La communauté internationale «doit arrêter» les Houthis à Ta'izz

Des hommes armés tribaux, fidèles aux Houthis, montent dans un camion et scandent des slogans lors d’un rassemblement à Sanaa (Photo, AFP/Archives).
Des hommes armés tribaux, fidèles aux Houthis, montent dans un camion et scandent des slogans lors d’un rassemblement à Sanaa (Photo, AFP/Archives).
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Publié le Lundi 11 janvier 2021

La communauté internationale «doit arrêter» les Houthis à Ta'izz

  • Le premier ministre Maeen Abdel Malik Saeed a juré de traduire les Houthis en justice
  • Les médias houthis et les comptes associés sur les réseaux sociaux ont déclaré dimanche que l’attaque contre Haima a pris fin, ayant débarrassé les villages de «criminels et terroristes»

AL-MUKALLA: Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a appelé à faire pression pour mettre un terme à l’offensive des Houthis et lever le siège de plusieurs villages dans la province méridionale de Ta'izz, selon l’agence de presse officielle Saba.

Le premier ministre Maeen Abdel Malik Saeed a déclaré lors d'un appel téléphonique avec le gouverneur de Ta'izz, Nabil Shamsan, que les crimes de la milice pro-iranienne contre les civils ne seraient pas effacés par «les délais de prescription». Il a juré de traduire les Houthis en justice.

Malik a exhorté la communauté internationale à condamner les attaques contre les civils, que ce soit à Ta'izz ou dans d'autres régions du Yémen. Il a émis ses observations alors que le gouvernement local et des militants ont chiffré dimanche le nombre victimes civiles de l’offensive contre le village de Haima à 12.

Le colonel Abdul Basit Al-Baher, porte-parole de l'armée yéménite dans la ville de Ta'izz, a déclaré que les Houthis ont attaqué Haima pour le cinquième jour d’affilée. Ils ont tué 12 personnes, blessé 30, et envahi 63 maisons.

«Les Houthis ont lancé une offensive insensée contre Haima», a-t-il déclaré à Arab News. «Ils ont pris d'assaut plus de 20 maisons, enlevé 50 civils, et bombardé avec des armes lourdes. C’est une opération d’extermination envers les habitants. Les agriculteurs et les ouvriers étaient restés à l'intérieur pour éviter les obus et les contrôles de sécurité», a-t-il ajouté.

Les médias houthis et les comptes associés sur les réseaux sociaux ont déclaré dimanche que l’attaque contre Haima a pris fin, ayant débarrassé les villages de «criminels et terroristes».

 

EN BREF

Des milices pro-iraniennes ont attaqué le village de Haima pour réprimer une rébellion des habitants qui refusent de payer des impôts, ainsi que pour établir des bases militaires sur leurs terres agricoles.

Mais des responsables de l'armée yéménite ont déclaré qu'en plus de capturer des officiers militaires fidèles au gouvernement, les Houthis ont attaqué Haima pour réprimer une rébellion des résidents qui refusent de payer des impôts, ainsi que pour établir des bases militaires sur leurs terres agricoles. «C’est une leçon aux régions yéménites qui pourraient contester leur régime», a déclaré Al-Baher.

Le Ministre de l’information, de la culture et du tourisme du Yémen, Moammar Al-Aryani, a accusé les miliciens d’un «bombardement barbare» des quartiers résidentiels de Haima, en plus d’exécuter des civils et de profaner des cadavres. «La milice houthie commet des atrocités plus horribles que ceux commises par des terroristes. Et le silence de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme est assourdissant", a-t-il tweeté dimanche.

Les experts militaires yéménites ont appelé à l'intensification des opérations de l'armée contre les Houthis à Ta'izz et dans les autres zones qu’ils contrôlent.

L’analyste militaire Brig. Yahyia Abou Hatem a déclaré dimanche que l'armée yéménite et les forces alliées doivent pénétrer les zones houthies et soutenir les résidents qui se sont rebellés contre la milice. «L’armée doit se rendre à Ta'izz, libérer la province, sauver Haima, et affaiblir les capacités (militaires) de la milice houthie», a-t-il tweeté.

Lors de sa deuxième réunion dimanche à Aden, capitale intérimaire du pays, le nouveau gouvernement du Yémen a réitéré son engagement à mettre fin au coup d’État des Houthis, à rétablir les institutions officielles, et à lancer des réformes pour stimuler l’économie et lutter contre la corruption, a rapporté Saba.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’espace aérien et le territoire saoudiens ne seront pas utilisés pour une attaque contre l’Iran, affirme le prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a fait ces déclarations lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian

RIYAD : Le Royaume n’autorisera pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour toute action militaire contre l’Iran, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien téléphonique mardi.

L’Arabie saoudite respecte la souveraineté de l’Iran et soutient tous les efforts visant à résoudre les différends par le dialogue, de manière à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a rapporté l’Agence de presse saoudienne, citant les propos du prince héritier à Pezeshkian.

Le président iranien a exprimé sa gratitude envers le Royaume pour sa position ferme en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran, remerciant le prince héritier pour ses efforts en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Plus tôt, les médias iraniens avaient rapporté que Pezeshkian avait déclaré que Téhéran accueille toujours favorablement tout processus, dans le cadre du droit international, visant à prévenir la guerre.

Pezeshkian a également indiqué au prince Mohammed que « l’unité et la cohésion » des pays islamiques peuvent garantir une « sécurité, une stabilité et une paix durables dans la région ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
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  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
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  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.