Israël rejette un accord interpalestinien incluant le Hamas, raids à Gaza

Un homme réconforte une femme blessée lors du bombardement israélien du camp de réfugiés d’al-Bureij dans la bande de Gaza le 23 juillet, 2024, au milieu du conflit en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo AFP)
Un homme réconforte une femme blessée lors du bombardement israélien du camp de réfugiés d’al-Bureij dans la bande de Gaza le 23 juillet, 2024, au milieu du conflit en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo AFP)
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Publié le Mardi 23 juillet 2024

Israël rejette un accord interpalestinien incluant le Hamas, raids à Gaza

  • "Au lieu de rejeter le terrorisme, Mahmoud Abbas étreint les meurtriers et les violeurs du Hamas", a ajouté M. Katz. M. Abbas est le président de l'Autorité palestinienne qui est basée à Ramallah en Cisjordanie.
  • La guerre a contraint la majorité des 2,4 millions de Gazaouis à se déplacer, alors que selon l'ONU aucun lieu n'est sûr à Gaza.

JERUSALEM : Israël a rejeté mardi un accord entre les rivaux Hamas et Fatah sur une gouvernance commune des territoires palestiniens pour l'après-guerre, à l'heure où l'armée israélienne bombarde sans relâche la bande de Gaza.

"Cela n'arrivera pas car le Hamas sera écrasé et Abbas (le chef du Fatah Mahmoud Abbas) observera Gaza de loin", a lancé le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, dont le pays occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis 1967 et mène une offensive dévastatrice à Gaza en riposte à une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

"Au lieu de rejeter le terrorisme, Mahmoud Abbas étreint les meurtriers et les violeurs du Hamas", a ajouté M. Katz. M. Abbas est le président de l'Autorité palestinienne qui est basée à Ramallah en Cisjordanie.

Israël a juré de détruire le Hamas et refuse d'arrêter son offensive à Gaza avant de démanteler le mouvement islamiste qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza, deux ans après le retrait d'Israël de ce territoire qu'il a occupé pendant 38 ans.

A Pékin, le Hamas a annoncé avoir signé un accord avec 14 factions palestiniennes, dont le Fatah, qui prévoit selon le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi, un projet de création d'un "gouvernement intérimaire de réconciliation nationale".

Le texte de l'accord évoque un "gouvernement d'union nationale temporaire, avec l'accord des factions palestiniennes", qui "exercerait son autorité et ses pouvoirs sur tous les territoires palestiniens" - la bande de Gaza ainsi que la Cisjordanie et Jérusalem-est.

Ces territoires formeraient l'Etat auquel aspirent les Palestiniens et qui est rejeté par le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le Parlement israélien a voté une résolution contre la création d'un tel Etat.

- 39.090 morts à Gaza selon le Hamas -

Membre du bureau politique du Hamas, Hossam Badran a affirmé que l'implication de la Chine permettait de "faire face à la politique" des Etats-Unis, grand allié d'Israël et son principal soutien militaire.

M. Netanyahu se trouve à Washington où il doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès puis rencontrer jeudi le président Joe Biden.

Washington s'est agacé des conséquences de l'offensive israélienne à Gaza, insistant sur la protection des civils et l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé par Israël depuis plus de neuf mois et menacé de famine selon l'ONU.

La vice-présidente Kamala Harris, pressentie pour obtenir l'investiture démocrate après le retrait de M. Biden de la course présidentielle, doit aussi rencontrer Benjamin Netanyahu.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza, dont 44 sont mortes, selon l'armée.

En riposte, Israël a lancé une campagne aérienne puis terrestre contre le petit territoire pauvre et surpeuplé, qui a fait jusque-là 39.090 morts, dont 84 ces dernières 24 heures, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.

- Fuite des habitants -

Avec le Qatar et l'Egypte, Washington tente de relancer les négociations pour un cessez-le-feu associé à une libération des otages. Une délégation israélienne est attendue jeudi à Doha.

L'armée israélienne poursuit pendant ce temps ses opérations dans la bande de Gaza, y compris dans des zones d'où elle s'était retirée ces derniers mois après y avoir selon elle démantelé le Hamas, considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Mardi, les bombardements israéliens ont visé Khan Younès et Rafah (sud), Jabalia et la ville de Gaza (nord) où huit Palestiniens dont trois enfants ont été tués selon la Défense civile locale.

L'armée a ordonné l'évacuation de l'est de Khan Younès, ville d'où elle s'était retirée début avril, disant préparer une nouvelle opération "contre les organisations terroristes" après des tirs de roquettes vers Israël. Des milliers ont fui le secteur dans la panique.

Des centaines de Palestiniens ont aussi quitté Bureij (centre) après un ordre similaire de l'armée. A pied, en voiture, sur des remorques ou des charrettes tirées par des ânes, ils ont fui, au milieu des décombres.

"On nous a dit que nous n'avions qu'une heure pour évacuer", raconte l'un d'eux, Mohammad Awad.

La guerre a contraint la majorité des 2,4 millions de Gazaouis à se déplacer, alors que selon l'ONU aucun lieu n'est sûr à Gaza.

Mardi, l'Organisation mondiale de la santé s'est dite "très inquiète" face à de possibles épidémies, surtout après avoir isolé dans des échantillons d'eaux usées le virus de la polio. Selon elle, 14.000 personnes pourraient avoir besoin d'une évacuation médicale hors de Gaza.


Attentats à Damas: les autorités arrêtent des membres d'une cellule «affiliée à l'EI»

Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
  • Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers
  • Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad

DAMAS: Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron.

"La cellule responsable des attaques terroristes qui ont ciblé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains", a déclaré sur X le ministre de l'Intérieur Anas Khattab.

"Une fois l'enquête terminée, nous révélerons au public l'identité des membres de la cellule, leur rôle ainsi que leurs affiliations", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Ahmad al-Dalati, chef de la sécurité intérieure pour la région de Damas, a plus tard déclaré à la télévision d'Etat syrienne que les premières investigations avaient montré que "la cellule était affiliée au groupe EI (Etat islamique)".

Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers. Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad.

Une personne est morte et 36 autres ont été blessées dans l'explosion quasi simultanée de deux bombes artisanales mardi matin, déposées à proximité de l'hôtel Four Seasons où M. Macron venait de passer la nuit.

L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.

Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.

A ce moment-là, le chef d'Etat était déjà parti pour s'entretenir avec son homologue Ahmad al-Chareh.

"A vos côtés" 

Lors d'une conférence de presse conjointe organisée après l'explosion, Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2024).

Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite.

Les deux pays se sont entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.

Il s'agissait de la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de guerre civile.

Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.

Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'Etat islamique.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadiste. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir.

Damas a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 2 juillet, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale a fait 10 morts et un vingtaine de blessés.


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.