MSF s'alarme de ne plus recevoir de matériel médical à Gaza depuis deux mois

Une femme blessée lors d'un bombardement israélien dans la bande de Gaza est amenée à l'hôpital indonésien de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 juillet 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo: AFP)
Une femme blessée lors d'un bombardement israélien dans la bande de Gaza est amenée à l'hôpital indonésien de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 juillet 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo: AFP)
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Publié le Mercredi 10 juillet 2024

MSF s'alarme de ne plus recevoir de matériel médical à Gaza depuis deux mois

  • Médecins sans frontières (MSF) alerte sur une "grave" pénurie de matériel médical dans la bande de Gaza, où aucun camion de l'ONG française n'a pu entrer depuis plus de deux mois
  • Face aux pénuries, les équipes de l'ONG changent les pansements tous les quatre jours, au lieu de deux auparavant

PARIS: Médecins sans frontières (MSF) alerte sur une "grave" pénurie de matériel médical dans la bande de Gaza, où aucun camion de l'ONG française n'a pu entrer depuis plus de deux mois, alors que la guerre continue de faire rage entre le Hamas et Israël.

"Nous sommes confrontés à une pénurie grave de beaucoup de matériel, comme des compresses" ou des "gants chirurgicaux", a déploré dans une interview avec l'AFP à Paris Amber Alayyan, responsable du programme médical pour la Palestine de MSF.

"Aucun camion de MSF n'est entré à l'intérieur de Gaza depuis la fin du mois d'avril", déplorait l'ONG dans un communiqué daté du 5 juillet, exhortant Israël à ouvrir "davantage de points de passage" vers le territoire assiégé.

"Nous recevons des personnes blessées dans des bombardements, par balle, des attaques de drones", s'est alarmée Amber Alayyan. "Nous voyons des gens qui vivent dans des conditions si précaires qu'ils cuisinent à même le sol et le poêle explose".

Face aux pénuries, les équipes de l'ONG changent les pansements tous les quatre jours, au lieu de deux auparavant, a donné comme exemple la pédiatre.

Les hostilités ont été déclenchées le 7 octobre par l'attaque du Hamas contre Israël qui a coûté la vie à 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.

En représailles, la campagne militaire israélienne a dévasté la bande de Gaza et fait plus de 38.200 morts, majoritairement des civils, selon des chiffres fournis par le ministère de la Santé de Gaza.

Si MSF dispose encore de médicaments pour des anesthésies, le risque de pénurie existe là aussi, selon Amber Alayyan: "Si nous continuons comme ça, nous ne serons plus en mesure de fonctionner car nous n'opérons pas sans anesthésie".

Fin juin, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) avait estimé que dix enfants par jour perdaient une ou deux jambes en moyenne.

"La plupart des amputations pratiquées le sont pour sauver des vies", a-t-elle poursuivi. "Nous n'avons même pas assez de fauteuils roulants dans notre propre hôpital, encore moins de prothèses".

Dans la bande de Gaza, plus de 88.000 personnes ont été blessées, selon le ministère de la Santé du Hamas.

"Ce que nous évoquons est une véritable catastrophe pour les années à venir", a observé la responsable de MSF.

"Gaza aura besoin d'être reconstruit. Donc il va falloir reconstruire avec des rampes accessibles (...) partout pour des milliers de personnes qui seront en fauteuils roulants".

"La guerre doit s'arrêter", a-t-elle imploré, "le système de santé est totalement détruit".


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.