De Jérusalem à Haïti: L’épopée du maintien de la paix

Des Casques bleus de la FINUL en patrouille entre Rmaish et Naqoura, à la frontière libano-israélienne, le 12 octobre 2023. (Photo: AFP)
Des Casques bleus de la FINUL en patrouille entre Rmaish et Naqoura, à la frontière libano-israélienne, le 12 octobre 2023. (Photo: AFP)
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Publié le Mercredi 10 juillet 2024

De Jérusalem à Haïti: L’épopée du maintien de la paix

  • Depuis 1948, l’ONU a mobilisé plus de deux millions de personnes dans plus de 70 opérations de paix à travers le monde
  • L’histoire commence le 19 juin 1948, quand 49 pionniers s’envolent pour le Caire, chargés de superviser la fragile trêve israélo-palestinienne

LONDRES: Le 19 juin 1948 à 18h, deux avions affrétés décollaient de l’aérodrome de La Guardia dans l'État de New York. À bord se trouvaient 49 volontaires, membres en uniforme de la force de garde de l’ONU stationnée à Lake Success, le siège temporaire de l’organisation naissante sur la rive nord de Long Island.

Leur destination finale était la Palestine, où ils allaient écrire le premier chapitre de l’histoire mouvementée des efforts de maintien de la paix de l'ONU.

Cette petite force, dépêchée sur ordre du politicien norvégien Trygve Lie, premier secrétaire général de l’ONU, avait été demandée par le Comte Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine.

Cette force avait pour mission d’épauler Bernadotte dans la supervision du cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens. D’après le communiqué officiel de l’ONU, son rôle principal consistait à veiller au respect des clauses de la trêve, en particulier celles concernant l’axe d’approvisionnement reliant Tel-Aviv à Jérusalem.

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Des dirigeants juifs et palestiniens et un représentant des Nations Unies discutent pour trouver un accord concernant un cessez-le-feu en Palestine en 1948. (Getty Images)

Alors que les hommes embarquaient, Lie leur a souhaité « un agréable voyage et un retour en toute sécurité », a serré la main de chacun d’entre eux et leur a dit: « Je suis convaincu que vous ferez votre devoir au service de la paix. »

Pour la première fois de son histoire, mais certainement pas la dernière, l’ONU déployait ses Casques bleus dans un véritable champ de mines diplomatique. Leur mission: s’interposer entre deux camps belligérants, au péril de leur vie.

Comme l’a observé l’ONU lors de son service commémoratif annuel le 6 juin de cette année: «Servir la cause de la paix dans un monde violent est une occupation dangereuse.»
Soixante-seize ans après sa création, l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve, première mission de maintien de la paix de l’ONU, poursuit toujours ses activités,  la situation pour laquelle elle a été créée restant toujours non résolue.

Depuis 1948, plus de 2 millions d’hommes et de femmes ont servi sous le drapeau de l’ONU dans plus de 70 opérations de maintien de la paix, au cours desquelles plus de 4,300 d’entre eux ont été tués. L’ONU affirme que «leur sacrifice au nom de la communauté internationale est l’une des expressions les plus concrètes de la détermination de la Charte de l’ONU ‘à préserver les générations futures du fléau de la guerre’. »

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De la fumée s’élève de la vieille ville de Jérusalem en août 1949, pendant la guerre israélo-arabe. (AFP)

Le premier de ces décès est survenu à peine deux semaines après l’arrivée des gardes de Lake Success en Palestine. Le soir du 5 juillet, un observateur français, le Commandant René Labarrière, a été mortellement blessé dans une explosion alors qu’il revenait d’enquêter sur une prétendue violation des dispositions de la trêve par les forces juives.

Le 17 septembre 1948, un télégramme lourd de conséquences atterrit sur le bureau du secrétaire général de l'ONU à New York. À peine deux mois après le début de la mission, cette dépêche allait bouleverser le cours des événements.

Son contenu glaça le sang des responsables onusiens: «Le Comte Folke Bernadotte, médiateur des Nations Unies pour la Palestine, vient d’être sauvagement assassiné à Jérusalem. L’attaque, minutieusement préparée et exécutée avec un sang-froid terrifiant, porte la signature d'extrémistes juifs non identifiés.»

Bernadotte, un diplomate suédois qui avait négocié en 1945 la libération de 450 Juifs danois et de 30,000 autres prisonniers d’un camp de concentration nazi en Tchécoslovaquie, avait été assassiné par le Stern Gang, un groupe de terroristes sionistes.

