Le Parlement européen réélit Metsola à sa tête, l'extrême droite convoite des postes

Les huissiers préparent l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, à la veille de la session inaugurale du Parlement européen, le 15 juillet 2024. (Photo AFP)
Les huissiers préparent l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, à la veille de la session inaugurale du Parlement européen, le 15 juillet 2024. (Photo AFP)
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Publié le Mardi 16 juillet 2024

Le Parlement européen réélit Metsola à sa tête, l'extrême droite convoite des postes

  • Elus début juin, les 720 eurodéputés, dont 39% de femmes, ont déjà accordé à une écrasante majorité (562 voix) un second mandat de deux ans et demi à Roberta Metsola, 45 ans, comme présidence de la seule institution élue de l'UE.
  • Même si la coalition centriste PPE (droite, 188 sièges), Renew (libéraux, 77) et S&D (sociaux-démocrates, 136) reste majoritaire, les droites radicales et nationalistes ont fortement progressé et veulent peser davantage.

 STRASBOURG : La conservatrice maltaise Roberta Metsola a été réélue mardi à la présidence du Parlement européen, renouvelé en juin et où l'extrême droite renforcée convoite des postes malgré ses divisions et un "cordon sanitaire" revendiqué.

Cette plénière à Strasbourg, qui a entamé une nouvelle législature de cinq ans avec l'"Hymne à la Joie" de Beethoven, sera marquée jeudi par un vote pour reconduire Ursula von der Leyen comme présidente de la Commission européenne.

Elus début juin, les 720 eurodéputés, dont 39% de femmes, ont déjà accordé à une écrasante majorité (562 voix) un second mandat de deux ans et demi à Roberta Metsola, 45 ans, comme présidence de la seule institution élue de l'UE.

Issue du PPE (droite), première force politique du Parlement, et troisième femme à occuper cette fonction après les Françaises Simone Veil et Nicole Fontaine, Roberta Metsola s'était notamment distinguée par son soutien très actif en faveur de l'Ukraine.

"Il faut un Parlement fort dans une union forte (...) maintenir la pression pour garantir notre droit d'initiative (face à la Commission), améliorer nos pouvoirs de contrôle et d'enquête", a-t-elle insisté.

La désignation mardi, via des scrutins complexes à plusieurs tours, des 14 vice-présidents du Parlement --chargés d'animer des sessions en orchestrant votes et prises de parole-- sera particulièrement scrutée en raison des exigences des deux grands groupes d'extrême droite.

Même si la coalition centriste PPE (droite, 188 sièges), Renew (libéraux, 77) et S&D (sociaux-démocrates, 136) reste majoritaire, les droites radicales et nationalistes ont fortement progressé et veulent peser davantage.

- Leggeri, l'un des vice-présidents? -

ECR, le groupe d'extrême droite Conservateurs et réformistes européens (78 eurodéputés) associé à la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, comptait un vice-président depuis 2022: il en exige désormais deux, malgré les résistances de la gauche.

Surtout, une nouvelle formation, Patriotes pour l'Europe, s'est imposée comme troisième force avec 84 eurodéputés, pour beaucoup réticents sur le soutien à l'Ukraine. Ils sont issus notamment de Vox (Espagne), du Fidesz de Viktor Orban et du Rassemblement national (France), avec Jordan Bardella à leur tête.

Selon la clé de répartition habituelle, deux vice-présidences leur reviennent.

Une ligne rouge absolue pour les groupes de la majorité centriste, qui entendent s'accorder sur des candidats alternatifs. "Nous ne voulons pas voir les amis de Poutine représenter l'institution", souligne Pedro Lopez de Pablo, porte-parole du PPE.

Les eurodéputés Patriotes, qui pourraient également être exclus la semaine prochaine des présidences de commissions parlementaires, dénoncent un cordon sanitaire "antidémocratique".

"C'est important de manifester notre volonté de prendre toute notre part au travail parlementaire", rétorque l'élu français RN Fabrice Leggeri, ex-directeur de Frontex, l'agence de l'UE chargé des frontières, candidat à la fonction.

"Les parlementaires représentés ont tous un mandat des électeurs: il est normal de confronter des idées politiques, le Parlement est justement le lieu pour le faire d'une manière démocratique", a-t-il déclaré à l'AFP à la sortie de l'hémicycle.

Parmi les Patriotes, certains profils suscitent la controverse, dont celui du général italien Roberto Vannacci, issu de la Ligue de Matteo Salvini et auteur d'un livre truffé de déclarations homophobes, misogynes et anti-migrants.

A contrario, les élus d'ECR eux-mêmes, volontiers atlantistes et favorables au soutien militaire à l'Ukraine - à la différence des Patriotes -, pourraient être dans le jeu dans la répartition des postes.

"Mme Meloni n'était pas dans le cordon sanitaire, à l'inverse du groupe ID dont sont issus les Patriotes: ce qui pose problème, c'est qu'ils sont pro-Poutine, c'est ça la ligne rouge", observe Pascale Joannin, de la Fondation Schuman.-

Ecologistes courtisés-

Ursula von der Leyen, qui espère obtenir jeudi le feu vert des députés pour un second mandat, n'a elle pas exclu de collaborer avec certains partis d'ECR.

Si la coalition PPE-socialistes-libéraux obtient la majorité absolue de 361 eurodéputés dont elle a besoin jeudi pour être reconduite, la dirigeante allemande doit aussi parer aux défections significatives attendues lors d'un scrutin à bulletins secrets à l'issue très serrée.

De quoi la pousser à solliciter le soutien des écologistes (53 sièges), qui exigent des engagements sur le Pacte vert.

Voire à compter sur des élus d'ECR. Or, libéraux, socialistes et Verts s'opposent farouchement à tout recours à ECR pour conforter la cheffe de l'exécutif européen.

"C'est crucial de construire une majorité stable avec des partis pro-démocratie, pro-UE", indique la codirigeante des Verts Terry Reintke.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.