De Jérusalem à Haïti: L’épopée du maintien de la paix

Des Casques bleus de la FINUL en patrouille entre Rmaish et Naqoura, à la frontière libano-israélienne, le 12 octobre 2023. (Photo: AFP)
Des Casques bleus de la FINUL en patrouille entre Rmaish et Naqoura, à la frontière libano-israélienne, le 12 octobre 2023. (Photo: AFP)
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Publié le Mercredi 10 juillet 2024

De Jérusalem à Haïti: L’épopée du maintien de la paix

  • Depuis 1948, l’ONU a mobilisé plus de deux millions de personnes dans plus de 70 opérations de paix à travers le monde
  • L’histoire commence le 19 juin 1948, quand 49 pionniers s’envolent pour le Caire, chargés de superviser la fragile trêve israélo-palestinienne

LONDRES: Le 19 juin 1948 à 18h, deux avions affrétés décollaient de l’aérodrome de La Guardia dans l'État de New York. À bord se trouvaient 49 volontaires, membres en uniforme de la force de garde de l’ONU stationnée à Lake Success, le siège temporaire de l’organisation naissante sur la rive nord de Long Island.

Leur destination finale était la Palestine, où ils allaient écrire le premier chapitre de l’histoire mouvementée des efforts de maintien de la paix de l'ONU.

Cette petite force, dépêchée sur ordre du politicien norvégien Trygve Lie, premier secrétaire général de l’ONU, avait été demandée par le Comte Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine.

Cette force avait pour mission d’épauler Bernadotte dans la supervision du cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens. D’après le communiqué officiel de l’ONU, son rôle principal consistait à veiller au respect des clauses de la trêve, en particulier celles concernant l’axe d’approvisionnement reliant Tel-Aviv à Jérusalem.

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Des dirigeants juifs et palestiniens et un représentant des Nations Unies discutent pour trouver un accord concernant un cessez-le-feu en Palestine en 1948. (Getty Images)

Alors que les hommes embarquaient, Lie leur a souhaité « un agréable voyage et un retour en toute sécurité », a serré la main de chacun d’entre eux et leur a dit: « Je suis convaincu que vous ferez votre devoir au service de la paix. »

Pour la première fois de son histoire, mais certainement pas la dernière, l’ONU déployait ses Casques bleus dans un véritable champ de mines diplomatique. Leur mission: s’interposer entre deux camps belligérants, au péril de leur vie.

Comme l’a observé l’ONU lors de son service commémoratif annuel le 6 juin de cette année: «Servir la cause de la paix dans un monde violent est une occupation dangereuse.»
Soixante-seize ans après sa création, l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve, première mission de maintien de la paix de l’ONU, poursuit toujours ses activités,  la situation pour laquelle elle a été créée restant toujours non résolue.

Depuis 1948, plus de 2 millions d’hommes et de femmes ont servi sous le drapeau de l’ONU dans plus de 70 opérations de maintien de la paix, au cours desquelles plus de 4,300 d’entre eux ont été tués. L’ONU affirme que «leur sacrifice au nom de la communauté internationale est l’une des expressions les plus concrètes de la détermination de la Charte de l’ONU ‘à préserver les générations futures du fléau de la guerre’. »

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De la fumée s’élève de la vieille ville de Jérusalem en août 1949, pendant la guerre israélo-arabe. (AFP)

Le premier de ces décès est survenu à peine deux semaines après l’arrivée des gardes de Lake Success en Palestine. Le soir du 5 juillet, un observateur français, le Commandant René Labarrière, a été mortellement blessé dans une explosion alors qu’il revenait d’enquêter sur une prétendue violation des dispositions de la trêve par les forces juives.

Le 17 septembre 1948, un télégramme lourd de conséquences atterrit sur le bureau du secrétaire général de l'ONU à New York. À peine deux mois après le début de la mission, cette dépêche allait bouleverser le cours des événements.

Son contenu glaça le sang des responsables onusiens: «Le Comte Folke Bernadotte, médiateur des Nations Unies pour la Palestine, vient d’être sauvagement assassiné à Jérusalem. L’attaque, minutieusement préparée et exécutée avec un sang-froid terrifiant, porte la signature d'extrémistes juifs non identifiés.»

Bernadotte, un diplomate suédois qui avait négocié en 1945 la libération de 450 Juifs danois et de 30,000 autres prisonniers d’un camp de concentration nazi en Tchécoslovaquie, avait été assassiné par le Stern Gang, un groupe de terroristes sionistes.

