Au Yémen, le raid israélien aggrave encore la situation environnementale

A man takes pictures of a raging fire at oil storage tanks a day after Israeli strikes on the port of Yemen's Huthi-held city of Hodeida on July 21, 2024.
A man takes pictures of a raging fire at oil storage tanks a day after Israeli strikes on the port of Yemen's Huthi-held city of Hodeida on July 21, 2024.
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Publié le Mercredi 24 juillet 2024

Au Yémen, le raid israélien aggrave encore la situation environnementale

  • Le 20 juillet, Israël a mené un raid aérien - le premier revendiqué au Yémen - sur le port stratégique de Hodeida, principal point d'entrée de divers produits et de l'aide humanitaire pour les zones sous contrôle des rebelles.
  • Une traînée de pétrole de 220 kilomètres a été repérée près du site de la frappe, menaçant le sanctuaire marin de Farasan au large du Yémen et de l'Arabie saoudite, selon le CEOBS.

DUBAÏ : Emissions toxiques et fuites de carburant: les récentes frappes israéliennes contre un port du Yémen tenu par les rebelles houthis sont venues aggraver la pollution dans une zone déjà touchée par des marées noires et des déversements de produits chimiques, selon des défenseurs de l'environnement.

Le 20 juillet, Israël a mené un raid aérien - le premier revendiqué au Yémen - sur le port stratégique de Hodeida, principal point d'entrée de divers produits et de l'aide humanitaire pour les zones sous contrôle des rebelles. Il a été mené deux jours après une attaque de drone des Houthis sur Tel-Aviv qui a fait un mort.

Depuis novembre, les rebelles soutenus par l'Iran mènent des attaques contre des navires présentés comme liés à Israël au large du Yémen, en "soutien" aux Palestiniens dans la guerre à Gaza, et ont aussi tiré des missiles contre des villes israéliennes, dont la plupart ayant été interceptés.

L'attaque israélienne de samedi, qui a fait neuf morts et des dizaines de blessés, selon un dernier bilan officiel, a provoqué d'énormes incendies qui ont dévoré une bonne partie des stocks de carburant des Houthis.

"L'incendie et les déversements associés ont généré des émissions dangereuses dans l'air et une contamination substantielle du sol", avec un impact "probable" sur le milieu marin, a noté l'ONG britannique Conflict and Environment Observatory (CEOBS) qui étudie les conséquences des conflits sur l'environnement.

Le raid a entraîné "une importante marée noire venant des réservoirs de carburant en feu", a indiqué pour sa part dans un communiqué l'organisation de défense des droits humains Mwatana, une ONG yéménite qui a envoyé une équipe sur place.

Après près d'une décennie de guerre entre les Houthis et le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite, le Yémen, l'un des pays de la région les plus vulnérables au changement climatique, souffre déjà d'une grave pollution de l'air et de l'eau, d'après un rapport publié en mars par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

- Risque pour "des millions" de personnes -

Wim Zwijnenburg, de l'ONG néerlandaise PAX qui oeuvre pour la paix dans le monde, a affirmé que les frappes israéliennes ont entraîné "la combustion d'au moins des dizaines de milliers de litres de pétrole".

Sur la base d'images du satellite européen Sentinel-2, l'expert a indiqué que l'attaque a provoqué des "déversements localisés" de carburant autour du port.

Les communautés de pêcheurs du pays le plus pauvre de la péninsule arabique dépendent largement de la mer pour survivre et la pollution côtière "risque d'affecter des millions de personnes", a alerté Farah Al Hattab, de Greenpeace Moyen-Orient.

Avant ce raid, les attaques des Houthis en mer Rouge et dans le golfe d'Aden avaient déjà provoqué une pollution significative.

Récemment, un pétrolier battant pavillon libérien a laissé échapper du carburant après avoir été touché par une frappe des rebelles à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Hodeida.

Une traînée de pétrole de 220 kilomètres a été repérée près du site de la frappe, menaçant le sanctuaire marin de Farasan au large du Yémen et de l'Arabie saoudite, selon le CEOBS.

L'ONG a estimé qu'au moins 500 barils de pétrole se sont déversés en mer, ajoutant que la nappe était visible six jours après l'attaque et qu'elle menaçait des coraux et des écosystèmes marins.

Quelques mois plus tôt un autre navire, le Rubymar, battant pavillon du Belize, touché par les Houthis, a coulé avec sa cargaison de 21.000 tonnes d'engrais à base de sulfate de phosphate d'ammonium après avoir laissé échapper du carburant.

Ces épisodes sapent les efforts internationaux visant à éviter une catastrophe environnementale au Yémen.

L'année dernière, les Nations unies ont réussi à transférer sur un autre navire les 1,14 million de barils de pétrole brut du FSO Safer, un pétrolier de 48 ans abandonné sans entretien alors que les combats faisaient rage au Yémen, évitant ainsi la menace immédiate d'un déversement massif.


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".