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Les délégués du Conseil de sécurité de l’ONU réunis au Palais de Chaillot, à Paris, le 18 septembre 1948, rendent un hommage silencieux au Comte Folke Bernadotte assassiné. (AFP)

Dans les décennies qui suivirent, l’ONU s’est lancée dans une véritable valse diplomatique, déployant un impressionnant total de 72 missions de maintien de la paix à travers le globe. Cette prolifération d’interventions, souvent désignées par une myriade d'acronymes obscurs, n'a pas été sans conséquences.

En 1961, le Secrétaire général Dag Hammarskjöld et 15 autres personnes sont morts dans un accident d’avion au Congo alors qu’ils étaient en mission de paix dans le cadre de l'Opération des Nations Unies au Congo.

Trois décennies plus tard, le nombre croissant et l’ampleur des missions de maintien de la paix de l’ONU dans les années 1990 « ont mis beaucoup plus de vies en danger, » reconnaît l'organisation - plus de vies ont été perdues au cours de cette décennie que pendant les quatre précédentes réunies. Depuis le début des années 2000, il y a eu constamment plus de 100 décès chaque année parmi les Casques bleus.

Au nouveau millénaire, l’ONU elle-même est devenue une cible.

Le 19 août 2003, le siège de la Mission d’assistance des Nations Unies en Irak, situé à l'hôtel Canal de Bagdad, a été frappé par un camion piégé qui a tué 22 personnes, dont le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l'époque, Sergio Vieira de Mello. La plupart des 600 membres du personnel de l’ONU ont été retirés d’Irak après l'attaque.

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Des voitures de l’ONU sont empilées dans un champ le 23 août 2003, à côté du siège détruit des Nations Unies à l'hôtel Canal de Bagdad. (AFP)

D’autres attaques contre des missions de l'ONU ont suivi, faisant des dizaines de victimes à Alger en 2007 et à Kaboul en 2009.
Les missions de paix de l’ONU n’échappent pas aux cruels caprices du destin, comme l’a tragiquement démontré l'intervention en Haïti. En 2010, un séisme dévastateur a frappé l'île, fauchant la vie de près de 300,000 personnes. Parmi les victimes, plus de 20 Casques bleus de la Mission de stabilisation, venus pour apporter la paix, ont trouvé la mort dans ce cataclysme.

Il est apparu plus tard, grâce à des tests génomiques, que l’épidémie de choléra qui a suivi le tremblement de terre, faisant des dizaines de milliers de victimes supplémentaires, avait très probablement pour origine les membres népalais de la force de maintien de la paix.

En 2016, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est excusé en déclarant: « Nous n’avons tout simplement pas fait assez en ce qui concerne l’épidémie de choléra et sa propagation en Haïti. Nous sommes profondément désolés pour notre rôle.»

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En 2010, plus de 20 membres de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti sont morts dans le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays. (AFP)

En 2024, l’ONU maintient un réseau global de 11 missions de paix, témoignant de son engagement continu dans la résolution des conflits mondiaux: cinq en Afrique, une en Inde et au Pakistan (depuis 1949), une au Kosovo (1999), une à Chypre (1964), une sur le Golan (FINUL, depuis 1978) et la toute première, en Palestine (ONUST). 

Depuis 1948, la mission ONUST a subi 52 pertes. En mars 2024, 998 membres du personnel de l’ONU étaient déployés, avec leur quartier général à Government House, Jérusalem.

La FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) a été créée initialement en mars 1978 pour «confirmer le retrait israélien du Liban, restaurer la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective dans la région. » Ce mandat a depuis été ajusté deux fois.

Suite à la guerre israélo-libanaise de juillet et août 2006, le Conseil de sécurité a renforcé la force et l’a chargée de surveiller la cessation des hostilités, une mission qui, depuis 1978, a coûté la vie à 334 membres du personnel de nombreux pays.

Aujourd'hui, plus de 10,000 soldats sont déployés, basés à Naqoura, au Liban, fournis principalement par l’Indonésie, l’Inde, l ;Italie, le Ghana, le Népal, la Malaisie et l'Espagne.

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Une patrouille de la FINUL passe devant l’épave d’une voiture ciblée par une frappe israélienne tôt le 2 mars 2024, près de la ville libanaise de Naqoura. (AFP)

La question de savoir si les efforts de maintien de la paix de l’ONU ont sauvé des vies fait l’objet de débats. Certes, l'ONU pense que oui.

Elle affirme que le maintien de la paix, basé sur trois principes fondamentaux - le consentement des parties, l'impartialité et «le non-recours à la force sauf en cas de légitime défense et de défense du mandat" – s’est avéré être « l’un des outils les plus efficaces dont dispose l’ONU pour aider les pays hôtes à naviguer sur le chemin difficile du conflit à la paix. »

Des études montrent, selon elle, que «plus il y a de Casques bleus dans les zones de conflit, moins il y a de morts civils, moins de violence et plus de chances d'une paix durable.»