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Les délégués du Conseil de sécurité de l’ONU réunis au Palais de Chaillot, à Paris, le 18 septembre 1948, rendent un hommage silencieux au Comte Folke Bernadotte assassiné. (AFP)

Dans les décennies qui suivirent, l’ONU s’est lancée dans une véritable valse diplomatique, déployant un impressionnant total de 72 missions de maintien de la paix à travers le globe. Cette prolifération d’interventions, souvent désignées par une myriade d'acronymes obscurs, n'a pas été sans conséquences.

En 1961, le Secrétaire général Dag Hammarskjöld et 15 autres personnes sont morts dans un accident d’avion au Congo alors qu’ils étaient en mission de paix dans le cadre de l'Opération des Nations Unies au Congo.

Trois décennies plus tard, le nombre croissant et l’ampleur des missions de maintien de la paix de l’ONU dans les années 1990 « ont mis beaucoup plus de vies en danger, » reconnaît l'organisation - plus de vies ont été perdues au cours de cette décennie que pendant les quatre précédentes réunies. Depuis le début des années 2000, il y a eu constamment plus de 100 décès chaque année parmi les Casques bleus.

Au nouveau millénaire, l’ONU elle-même est devenue une cible.

Le 19 août 2003, le siège de la Mission d’assistance des Nations Unies en Irak, situé à l'hôtel Canal de Bagdad, a été frappé par un camion piégé qui a tué 22 personnes, dont le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l'époque, Sergio Vieira de Mello. La plupart des 600 membres du personnel de l’ONU ont été retirés d’Irak après l'attaque.

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Des voitures de l’ONU sont empilées dans un champ le 23 août 2003, à côté du siège détruit des Nations Unies à l'hôtel Canal de Bagdad. (AFP)

D’autres attaques contre des missions de l'ONU ont suivi, faisant des dizaines de victimes à Alger en 2007 et à Kaboul en 2009.
Les missions de paix de l’ONU n’échappent pas aux cruels caprices du destin, comme l’a tragiquement démontré l'intervention en Haïti. En 2010, un séisme dévastateur a frappé l'île, fauchant la vie de près de 300,000 personnes. Parmi les victimes, plus de 20 Casques bleus de la Mission de stabilisation, venus pour apporter la paix, ont trouvé la mort dans ce cataclysme.

Il est apparu plus tard, grâce à des tests génomiques, que l’épidémie de choléra qui a suivi le tremblement de terre, faisant des dizaines de milliers de victimes supplémentaires, avait très probablement pour origine les membres népalais de la force de maintien de la paix.

En 2016, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est excusé en déclarant: « Nous n’avons tout simplement pas fait assez en ce qui concerne l’épidémie de choléra et sa propagation en Haïti. Nous sommes profondément désolés pour notre rôle.»

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En 2010, plus de 20 membres de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti sont morts dans le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays. (AFP)

En 2024, l’ONU maintient un réseau global de 11 missions de paix, témoignant de son engagement continu dans la résolution des conflits mondiaux: cinq en Afrique, une en Inde et au Pakistan (depuis 1949), une au Kosovo (1999), une à Chypre (1964), une sur le Golan (FINUL, depuis 1978) et la toute première, en Palestine (ONUST). 

Depuis 1948, la mission ONUST a subi 52 pertes. En mars 2024, 998 membres du personnel de l’ONU étaient déployés, avec leur quartier général à Government House, Jérusalem.

La FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) a été créée initialement en mars 1978 pour «confirmer le retrait israélien du Liban, restaurer la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective dans la région. » Ce mandat a depuis été ajusté deux fois.

Suite à la guerre israélo-libanaise de juillet et août 2006, le Conseil de sécurité a renforcé la force et l’a chargée de surveiller la cessation des hostilités, une mission qui, depuis 1978, a coûté la vie à 334 membres du personnel de nombreux pays.

Aujourd'hui, plus de 10,000 soldats sont déployés, basés à Naqoura, au Liban, fournis principalement par l’Indonésie, l’Inde, l ;Italie, le Ghana, le Népal, la Malaisie et l'Espagne.

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Une patrouille de la FINUL passe devant l’épave d’une voiture ciblée par une frappe israélienne tôt le 2 mars 2024, près de la ville libanaise de Naqoura. (AFP)

La question de savoir si les efforts de maintien de la paix de l’ONU ont sauvé des vies fait l’objet de débats. Certes, l'ONU pense que oui.

Elle affirme que le maintien de la paix, basé sur trois principes fondamentaux - le consentement des parties, l'impartialité et «le non-recours à la force sauf en cas de légitime défense et de défense du mandat" – s’est avéré être « l’un des outils les plus efficaces dont dispose l’ONU pour aider les pays hôtes à naviguer sur le chemin difficile du conflit à la paix. »

Des études montrent, selon elle, que «plus il y a de Casques bleus dans les zones de conflit, moins il y a de morts civils, moins de violence et plus de chances d'une paix durable.»

