Liban: Hitti, démissionnaire, souhaite au gouvernement de revoir ses "politiques et pratiques"

Le ministre libanais des Affaires étrangères Nassif Hitti a présenté ce matin sa démission au Premier ministre libanais Hassan Diab. (Photo AFP).
Le ministre libanais des Affaires étrangères Nassif Hitti a présenté ce matin sa démission au Premier ministre libanais Hassan Diab. (Photo AFP).
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Publié le Lundi 03 août 2020

Liban: Hitti, démissionnaire, souhaite au gouvernement de revoir ses "politiques et pratiques"

  • Des rumeurs concernant la démission de Nassif Hitti, circulaient déjà au Liban dimanche en soirée
  • Six heures après la démission du chef de la diplomatie, l'ambassadeur Charbel Wehbé a été désigné comme son successeur

ATHENES: Le ministre libanais des Affaires étrangères Nassif Hitti a présenté ce matin sa démission au Premier ministre libanais Hassan Diab, selon des informations rapportées par les médias libanais et internationaux. Des rumeurs concernant la démission de  Nassif Hitti, circulaient déjà au Liban dimanche en soirée, justifiées selon l’entourage du ministre par l’immobilisme des institutions quant à la crise qui secoue le Liban.

Cité par la chaine satellitaire saoudienne Al-Arabiya, M. Hitti a justifié sa décision par le fait qu’il n’existe pas, au sein du gouvernement, «de véritable volonté d’opérer les réformes » nécessaires selon lui, pour sortir son pays de la crise. Et d'ajouter dans son communiqué: «Si l’intérêt du peuple ne fait pas l’unanimité au sein de la classe dirigeante, le bateau coulera avec tout le monde à son bord ».

Six heures après la démission du chef de la diplomatie, l'ambassadeur Charbel Wehbé a été désigné comme son successeur.

M. Hitti jette l'éponge sur fond de désaccords avec le gouvernement, dans un pays en plein effondrement économique et incapable d'enclencher les réformes attendues par la communauté internationale.

"Pour construire un Etat, il faut des esprits créatifs, une vision claire, des intentions sincères, une culture d'institutions et d'Etat de droit"

Nassif Hitti

Le Liban connaît en effet depuis plusieurs mois une dépréciation inédite de sa monnaie, une flambée des prix, des licenciements à grande échelle et des restrictions bancaires sur les retraits et les virements à l'étranger.

"J'ai décidé de démissionner de mes fonctions de ministre des Affaires étrangères, en souhaitant le succès au gouvernement et aux responsables de la gestion de l'Etat, mais en leur souhaitant aussi de reconsidérer plusieurs de leurs politiques et pratiques", a indiqué M. Hitti dans son communiqué.

Il a également déploré "l'absence d'une réelle volonté pour entreprendre une réforme structurelle et totale qui est nécessaire et qui est réclamée par notre société et par la communauté internationale".

"Pour construire un Etat, il faut des esprits créatifs, une vision claire, des intentions sincères, une culture d'institutions et d'Etat de droit", a-t-il relevé. Il a ajouté: « Après réflexion et dans l’impossibilité d’exercer mes responsabilités durant ces circonstances historiques et exceptionnelles et en l'absence de vision pour un Liban libre et indépendant et d’une volonté de réforme globale, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions »

Cette démission intervient plus d'une semaine après la visite au Liban du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, qui n'avait pas mâché ses mots en évoquant "le côté passif" des autorités et qui avait réclamé des réformes attendues "depuis trop longtemps".

Nassif Hitti s'est rendu lundi matin au grand sérail, le siège du Premier ministre, pour remettre sa démission au chef du gouvernement Hassan Diab.

Ce gouvernement a été formé fin janvier, plusieurs mois après la démission de Saad Hariri et de son équipe.

M. Hariri a démissionné sous la pression d'un soulèvement populaire inédit déclenché en octobre 2019, dénonçant l'intégralité d'une classe politique accusée de corruption et d'incompétence, quasi inchangée depuis des décennies.

Le gouvernement a adopté fin avril un plan de sauvetage économique visant à relancer la croissance et à assainir les finances publiques mais les réformes, notamment dans le domaine de l'électricité, peinent à se concrétiser.

Les autorités ont initié mi-mai des négociations avec le Fonds monétaire international mais le processus reste au point mort.

Près de la moitié des habitants vivent dans la pauvreté et 35% de la population active est au chômage, selon des statistiques officielles.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.