HRW: Les États-Unis sous le coup d'allégations de crimes de guerre lors de la visite de Netanyahu

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, préside une réunion du cabinet à la base militaire de Kirya à Tel Aviv, Israël, le 24 décembre 2023. (AP)
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, préside une réunion du cabinet à la base militaire de Kirya à Tel Aviv, Israël, le 24 décembre 2023. (AP)
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Publié le Mardi 23 juillet 2024

HRW: Les États-Unis sous le coup d'allégations de crimes de guerre lors de la visite de Netanyahu

  • Le premier ministre israélien se présentera devant une session conjointe du Congrès le 24 juillet.
  • Les législateurs devraient être « sérieusement concernés par les risques de responsabilité » selon le directeur de Human Rights

LONDRES : Les législateurs américains risquent d'être exposés à des allégations de crimes de guerre lors de la comparution du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant une session conjointe du Congrès le 24 juillet, a déclaré Human Rights Watch mardi.

La visite de M. Netanyahu « met en évidence la fourniture continue et importante d'armes par les États-Unis à l'armée israélienne malgré des allégations crédibles de crimes de guerre continus à Gaza », a ajouté HRW.

À la fin de l'année dernière, l'administration Biden a relevé le seuil de livraison des exportations d'armes aux pays étrangers, dans une tentative apparente de réduire la probabilité de violations du droit international.

Washington est également tenu, en vertu de la législation nationale, de procéder à une évaluation des risques avant de procéder à des exportations d'armes.

Cependant, bien que HRW et Oxfam aient averti en mars que les assurances données par Israël aux États-Unis concernant les exigences légales n'étaient « pas crédibles », l'administration Biden a déclaré au Congrès en mai que Tel-Aviv « respectait » le nouveau seuil américain et les lois nationales.

Selon Tirana Hassan, directrice exécutive de HRW, « les responsables américains sont parfaitement conscients de l'existence de ce nouveau seuil et des lois nationales » : « Les responsables américains sont bien conscients des preuves de plus en plus nombreuses que les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre à Gaza, y compris très probablement avec des armes américaines.

« Les législateurs américains devraient s'inquiéter sérieusement des risques de responsabilité encourus en continuant à fournir des armes et des renseignements sur la base des assurances peu convaincantes d'Israël qu'il respecte les lois de la guerre ».

Human Rights Watch et Oxfam ont déposé un dossier auprès du département d'État américain qui met en évidence les nombreuses violations du droit international commises par Israël à Gaza.

Les forces de défense israéliennes ont « attaqué illégalement des bâtiments résidentiels, des installations médicales et des travailleurs humanitaires, restreint les évacuations médicales et utilisé la famine comme arme de guerre », a déclaré HRW.

« Les autorités israéliennes ont détenu et maltraité des milliers de Palestiniens, et des rapports persistants font état d'actes de torture.

« En Cisjordanie occupée, où les forces israéliennes ont tué plus de 500 Palestiniens depuis le 7 octobre, les colons et les soldats ont déplacé des communautés palestiniennes entières, détruisant chaque maison, avec le soutien apparent des autorités israéliennes supérieures et confisquant effectivement les terres des Palestiniens.

Des armes américaines ont été utilisées par les forces israéliennes tout au long de cette période, a averti HRW, citant des rapports de CNN, de la National Public Radio, du New York Times et de l'Agence France-Presse.

En vertu du droit international, un État qui aide un autre État ou un acteur non étatique peut être complice de crimes de guerre s'il est établi qu'il a eu connaissance des intentions de son partenaire et y a contribué. Des individus peuvent également être poursuivis en vertu de cette ligne directrice.

HRW a appelé les États-Unis et les autres fournisseurs d'armes à suspendre immédiatement l'assistance militaire à Israël.

En usant de son influence, notamment par le biais de sanctions ciblées, l'administration Biden peut « sauver des vies », a ajouté l'organisation.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.