Mais pas toujours.

L’un des épisodes les plus sombres de l’histoire du maintien de la paix de l’ONU s’est produit en 1994, après que la Mission d’assistance des Nations Unies pour le Rwanda ait été envoyée pour mettre en œuvre un accord de paix entre le gouvernement hutu et le Front patriotique rwandais dirigé par les Tutsis, qui se battaient depuis 1990. Tout s’est effondré en avril 1994, lorsqu’un avion transportant les présidents du Rwanda et du Burundi s’est écrasé dans des circonstances mystérieuses, déclenchant une vague de meurtres politiques et ethniques.
Les Casques bleus de l’ONU sont restés largement passifs alors que plus de 800,000 Tutsis étaient massacrés. Le commandant de la mission de l’ONU, le général canadien Roméo Dallaire, a publié plus tard une critique accablante de la mission sous-dotée et sous-effectuée qui s’était soldée par un désastre.

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Des soldats gouvernementaux attendent le 18 juin 1994, tandis que des réfugiés tutsis sont évacués par des soldats de l’ONU de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, qui avait été attaqué le 17 juin par des miliciens hutus. (AFP)

Dans son ouvrage poignant «J'ai serré la main du diable, » le général Roméo Dallaire lève le voile sur l’une des pages les plus sombres de la mission de l’ONU au Rwanda. Il y relate l’assassinat de dix parachutistes belges qui avaient pour mission de protéger le Premier ministre rwandais.

Un an plus tard, le désastre a de nouveau frappé à Srebrenica, une enclave de 60,000 musulmans bosniaques en Bosnie-Herzégovine que l’ONU avait déclarée «zone de sécurité» internationalement protégée.

La Force de protection des Nations Unies chargée de protéger l’enclave était un bataillon néerlandais de 370 hommes qui, mal préparé et en infériorité numérique, n’a pas réussi à empêcher le massacre génocidaire de plus de 8,000 hommes et garçons par les troupes serbes de Bosnie.
Une enquête néerlandaise a conclu plus tard que les Pays-Bas et l’ONU avaient failli à leur devoir. Elle a accusé le gouvernement et le commandement militaire des Pays-Bas de négligence criminelle.

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Un Casque bleu néerlandais pose au point de contrôle Charlie à Srebrenica en avril 1995. (AFP)

L’ONU a cependant revendiqué des succès pour ses opérations de maintien de la paix. En 1988, le prix Nobel de la paix a été décerné aux forces de maintien de la paix de l’ONU qui avaient « dans des conditions extrêmement difficiles, contribué à réduire les tensions là où un armistice a été négocié mais où un traité de paix n'a pas encore été établi.»

Les forces de l’ONU, poursuivait la citation, «représentent la volonté manifeste de la communauté des nations de parvenir à la paix par la négociation, et les forces ont, par leur présence, apporté une contribution décisive à l'initiation de véritables négociations de paix.»

Face aux critiques récurrentes, l’ONU a décidé en 2022 de passer ses opérations de maintien de la paix au crible d’un regard extérieur. Pour ce faire, elle a fait appel à Lise Howard, experte reconnue de l'Université de Georgetown à Washington.

«Les échecs des missions de maintien de la paix de l’ONU ont été largement médiatisés et bien documentés - et à juste titre,» a commenté l’ONU à l'époque.

«Mais si l'on regarde l'image globale et que l’on analyse les données, une image différente et finalement positive émerge.»

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Des membres de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) participent à une cérémonie marquant le 60e anniversaire de leur présence sur l'île méditerranéenne orientale, le 4 mars 2024. (AFP)

Une analyse approfondie menée par Lise Howard, experte en relations internationales, bouscule les idées reçues sur l'efficacité des missions de paix de l'ONU. Après avoir examiné 16 études scientifiques, Howard dresse un bilan encourageant de l’action des Casques bleus. Selon ses conclusions, dans la majorité des cas, les forces de l’ONU ont contribué de manière significative à réduire les pertes civiles, à écourter les conflits et à consolider les accords de paix. 

« Le maintien de la paix fonctionne dans la plupart des cas,» a déclaré Howard lors de la publication de son livre «Power in Peacekeeping » en 2022. 

Dans une vidéo diffusée par l’ONU, la chercheuse va plus loin: «Si l'on examine les missions achevées depuis la fin de la Guerre froide, deux tiers d’entre elles ont réussi à remplir leur mandat avant de se retirer.

«Attention, cela ne signifie pas que tout est parfait dans ces pays après le départ des Casques bleus, » précise Lise Howard. «Mais le fait est qu’ils ne sont plus en guerre ouverte. »

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.