Kamala Harris, la pionnière face à l'ultime plafond de verre, compte «  battre Donald Trump  »

Kamala Harris, surnommée "Momala" dans sa famille recomposée, est aussi férue de cuisine. Lors d'un voyage officiel à Paris, elle s'était rapidement échappée pour acheter des casseroles en cuivre. (AFP)
Kamala Harris, surnommée "Momala" dans sa famille recomposée, est aussi férue de cuisine. Lors d'un voyage officiel à Paris, elle s'était rapidement échappée pour acheter des casseroles en cuivre. (AFP)
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Publié le Lundi 22 juillet 2024

Kamala Harris, la pionnière face à l'ultime plafond de verre, compte «  battre Donald Trump  »

  • Celle qui a brisé un après l'autre les plafonds de verre, selon les propres mots de Joe Biden, a récolté son soutien pour remporter l'investiture du Parti démocrate
  • La native d'Oakland, en Californie, avait durement attaqué un certain Joe Biden sur son opposition passée à une politique de déségrégation raciale qui consistait à transporter en bus certains enfants vers des écoles éloignées, et dont elle avait bénéficié

WASHINGTON: Brisera-t-elle l'ultime plafond de verre? La vice-présidente Kamala Harris, lancée dans la course pour remplacer Joe Biden comme candidate des démocrates à l'élection de novembre, pourrait écrire une nouvelle page de l'histoire américaine.

Elle l'a déjà fait en devenant en janvier 2021 la première femme, la première Afro-Américaine et la première personne d'origine asiatique à accéder à la vice-présidence.

Celle qui a brisé un après l'autre les plafonds de verre, selon les propres mots de Joe Biden, a récolté son soutien pour remporter l'investiture du Parti démocrate.

"Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour unifier le Parti démocrate -- et unir notre nation -- pour battre Donald Trump", a-t-elle déclaré dans un communiqué, saluant "l'acte désintéressé et patriotique" du président.

La vice-présidente, âgée de 59 ans, raconte souvent avoir manifesté enfant pour les droits civiques, en compagnie de son père jamaïcain, professeur d'économie, et de sa mère indienne, chercheuse spécialiste du cancer du sein.

La « petite fille » du bus

C'est aussi dans son enfance qu'elle a puisé le souvenir qui l'a révélée pendant un débat de la primaire démocrate en 2019.

La native d'Oakland, en Californie, avait durement attaqué un certain Joe Biden sur son opposition passée à une politique de déségrégation raciale qui consistait à transporter en bus certains enfants vers des écoles éloignées, et dont elle avait bénéficié.

"La petite fille (dans le bus), c'était moi", avait-elle lancé.

Cette sortie remarquée n'avait pas sauvé une campagne ratée, interrompue avant même le premier scrutin des primaires.

Joe Biden l'a ensuite invitée sur son "ticket", l'exposant ainsi aux attaques de son adversaire républicain Donald Trump.

En 2020, l'ancien président a qualifié la démocrate de "monstre" et de "femme colérique", des termes renvoyant à des stéréotypes racistes sur les femmes noires.

Après un débat calamiteux de Joe Biden face à Donald Trump le 27 juin 2024, le milliardaire de 78 ans, anticipant un retrait du président américain, a relancé ses attaques.

Toujours en quête de surnoms moqueurs pour ses opposants, il a commencé à l'appeler "Kamala l'hilare" ("Laffin' Kamala"), en référence à son rire tonitruant, tandis que son équipe de campagne a entrepris de la décrire comme une gauchiste invétérée.

Diplômée de l'université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation, Kamala Harris est fière de son parcours emblématique du rêve américain.

Kamala Harris compte "remporter l'investiture" démocrate et "battre Trump"

La vice-présidente américaine Kamala Harris a déclaré dimanche compter "remporter l'investiture" démocrate pour la présidentielle de novembre en vue de "battre Donald Trump", après l'annonce du retrait de Joe Biden.

Elle a salué "l'acte désintéressé et patriotique" du président démocrate de 81 ans, qui a annoncé la soutenir comme candidate. "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour unifier le Parti démocrate -- et unir notre nation -- pour battre Donald Trump", a-t-elle écrit.

« Comment osent-ils? »

Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle a été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme et la première personne noire à diriger les services judiciaires de l'Etat le plus peuplé du pays.

Elle a été critiquée pour sa répression sévère des petits délits, qui a selon ses opposants surtout affecté les minorités.

En janvier 2017, elle a prêté serment au Sénat à Washington, où elle est devenue la première femme ayant des origines d'Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l'histoire.

Elue vice-présidente, elle a dédié son discours de victoire aux "petites filles" d'Amérique.

En 2022, Kamala Harris a pris avec ferveur la défense du droit à l'avortement, remis en cause par la Cour suprême.

"Certains dirigeants républicains essaient d'instrumentaliser la loi contre les femmes. Comment osent-ils? Comment osent-ils dire à une femme ce qu'elle peut et ne peut pas faire de son propre corps?", s'est-elle indignée après que la plus haute juridiction du pays a annulé la garantie fédérale du droit à l'avortement.

Cette forte déclaration, et la campagne énergique menée depuis un an par Kamala Harris à travers le pays, l'ont relancée.

Occupant un poste par nature ingrat, Kamala Harris a aussi fait des faux pas au début de son mandat, sur des questions délicates de diplomatie et d'immigration.

« Second Gentleman »

La presse américaine a parfois jugé qu'elle manquait d'envergure - ce que ses partisans expliquent aussi par des biais sexistes.

Le magazine Vogue avait dû se défendre d'avoir, peu après l'élection, choisi pour sa couverture une photo de la vice-présidente en baskets, plutôt qu'un portrait plus formel, qui aurait davantage mis l'accent sur sa fonction.

La principale intéressée prend pourtant soin de cultiver une image décontractée, aidée en cela par son conjoint Doug Emhoff, pour lequel l'Amérique a dû s'habituer au titre de "Second Gentleman".

Cet avocat à l'expression amicale est aussi le premier Juif dans ce rôle. Il a été l'un des grands relais de la Maison Blanche dans la lutte contre l'antisémitisme.

Sur les réseaux, le couple feint par exemple de se chamailler autour du basket: il est fan de l'équipe des Lakers de Los Angeles, elle des Warriors de San Francisco.

Kamala Harris, surnommée "Momala" dans sa famille recomposée, est aussi férue de cuisine. Lors d'un voyage officiel à Paris, elle s'était rapidement échappée pour acheter des casseroles en cuivre.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.