Arabie saoudite », a-t-il déclaré, ajoutant que la stratégie a été très efficace.

« Au cours des dix dernières années, nous avons construit les bases nécessaires — un environnement et des écosystèmes adaptés — pour attirer les investisseurs.

« Les investissements peuvent prendre différentes formes. Il ne s’agit pas nécessairement uniquement de coentreprises (JV) ou d’investissements directs dans nos entreprises, mais aussi de venir travailler avec nous et sur les projets dans lesquels nous sommes déjà engagés. »

Al-Rumayyan a indiqué que les investissements s’étendent désormais du développement urbain et immobilier à la création de centres de données, aux secteurs pharmaceutiques et aux énergies renouvelables.

Il a ajouté que le PIF met en œuvre une nouvelle stratégie de croissance visant à attirer de nouveaux investisseurs, citant en exemple les « développements remarquables » de Red Sea Global, qui se décrit comme « un promoteur immobilier verticalement intégré disposant d’un portefeuille diversifié couvrant le tourisme, le résidentiel, les expériences, les infrastructures, les transports, la santé et les services ».

Selon lui, l’Arabie saoudite est « très bien positionnée » pour tirer parti de l’intelligence artificielle.

« L’IA n’est pas une course… Nous devons y réfléchir et poser les bonnes bases », a-t-il ajouté. « Nous avons un accès facilité aux approvisionnements… Nous disposons de l’énergie nécessaire pour la déployer, ce qui est essentiel pour alimenter tous ces centres de données. De plus, nous avons l’écosystème adéquat, les bonnes réglementations et un cadre favorable de la part du gouvernement pour les utilisateurs de l’IA. »

L’IA n’est pas le « produit final », a déclaré Al-Rumayyan. « Le résultat final, c’est ce que font nos entreprises : comment elles peuvent réduire leurs coûts, gagner en efficacité et tenir leurs engagements plus rapidement que prévu. C’est ainsi que nous souhaitons utiliser l’IA comme un outil majeur. »

Il a ajouté : « Nous avons invité la plupart de nos partenaires américains — Microsoft, Google, Oracle — à venir travailler avec nous, et ils l’ont fait.

Et je pense que les progrès de l’Arabie saoudite comptent parmi les meilleurs, y compris à l’échelle mondiale, en matière d’utilisation de l’IA. »

Saudi Aramco a utilisé l’IA pour réduire les coûts de forage d’environ 20 % et améliorer la livraison de ses produits finaux d’environ 30 %, a-t-il indiqué.

Al-Rumayyan a qualifié les sommets du FII de « meilleures plateformes pour permettre un véritable réseautage ».

Les investissements du PIF aux États-Unis sont crédités d’avoir stimulé la croissance des entreprises américaines, créé des opportunités et des emplois, et contribué à hauteur de 205 milliards de dollars au produit intérieur brut.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com