Les banques françaises bousculées par la nouvelle donne politique

Cette photographie montre l'indicateur du cours des actions d'Euronext dans le bâtiment d'Euronext à La Défense, dans la banlieue de Paris, le 10 mai 2024 (AFP)
Cette photographie montre l'indicateur du cours des actions d'Euronext dans le bâtiment d'Euronext à La Défense, dans la banlieue de Paris, le 10 mai 2024 (AFP)
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Publié le Mardi 09 juillet 2024

Les banques françaises bousculées par la nouvelle donne politique

  • En deux jours, l'action BNP Paribas a perdu 4,07%, Société Générale, 3,46%, et Crédit Agricole SA, 1,76%.
  • L'incertitude ambiante n'est pas de nature à relancer le marché du crédit immobilier, au point mort depuis plusieurs mois, et pèse sur le moral des chefs d'entreprises.

PARIS : Les trois banques françaises cotées, BNP Paribas, Société Générale et, dans une moindre mesure, Crédit Agricole SA, subissent à nouveau depuis lundi la défiance des investisseurs, effrayés par l'incertitude politique et la percée du Nouveau Front populaire aux législatives.

En deux jours, l'action BNP Paribas a perdu 4,07%, Société Générale, 3,46%, et Crédit Agricole SA, 1,76%.

"L'environnement opérationnel des banques françaises pourrait être mis sous pression si l'incertitude politique persiste au-delà des élections législatives", prédisait la semaine dernière dans une note l'agence Fitch.

C'est bien le cas cette semaine, le second tour des élections législatives convoquées après la dissolution de l'Assemblée nationale ne débouchant sur aucune majorité absolue.

Autre épine dans le pied des banquiers, à même de refroidir les investisseurs: le revirement des résultats entre le premier et le second tour, à l'avantage du Nouveau Front populaire (NFP), devant le camp présidentiel et le Rassemblement national (RN).

Un directeur d'une grande banque française jugeait par exemple en juin auprès de l'AFP le programme du NFP "plus grave" économiquement que celui du RN, quand le patron d'un grand gestionnaire d'actifs le qualifiait d'"irresponsable".

Les banques cotées ont déjà mal vécu le mois de juin: Société Générale a perdu près de 20% de sa valeur en Bourse, BNP Paribas, 12% et Crédit Agricole SA, près de 15%. C'est le pire mois depuis mars 2023 pour les deux premières et depuis juin 2022 pour la troisième.

- Activité ralentie -

Dans leur activité, les banques subissent aussi depuis plusieurs semaines l'attentisme des agents économiques.

La banque en ligne N26 fait ainsi état d'un "encéphalogramme plat" les week-end qui ont suivi la dissolution, avec significativement moins de transactions chez ses clients français.

L'incertitude ambiante n'est pas de nature à relancer le marché du crédit immobilier, au point mort depuis plusieurs mois, et pèse sur le moral des chefs d'entreprises.

Le Medef a brandi lundi la menace d'une "crise économique profonde et durable" en cas d'application de plusieurs mesures du Nouveau Front populaire, de quoi affecter la santé économique des entreprises et de leurs créanciers.

Les banques ont aussi à perdre du côté des allocations de leurs clients en matière d'épargne.

Une nouvelle donne en matière de fiscalité, notamment pour les plus riches, est à même de bouleverser leurs choix de placements, plus à l'avantage d'acteurs étrangers que domestiques.

PARIS : Pour le reste de la clientèle, la députée écologiste Sandrine Rousseau estimait par exemple vendredi dernier sur le plateau de RMC qu'il fallait "augmenter la rémunération du Livret A", un coût supplémentaire pour les acteurs bancaires.

- Cible de choix -

Dans son programme, le NFP, alliance entre autres du PS, de LFI et des Écologistes, arrivé en tête dimanche soir, mais sans majorité, cible directement les banques.

Il annonce vouloir "réglementer la banque et la finance" à plusieurs niveaux: augmentation des réserves, interdiction du financement des énergies fossiles et taxation renforcée des transactions financières. Autant de coins dans l'activité et le potentiel de développement des banques, notamment les non mutualistes.

Il souhaite également s'appuyer sur un pôle public bancaire, aujourd'hui incarné par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la Banque postale (LBP) et Bpifrance, pour accorder des financements à taux préférentiels aux PME et TPE.

Cette mesure est synonyme de concurrence accrue sur ce marché pour les banques installées.

La gauche a aussi écrit dans son programme vouloir "plafonner les frais bancaires". Or la banque de détail, qui a vu ses marges déjà réduites depuis plusieurs semestres, vit en partie de ce type de commissions.

L'union de la gauche prévoit également de "généraliser la taxation des superprofits".

Avec des bénéfices records ces deux dernières années — 28 milliards d'euros cumulés en 2022 et 30 milliards d'euros en 2023 pour Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale —, les banques pourraient logiquement se sentir visées.

Le programme du NFP propose enfin une "taxation renforcée des transactions financières" et veut "soumettre à cotisation" les dividendes et les rachats d'action, dont BNP Paribas et Société Générale sont friandes.

De quoi dissuader encore un peu plus les détenteurs d'actions bancaires de les conserver dans leurs portefeuilles.

 


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.