Mais pas toujours.

L’un des épisodes les plus sombres de l’histoire du maintien de la paix de l’ONU s’est produit en 1994, après que la Mission d’assistance des Nations Unies pour le Rwanda ait été envoyée pour mettre en œuvre un accord de paix entre le gouvernement hutu et le Front patriotique rwandais dirigé par les Tutsis, qui se battaient depuis 1990. Tout s’est effondré en avril 1994, lorsqu’un avion transportant les présidents du Rwanda et du Burundi s’est écrasé dans des circonstances mystérieuses, déclenchant une vague de meurtres politiques et ethniques.
Les Casques bleus de l’ONU sont restés largement passifs alors que plus de 800,000 Tutsis étaient massacrés. Le commandant de la mission de l’ONU, le général canadien Roméo Dallaire, a publié plus tard une critique accablante de la mission sous-dotée et sous-effectuée qui s’était soldée par un désastre.

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Des soldats gouvernementaux attendent le 18 juin 1994, tandis que des réfugiés tutsis sont évacués par des soldats de l’ONU de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, qui avait été attaqué le 17 juin par des miliciens hutus. (AFP)

Dans son ouvrage poignant «J'ai serré la main du diable, » le général Roméo Dallaire lève le voile sur l’une des pages les plus sombres de la mission de l’ONU au Rwanda. Il y relate l’assassinat de dix parachutistes belges qui avaient pour mission de protéger le Premier ministre rwandais.

Un an plus tard, le désastre a de nouveau frappé à Srebrenica, une enclave de 60,000 musulmans bosniaques en Bosnie-Herzégovine que l’ONU avait déclarée «zone de sécurité» internationalement protégée.

La Force de protection des Nations Unies chargée de protéger l’enclave était un bataillon néerlandais de 370 hommes qui, mal préparé et en infériorité numérique, n’a pas réussi à empêcher le massacre génocidaire de plus de 8,000 hommes et garçons par les troupes serbes de Bosnie.
Une enquête néerlandaise a conclu plus tard que les Pays-Bas et l’ONU avaient failli à leur devoir. Elle a accusé le gouvernement et le commandement militaire des Pays-Bas de négligence criminelle.

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Un Casque bleu néerlandais pose au point de contrôle Charlie à Srebrenica en avril 1995. (AFP)

L’ONU a cependant revendiqué des succès pour ses opérations de maintien de la paix. En 1988, le prix Nobel de la paix a été décerné aux forces de maintien de la paix de l’ONU qui avaient « dans des conditions extrêmement difficiles, contribué à réduire les tensions là où un armistice a été négocié mais où un traité de paix n'a pas encore été établi.»

Les forces de l’ONU, poursuivait la citation, «représentent la volonté manifeste de la communauté des nations de parvenir à la paix par la négociation, et les forces ont, par leur présence, apporté une contribution décisive à l'initiation de véritables négociations de paix.»

Face aux critiques récurrentes, l’ONU a décidé en 2022 de passer ses opérations de maintien de la paix au crible d’un regard extérieur. Pour ce faire, elle a fait appel à Lise Howard, experte reconnue de l'Université de Georgetown à Washington.

«Les échecs des missions de maintien de la paix de l’ONU ont été largement médiatisés et bien documentés - et à juste titre,» a commenté l’ONU à l'époque.

«Mais si l'on regarde l'image globale et que l’on analyse les données, une image différente et finalement positive émerge.»

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Des membres de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) participent à une cérémonie marquant le 60e anniversaire de leur présence sur l'île méditerranéenne orientale, le 4 mars 2024. (AFP)

Une analyse approfondie menée par Lise Howard, experte en relations internationales, bouscule les idées reçues sur l'efficacité des missions de paix de l'ONU. Après avoir examiné 16 études scientifiques, Howard dresse un bilan encourageant de l’action des Casques bleus. Selon ses conclusions, dans la majorité des cas, les forces de l’ONU ont contribué de manière significative à réduire les pertes civiles, à écourter les conflits et à consolider les accords de paix. 

« Le maintien de la paix fonctionne dans la plupart des cas,» a déclaré Howard lors de la publication de son livre «Power in Peacekeeping » en 2022. 

Dans une vidéo diffusée par l’ONU, la chercheuse va plus loin: «Si l'on examine les missions achevées depuis la fin de la Guerre froide, deux tiers d’entre elles ont réussi à remplir leur mandat avant de se retirer.

«Attention, cela ne signifie pas que tout est parfait dans ces pays après le départ des Casques bleus, » précise Lise Howard. «Mais le fait est qu’ils ne sont plus en guerre ouverte. »

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
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  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.